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Théologien et scientifique évolutionniste
6.9 Les tandems théologien/scientifique évolutionnistes
6.9.1 Errare humanum est perseverare diabolicum
En premier lieu, nous devons noter que les créationnistes progressifs (ou évolutionnistes théistes) ne souscrivent à aucune Confession de Foi de la Réforme. Or les Confessions de Foi, sont des normes secondes (normae normatae) fidèles à la Bible, qui est la norme première ultime (norma normans. Les Confessions de Foi s’efforcent de rendre compte, le mieux possible, de l’ensemble de la Révélation biblique, exposée de façon normative (Tota et Sola Scriptura). Elles constituent ainsi un garde-fou, et protègent ceux qui y souscrivent, des errements, ou des hérésies sorties des poubelles de l’histoire, avec des mots travestis, qui marquent notre fin de siècle, trop souvent sans foi ni loi.
6.9.2 Un exemple de décadence : l’histoire des Églises Presbytériennes d’ Amérique du nord
En second lieu même un bref regard sur l’histoire des Églises Presbytériennes d’Amérique du Nord[1], aussi bien que sur la position des Églises Réformées Évangéliques vis-à-vis d’Auguste Lecerf en France, nous montrera quelles sont les conséquences de l’acceptation tacite de l’évolutionnisme , quelle que soit sa forme . Ce qui revient pratiquement à remplacer les premiers articles de la Confession de Foi (de Westminster ) par les soi-disant résultats des science naturelles: paléontologie, géologie; ou les sciences spéculatives comme la cosmologie , ou la sociologie. Ce qui a détruit le principal Séminaire Presbytérien: le Séminaire de Princeton .
Quand on cherche a voir les qualités de l’arbre par ses fruits, il est évident, en considérant l’histoire du Séminaire Calviniste de Princeton , que l’arbre planté à sa place, a porté des fruits vénéneux, qui ont été mortels. Il y a de nombreux exemples ailleurs.
La Confession de Foi a donc été mise au rebut et remplacée par une nouvelle source d’autorité: les sciences spéculatives dites modernes[2]. Ce qui n’implique pas du tout la physique, la chimie ou l’électronique. De ce
passé, nous devons tirer une bonne leçon: que personne ne fasse de vous une proie par la philosophie (Col 2: 8).
Beaucoup ne se rendent pas compte des conséquences théologiques néfastes, causées par leurs apologétiques rationalistes. Le pire arrive avec ceux qui rejettent l’Ancienne Alliance, dont la pérennité (sauf la partie concernant les sacrifices, qui annonçaient la venue du Christ Jésus le Rédempteur) a été assurée par l’Éternel Dieu à Abraham.
Nous pouvons noter que l'Église Réformée de France (ERF) a suivi un chemin de décadence analogue à celui des Églises Presbytériennes d'Amérique du Nord. Si bien que l'on peut se demander; que reste-t-il de Réformée historique dans l'ÉRF?
6.9.3. L’hypothèse évolutionniste chez les néo-évangéliques
Il est très curieux que les hypothèses évolutionnistes n’ayant jamais été vérifiées, celles-ci soient acceptées par certains théologiens dits “néo-évangéliques” [3].
C’est ce que constate le Dr H.M. de S. Cameron [4] chez John Stott , à propos de Genèse 3 et la Chute ; et nous le constatons dans un de ses ouvrages traduit en Français[5],
Il faut connaître l’histoire de la longue séduction des néo-évangéliques, par leur flirt, avec l’hypothèse uniformatorienne* énoncée par Lyell .
Ainsi, aujourd’hui, les écrits des tandems théologien/scientifique doivent être revus et corrigés, selon l’Écriture Sainte. Ce qui conduit à éliminer l’hypothèse évolutionniste et à n’accepter que la direction donnée par la Révélation particulière de l’Écriture Sainte. Alors, les études et les recherches des vraies sciences, étant du domaine du Mandat culturel , ne peuvent que conforter la Foi et conduire à rendre Gloire à l’Éternel-Dieu, Créateur et Recteur du monde.
En France, nous avons un exemple très caractéristique de ce tandem avec Henri Blocher (le théologien, qui par ailleurs, dans beaucoup de doctrines est orthodoxe) et Jean Humbert (Agrégé de sciences naturelles)[6]. Cet exemple est toujours représentatif du passé et du présent, de la position évolutionniste théiste. H. Blocher est connu par son livre sur la Révélation des origines[7]. J. Humbert, agrégé de sciences naturelles, par son livre, Création Évolution Faut-il trancher? [8], préfacé par H. Blocher, qui affirme:
Tous les chrétiens sont créationnistes au sens strict du terme. Ils rendent compte du monde en le référant à la création divine. Ils confessent leur foi: Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre.
Nous devons, hélas! répondre à H. Blocher : tous les chrétiens devraient être créationnistes au sens strict du terme. En effet, il ne faut pas tromper “le pauvre monde”, les chrétiens évolutionnistes ne sont pas créationnistes au sens strict du terme. Pourquoi?
Parce qu’il faut répondre, clairement et sans restrictions, à la question la plus fondamentale: Dieu le Père Tout-Puissant, a-t-Il créé l’homme de façon immédiate: oui ou non?
6.9.4 Les seuls vrais créationnistes
Les créationnistes bibliques répondent oui[9]. Les évolutionnistes progressistes, qu’ils soient progressistes, concordistes[10] ou restitutionnistes [11], répondent non. Telle est la barrière qui sépare les deux: selon le dictionnaire, l’évolutionniste est le partisan de l’évolution. Et l’évolution, terme employé par Lyell (1832) et Darwin (1859), est la transformation progressive d’une espèce vivante en une autre.
Selon J. Rostand (cité dans Le Robert): l’espèce humaine “représente l’aboutissement d’une longue série de transformations, autrement dit d’une évolution”. Mais J. Rostand disait aussi: J’ajouterai d’ailleurs, puisque nous avons parlé de Monod , que la thèse du hasard absolu ne me satisfait pas entièrement... Que l’homme soit venu à coup de ces lapsus moléculaires, c’est difficile à avaler (cité par Isabelle Moural et Louis Millet)[12].
Les athées affirment que le domaine matériel, ou scientifique, est la seule réalité, tandis que de nombreux chrétiens adoptent une approche « complémentaire », qui considère les sciences et l’Écriture comme apportant des données différentes et qui sont néanmoins également valides, mais à la condition d’adapter l’Écriture Sainte aux prétendues théories des sciences naturelles..
« Aucun des ces points de vue n’est correct. Tandis que, d’une part, il y a un niveau sur lequel les divers aspects de la connaissance humaine doivent être séparés, d’autre part, il y a un autre niveau supérieur où il doivent être synthétisés. L’erreur absolue de la théorie de la double Révélation est de placer l’Écriture Sainte au même niveau que les sciences naturelles. Le Créationnisme, et le Christianisme, placent les sciences, l’histoire et les études littéraires côte à côte, mais l’Écriture Sainte est placée au dessus de toutes ces disciplines, car elle est la Parole de Dieu, dans laquelle toutes les branches des connaissances humaines ont leur source et leur signification. L’Éternel-Dieu Souverain est aussi le Seigneur de la nature, de l’histoire et de toutes les entreprises menées à bonne fin...
« (...) La collection des études[13] du premier Congrès Créationniste Européen (tenu en Belgique du 23 au 25 Août 1984) résume la position Créationniste, comme étant le point de vue biblique global, des divers champs de l’activité humaine, faisant partie d’un grand ensemble. De façon inévitable, le caractère Théocentrique de cet “ensemble”, montre que les « lois naturelles » sont une expression de ce que l’Esprit de Dieu a imprimé dans Sa Création ... ». Et le Créateur n’est pas tributaire de Ses lois.
6.9.5. Un malheureux exemple d’Apologétique spéculative .
Après de nombreuses années de réflexion, nous trouvons toujours que l’ouvrage de H. Blocher ( Révélation des origines, première édition 1979 et deuxième édition 1988, & aussi, Original Sin, Apolos 1997.) a un début étrange, et des appendices qui dénotent une position évolutionniste , plus ou moins cachée, ce qui fait son danger.
Position qui semble s’exprimer dans les Appendices et en particulier dans l’Appendice, de 45 pages, de la 2ème édition, sous un voile flou, qui laisse le lecteur sur l’expectative. Malheureusement cette position ambivalente se retrouve dans de nombreux écrits « néo-évangéliques », dans la société darwinienne qui est la nôtre.
Nous avons trouvé auprès du Pasteur Hywel Jones (dans sa recension de l’édition anglaise du livre de H. Blocher )[14] et auprès du Dr. D. Kelly [15], la même réflexion que la nôtre et la même conclusion. Donc nous n’avons aucune raison de rester muets, devant les exposés évolutionnistes de Henri Blocher, de J. Humbert , caractéristiques du monde néo-évangélique aujourd’hui.
6.9.6 La dialectique des tropes [16]
Nous récusons en premier les tropes, et cela pour les raisons données par Leo Strauss que nous citons d’après François Lurçat [17]:
Toutes les choses crées qui sont mentionnées dans la Bible sont accessibles à l’homme en tant qu’homme, indépendamment de toute différence de climat, d’origine, de religion, ou autre [...] La Bible part donc du monde tel que nous le connaissons et tel que les hommes l’ont toujours connu et le connaîtront toujours, antérieurement à toute explication, mythique ou scientifique.
Et aussi les arguments de Robert Sacks [18], élève de Srauss:
D’une manière générale, cet exposé de l’univers visible se distingue à la fois de la mythologie païenne et de la science moderne par le fait qu’il parle seulement en termes d’objets que chacun de nous peut voir tous les jours. Le mythe et la science considèrent tous deux que l’expérience quotidienne n’est pas intelligible par elle même [...]. Pour l’auteur de la Genèse , un récit qui parle seulement de choses que nous voyons tous les jours peut se suffire à lui-même, parce qu’il a pour source un Créateur intelligent
Ensuite, F. Lurçat , fait remarquer (p.382-383), que même Galilée considéré comme le premier parmi les pères fondateurs de la physique, s’il considérait deux livres, le Livre de l’Univers et l’Écriture sainte; il reconnaissait que la compétence des sciences nouvelles se limite au premier livre. Cela implique que l’on peut parler avec sens du monde de la vie, sans utiliser un langage scientifique.
Nous pouvons donc conclure qu’il n’y a pas de tropes dans la Genèse et que toute dialectique en est exclue.
Or, dès sont premier avant-propos, H. Blocher , laisse supposer une position dialectique , avec ultérieurement l’introduction des tropes. En effet il veut “établir le sens, entendre ce qu’a voulu dire l’auteur inspiré des premiers chapitres de la Genèse, ce qu’il a vraiment dit”. Ensuite, il dit que son travail concerne avant tout l’interprétation de la Genèse, qu’il étudie à l’égard des genres littéraires de leur époque[19]. Alors, selon le dogme des newtoniens[20], comprendre le texte biblique serait alors principalement une tâche historique. Et F. Lurçat ajoute: Il nous faudrait connaître, par exemple, la cosmologie babylonienne. Pourquoi pas? Mais je crois qu’on peut comprendre plus profondément la Genèse si on lit en se référent au monde de la vie.
Mais H. Blocher dit clairement[21] ...quand on s’apprête à lire la Genèse, il faut souligner un point de philologie[22]: l’importance du langage figuré , ou des tropes au sens large...
On peut ainsi passer facilement de l’inspiration, et de l’inerrance, œuvre du Saint-Esprit dans l’intellect intelligent des auteurs bibliques, à “l’inspiration” littéraire, dans le genre de la Légende des siècles de Victor Hugo . Ce genre de raisonnement conduira les nouveaux lecteurs à considérer la Bible comme 100% humaine et 100% divine, ce qui est le prototype de la confusion des genres. C’est aussi la confusion des esprits qui se veulent modernes afin de garder la respectabilité académique .
Les tropes conduisent, à plus ou moins long terme, au rationalisme germanique de Lessing , propulsé jusqu’à nous par l’esprit des Lumières , en passant par la haute critique et la méthode historico-critique. Ce qui laisse transparaître, comme l’écrit le Doyen P. Courthial :[23]
« - le schéma évolutionniste qui nécessitait une reconstruction de l’histoire d’Israël et de la littérature biblique, du polythéisme tribal au prophétisme;
- le principe de l’analogie, selon lequel tout fait historique ne peut qu’être analogique à d’autres faits historiques, sinon son historicité doit être rejetée;
- l’impossibilité du (des) miracle(s); et donc
- l’impossibilité d’une prophétie
H. Blocher , et beaucoup d’autres ne semblent pas prendre en compte, de façon sensible, ses prédécesseurs respectueux du caractère propre de l’Écriture Sainte: la Révélation de Dieu aux hommes; au contraire il n’a guère que des critiques pour eux. Comme le fait remarquer H. Jones [24] : Blocher se réfère particulièrement à E.J. Young , s’il partage avec lui l’inspiration de l’Écriture, il s’oppose quant à l’interprétation et considère Genèse 1 à 3, comme un mélange de prose et de poésie.
6.9.7 L’argumentation avec des tropes
H. Blocher introduit donc les tropes et fait maintes fois référence, pour se justifier, à G. von Rad[25] qui dit par exemple: La critique biblique, en particulier, en s’y appliquant, a démoli plus d’un élément de ce panorama (le Pentateuque). De nombreux récits, en particulier de l’époque des patriarches ou de Moïse, ont été reconnus légendaires et n’ont pu, dès lors, servir tels quels, de documents utiles à la reconstruction exacte des événement historiques.
Les genres littéraires sont une “invention” mal forgée par la « Haute Critique », de l’ancienne école allemande, qui ne prenait en compte que les Grecs anciens. Pour cette école de pensée, la pensée hébraïque était sans intérêt. C’est toujours là le fond de la théologie spéculative libéralo-moderniste, mais aussi des soi-disant néo-orthodoxes, des clercs libéralo-néo-évangéliques, des néo-post-évangéliques et des néo-évangéliques[26].
Certes, plus loin, H. Blocher rappelle que Luther considérait la Genèse comme le fondement de toute l’Écriture; mais à la page 14, il ajoute que le débat n’est pas clos. Son travail est de mettre en lumière ses présupposés: aligner ses arguments, pour jauger les thèses rivales. Il est agacé par « les nombreux auteurs qui se contentent d’imposer leurs vues et d’ignorer les autres, comme s’ils se confiaient pour convaincre, dans la magie de leur verbe ! ».
Blocher semble dire que ces nombreux auteurs visés, sont les créationnistes bibliques et scientifiques. Nous pourrons préciser plus loin ce qu’il en est réellement. Mais déjà, nous pouvons dire, et affirmer, que ceux qui veulent imposer leurs points de vue spéculatifs, ne sont pas ceux auxquels H. Blocher pense, et qu’il affuble du sobriquet anti-scientistes..
En effet, c’est dans l’avant-propos de la 2ème édition (1988) que H. Blocher précise sa direction, par l’intérêt qu’il porte aux thèses modernistes du jésuite G. Martelet [27] et surtout à celles du “protestant” Pierre Gisel, « dont le brillant ouvrage: La Création : Essai sur la liberté et la nécessité (Genève: Labor et Fides, 1980) regorge d’idées stimulantes et de points à débattre... »
Dès le deuxième paragraphe de son chapitre 1, P. Gisel nous avertit que:
Les textes de Genèse 1 et 2 sont, dans leur rédaction actuelle, relativement tardifs: le premier pourrait dater de la seconde partie du VIe siècle environ (dû à l’école sacerdotale, il serait rédigé durant la période de l’exil): quant au second - qui lui est en fait antérieur - on a longtemps pensé qu’il avait vu le jour aux alentours de l’an 950, sous David ou Salomon. Sa datation est aujourd’hui entièrement remise en cause. Mais c’est pour le rapprocher de nous. Ces deux textes sont en toutes hypothèses précédés des diverses traditions relatives aux Pères (Abraham, Isaac, Jacob ) et à la sortie d’Égypte, la traversée du désert et le don de la terre promise. Ils sont aussi précédés, bien sûr, de tout un matériel traditionnel relatif à la création.
A notre avis ce ne sont pas là des hypothèses très brillantes, ni nouvelles. Ce n’est que l’exposé, des vieilles critiques, de la Haute critique . et rien de plus. Nous adhérons à la position du Professeur André Neher (Université de Strasbourg) et de Madame, Dr ès lettres, qui affirment, dans leur ouvrage: Histoire Biblique du Peuple d’Israël[28] : « les auteurs de ce livre ne reconstruisent pas l’histoire de la Bible sur les ruines de la Bible ».
Par contre si nous revenons à P. Gisel (qui est bien un de ceux qui ruinent la Bible), et à sa note de bas de page N° 5, où il fait référence au livre de R. Martin-Achard : Et Dieu crée le ciel et la terre[29] , qui nous dit (pure hypothèse):
Il faut cesser de croire que Genèse 1 est le plus ancien passage de l’Écriture, et le plus décisif, parce qu’il se trouve tout au début de l’Ancien Testament.
En réalité, comme l’ont rappelé plusieurs études de ces dernières années, le thème de la création n’est premier ni dans le temps, ni en importance dans la Bible hébraïque, il est subordonné à celui de la libération ou du salut qui est attaché à l’Exode..
.
Quant à G. Martelet [30], qui ne croit, ni à l’infaillibilité, ni à l’inerrance de l’Écriture Sainte, il est dans le fil tortueux de ceux qui prétendent que le christianisme est évolutionniste; que la structure de la Bible est évolutionniste.
Par contre, voici ce que dit le Dr. Douglas KELLY [31] à ce sujet:
... La doctrine de la création, par laquelle commence la Parole de Dieu, doit être fondamentale si Dieu part de là. Cette doctrine enseigne que si Dieu est la Source de toute réalité, alors Sa Parole est vraie et elle s’applique à notre vie quotidienne. Ainsi, supposer que les premiers chapitres de la Genèse ne sont que « religieux » (ce qui conduit à un point de vue des origines du monde qui est une incroyable variété de philosophies), revient à reléguer la Bible et la « religion » dans le domaine des choses sans importance et irréelles, ce qui vide réellement les Églises. C’est ce qui est arrivé en Europe au dix-neuvième siècle (et en Amérique au vingtième), comme Michael Denton [32] le dit dans sa récente critique de l’évolution.
6.9.8 L’argumentation de H. Blocher pour établir la théorie du cadre , (dans un espace virtuel): un exemple courant.
Comme le dit le Dr. D. Kelly , dans son chapitre six (Les jours de la Création ), cette hypothèse, transformée de façon fallacieuse en « théorie du cadre », (connue sous le nom de The Framework Hypothesis )[33] est une des approches de la Genèse, utilisée par les néo-évangéliques pour éviter la vigueur du sens usuel des jours de la semaine de création.
Dans l’espoir de n’avoir plus de problèmes avec les sciences palétiologiques , ou la cosmogonie théorique des mathématiques. Mais cela se fait au prix de la dévaluation de l’anthropologie biblique: la doctrine de la création de l’homme. Nous avons précisé l’importance des six jours, pris dans leur sens normal habituel.
Mais qui ne voit pas que parler de milliards d’année n’a pas de sens. Avec O.T. Allis [34] ( Ph.D., D.D. l’un des plus importants professeurs d’Ancien Testament, au Princeton Theological Seminary, avant le coup de force des modernistes , qui par la suite enseigna au Westminster Theological Seminary), nous fait remarquer:
Les Scientifiques, qui parlent en termes d’années lumière, et ajoutent des zéros à des zéros pour estimer le temps depuis le commencement de toutes choses, ridiculisent l’idée des jours de 24 heures. Mais quand il multiplient des milliers par des millions pour arriver à des milliards (10 suivit de 9 ou 10 zéros), ce nombre cesse d’avoir une signification quelconque; il ne font ainsi qu’exposer leur propre ignorance. Du point de vue de ceux qui croient, selon l’Écriture Sainte, que Dieu est omnipotent, et reconnaissent que le temps et l’espace sont finis, dans l’ordre de création; le fait d’ajouter des chiffres et des chiffres est absurde.
Il est un fait bien établit, que les miracles de la Bible ne sont limités ni par le temps ni par l’espace. Pour que l’eau “évolue” en vin, cela ne peut advenir avec plus de succès en un million d’année, ou en 100 millions, qu’en un jour. Les “processus naturels” ne peuvent arriver à ce résultat. Mais le Christ-Jésus co-Créateur (Colossiens 1: 16) l’a fait de façon instantanée (c’était d’ailleurs un bon vin vieux, fait de façon immédiate) (Jean 2: 7ss). Le Christ Jésus était entièrement maître de toutes les lois naturelles.
La Framework Hypoyhesis met l’accent sur le côté humain de l’écrivain (Moïse) de la Genèse et de son habileté littéraire. Mais le résultat est la négation de la chronologie des six jours de Création , et de leur caractère historique. C’est un alibi pour trouver le temps nécessaire à l’hypothèse évolutionniste ; celle-ci étant scientifiquement fausse, l’autre l’est aussi. les deux sont dans le domaine de la science-fiction, domaine privilégié de l’humanisme sécularisé, athée actif, tel Isaac Asimov .[35]
« Cette hypothèse, avec sa disjonction sous-jacente, entre, le sens littéral qui souligne la signification chronologique, et le sens ‘littéraire’ a été largement exposée par H. Blocher dans Révélation des origines. Blocher oppose, l’interprétation littérale , qui montre de façon évidente le caractère historique et chronologique de l’œuvre de Dieu, dans les six jours de la semaine de création, prise dans son sens habituel, à l’interprétation littéraire ou “arrangement artistique” (H. Blocher, op. cit., p. 43) des jours selon la ‘théorie du cadre ’. Cet arrangement est considéré comme un sobre anthropomorphisme qui ne doit pas être compris littéralement - ce qui donne le temps nécessaire à l’évolution. »[36]
Ce qui donne, en effet, le temps nécessaire à l’hypothèse évolutionniste , ainsi l’Histoire selon l’Écriture Sainte n’a plus aucune considération, et Adam est situé au néolithique. On parle alors de préhistoire, considérée comme la partie du passé de l’humanité pour laquelle nous ne disposons pas de documents écrits. C’est à partir des traces matérielles trouvées, que, par induction, à partir d’un raisonnement a priori, une ‘histoire’ est inventée.
En fait, c’est le champ clos des idéologies, en particulier en ce qui concerne « l’évolution de l’homme ». On est en droit de se demander si l’hypothèse du cadre n’est pas autre chose qu’une idéologie? N’est-elle pas cela par son acceptation, par exemple, du concept invérifiable de l’évolution chimique prébiologique de Aleksandr Ivanovitch Oparin [37]. N’est-ce pas là un autre concordisme vis-à-vis de l’idéologie évolutionniste.
6.9.9 De la lecture littérale des fidèles au langage figuré des “théologiens” modernistes
Pour en arriver là, il faut bien noter que même si H. Blocher , souligne l’inspiration de la Genèse et fait confiance à l’interprétation de l’Écriture par l’Écriture, selon « l’analogie de la foi ». Il ajoute: Dans l’inspiration, Dieu a parlé par des hommes. Le respect de son acte entraîne une attention docile à sa manière. La Bible souligne que la révélation s’est faite selon des modes divers (Hébreux 1: 1), aussi divers que les hommes suscités par Dieu et leurs situations.
Mais tirer argument de ce verset, pour soutenir le langage figuré , parce que ce serait la manière que Dieu le Saint-Esprit aurait utilisée dans la Révélation de la Genèse , est totalement abusif; en effet, l’argumentation de H. Blocher , exposée ci-après, ne correspond pas du tout à la compréhension traditionnelle de ce verset, par les meilleurs commentateurs du Nouveau Testament, fins connaisseurs du Grec et de l’Hébreu, comme nous l’indiquons ci-après, selon l’exposé du Dr. Ph.E. Hughes [38].
Voici d’abord ce que dit H. Blocher :
« ...quand on s’apprête à lire la Genèse, il faut souligner un point de philologie: l’importance du langage figuré , ou des tropes au sens large. La parole humaine s’en tient rarement à ce degré zéro du style que représente la prose la plus plate, qui communique l’information de la façon la plus simple et la plus directe, en usant des mots dans leur sens ordinaire. La parole obtient des effets très divers en décollant de ce degré zéro, par des écarts qu’on graduera comme on veut, 1, 2... n. Il s’agit de façon de parler, de tours et de tournures, qui tordent plus ou moins le langage - l’auditeur, bien sûr, doit s’en rendre compte, sinon il se méprend de façon comique et parfois tragique. Hérode n’est un renard que par métaphore[39] (Luc 11: 4) ...
(...) L’adoption d’un genre littéraire permet généralement un écart par rapport à l’expression ordinaire, par rapport au degré zéro. (...) Il en va à cet égard de l’interprétation de la Bible comme celle des autres livres, à cause de son humanité.
(...) Qu’en est-il du langage de la Genèse , du genre littéraire de ses premiers chapitres? On accordera volontiers que les auteurs bibliques ont aimé les figures, les métaphores, les symboles, les transpositions, plus que notre Occident, tant déserté par la poésie...
Cette argumentation n’a aucune justification en Hébreux 1: 1, comme nous l’avons indiqué ci-dessus. En effet en lisant le commentaire de Ph. E. Hughes [40], nous comprenons que l’affirmation de ce premier verset, donne le ton de l’Épître aux Hébreux et introduit le thème principal de toute l’Épître, à savoir, la condition unique du Christ et Sa suprématie , en comparaison avec le caractère transitoire et incomplet de tout ce qui précède Sa venue.
Ce verset apporte son soutien à la doctrine apostolique de l’Écriture selon l’Ancien Testament, l’ensemble des écrits des prophètes, sont ici considérés, comme ayant leur origine dans l’œuvre du Saint-Esprit, comme il est dit en 2 Timothée 3: 16-17: Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne.
C’est Dieu qui a parlé par la bouche de Ses saints prophètes depuis des siècles (dès les anciens temps, version synodale) (Luc 1: 70).
Dans la deuxième partie de Hébreux 1: 2, nous lisons que c’est par le Fils, le Christ-Jésus , que l’Éternel-Dieu a fait le monde. C’est clair, il n’y a ni trope, ni langage figuré, dans ces premiers versets de l’Épître aux Hébreux. Donc, il ne peut y en avoir dans les trois premiers chapitres de la Genèse, qui nous révèlent les œuvres de Création en Christ le Rédempteur co-Créateur: Car en Lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la Terre... (Colossiens 1: 16).
En dernier lieu, on ne comprend pas bien si le raisonnement de H. Blocher concerne l’Ancien Testament (Tanak) en hébreu. Mais si cela concerne le texte Hébreu, alors en quoi cela concerne-t-il les pasteurs, les anciens et les fidèles? Aucun d’eux ne sait l’hébreu, quelques uns savent un peu d’hébreu, mais cela reste insuffisant. Quant aux autres, Révélation des Origines, leur donne une interprétation particulière, même si H. Blocher nous dit qu’il interprète selon l’analogie de la foi. Car c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu, et il ne doit pas y avoir des interprétations particulières (2 Pierre 1: 20-21)
6.9.10 La réponse du Théologien Réformé régulier Herman Bavinck"
H. Blocher part de la littérature et des métaphores de Paul Ricœur[41] pour justifier ses tropes et le langage figuré, or comme le dit Herman Bavinck [42] (pages 86ss), il est impossible de dire quelque chose de précis au sujet de Dieu, sauf par l’usage d’anthropomorphismes précis.
Déjà, les Noms que nous utilisons pour désigner Dieu, ou nous adresser à Lui, ne sont pas les inventions de notre esprit, ni de celui de Moïse. “C’est Dieu Lui-même qui Se révèle, dans Sa grâce et nous donne le droit de le nommer selon ce qu’Il nous révèle ... Toute la Révélation est dans le Logos Dabar, qui est devenu chair, le Christ-Dieu incarné... Si Dieu nous parlait en langage divin, personne ne pourrait le comprendre. Mais dès la Création , dans Sa grâce et Sa miséricorde Il s’abaisse jusqu’à nous et Se manifeste de façon humaine.
Nous ne pouvons connaître Dieu, tel qu’Il se connaît Lui-même. Si les anthropomorphismes sont rejetés, en même temps, toute possibilité de Révélation est rejetée. Nous percevons Dieu dans Sa création. Pour nous, il n’y a que deux alternatives: le silence absolu vis-à-vis de Dieu, ou parler de Lui selon notre humanité (à Son Image). Autrement dit, nous sommes face aux agnostiques, qui sont des athées théoriques, ou aux anthropomorphismes de la Révélation biblique, Parole de Dieu.
« Par conséquent, et bien que nous appelions Dieu par des noms dérivés des créatures, c’est Dieu Lui-même qui a d’abord institué ces noms pour les créatures. Il est vrai, alors même que nous appliquons premièrement aux créatures les noms qui nomment Dieu, parce qu’en fait nous connaissons les créatures avant de connaître Dieu; cependant, de façon essentielle, les noms sont premièrement, et avant tout, attribués à Dieu, et seulement ensuite attribués à la créature... (cf. La logique de Dieu § 5.9)
« Tout ce qui existe appartient à Dieu, ce n’est que par Lui que les créatures existent. Dieu possède la Puissance en Lui-même (par essence), les créatures ne sont que participantes. Comme le Tabernacle fut construit selon le modèle montré à Moïse sur le Mont Sinaï (Hébreux 8: 5); de même, chaque créature a été premièrement conçue dans l’Éternité, et ensuite créée dans le temps créé. C’est du Père que toute famille , dans les cieux et sur la terre tire son nom (Éphésiens 3: 15); ... vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est dans les cieux (Mt 23: 9) ... »[43]
H. Bavinck, relève deux points importants:
Premièrement , toutes les parties de la Création sont symboliques, comme représentant l’œuvre de Dieu. (L’Hébreu est le transmetteur parfait, avec d’abord le sens concret de tous les mots et ensuite le sens abstrait, analogique).Toutes les créatures reflètent la gloire de Dieu et sont des images d’un aspect ou d’un autre de Lui-même, selon la Sainte Trinité. L’Éternel a imprimé son empreinte sur chaque chose, mais il y a toujours la distinction Créateur/créature. La valeur ultime de chaque chose et plus particulièrement de l’homme est qu’il est un symbole de Dieu, fait à Son image.
Deuxièmement, on ne peut pas échapper au symbolisme, mais ce symbolisme est analogique et non pas réaliste: c’est là que le langage figure et les tropes dérapent. Le symbolisme biblique est en totale opposition à l’imagerie du paganisme. Par exemple, la Bible parle de l’Alliance du mariage de façon analogue à l’Alliance de Dieu avec son peuple (2 Corinthiens 11: 2).
Le symbolisme biblique est analogique et pas métaphysique. La Théologie biblique est analogique. C’est l’Éternel-Dieu qui est; en toutes choses Il est l’Original: l’homme créé à l’image de Dieu n’est qu’analogique, par rapport à l’Original[44]. Dans l’Écriture Sainte, pour son salut, l’homme devient refait à l’image de Dieu, cette restauration ne sera totale que dans la nouvelle Création , après la sentence du Juge Suprême, et par une transformation morale opérée par le Saint-Esprit, et non pas par une participation métaphysique à l’essence divine.
Cela signifie que le symbolisme biblique n’est pas un code informatisé. Le symbolisme biblique , comme la poésie hébraïque est un langage qui évoque la Gloire et la Toute-Puissance de Dieu, lorsque le langage ordinaire n’est pas suffisant, et il n’est jamais suffisant: car nous ne connaissons qu’imparfaitement... (1 Corinthiens 13: 9), en tant que créatures.
Notre conclusion est que la Genèse expose ce que Dieu veut révéler à l’humanité, dans un langage clair accessibles à tous, c’est pourquoi nous sommes sans excuses, si nous ne voulons pas comprendre, parce que nous refusons de croire.
6.9.11 Le langage figuré les tropes et le subjectivisme
Cette recherche du langage figuré est utilisée par les modernistes , dans le récit du tombeau vide, pour nier la glorieuse Résurrection corporelle de notre Seigneur-Christ, Fils éternel de Dieu le Père Tout-Puissant.
Il faut bien se demander quelle et la précision du langage figuré sans définition exacte; quelle information transmet-il? Si la Bible n’est pas un livre de science, qui enseignerait, par exemple l’optique quantique des lasers, ou des constructions navales pour l’arche de Noé, elle n’est pas non plus une œuvre littéraire figurative, à l’usage des littéraires, qui s’opposeraient aux scientifiques.
D’ailleurs, si l’Éternel Créateur, nous disait seulement comment Il a créé un atome, nous ne comprendrions certainement pas, y compris le dernier Nobel de physique, qui, cependant a écrit un excellent traité de Physique quantique. Le cosmos est de Dieu, le seul et unique Créateur, seule Cause première, Il crée de façon immédiate, sans intermédiaires.
Certes, nous savons bien qu’il y a des symboles (comme nous l’avons déjà dit avec H. Bavinck ), des sens figurés, des métaphores dans l’Écriture Sainte[45]; mais un symbole ou une métaphore et toute autre figure doit être défini, antérieurement à tout ouvrage écrit. La langue hébraïque est une langue très précise. Et, de plus, l’Écriture Sainte a été inspiré par le Saint-Esprit, qui, s’Il a conduit les auteurs à « s’accommoder » à l’intelligence des hommes déchus, nulle part ils utilisent des tropes , comme le montre Calvin dans son commentaire du verset 6 du premier chapitre de la Genèse .
La Genèse est dans la Tora. Et Tora veut dire lancer, tirer, dans un mouvement direct et précis, dans une direction bien déterminée. La rédaction de la Tora, comme son étude, donc aussi du livre de la Genèse, est dans le sens d’aller tout droit, à l’essentiel, au cœur du problème, sans détours. Il n’y a pas de tropes , car le trope est une figure ou un mot détourné de son sens propre. L’application des tropes détruirait la clarté de la Bible.
Donc, la première démarche ne peut partir de l’humanité de l’Écriture Sainte, à cause de la raison et de l’intelligence déchues. Il est nécessaire de Croire pour comprendre; l’intellect et la raison, doivent d’abord être régénérés, pour ensuite croire. Dans la Révélation , la Révélation de Dieu, tout Lui est attribué, car Il est la fontaine de toute connaissance.
Nous avons bien l’impression que H. Blocher veut nous induire dans ses tropes ; ainsi, comme beaucoup d’autres, il s’éloigne de la compréhension orthodoxe, et semble vouloir tout remettre en cause. Ce qui voudrait dire que l’Écriture n’est pas claire. Et qu’avant le XIXe ou le XXe siècle, tout le monde se serait trompé, que les croyants et les fidèles lisant la Genèse de façon naïve étaient dans l’erreur? Il faut bien noter que la lecture littérale était celle de Clément de Rome (A.D. 30-100), de Justin Martyr (A.D. 100-165), celle d’Irénée (130-195), celle de Tertulien (160-225), celle d’Augustin (354-430)[46]
Cependant (p. 39), H. Blocher voit bien que la lecture littéraliste:
peut se prévaloir du soutien de la majorité, dans l’histoire de l’Église, des Réformateurs en particulier. Des commentateurs très compétents et autorisés l’on suivie, comme C.F. Keil au 19e siècle et Edward J. Young de nos jours. On peut encore citer le jeune australien Noël Weeks et les scientifiques associés dans la Création Researche Society[47].
Pour eux tous, les jours sont à prendre au sens ordinaire et le récit veut nous livrer la chronologie de l’œuvre créatrice: c’est de l’histoire simplement. Aucun témoignage humain ne pouvait l’informer, mais Dieu y a suppléé par sa révélation. La difficulté des premiers jours sans soleil? Elle n’existe pas pour qui connaît la puissance de Dieu: il a pu produire la lumière d’une autre source que le soleil.
La différence d’ordre dans l’apparition des créatures avec la deuxième « tablette » (Gn 2) ? Ou bien le second récit n’est pas chronologique, ou bien il ne concerne qu’une formation localisée (en Eden), ou bien encore il faut lire en 2. 19: « Le SEIGNEUR Dieu avait formé du sol toutes les bêtes... »
6.9.12 Les hypothèses des critiques littéraires
L’Écriture Sainte nous donne, un donné révélé, rendu par l’inspiration des auteurs bibliques, accessible à l’intelligence humaine, sans errances. L’exégèse, science ou sagesse - dans la crainte du Créateur - du sens de l’Écriture, était partie intégrale de la théologie, jusqu’à ce que Richard Simon (1638-1712) appliqua aux livres saints les méthodes d’analyse littéraire (dans son livre Histoire critique du Vieux Testament), comme artifice pour justifier la théologie hétérodoxe des sociniens (ou unitariens). Les unitariens (disciples de Fausto Socin 1539-1604), sont anti-Trinitaires, leur philosophie est diffusée dans Le Catéchisme de Cracovie , ( Newton était unitarien).
Leur religion se résume aux deux grands commandements: aimer Dieu et aimer les hommes; mais l’arianisme est aussi le fond de leur pensée: ils nient la divinité du Christ et sa résurrection corporelle. En général se sont les “chrétiens libéraux”, mais qu’ont-ils de chrétiens, puisqu’ils nient la divinité du Christ et ne parlent que de Jésus de Nazareth..
En Allemagne, Lessing, publia en 1774, l’Apologie pour les adorateurs de Dieu selon la raison , que Samuel Reimarus professeur à Hambourg, avait laissé en mourant. Lessing (critique littéraire 1729-1781), fut le vulgarisateur de la pensée de Spinoza . Edgard Quinet disait de Spinoza:
Si l’on relisait son “Traité de théologie” et ses étonnantes “Lettres à Oldenbourg”, on y trouverait le germe de toutes les propositions soutenues depuis peu dans l’exégèse allemande.
Celle-ci est l’exégèse moderniste qui sévit toujours, chez beaucoup de façon inconsciente.
Cependant, c’est toujours la question du surnaturel qui hante les hommes. La Bible a autorité parce qu’elle vient du Créateur, selon la réalité qui est inaccessible à la raison humaine. Mais les critiques la refusent; ils veulent un dieu immanent, qui leur permette un discours humain sur les origines.
« De là une exégèse simplement critique, expliquant les textes en excluant toute référence à une intention de Dieu, traitant par exemple le Lévitique comme le code d’Hammourabi , non pas pour comprendre ce qu’il faut croire, mais pour apprendre l’origine de ce qui est censé avoir été cru [48] Selon Hegel , l’Ancien Testament ne serait guère plus qu’un passage de l’animisme au monothéisme, selon le processus de la philosophie de l’évolution.
Ainsi, on voit se développer une exégèse laïcisée, sans théologie biblique, considérant l’Écriture comme le témoignage de la réflexion des hommes vers le divin. En 1890, Renan [49] publia l’Avenir de la science, où il exposa l’opposition entre les deux attitudes exégétiques: celle qui respecte l’autorité des Saintes Écritures, et celle qui nie le surnaturel de la Révélation ; dans sa préface à la Vie de Jésus, il disait que: Si le miracle a quelque réalité, mon livre n’est qu’un tissu d’erreurs. Exacte constatation! Mais plus loin il considère que les Évangiles sont des légendes parce qu’ils racontent des miracles.
Pour Renan , c’est à l’expérience d’en décider, mais alors l’exégèse est dépendante des soi-disant résultats scientifiques des sciences des traces (archéologie, préhistoire etc.). Renan attribuait à la science humaine une capacité que le siècle suivant lui a ôtée. Mais il était l’écho français de l’École critique allemande selon Lessing, ou Haeckel avec son messianisme cosmique. Renan comme beaucoup d’autres aujourd’hui, entendait fusionner science et philosophie, en une religion supérieure, ancêtre du Nouvel Age
.
Ainsi, le rationalisme trouvait-il dans la nouvelle exégèse un élan religieux, pour organiser scientifiquement l’humanité et après avoir organisé l’humanité, organiser Dieu; comme aujourd’hui Paul Davies veut atteindre l’Esprit de Dieu[50]. C’est ce qu’il faut garder à l’esprit pour comprendre les motivations de l’exégèse critique. S’il y a Révélation les clameurs du rationalisme sont évanescentes. Ce conflit pour la Théologie et l’Apologétique Réformées ne peut être résolu que par la négative: la Bible est Parole de Dieu. Le rationalisme naturaliste n’est que pure spéculation.
A l’époque de Renan , les thèses de l’exégèse critique étaient ainsi formulées:
- Moïse n’est pas l’auteur du Pentateuque (R. Simon ).
- Dans la Genèse , il y aurait un auteur yahviste et un auteur élohiste (J. Astruc 1684--1766), futur médecin de Louis XIV.
- Le Pentateuque est une compilation tardive de plusieurs documents: le yahviste, l’élohiste , et divers autres moins importants; c’est “l’hypothèse documentaire” de Eichhorn (1752-1827), la Bible contiendrait des emprunts aux autres peuples sémitiques.
- Strauss (1808-1874), propose l’interprétation mythique des Évangiles, dans sa Vie de Jésus (Tubingen 1835-1836), traduite en français par Littré. Les récits des Évangiles sont des mythes élaborés par les communautés chrétiennes pour justifier leur foi. Il ne faut pas voir dans ces textes le compte rendu de témoins directs de faits miraculeux.
A la suite il faut ajouter Reuss ( 1804-1891 Strasbourg) avocat de la critique historique, Graf, Welhausen (1844-1918) affirmant l’hypothèse documentaire avec au moins 5 documents, venant de sources différentes, que Loisy, en France, appliqua à l’ensemble de l’Ancien Testament.
Ensuite Harnack (1851-1930), puis Gunkel (1852-1932), avec son livre La Genèse traduite et éclairée, 1907, donneront la théorie des genres littéraires: le style permettrait de distinguer les livres historiques des livres légendaires. Gunkel fut le premier à développer la critique selon les formes littéraires. Il faut ajouter Troeltsch (1865-1923)[51], qui faisait dériver les religions des cultures anciennes, le christianisme n’étant que la plus élevée
Ces auteurs adoptent le syllogisme rationaliste: les miracles n’existent pas, or les Évangiles en rapportent, donc il s’agit d’inventions. Le critère de la légende, dira Gunkel en 1907, est qu’elle rapporte des choses qui, pour nous, sont incroyables.
Tous ces auteurs, sauf Loisy, sont allemands et d’origine “protestante luthérienne” (en réalité, ils n’étaient ni protestants ni luthériens), influencés par le philosophe Hegel . L’assyriologue Friedrich Delitzsh ne croyait pas à l’inspiration de la Bible. A sa suite, Guillaume II, se crut obligé d’exposer ses vues sur l’exégèse, dans une lettre publiée le 19 Février 1903, où il fait commencer la Révélation avec Abraham. Il affirma que la législation d’Israël, qui lui fut donnée sur le Sinaï, « ne peut être considérée que symboliquement comme inspirée de Dieu, car Moïse ne fit peut-être que renouveler les lois plus anciennes connues, tirant leur origine... du livre de la loi d’Hammurabi... »
C’est la négation de l’inspiration de la Bible que Harnack c’est appliqué à diffuser. Toutes ces opinions sont réfutées par le Dr. E. J. Young[52], premier Professeur d’Ancien Testament au Westminster Theological Seminary, qui savait toutes les langues sémitiques.
6.9.13 L’homme du “juste milieu”: qui établit la ‘science’ comme juge.
L’homme du juste milieu fut le dominicain Marie-Joseph Lagrange , fondateur de l’École pratique d’Études bibliques, au couvent Saint-Etienne de Jérusalem en 1890, puis animateur de la Revue biblique qu’il a fondée en 1892. Dans le premier numéro, il fixe le programme: un juste milieu entre une critique négatrice de l’inspiration et un conservatisme excessif. Il donne ainsi sa position:
« L’apologiste chrétien a l’obligation de discuter et de décider si certaines affirmations de l’ancienne exégèse peuvent et doivent ou non se maintenir en présence des découvertes et du progrès réalisé par les sciences physiques et naturelles de notre siècle... D’autre part, il convient de ne pas oublier que l’exégèse chrétienne, considérée en elle-même, n’est pas nécessairement la vérité, mais la recherche de la vérité. Ce caractère par lequel elle ressemble aux autres sciences, suppose une certaine ampleur et une certaine indépendance dans le critérium exégétique. »[53]
Il veut garder ses distances avec l’exégèse libérale allemande, tout en cherchant la reconnaissance de son érudition, mais introduit en même temps le relativisme. Si la défense de l’inerrance biblique est son soucis, il ne peut que s’aligner sur une forme de concordisme . Sa méthode est une manière d’expliquer comment la Bible ne se trompe pas, tout en n’étant pas dans le vrai.
Ce compromis avait pour but de sortir de l’histoire “vraie” le Déluge et la Tour de Babel . Pour M-J. Lagrange , et ceux qui le suivent, ce ne sont pas là de purs mythes, mais des légendes élaborées à partir d’une réalité historique: une inondation locale pour le Déluge; un rendez-vous de toutes les langues dans l’orgueilleuse ville de Babylone, pour la Tour de Babel. Mais ainsi l’histoire légendaire est introduite dans l’Écriture Sainte.
Ainsi, de compromis en compromis, pour suivre les hypothèses des géologues, sur de très longues périodes, l’historicité du Jardin d’Eden et de la Chute en Genèse 3, est inévitablement atténuée par les innombrables transmissions supposées, de génération en génération, pendant des milliers d’années. Il s’ensuit que le péché originel n’a plus de fondement dans la désobéissance d’Adam et Ève. Tel et celui à qui beaucoup de néo-évangéliques font référence.
6.9.14 L’hypothèse des genres littéraires
Déjà avec les soi-disant acquis des Lumières et de la Révolution, la science vise la vérité, la Bible doit se contenter des apparences, et la Foi chrétienne n’est plus que du domaine privé: tout est laïcisé. M-J. Lagrange, et avec lui beaucoup d’autres (cf. J. Humbert p. 201), affirme que “la Bible ne contient aucune explication scientifique du monde, nous maintenons la religion dans la sphère d’où jamais la science ne la fera descendre... (Cité par D. Tassot page 316).
Il faut donc expliquer, comment les passages bibliques, simplement historiques, puissent comporter des erreurs tout en restant inspirés, alors que l’inerrance est la marque de l’inspiration. La solution de M-J. Lagrange consiste à dire: qu’on ne trompe pas en énonçant le faux, mais 0seulement lorsqu’on veut l’enseigner. La Bible rapporte les paroles du Diable, en Genèse 3: 1-2, qui est menteur dès le commencement et ceux qui le suivent sont nombreux.
Ainsi, si l’on arrive à montrer, à la suite de Gunkel que dans la Genèse , tel ou tel passage a un style légendaire, ou que c’est une parabole, ou une allégorie, etc., alors les « erreurs » trouvées n’engageront pas l’auteur, qui n’a pas eu l’intention d’enseigner, mais seulement d’édifier, il peut aussi être tributaire de la culture de son temps. Ce qui permet d’éliminer tout ce qui est moralement ou socialement gênant: mais c’est encore la négation de l’inspiration.
Ce qui nous conduit à poser une très sérieuse question à propos de ce que dit H. Blocher (page 12):
« Pour mieux cerner le message et l’instruction des textes, nous n’avons pas trop du secours des lexicographes, des grammairiens, des sémanticiens, des stylisticiens, comme des spécialistes de l’histoire et du milieu historique, voire des “sciences humaines”, dans la mesure où celles-ci sont des sciences et non, par idéologie, trop humaines... »
Du point de vue de l’histoire, nous avons déjà cité le Professeur et Madame Néher qui soulignent qu’ils ne reconstruisent pas la Bible sur les ruines de la Bible.
En effet lorsqu’on appelle à l’aide la philologie et les littératures laissées par les peuples en relation avec les Hébreux, et que suivant la méthode de M-J. Lagrange , on distingue l’énoncé affirmatif et l’affirmation réelle, la chose dite en passant et la chose enseignée, alors les auteurs bibliques ne pourront jamais se tromper, puisqu’ils ne mentent pas, lorsqu’ils ne disent pas le vrai. Mais de cette façon on rentre dans le relativisme sans bornes, avec tous ses fruits véreux. Et quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites.
D’autre part, le point important est la structure de l’Hébreu, nous ne pouvons ici que citer le Dr. Yaël YOTAM de l’Institut MEGUILA à Paris et qui enseigne l’Hébreu en France:
« Celle-ci (la structure) renferme en elle-même à la fois le concret, et l’abstrait. Cela signifie qu’apprendre l’Hébreu, ce n’est pas seulement apprendre au niveau de l’esprit, il faut une approche concrète de la langue. C’est pourquoi ma méthode fait fonctionner à la fois l’esprit et le corps.
« (...) Les structures d’une langue se caractérisent par la manière dont on relie les mots. On s’imagine parfois connaître une langue parce que l’on possède beaucoup de vocabulaire. En fait, si on ne sait pas parfaitement comment relier les mots les uns aux autres, on ne parle jamais la langue (nous ajoutons: on ne comprend pas non plus le texte écrit en hébreu biblique) (...)
« Quand le noyau structurel est acquis, il est ensuite simple d’assimiler le vocabulaire. On s’en sert facilement, et on forme naturellement des phrases. C’est la liaison entre les mots qui est essentielle. De plus quand on comprend la structure, on comprend en même temps le mode de pensée qui est inhérent à cette structure, chaque mot de par sa racine cache, recèle en lui toute une philosophie. Les mots hébraïques ne sont pas uniquement des signes mais sont également des concepts. Ils ont une signification étendue. Chaque langue porte en elle ses solutions spécifiques pour l’expression d’idées. C’est vraiment une aventure intellectuelle que de faire connaissance avec les solutions spécifiques à l’Hébreu. »
De ce fait, il nous apparaît essentiel que le traducteur de l’Écriture Sainte sache l’Hébreu et que le lecteur qui veut se mettre en parallèle avec le traducteur, sache aussi l’hébreu: il ne suffit pas de connaître l’Hébreu. Quant au fidèle moyen, il peut facilement disposer des commentaires fiables. Pour l’étude du Nouveau Testament, il faut savoir l’Hébreu et savoir le grec ancien avec un lexique hébreu/grec, élaboré a partir de la version des Septantes (LXX ).
Comme nous l’avons dit ci-dessus, il y a bien des genres littéraires différents dans l’Écriture Sainte; mais la théorie des genres littéraires, dans les mains de l’école allemande, était devenue, et reste, un artifice pour détourner le vrai sens des enseignements bibliques, en les rejetant dans le domaine de la légende, ou de la saga, comme le fit K [54].
D. Tassot [55], nous fait remarquer, avec grande raison que « Les efforts de l’exégèse pour se constituer en discipline autonome se heurtait aux particularités de son objet propre. » Et que:
« Il était naturel qu’un exégète thomiste cherchât le “juste milieu” entre les énoncés contradictoires d’une étude rationaliste de l’Écriture, et ceux d’une affirmation claire des dogmes liés à l’inspiration de la Bible. Saint Thomas n’avait pas fait autre chose en reprenant le langage de l’aristotélisme dans une perspective chrétienne. Mais l’Hexameron était inconciliable avec la science grecque, et le théologien eut recours à la thèse du “peuple grossier” auquel Moïse dut adapter son langage. Or un disciple de Rabbi Iéshouah de Nazareth pouvait-il considérer le peuple Juif comme la Renaissance en vint à considérer les “Barbares”?
... On trouve à sept reprises dans la Somme Théologique cette idée que « Moïse parlait à un peuple grossier et condescendait à son inculture . »
Nous voyons ici la démarche fallacieuse à la mode, selon le concept évolutionniste, dans les milieux modernistes: M-J. Lagrange suppose l’inculture d’un peuple primitif en exode, mais peuple élu par Dieu, pour introduire l’incertitude historique, dans l’historicité de l’Ancien Testament. Et comme l’écrit un certain Dictionnaire biblique pour tous: On s’accorde en général à dire qu’il (le Pentateuque) est issu de plusieurs « sources », mais ce qu’elles étaient, leurs rapports mutuels, l’époque de leur rédaction et de leur incorporation au Pentateuque, sur tout cela les spécialistes sont en désaccord. Ici aussi l’incertitude est introduite, et certains mal informés tombent dans le relativisme, avec toutes sortes de lectures particulières, comme ils disent, aussi fausses les unes que les autres.
Tout ceci est incohérent avec le caractère scientifique revendiqué par les exégètes. Karl Popper (bien qu’évolutionniste ) a énoncé une règle: « Un système faisant partie de la science empirique doit pouvoir être réfuté par l’expérience. »[56] Or les tenants de la critique historique se targuent toujours du caractère scientifique et expérimental de leur méthode, dont les résultats seraient vérifiables par tous, quelles que soient leurs convictions. Mais avec leurs genres littéraires légendaires, où les auteurs n’entendent pas affirmer ce qu’ils disent, ils se mettent eux-mêmes en dehors de toute démarche scientifique rigoureuse. Leur prétendue science se veut autonome, mais l’autonomie est bel et bien un mythe.
[1] NORTH Gary , Crossing Fingers How the libérals captured the Presbyterian Church, Institute for Christian Economics, pp. 221-226, 480ss 1996.
[2] Il faut aussi noter que Claude Bernard , dans son Introduction à la médecine expérimentale, a exclu Dieu du laboratoire, alors que tous les travaux de recherche se font sur ce que Dieu a créé et qu’Il a mis à notre portée. En toute réalité, le chercheur scientifique, devrait être à genoux devant son Créateur et le prier de le diriger dans ses travaux. Les bonnes sciences, devraient toujours se trouver dans le cadre de la Révélation générale et du Mandat culturel, mais aussi sous la Loi de la Révélation particulière .
[3] Ceux qui affirment que la Création a eu lieu il y a 15 milliard d’années, ne semblent pas se rendre compte des conséquences de leurs opinions sur les doctrines fondamentales de la Foi chrétienne: la Trinité, la Christologie, l’Anthropologie biblique, la Rédemption ...
Par contre, chose invraisemblable, leur eschatologie est courte. Pour eux, il faudrait que le Christ glorieux vienne au plutôt pour les délivrer de leur irresponsabilité.
[4] de S. CAMERON N.M. Evangelicals and “theistic Evolution”: Can we eat the cake and have it? Biblical Creation 4, Journal of the Biblical Creation Society, November 1979
[5] STOTT John R. Comprendre la Bible, Edition Grâce et Vérité, p. 50 et suivantes.
[6] Nous disons que cet exemple est caractéristique, dans le sens qu’il est représentatif des opinions en vogue, dans la plus grande partie des Instituts bibliques et des Facultés de Théologie. Mais il faut aussi bien le dire, les racines se trouvent dans la philosophie grecque, ou ce qu’il en est connu. De façon académique, on fait remonter toutes les premières connaissances aux présocratiques, selon Aristote . Aristote dit (Métaphysique, I, 933 b 20, et J. Brun Les Présocratiques, PUF Qsj? N° 1319 ) que Thalè de Milet fut le fondateur de la philosophie des « physiciens » ou « physiologues » qui se préoccupaient de chercher les causes naturelles, et cela seulement 600 ans A.C. C’est-à-dire au temps de Jérémie. C’est donc avec raison que Émile Bréhier disait que les grecs étaient des menteurs: ce qu’ils savaient, ils l’avaient emprunté à Moïse et aux Égyptiens. Nous pouvons ajouter que les Égyptiens tenaient leurs connaissances principales de Mitsraïm , fils de Cham (Genèse 10: 6), fils de Noé, héritier des patriarches antédiluviens.
[7] BLOCHER Henri , Révélation des origines, collection théologique Hokma, Presses Bibliques Universitaires, 1979; 2e édition 1988.
[8] HUMBERT J Création évolution. Faut-il trancher? Sator 1989.
[9] BERKHOF Louis , Sytematic Theology, 5ième édition, The Banner of Truth, 1969.
[10] concordisme : les concordistes affirment l’opinion d’un bon accord (une concordance), entre les révélations du premier chapitre de la Genèse et les trouvailles de la cosmologie et de la géologie, interprétées dans un contexte évolutionniste . Pour en arriver là, ils admettent que les jours de la Genèse peuvent être compris comme des périodes comparables aux « ères géologiques ». Mais le sens propre du mot jour, en hébreu keg yom, est un jour ordinaire.
[11] restitutionnistes : L’hypothèse restitutionniste, considère qu’il y aurait eu un grand intervalle de temps entre les versets 1 et 2 du premier chapitre de la Genèse , elle fut avancée par le pasteur écossais Thomas Chalmer pour essayer d’échapper aux hypothèse des géologues. Cette hypothèse (gap theory ) fut largement diffusée par C.I. Scofield , qui d’autre part avait une théologie hautement fantaisiste.
[12] MOURAL Isabelle et MILLET Louis, Traité de philosophie, Éditions universitaires, p. 135, 1991.
[13] ANDREWS E.H., GIT W., OUWENEEL W.J. Éditeurs, Concepts in Cteationism, Evangelical Press, 1986, p. 9-10
[14] JONES Hywel, Literal or Literary ? A review article of (In the Beginning by Henri Blocher , IVP) , Biblical Creation, Journal of the Biblical Creation Society BC24, 1986.
[15] KELLY Douglas F., Creation and change, Genesis 1: 1 to 2: 4 in the light of changing scientific paradigms, Mentor, 1997.
[16] trope , selon le Robert (du grec tropos, tour, manière) c’est une figure par laquelle un mot, ou une expression, sont détournés de leur sens propre. C’est le cas des deux termes associés: créationnisme progressif progressif" , qui servent à cacher l’évolutionnisme , qui nie la Toute Puissance de Dieu.
[17] LURÇAT François, L’autorité de la science, Cerf, 1995. Physicien, professeur émérite à l’université Paris-XI.
STRAUSS Leo, La Persécution et l’Art d’écrire, Presses Pocket, 1989;
[18] SACKS Robert , The Lion and the As: A Commentary on the Book of Genesis, Queens College, N.Y., vol. 8. 1980.
[19] Concernant la Genèse , de quels textes peut-il faire état. Dans la pensée évolutionniste , il y a les récits babyloniens, dont on dit qu’ils font état de la Création et du Déluge ; et qui, toujours dans l’opinion évolutionniste, auraient laissé leur empreinte sur les chapitres les plus anciens de la Bible.
[20] Dogme newtonien et physicaliste, voir Annexe 2.
[21] BLOCHER Henri , Révélation des origines, Presses Bibliques Universitaires, 1979/1988, p. 12.
[22] philologie, étude d’une langue par l’analyse critique des textes.
[23] COURTHIAL Pierre , op. cit. p 200-201
[24] JONES H op. cit.
[25] Von RAD Gerhard , Théologie de l’Ancien Testament, Labor et Fides, 1957, p. 15.
[26] GEISLER N.L . How History Views the Bible, Zondervan, 1982.
[27] MARTELET Gustave , Libre réponse à un scandale. La faute originelle, la souffrance et la mort, 5e éd, Cerf, 1997.
Et plus récemment: Évolution et création, Tome 1, Cerf, 1998.
[28] NEHER André et Renée, Histoire Biblique du Peuple d’Israël, Adrien Maisonneuve, 1988.
[29] MARTIN-ACHARD Robert, Et Dieu crée le ciel et la terre, Labor et Fides, 1979.
[30] MARTELET Gustave , Évolution et création, Tome 1, sens ou non sens de l’homme dans la nature? G. Martelet est un jésuite, professeur à l’université grégorienne de Rome .
[31] KELLY XE "KELLY" Douglas F., op. cit.
[32] DENTON Michael, Évolution une théorie en crise, Préface de M.P. Schützenberger de l’Académie des Science, Flammarion, Champs, N° 228, 1985/1988, pp. 68-69.
[33] C’est le Professeur Arie Noordzij de l’Université d’Utrecht qui développa cette hypothèse en 1924.
[34] ALLIS Oswald T. God spake by Moses, an Exposition of the Pentateuch, P&R, 1979,p. 11.
[35] NOEBEL David A., Understanding the Times, Notable Signatories of Humanist Manifesto II. Summit Press, 1991.
[36] KELLY D. op. cit.
[37] L’évolution a de grands problèmes comme nous l’avons déjà souligné. Ces problèmes sont traités dans une collection Les grands problèmes de l’évolution aux éditions scientifiques Masson. Cette collection a été lancée par le professeur J. Piveteau, un matérialiste marxiste. La direction scientifique a été ensuite assurée par le professeur Ph. Taquet, qui se dit “protestant”.
Nous y trouvons: L’évolution chimique et les origines de la vie, par A. Brack & F. Raulin, 1991. Il faut bien noter que les ouvrages de cette collection « sont destinés à des lecteurs cultivés mais non spécialistes, curieux d’approfondir leurs connaissances sur tel ou tel grands problème de l’évolution ». Dans l’ouvrage que nous venons de citer, il n’y a que des hypothèses, présentées comme des faits possibles. C’est bien là le type d’un ouvrage de désinformation des non spécialistes selon le soviétique Oparin
[38] HUGHES Philip E. A Commentary on the Epistle of the Hebrews, W.B. Eermans Publishing Compagny, 1977.
[39] Métaphore , du grec metaphora, transposition. Procédé de langage qui consiste dans un transfert de sens (terme concret dans un contexte abstrait) par substitution analogique. Et dans sa note 8, H. Blocher ajoute que Paul Ricœur, dans La Métaphore vive (Seuil, 1975) démontre que la métaphore n’est pas dans le mot mais dans la proposition, et sa tortion.
[40] HUGHES Philip E., op. cit.
[41] RICŒUR Paul , La métamorphose vive, Sueil, 1975.
[42] BAVINCK Herman , The doctnie of God. Trad. William Hendriksen, The Banner of Truth, 1979, p. 70ss.
[43] BAVINCK H . , op. cit.
[44] Van TIL C. The defense of the Faith, p. 39, P&R, 3e édition 1967.
[45] OWEN W.S. & GRIST P.A., A Dictionary of Bible Symbols, Grace Publications, 1992/1995, distribué par EVANGELICAL PRESS.
CHILTON David, The Days of Vengance, an exposition of the Book of Revelation, Dominion Press, 1987, pp. 31-36, qui cite H. Bavinck
[46] GEISLER N.L . op. cit.
[47] www.creationresearch.org/
[48] TASSOT D . op. cit. p. 304.
[49] RENAN, L’avenir de la science, GF-Flammarion, 1995, présentation par Annie Petit .
[50] DAVIES Paul , God and the New Physics, Penguin Books, 1983; et The Mind of God, Penguin Books , 1992.
[51] Sébastien FATH , chargé de Cours à la Faculté de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine attaque de façon incroyable le livre du Doyen Pierre COURTHIAL Le Jour des petits Recommencements, on est en droit de se demander s’il a vraiment lu sérieusement le Livre. ( Article « L’âge de la foi »: rêve ou réalité? La chrétienté en question, dans l’organe d’information fac réflexion N° 39 1997/2 publié par la F.L.T.E.). Nous remarquons que S. FATH appelle à la rescousse TROELTSCH, qui malgré son libéralisme mentionné, est pris en bonne part, pour affirmer que: Dans son œuvre puissante, redécouverte depuis quelques années par les sociologues et historiens des religions, il montre en effet que le protestantisme de Luther et Calvin encore fortement englué dans le modèle médiéval de la chrétienté, a bien moins contribué à la modernité que le second protestantisme de la réforme radicale. Il s’agit de ceux qui sont à l’origine du socialo-communisme, comme le montre le grand mathématicien, rescapé des goulags, Igor Chafarévitch, Le Phénomène socialiste, Seuil, 1977.
[52] YOUNG Edward J. An Introduction to the Old Testament, Tyndale Press, 1960.
[53] La Revue Biblique, 1892, p. 12-14.
[54] BARTH Karl , Dogmatique, Troisième Volume, La doctrine de la Création , Tome Premier, Labor et Fides, 1960.
[55] TASSOT D . op. cit. p. 318.