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parole d'homme contre Parole de Dieu
6.11. La parole de l’homme contre la Parole de Dieu
Ainsi, J. Humbert va dans le même sens que le Vatican (et ne fait pas les critiques demandées par le Cardinal Ratzinger), pour lui: l’homme est créé dans un lieu aride en cours d’humidification (page 27 de son livre); la Bible est le reflet d’une culture pré-scientifique (page 200); et dit-il: placer la Bible dans une perspective scientifique est un anachronisme, un non sens (page 201).
Ce n’est pas tout (page 207), J. Humbert fait une paraphrase de Genèse 2: 7, soi-disant en langage moderne; il dévoile ainsi, sans façon, son “interprétation” de la Bible: Dieu a créé la vie en construisant une structure très complexe stable et auto-reproductible à partir des éléments chimiques minéraux. Au terme d’une très longue évolution biologique qu’il a dirigée, il a fait surgir l’homme à partir d’un précurseur vivant. Il lui a donné son souffle de vie, un souffle différent de celui qu’il a donné aux animaux. Ce qui montre que J. Humbert souscrit entièrement aux hypothèses évolutionnistes; et son créationnisme progressif n’est qu’un déguisement: au terme d’une très longue évolution.
Est-ce là du révisionnisme qui doute que l’Éternel ait pu nous dire clairement ce qu’Il voulait nous dire? Est-ce un travail de faussaire, qui réécrit l’Écriture Sainte, pour justifier une hypothèse matérialiste, dont les racines descendent jusqu’à la philosophie des grecs. En réalité, il concède à l’Éternel-Dieu le droit de préserver ce qui évolue; il restreint la participation du Tout-Puissant, à ce que les “savants” avancent, sans preuves. Bref, Dieu doit servir le but de la “science”, sans avoir le droit d’intervenir dans l’uniformité linéaire de l’actualisme* des géologues.
J. Humbert dit bien: Au terme d’une longue évolution biologique qu’il (Dieu) a dirigée, il a fait surgir l’homme à partir d’un précurseur vivant. Il lui a donné son souffle de vie, un souffle différent de celui qu’il a donné aux animaux.
Donc, d’après J. Humbert et le créationnisme progressif dont il se réclame, Dieu aurait fait surgir l’homme à partir d’un précurseur vivant. Mais ce précurseur, venant de l’évolution par sélection naturelle, était donc soumis à la lutte pour la vie, et à la mort naturelle. Tel est le progressisme évolutionniste! Cette position de compromis représente la tentative des néo-évangéliques de garder la respectabilité académique avec les athées, dans une certaine forme de “christianisme” autoproclamée. Mais c’est absolument injurieux pour l’Éternel-Dieu, Saint Juste et Bon!
Nous devons noter, que c’est au nom de la “pensée scientifique évolutionniste” contemporaine, que Bultmann a cru qu’il y avait des éléments mythiques dans le Nouveau Testament. Bultmann[1] rejette les miracles (comme Renan avant lui) et d’autres après.
1. Le refus de l’Acte créateur de l’Éternel-Dieu
Le motif de base de la position évolutionniste, est le refus de l’acte de création (Il parle et la chose existe Psaume 33: 9), au profit d’un long processus de formation. Alors après une ou deux générations de “théologiens”, cette nouvelle idéologie aboutit à la théologie du process[2].
Cette théologie rejette la Toute Puissance de Dieu et parle d’un dieu démuni qui n’est pas la Providence universelle[3], mais présence et partage sur notre chemin... il est le créateur dans la mesure où toute créature trouve en lui son inspiration... Non seulement il n’est pas cause de tout, mais il ne peut intervenir en toute circonstance.
Cette sélection naturelle, par la mort prématurée des plus faibles, est en total désaccord avec la Révélation... de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé à tous les hommes, parce que tous ont péché (Rm 5: 12). c’est là l’explication irréfutable de Genèse 2: 17, ... mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.
Remarque 1: Il nous paraît évident que si les enseignements de la Bible sont tordus afin de les accommoder à l’hypothèse évolutionniste, alors, la Parole de Dieu est subordonnée aux paroles des hommes, et donc dans un état d’infériorité. L’infaillible autorité de la Parole de Dieu est abandonnée, au bénéfice de l’autorité faillible des “scientifiques” athées ou agnostiques. Malgré les protestations des évolutionnistes “chrétiens”, et leur bonne foi et leurs bonnes intentions, le coût pour les croyants, l’Église et la société est le même. La foi chrétienne est pervertie, et c’est une autre religion qui est mise en place, dans l’Église et la société, en premier, c’est le mariage et la famille qui perdent leur fondement créationnel.
Remarque 2: Il semble que l’évolution, telle que la voient le Pape et J. Humbert, ne concernerait que le corps de l’homme (tout ce qui serait animal). Un dieu, maître de l’évolution, se serait décidé un jour à la vue du niveau avancé auquel était arrivé l’animal “hominidé”, à choisir l’un d’entre eux pour lui insuffler une intelligence.
2. Méditation sur le pauvre hominidé
« Il faut vraiment n’avoir jamais médité sur les conséquences d’une telle hypothèse de “création immédiate de l’âme humaine dans un corps animal préexistant” pour afficher un tel réconfort. Imaginons cinq minutes la situation de ce pauvre Adam: la veille de sa transformation, il était un animal, mi-singe mi-homme, loin d’avoir la grâce et l’agilité des autres animaux qui peuplaient la savane forestière. Il vivait au milieu d’une nombreuse tribu luttant pour la vie dans un environnement hostile, mais ayant cependant réussi à se faire une place dans la niche écologique qu’il occupait (évolution oblige, et c’est l’image que nous en donne la préhistoire évolutionniste). Tout à coup, après une belle nuit étoilée par exemple, il se réveille Homme.
« Dieu lui a insufflé son Esprit. Le voilà conscient de la dépendance d’un Dieu qui l’a transformé, il est doué des puissances de l’âme que sont la volonté et l’intelligence. (...) dans sa bonté surabondante Dieu lui conféra ces dons préternaturels que sont entre autres l’impassibilité, l’intégrité, l’immortalité, la science infuse, sans même parler de la parole, ce qui est parfaitement incompatible avec ce que nous laisse entrevoir la vision évolutionniste.
« Le voilà donc qui se réveille en pleine conscience au milieu de ses frères et sœurs, de ses parents, de sa tribu, qui ne sont composés que d’animaux stupides, mais physiquement semblable à lui. Quelle horreur!, quelle angoisse n’à-t-il pas dû ressentir!... Quel choc psychologique abominable auquel aucun équilibre n’aurait pu résister!... Que devient le Paradis terrestre dans tout cela? (...)
Peut-on aimer un dieu qui aurait fait une telle monstruosité et, qui plus est, aurait soumis cette pauvre “créature” confrontée à cette inconcevable prise de conscience dans un monde de lutte pour la vie, à une épreuve d’obéissance qui devait conduire, en cas de défaillance, à condamner toute sa descendance au châtiment éternel.
« (...) Non, franchement une telle hypothèse ne peut que conduire, dans le meilleur des cas, qu’à la négation de Dieu et beaucoup plus sûrement à la haine de Dieu. »[4]
Telles sont les conséquences des spéculations philosophiques, qui veulent se faire passer pour des sciences exactes!
3. L’attaque du plan Rédempteur[5]
Que devient le Plan Rédempteur quand l’hypothèse de l’origine animale de l’homme est imposée?
C’est un être hybride qui est mis devant les fidèles de l’Église du Christ; c’est une religion humaine qui se déguise en religion chrétienne. Une nouvelle religion qui cherche à mettre Dieu à son service, même si les “nouveaux fidèles” déclarent prendre la Bible au sérieux.
Le Plan Rédempteur englobe la Création et l’Incarnation: C’est en Christ que Dieu nous a élus, avant la création du monde...
Dans la Genèse, Dieu parle et il arrive ce qu’Il dit. Pour les progressistes-évolutionnistes, Dieu aurait présidé à une explosion, appelée récemment Big Bang.
L’Éternel-Dieu qui se révèle dans la Genèse, a créé toutes choses par Sa Parole, ce qui est confirmé au début de l’Évangile selon S. Jean: Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La Lumière brille dans les ténèbres, et le ténèbres ne l’ont point accueillie (Jean 1: 1-5). Et ensuite: La Parole a été faite chair; elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé Sa gloire, une gloire telle que celle du Fils unique venu d’auprès du Père (Jean 1: 14).
Ainsi la Parole créatrice est le Fils Unique et éternel qui S’est incarné: la Parole S’est faite chair. Le progressisme évolutionniste parle beaucoup de Jésus, mais ne parle pas de la Parole créatrice au commencement. Le Christ n’est pas reconnu pour ce qu’Il est le co-Créateur, ni pour ce qu’Il est déjà: le Rédempteur, puisque c’est en Lui que nous avons été élus, avant la Création.
La religion progressiste-évolutionniste n’est pas le Christianisme biblique, même si certains se disent chrétiens, ce que nous ne contestons pas. Mais ce que nous observons, c’est que leurs successeurs s’éloignent de plus en plus de la Foi chrétienne.
Notre salut dépend de la Parole créatrice qui a été faite chair, qui a vécu, qui est morte pour nous sur la Croix. L’Apôtre Jean identifie Jésus le Sauveur avec Jésus l’Agent Tout-Puissant de la Création de l’Éternel-Dieu révélé par le livre de la Genèse. Seul ce Christ-Jésus est au cœur du Christianisme.
4. Analyse littéraire et mathématiques élémentaires
La caricature: qu’il soit bien entendu que nous ne faisons aucune attaque ad hominen; nous défendons seulement la Foi de nos pères, selon l’Apologétique de C. Van TIL.
H. Blocher, nous dit: Au risque de caricaturer, nous distinguerons trois manières principales d’envisager le rapport Bible-science. Nous les appellerons, sans nous soucier d’élégance: le concordisme, l’anti-scientisme, et le fidéisme[6].
Or, selon le concordisme, l’interprétation de la Bible, vise à faire ressortir les correspondances “harmonieuses” avec les hypothèses des sciences naturelles dans leur version évolutionniste, en assimilant les jours de la Création. à de longues périodes. Certains pour se justifier citent 2 Pierre 3: 8b. en voulant ainsi dire que le mot jour peut être pris dans un sens large.
Déjà, en ne citant que la deuxième partie du verset 8, il est sortie de son contexte immédiat, ce qui est une faute; il faut lire: Mais il est un point que vous ne devez pas oublier, bien-aimés: c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour; et considérer ce texte avec les versets 1 à 10. Il apparaît alors clairement qu’il s’agit de l’Avènement du Christ, et des moqueurs qui disaient déjà qu’Il tardait à venir.
Mais le temps est une création de l’Éternel; Il est au dessus et au-delà du temps, Sa relation au temps n’est pas du tout la notre; Il n’est pas lié au temps comme nous. Alors, il ne faut pas faire dire à ces versets ce qu’ils ne disent pas. Que nous comptions un jour ou mille ans, cela est la même chose pour l’Éternel.[7], cela ne veut pas du tout dire qu’un jour est comme un milliard d’années: les extrapolations et les spéculations disqualifient ceux qui traitent ainsi l’Écriture Sainte.
5. Les Anti-scientistes, contre les scientifiques (scientists), ou contre le scientisme?
La position de H. Blocher n’est pas claire, il nomme d’abord les créationnistes “anti-scientites”, parce qu’ils protestent contre le scientisme, la religion de la science; ensuite, il suppose qu’ils édifient une science de substitution, une explication scientifique des phénomènes pour remplacer les théories en vogue. Ils poussent une anti-science à la place de l’autre. Ils le font parce qu’ils jugent incompatibles la révélation biblique et les opinions courantes parmi les savants, et parce qu’ils trouvent mal fondées ces dernières (page 15). Il parle alors des anti-scientifiques, ou des anti-savants (en anglais, le sens premier de scientist est savant: chimiste, physicien ou naturaliste etc.)
Ensuite page 16/17, H. Blocher faits un résumé pertinent des griefs des créationnistes contre les sciences, sans toutefois préciser que cela concernent particulièrement les sciences des traces (les sciences palétiologiques) géologie, paléontologie, cosmologie etc. Ou encore des pseudo-sciences![8]
Mais quand il dit que le savant est bien obligé d’extrapoler; il n’a pour nourrir ses théories, que les miettes des faits, nous faisons remarquer qu’il n’y a plus de “savants”, au sens que personne ne maîtrise plusieurs disciplines, et que d’autre part, les extrapolations dont il parle ne peuvent que concerner des pseudo-sciences, et des chercheurs pas très compétents. En tout cas, ils faut bien noter que les physiciens n’extrapolent guère, et qu’ils ne considèrent pas comme théorie une recherche qui est au stade des extrapolations; il ne faut pas confondre théorie et hypothèse, réalité et spéculations.
[1] HUGHES P.E. Scripture and Myth an examination of Rudolf Bultmann’s plea for demythologization, Tyndale Press 1956.
[2] GOUNELLE André, Le Dynamisme créateur de Dieu, essai sur la théologie du process, Études théologiques et religieuses, hors-série, 1981.
[3] RUFF Pierre-Jean, Comment comprendre la Bible?, La Cause, 1983.
[4] SAGLIO Pierre op. cit.
[5] BERGHOEF G. & DEKOSTER L., The great divide Christianity or évolution? The Banner of Truth, 1989.
[6] Voir Annexe 3
[7] LENSKI R.C.H., The interpretation of I and II Epistles of Peter, the three Epistles of John, and the Epistle of Jude