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La théorie de la Double Révélation
6.7. La Théorie de la double Révélation[1], ou la laïcisation par le scientisme, une nouvelle religion
6. 7.1. La relation entre la Bible et la “science”, selon E.J. Young[2]
« Il est difficile d’échapper à l’impression, que beaucoup de ceux qui adhèrent au point de vue non-chronologique, supposé, des Jours de la Création, sont là le seul motif pour échapper aux difficultés qu’il y a entre la Genèse et les “découvertes” de la science. Qu’il y ait des difficultés, personne ne le nie. Leur présence concerne chaque chrétien qui étudie l’Écriture Sainte sérieusement. C’est pour cette raison qu’il faut rendre justice à l’Écriture et aux sciences.
« Récemment est apparue dans certains cercles néo-évangéliques, le point de vue que Dieu aurait donné une révélation dans la Bible et une autre dans la nature[3]. Chacune étant dans sa sphère propre l’autorité suprême.
« Le théologien à pour fonction l’interprétation de l’Écriture et le scientifique[4] l’interprétation de la nature. “Et [5] s’il y a des conflits manifestes entre les conclusions des scientifiques et celles des théologiens, en particulier ce qui concerne l’origine de l’univers, le système solaire, la terre, la vie animale, et l’homme; les effets de la malédiction en Eden; l’importance du Déluge, le théologien doit repenser son interprétation des Écritures de telle façon à les mettre en harmonie avec le consensus général de l’opinion scientifique[6] sur les points en litige, puisque la Bible n’est pas un manuel de science. Ces problèmes franchissent le territoire dans lequel la science serait seule à pouvoir nous donner des réponses faisant autorité”. »
Et E. Young poursuit: « La description et l’approche de J. Whitcomb[7] ne peut être plus précise... Dans divers ouvrages de sciences naturelles, il est répété que les conflits entre la Genèse et les sciences, ne peuvent être évités que si l’on soutient que la Bible n’est pas un manuel de science[8], mais seulement un livre qui concerne l’histoire du salut[9], et que les auteurs on parlé et écrit dans le langage de leur temps."
« Ce qui nous frappe immédiatement lorsque nous lisons de telles affirmations, est le peu d’estime accordé à la Bible. Car lorsque les sciences et la Bible sont en conflit, c’est toujours la Bible qui, d’une manière ou d’une autre, doit céder la place. On ne nous dit jamais que la «science » doit corriger ses hypothèses à la lumière de l’Écriture. Toujours la Bible a tort.
« Cette attitude est très surprenante, car les réponses (qui sont des hypothèses ou des opinions et parfois des élucubrations) que les scientifiques - ceux qui pratiquent les paléosciences - donnent, fréquemment changent[10] au cours du temps...
« Il y a un effet qui doit être toujours devant nous: c’est l’effet noétique du péché[11], l’effet de la Chute sur notre pensée, sur notre logique, et sur les constructions hypothétiques de notre raison. Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue céleste annonce l’œuvre de ses mains. (Ps 19: 2). Mais les yeux de l’intelligence humaine sont aveuglés par le péché; ils ne peuvent lire , comme il faut, l’étendue céleste. Tout cela met en cause la cosmologie.
« L’effet noétique* du péché conduit à des présupposés et des inclinations antithéistes. Nous devons nous souvenir que: une grande partie de ce qui est présenté comme des faits scientifiques, est écrit d’un point de vue qui est hostile au surnaturel révélé dans l’Écriture Sainte.
« Il est très important de souligner, même si c’est une évidence, que la Révélation de Dieu dans Sa Création, ne peut être en conflit avec Lui-même, avec Sa Parole révélée dans la Bible. Sa Révélation dans la nature et Sa Révélation dans l’Écriture Sainte sont en parfait accord.
« Cependant l’homme est une créature rationnelle, qui a besoin d’une révélation en Paroles qu’il peut comprendre et aimer. Et en même temps il lui faut connaître quelle est sa relation avec le monde dans lequel il vit.
« Même avant la chute, Dieu avait donné à Adam, par la constitution de son être intelligent, la Révélation en Paroles. La Révélation en paroles, lui permettait de comprendre la Révélation dans la nature.
« Les hommes déchus peuvent lire la révélation générale à la lumière de l’Écriture Sainte, autrement, ils vont hors du droit chemin.
« Certes, la Bible n’est pas un manuel de science, mais elle est exactement nécessaire pour comprendre le but de la science. Nous pouvons sans doute dire qu’elle est un manuel de philosophie des sciences. Parce que quelque soit le sujet abordé par la Bible, que ce soit la Création, l’origine du soleil, la Chute, le Déluge, la Rédemption de l’homme, elle a autorité et elle est véritable et sans erreurs.
« Nous devons penser les pensées de Dieu après Lui, et Ses pensées sont exprimées dans tout ce qu’Il nous révèle dans l’Écriture Sainte. Calvin le souligne et l’expose d’une très belle façon ( Institution Chrétienne: I.vi.2 ), d’après le Psaume 119 et en particulier au verset 130: La révélation de tes Paroles éclaire, elle donne de l’intelligence aux simples, (ou littéralement L’ouverture de tes paroles illumine, elle fait discerner les simples (traduction de Chouraqui). »
En conclusion, E.J. Young expose trois considérations fondamentales:
1. Le verset Genèse 1:1 est une révélation spéciale de Dieu
2. Le premier chapitre de la Genèse est historique, il dit vraiment ce que Dieu a fait, ce qui est arrivé.
3. De ce fait, la révélation générale doit être interprétée par la Révélation particulière: la nature par l’Écriture Sainte, la “science” par la Bible.
Maintenant, nous avons une base solide et imprenable pour analyser et réfuter la théorie de la Double Révélation et la « théorie du cadre »
6.7.2. Cette ‘théorie’ considère deux domaines entièrement séparés
Cette ‘théorie’ dit que Dieu a donné aux hommes deux révélations égales (deux livres: la Bible et l’Univers), chacune ayant pleine autorité dans son propre domaine:
- La Révélation de Dieu dans l’Écriture Sainte, qui ne contiendrait que des vérités spirituelles, le livre de l’Esprit.
- La Révélation de Dieu dans la Nature: le livre de la Nature déchiffré par les scientifiques de toutes disciplines, de façon indépendante du livre de l’Esprit, selon le mythe de l’autonomie de la raison.
a. Priorité au domaine scientifique
Nous devons d’abord noter, que l’état actuel de la pensée des clercs relève encore et toujours de la philosophie grecque[12], qui gravite autour de cette idée de base (motif de base), qu’une connaissance de plus en plus élevée peut permettre à l’homme (l’humanité) de trouver la Vérité et de la comprendre, pour ensuite, si c’était possible l’identifier à Dieu. Le motif de base devient donc une gnose[13].
Ces deux livres sont considérés comme appartenant à deux domaines distincts de la connaissance, largement indépendants l’un de l’autre. Ce qui conduit à l’autonomie de la raison par rapport à la Révélation particulière, ce motif est issu de la Renaissance (c’est une inversion du sens biblique).
L’esprit de la Renaissance contre la Réforme, fut un retour à la pensée païenne, qui devint l’humanisme sécularisé classique, c’est-à-dire ce que l’homme préfère choisir et écouter.
Cette révélation dans la Nature, exposée par les scientifiques athées ou agnostiques, ne doit donc pas être confondue avec la Révélation générale (Rm 1: 18-32), car il s’agit ici des hypothèses des paléo-sciences (sorte de machine hypothétique à remonter le temps) utilisées pour la construction d’une théologie pseudo-naturelle, toujours à caractère évolutionniste dialectique.
b. Une distorsion volontaire de sens dans le cadre de la sécularisation
Les tenants de cette “théorie de la double révélation”, transforment la Révélation générale en une “révélation particulière” dévoilée par la seule raison humaine, utilisée par les “érudits” des sciences dites naturelles. Tout cela étant devenu l’objet de la “pensée unique” et de “l’académiquement correct”.
Comme nous le verrons plus loin, il s’agit bien d’adapter la Bible aux sciences naturelles et à la cosmologie, telles qu’elles sont vulgarisées aujourd’hui.
Dans ce cadre de la Double Révélation, le théologien est supposé être celui qui est établi par Dieu pour « interpréter » l’Écriture; le scientifique étant celui qui peut interpréter la Nature. Dans cette théorie, qui n’est qu’une hypothèse spéculative, chacun d’eux aurait des outils spécialisés pour déterminer la vraie signification du livre particulier qu’il est appelé à étudier.
Comme l’écrit Walt Hibbard (Fondateur de Great Christian Books, Puritan-Reformed Discount Book Service), à propos de l’ouvrage de R. K. McGreggor Wright[14]: Dans leur grande majorité, les Chrétiens aujourd’hui, ont inconsciemment élevé le concept de libre arbitre sur un tel piédestal de suprématie, qu’ils le placent même au-dessus de la Souveraineté de Dieu. Dans la préface de ce livre, Alan Wyatt écrit: La liberté humaine définie selon l’Écriture Sainte, est bien différente de la doctrine Arminienne* de l’autonomie humaine. L’autonomie implique que la volonté n’est sujette ni à des causes ultimes dans l’histoire, ni au Conseil éternel de Dieu. De façon ultime, cette idée, implique un dieu limité... un dieu limité par l’autonomie humaine n’est pas le Dieu capable de sauver un monde perdu par sa révolte... et l’Évangile est ainsi rendu impotent.
Comme nous allons le voir, c’est bien la voie que prend la Théorie de la double révélation: c’est le libre arbitre et la soi-disant autonomie des scientifiques, qui veulent s’imposer, contre la Révélation de la Bible. De plus, c’est une erreur très sérieuse de considérer la théologie comme un exercice académique. Elle appartient à la chaire de l’Église, à l’école, à la famille, à la vie en société, dans tous les domaines, etc.
6.7.3. Sa lointaine origine[15], explicitée par les philosophies de Platon d’Aristote et de Th. d’Aquin.
a. Religion d’État et société bouleversée
Selon David J. Tyler, la théorie de la double Révélation remonte à la période pendant laquelle le Christianisme devint religion d’État. Tout au long du Moyen Âge, les théologiens étaient les leaders de la société; cependant, l’étude du monde physique (ce que nous nommons aujourd’hui science) était justifié, mais de telle façon que Dieu soit glorifié.
Il y avait aussi une tendance manichéenne[16] à considérer le monde comme mauvais, ce qui conduisait aux monastères, à l’ascétisme. Peu de personnes se préoccupaient de connaître la Création, c’est-à-dire le Mandat culturel selon Genèse 1: 28, 9: 1- 29.
Dès le 13ème siècle, la philosophie d ’Aristote devint dominante, ce qui amena une accentuation du rationalisme, alors par l’action de certains “érudits”, l’Écriture Sainte fut discréditée. Genèse 1 fut attaqué: la relation entre la Révélation et l’étude théorique du monde physique devint plus pressante.
La philosophie d’Aristote supplanta Platon et les autres philosophes grecs, sa physique, sa métaphysique, sa logique, sa cosmologie furent à la mode. Cet à ce moment là que les universités émergèrent comme centres d’activité intellectuelle, avec l’aristotélisme comme structure de pensée.
Cela dura de 1200, environ, jusqu’au milieu du 17ème siècle. Cette position est à retenir: Aristote était un philosophe grec païen, et cette philosophie fut la matière principale des études universitaires.
Thomas d’Aquin[17] considérait Aristote, comme le philosophe qui avait atteint le sommet de la pensée humaine, sans l’aide de la Révélation., c’est ainsi qu’il incorpora l’aristotélisme dans la formulation de la Foi chrétienne[18]. Son argument pour réaliser ce mélange était que le monde de la nature pouvait être connu de façon séparée du monde de l’esprit: le sacré devait être distingué du profane. Plus tard E. Kant (1724-1804), définit un monde à deux étapes.
C’est lui qui ouvrit le débat sur le motif de base « nature-Grâce »; ainsi la connaissance est divisée en deux compartiments, que l’on peut schématiser comme suit[19]:
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La Grâce, le niveau supérieur |
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Dieu le Créateur, le ciel et les choses célestes, l’âme de l’homme, l’unité. |
La nature, le niveau inférieur |
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Le créé, la terre et les choses terrestres, le monde visible et l’action de l’homme et de la nature sur la terre, le corps de l’homme, la diversité |
Les graves défauts de cette opposition Nature/Grâce, selon la perspective de la Révélation biblique nous sont clairement montrées par R. Hooykaas[20]:
La Révélation de Dieu le Créateur implique la dépendance absolue des choses créées de leur Créateur, mais aussi leur totale et absolue différence (elles ne sont absolument pas une émanation de Lui, comme le croient les panthéistes). C’est la distinction Créateur/créature. Au Moyen Âge cette distinction n’était pas bien perçue: la Nature était considérée comme ayant une puissance semi-indépendante, et lorsqu’il arrivait quelque chose, cela été considéré par l’intellect humain, selon la « découverte » d’Aristote.
Au Moyen Âge, le point de vue biblique n’était que superposé à la conception aristotélicienne. L’ordre normal de la nature était bien considéré comme institué par Dieu, mais aussi astreint à être modifié de façon surnaturelle dans le cas des miracles. Thomas d’Aquin considérait qu’une des fonctions de la philosophie naturelle est de nous permettre de distinguer ce qui appartient à Dieu (par exemple les miracles et l’origine des choses), de ce qui appartient à la nature (ainsi il n’y aurait plus de Providence).
Au contraire, l’Écriture Sainte, attribue tout ce qui se passe à l’action immédiate de Dieu: Christ co-Créateur est avant toutes choses et toutes choses subsistent en Lui (Colossiens 1: 17).
H. Andrillat[21], souligne, et c’est très important pour comprendre l’histoire des sciences:
« ... au lieu de chercher à développer la science et la pensée d’Aristote, le Moyen Âge eut le tort de figer en leur état la physique aristotélicienne et la cosmologie de Platon, comme il l’aurait fait d’un dogme.
« Parmi les grands courants d’idées de l’Antiquité classique, l’Église soutenait évidemment la philosophie platonicienne pour son caractère spiritualiste, ainsi que sa cosmologie géocentrique.
« En effet, de même que la Bible privilégiait l’homme sur le plan spirituel, de même le géocentrisme privilégiait la place de l’homme dans l’Univers. Ainsi, pendant tout le Moyen Âge, on ne jura que par la Bible et Aristote ». Toujours la raison humaine veut s’imposer à la place de la Parole de Dieu. Et son monde est aussi vieux que le Diable.
Nous devons bien noter qu’en ce temps là (comme pour certains milieux aujourd’hui, plus ou moins hérétiques ), il y avait bien une double révélation . Il y avait Moïse et Aristote. Il y a aujourd’hui en plus Darwin ou Huxley...
Cependant la synthèse syncrétiste antérieure de Thomas d’Aquin (1224-1274) ne fut pas acceptée par tous (encore aujourd’hui les scottistes ne l’acceptent pas). L’Évèque de Paris Étienne Tempier en 1270 condamna 13 propositions de Th. d’Aquin et en 1277 il en condamna 219 autres, menaçant d’excommunication ceux qui transgresseraient ces condamnations, qui subsistèrent jusqu’au 14ème siècle.
La principale condamnation concernait le principe aristotélicien de nécessité logique, qui mettait en cause la doctrine de la Souveraineté de Dieu (ce principe semble avoir eu des échos, il y a quelques décennies, dans Le hasard et la nécessité de J. Monod).
b. La “théorie” de la double révélation chez Galilée
Plus tard, Galilée s’appuya sur les deux livres; le livre de la nature étant autonome par rapport à la Révélation de l’Écriture Sainte. C’est pour cela que nous disons qu’il y a un énorme glissement de sens entre la Révélation générale (qui nous montre la gloire et la Puissance de Dieu) et l’utilisation qui en est faite, dans l’hypothèse de la double révélation, pour juger la Révélation de l’Écriture Sainte, par le triomphe ultime de la raison humaine[22].
Ainsi malgré (ou à cause de) l’ancienne synthèse de Thomas d’Aquin, il n’y a jamais eu d’unification de la connaissance (cette unification les non-chrétiens la cherchent toujours aujourd’hui); la méthodologie d’Aristote était rationaliste en soi; elle est devenue hermétiquement fermée à toute idée de Révélation. Cela ne pouvait arriver que lorsque les vrais théologiens bibliques fidèles firent défaut, soit par manque, ou par le rejet de leurs enseignements par “l’académiquement correct”. En langage actuel c’était la première avancée de la sécularisation.
Le fond du problème est qu’au temps de Galilée, beaucoup de théologiens spéculaient avec la philosophie et ne connaissaient que très peu le domaine “scientifique”. Ils n’avaient pas de théorie de la connaissance fondée sur l’Écriture Sainte.
c. Théorie proéminente sans preuves
La “théorie de la double révélation” devint proéminente lors des discussions sur l’héliocentrisme de Copernic (1473-1543)[23]. Si les érudits étaient d’accord que Dieu avait écrit le livre de la nature, ils avaient de nombreuses façons de le lire. La réponse de Galilée, comme jadis Platon (427-347 A.C), ou Archimède (287-212 A.C), fut l’introduction du langage mathématique[24], car disait-il, le livre de la nature est écrit en langage mathématique caractérisé par des triangles, des cercles, et d’autres figures géométriques, ce qui est un peu rudimentaire.
C’était une situation très complexe, liée à la philosophie des sciences professée par Galilée. Il avait rejeté une grande partie de celle d’Aristote, mais pas son point de vue scientifique rationaliste, ce qui explique sa confiance dans ses propres conclusions. Ses réponses tenaient tout du paganisme, sa position n’avait rien de chrétien; aucun Chrétien ne pouvait l’admettre sans compromission. Et il était sans doute chrétien.
L’argumentation de Galilée, était que, dans le monde naturel, il trouvait l’objectivité et la clarté, qu’il ne trouvait pas en lisant l’Écriture Sainte. Galilée préférait la révélation obtenue à partir du monde naturel. Il reconnaissait cependant que les réinterprétations ne devaient pas être faites à la légère, sauf là où il y avait des conflits démontrés. Mais il n’en restait pas moins que c’était la raison, enveloppée du péché, qui était faite juge de l’Écriture Sainte. La science de Galilée était bien embryonnaire pour avoir une telle prétention, la quête de l’unité est toujours fuyante devant nous[25].
Galilée a aussi utilisé une fausse doctrine de l’accommodation[26], dans le sens de compromis, ou de rendre convenable et de terminer à l’amiable (accommoder son discours aux circonstances), bien qu’il fut un Catholique romain loyal. Il utilisait les deux livres, comme argument pour établir sa science comme une sphère séparée de la connaissance - que les théologiens ne devaient pas toucher.
selon l’Écriture Sainte
Comme le fait remarquer V. Bru[27], la notion d’accomodatio Dei se retrouve très tôt dans l’histoire de l’Église. S. Irénée fut le premier à l’introduire dans le vocabulaire théologique. S. Augustin associa l’accommodation de Dieu dans l’Écriture, à l’illumination du croyant par le Saint-Esprit, par la régénération, qui enlève les effets très négatifs du péché originel sur l’intellect (effets noétiques). Par cette illumination, Dieu restaure en l’homme sa capacité à le recevoir, sans laquelle l’Évangile/Loi demeure inintelligible pour l’homme.
Les auteurs bibliques, guidés sans failles par le Saint-Esprit, n’en appellent qu’à l’expérience première des lecteurs, sans microscope à effet tunnel, ou holographie électronique[28], ni engin voyageur vers Mars ou Saturne.
Comme l’expose très bien Pierre Marcel[29]: « Les auteurs bibliques n’en appellent qu’à l’expérience naïve des lecteurs ». « Un point de vue que Calvin (1509-1564) développe dans ses commentaires sur le livre de la Genèse, publié en 1554. D’emblée, au verset 6 du premier chapitre, il déclare:
Je tiens ce principe pour certain, qu’il n’est traité que de la forme visible du monde. Que celui qui voudra apprendre l’Astronomie et autres arts exquis et cachés les cherche ailleurs, car l’Esprit de Dieu a voulu ici enseigner toutes sortes de gens ensemble sans exception, de telle sorte que ... c’est le livre des simples.
Et au verset 14, les termes qui relatent la création des « luminaires » sont très explicites:
Moïse ne philosophe point subtilement de quelques mystères cachés, mais récite les choses qui sont communément connues, voire des plus ignorants, et sont en usage commun (...) Par cette raison est assez réfutée la malice de ceux qui débattent contre Moïse de ce qu’il n’a pas parlé plus exactement. Car il a plutôt regardé à nous qu’aux astres, comme aussi il convenait à un théologien.
Calvin ne récuse en aucune manière la recherche scientifiques, comme il l’a dit par exemple dans son sermon 34, sur Job 9. Nous devons remarquer, dit-il, que Moïse parle du ciel “ à l’œil nu”. Comme l’indique le chapitre 0, L’astronomie à l’œil nu du livre de M. Séguin et B. Villeneuve[30], c’est bien ainsi qu’a commencé l’Astronomie. Pour aller plus loin il faut : Les yeux artificiels, comme ils le montrent dans leur chapitre 4, avec la découverte de la lunette et ensuite des télescopes et des récepteurs photoélectriques, ensuite du traitement numérique par ordinateur, du signal électrique reçu.
En clair, cela veut dire que les trois premiers chapitres de la Genèse disent bien ce qu’ils disent, dans un langage que toute personne qui sait bien lire peut comprendre, par une lecture littérale.
Ainsi, nous pouvons dire que si Galilée croyait que le langage de la Bible était accommodé aux idées erronées des gens peu ou pas instruits, et qu’ainsi il pouvait défendre l’autonomie de ses recherches, il se trompait[31]. La question cruciale, jadis comme aujourd’hui, est de savoir si ce principe est supporté par l’Écriture Sainte? Selon Calvin, il n’en est rien.
e. Le rationalisme de Descartes: le temporel et le spirituel
Descartes (1596-1650), continuant à soutenir la philosophie d’Aristote, faisait la distinction entre deux domaines (deux sphères), le temporel et le spirituel. Dans le domaine temporel, il est nécessaire de partir avec le doute et de construire la vérité en utilisant des principes rationnels; ainsi il n‘y a pas de place pour la révélation et de plus, rien ne peut être appris sur Dieu par l’étude du monde naturel, sinon Sa Toute-Puissance. Dans le domaine spirituel, nous recevons la révélation de Dieu par l’Église et là il n’y a pas de place pour le doute. Cette division entre spirituel et temporel était instable, c’est ainsi que même Newton (qui était déiste) accusa Descartes d’être athée.
Il ne semble pas que Descartes ait suivi Thomas d’Aquin, il a plutôt développé une pensée indépendante concernant la relation entre les sciences et l’Écriture Sainte. Mais c’était bien là l’hypothèse de la double révélation poussée à son extrême. C’est bien ce genre de pensée qui aujourd’hui encore est enseignée par les modernistes protestants ou catholiques romains, qui se donnent parfaitement la main pour démolir l’Église, si cela était en leur pouvoir..
f. Emmanuel Kant (1724-1804) et sa Critique de la raison pure[32]
Au début de sa Critique de la raison pure, il écrit:
Notre temps est, tout particulièrement, celui de la critique; et tout doit être soumis à la critique. La religion en raison de son caractère sacré de dispensatrice majestueuse de lois, peut bien chercher à en être exempte. Mais elle éveillera alors un juste soupçon et ne pourra plus prétendre au sincèreexamen que la raison n’accorde qu’à ce qui a été capable de soutenir l’épreuve d’un libre et ouvert examen.
La Réforme n’a pas prôné le libre examen soutenu par la seule raison humaine, au contraire, il faut procéder comme les Juifs de Bérée, qui reçurent avec beaucoup d’empressement la Parole prêchée par Paul et Silas (Act 17: 11), et qui examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact.
Ainsi selon Kant, tout doit être soumis à la critique de la raison humaine, dans le sens matérialiste du terme. Plus récemment, W. Hawking affirme, comme nous l’avons vu ci-dessus: Si nous trouvons la réponse à cette question (quelle est l’origine de l’Univers), ce sera le triomphe ultime de la raison humaine - à ce moment nous connaîtrons la pensée de Dieu.
Ainsi l’homme qui appartient à la Nature créée par l’Éternel, se voudrait être autonome, et entrer dans les décrets éternels du Créateur. En fait l’homme moderne qui refuse la prédestination divine, accepte la ‘prédestination’ du Hasard et de la Nécessité aveugles, forgée par l’homme qui se voudrait divinisé, de façon à “entrer dans l’Esprit de Dieu”. Tel est l’orgueil blasphématoire de notre temps.
Kant a cru trouver la solution en définissant un univers à deux étages. Le premier étage étant celui du monde (phénoménal) des réalités sensibles; le deuxième étage étant celui du monde nouménal des pensées et des spiritualités.
Pour la Réforme luthérienne, ou la Réforme réformée, l’Éternel Dieu est la source de toutes choses, pour Kant c’est l’esprit autonome de l’homme qui est supposé être le principe et la source de toute connaissance.
« L’objectivité, dont se targue Kant, n’est pas celle que Dieu a décrétée, mais la vérité qu’invente l’esprit souverain de l’homme, la raison de celui-ci. »[33]
C’est selon ces diverses philosophies que la ‘théorie’ de la double révélation a été montée: l’influence de Kant est toujours sensible, dans les Églises Protestantes, à qui se donne la peine de poser des questions[34]. C’est là ‘l’esprit du monde’, ‘l’esprit du siècle’ (1 Cor 2: 12), contre “le témoignage de Jésus qui est l’esprit de la prophétie” (Apoc 19: 10).
Aujourd’hui nous voyons de nombreuses Églises, qui se disent, sans vergogne, issues de la Réforme, rejeter les doctrines Trinitaire, Christologique, sotériologique et de l’infaillibilité de l’Écriture Sainte, parce que conduites par “des faux prophètes, des loups ravisseurs” (Matt 7: 15), imbus du rationalisme de la méthode historico-critique.[35]
6.7.4. Le développement actuel de l’hypothèse de la double révélation
1- L’évolutionnisme de l’American Scientifique Affiliation (ASA)
Cette hypothèse a été à nouveau soutenue, en 1955, par B. Ramm[36], et ensuite développée lors du Symposium de l’American Scientifique Affiliation (1959)[37].
Remarque 1: Il faut noter, avec Tom Notaro[38], que B. Ramm dans le livre édité par Jack Rogers[39], rejoint ceux (Pinnok, Rees, Earl Palmer etc.) qui disent que la Bible est faillible, et qui applaudissent K. Barth, selon leur méthode inductive, très à la mode aujourd’hui parmi les néo-évangéliques dans, leurs Facultés de Théologie et leurs Instituts bibliques. B. Ramm est bien reconnu, par H. Blocher, comme l’un des leaders de la pensée néo-évangélique aux États-Unis[40]. Pensée et point de vue du monde qui depuis des décennies a envahi les pays francophones.
Avec Millard Erickson[41], nous pouvons dire, que la pensée de Bernard Ramm, Clark Pinnock, Stanley Grenz et d’autres, sur de nombreuses doctrines telles l’Écriture, Dieu, le salut ainsi que leurs méthodes théologiques, ne sont plus évangéliques au sens historique du mot
Une première appréciation de cette hypothèse, selon l’Apologétique présuppositionnelle et la Théologie Calvinistes, a été donnée par R.J. Rushdoony, dans le Journal du Séminaire Réformé de Westminster à Philadelphie[42], et dans les Études scientifiques pour soutenir la Création particulière, selon les deux premiers chapitres de la Genèse[43]; et plus en détail dans son livre: The Mythology of Science[44]
C’est à l’occasion de ce Symposium (de l’ASA) que les théistes évolutionnistes se sont particulièrement déclarés comme créationnistes progressistes. Nous allons voir comment cette position est trompeuse.
2. Le Refus de l’Acte Créateur Souverain immédiat
Cette nouvelle appellation a des implications que les Créationnistes bibliques ont bien repérées, en analysant les positions philosophiques de ceux qui optent pour une “création” progessive (évolutionniste), sur des millions ou des milliards d’anées; l’hominisation[45] est supposée avoir duré au moins 1 million d’années. C’est une position de compromis qui représente une tentative des chrétiens néo-évagéliques (le terme post-évangéliques-modernistes correspond mieux à la réalité) pour obtenir le “respect” des théologiens libéraux, et une apparence respectable devant les géologues et les paléontologues académiquement corrects etc. Pascal TASSY parle aussi de l’arbre à remonter le temps[46], ce qui fait penser à une machine à remonter le temps.
Mais en même temps, ces évolutionnistes, refusent (ce qui s’apparente au reniement) l’Acte créateur, selon Genèse 1 et 2, de l’Éternel-Dieu Tout-Puissant dit, le Fiat - latin (latin impératif « que cela soit fait ! », l’Éternel dit et la chose arrive sans intermédiaire: Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière est, (Fiat Lux). Ils le changent au profit d’un processus hypothétique de création qu’ils nomment création progressive.
Comme Descartes, les progressistes remplacent l’œuvre de Dieu par la mécanique de la matière; ce qui veut dire, par exemple, qu’une fois créées, la première cellule se met en mouvement, et son fonctionnement devient déterministe.
Par contre il faut bien noter que selon la Bible, les causes secondes n’interviennent qu’après la fin de la Création, au septième jour, et que le Christ soutient tout ce qui subsiste par Sa Toute-puissance (Col 1: 17). Que la Terre produise... n’est pas une cause seconde, mais une Parole créatrice du Créateur Un et Trine.
Ils remplacent donc les Six jours de la Création par l’échelle géologique de la stratigraphie[47]; cette échelle se présente comme un dieu de substitution. En réalité, et de façon certaine, les soi-disant créationnistes progressifs, sont réellement évolutionnistes; et l’Acte Créateur Souverain est transféré aux potentialités de la matière, qui aurait une énergie interne avec une information organisatrice "par nature". C’est le début du New Age!
La Souveraineté et la Toute-Puissance de Dieu est ainsi transférée à la nature, comme dans la philosophie grecque[48]. En fait c’est une forme inavouée de « déisme » qui accepte l’idée du Grand architecte de l’univers, qui l’aurait mis en mouvement, sans plus, et s’en serait ensuite désintéressé pendant des millions d’années, pour reprendre ensuite son action.
En tout cas, ils font une confusion, la Création est remplacée par la Providence[49]: dire que c’est Dieu qui dirige l’évolution, est une pure spéculation, sans le moindre fondement dans la Révélation biblique. Ce qui les conduit à situer l’arrivée d’Adam et Eve au néolithique[50]. Cette idée est aussi une pure spéculation, qui conduit très vite à la négation du péché originel, qui est la transgression de la Loi de Dieu (1 Jean 3: 4).
Selon leur opinion, la Nature se serait développée sous l’effet d’un processus créatif inhérent aux lois de son être. L’Éternel-Dieu Créateur deviendrait ainsi un “outsider”, un étranger qui dirigerait de loin un très long processus de formation, dans le temps et l’espace. Dans cette optique l’origine du temps et de l’espace est imprécise, car la théorie dite standard du Big Bang, dit que le temps et l’espace (ou espace-temps) continuent à se développer. D’où viennent-ils? Ils ne savent pas!
Bien sûr, ‘l’évolutionniste chrétien’, qui soutient la création progressive, dément qu’il renonce à Dieu, mais il cherche à retenir les données et les demandes de deux systèmes de pensée contradictoires. Ce faisant, il veut servir deux maîtres, ce qui fait qu’il sera déloyal aux deux, puisque les deux s’excluent mutuellement.
En effet, si l’Éternel-Dieu est le Créateur Personnel, l’Univers est tel que Genèse 1 dit: une série d’actes de Création sans processus, sans intermédiaires, dans l’intervalle de six jours, l’ensemble étant parfait et très bon.
Par contre, si la créativité appartient à la nature, alors l’univers est le résultat d’un processus évolutif impersonnel, et les lois de l’être et de la vie des créatures dérivent non pas d’un Dieu qui en est étranger, mais de la nature elle même: c’est en fait le pur matérialisme passé sous silence.
Comme le souligne le Dr Rushdoony, quiconque soutient l’idée de création progressive, cherche à maintenir un dualisme certain. Or dans chaque dualisme des religions humaines, qui adorent la créature au lieu du Créateur (Rm 1: 25 ), il y a un dieu mauvais et un dieu bon et l’ensemble est maintenu par une tension dialectique, dans un pseudo univers virtuel.
La conséquence est que virtuellement, tous les créationnistes progressifs, bien que professant divers degrés de critiques envers les théologies dialectiques, comme celle de Karl Barth, maintiennent aussi une bonne appréciation de celui-ci, dans une attitude amicale envers cette étrange déviation du Christianisme orthodoxe.
Nous pouvons aussi noter avec attention, que le catholique romain et teilhardien Paul Chauchard a publié en 1957 La création évolutive (éd. SPES). En première page de couverture, nous lisons cette citation de Teilhard de Chardin: Un univers chargé d’amour dans son évolution. Or, comme chacun sait, le moteur de l’évolution est la sélection par la mort des plus faibles; où donc est l’amour? Une telle citation est un condensé de désinformation.
3- Le créationnisme progressif: un nouveau scientisme[51]
Les créationnistes progressifs doivent être considérés comme commençant à soutenir la théologie dialectique. Celle-ci, en France en particulier, a été le facteur le plus important de la désertion de nos Temples, car l’Éternel détourne sa face lorsque sa Sainte Parole est distordue, et le Saint-Esprit délaisse les Assemblées qui ne rendent pas Gloire au Souverain Créateur.
C’est ainsi qu’une société irrégénérée, saute, dans ce qu’elle appelle sa “libération”. Un philosophe discutant des origines, disait de façon candide, que la ruse de la philosophie naturaliste (comme de nombreux pasteurs semblent le faire, en ne prêchant pas sur les premiers chapitres de la Genèse) est de refuser de répondre à la question des origines. Question que beaucoup de personnes se posent.
Ainsi ils regardent et pensent le monde tel qu’il est, de façon pragmatique. Alors le concept d’évolution devient une pétition de principe, qui certes a une cohérence interne apparente, pour essayer de soutenir la réalité. C’est ainsi qu’ils rejettent leur Créateur et Sa Révélation par une hypothèse que personne n’a jamais prouvée.
La fameuse découverte en 1974 de Lucy, par l’archéologue Johanson, dans le rift africain, là où devait être le berceau de l’humanité, selon Yves Coppens, qui en fit une histoire « East side story ». Le scénario était simple et efficace: lors d’une élévation de terrain (hypothétique), un changement climatique se produisit, les pluies furent plus rares.
La forêt disparaissant, la terre se couvrit de savane, et un grand singe se dressa sur ses deux jambes pour voir venir l’ennemi. De cette posture nouvelle naquit la locomotion bipède et l’augmentation du poids du cerveau etc. Comme on disait il n’y a pas très longtemps, c’est une histoire à dormir debout. Cette version du néodarwinisme présentée comme un quasi-dogme, est toujours enseignée dans les écoles comme une nouveauté.
Alors que plus personne n’y croit, ni les sédimentologues, ni les géochronologistes, ni même les généticiens qui considèrent les paléontologues comme de doux rêveurs. On vient de découvrir que l’ADN possède des propriétés inattendues: l’horloge moléculaire pourrait être vingt fois plus rapide que prévu. Tout cela dans un univers dont les astrophysiciens, se demandent s’il n’est pas beaucoup plus récent qu’ils ne l’enseignaient
Les évolutionnistes qui parlent de création progressive, sur des centaines de millions, ou des dizaines de milliards d’années, maintiennent une grosse part de naturalisme, mélangée à une autre part de christianisme orthodoxe. C’est ainsi qu’ils manœuvrent en termes de deux “données de base”, ce qui les conduit à une tension dialectique, entre deux données qui s’excluent mutuellement, comme nous l’avons déjà dit. En réalité seule la base donnée par l’Éternel-Dieu est vraie, Lui seul sait, et ceux qui entendent les sermons échafaudés sur cette dialectique s’en vont, car ils ne peuvent ni croire ni comprendre.
Une position dialectique est précisément caractérisée par deux concepts antagonistes (antithétiques), mais cette position ne peut que s’effondrer à cause de ses propres contradictions. Les théologiens dialectiques ne veulent pas voir cette situation. Il y a deux Fois rivales, chacune croit aux miracles, l’une aux miracles de l’Éternel Créateur, l’autre aux miracles supposés d’une potentialité inhérente à l’univers, une espèce de panthéisme, ou de New Age.
Selon les créationnistes progressifs, l’homme est capable d’impartialité dans des investigations objectives pour trouver les modalités de la Création. Ce qui ne peut être fait qu’en se déclarant égal à Dieu. Comble de l’orgueil! La raison humaine dans ses trouvailles en géologie, en paléontologie, en zoologie, ou en biologie moléculaire, prétend savoir ce qui existait avant le Déluge? Mais ils commencent par nier l’amplitude du Déluge, qu’ils réduisent à un grand débordement marin survenu en Mésopotamie.
Pour se justifier, ils relèguent la Bible au-delà du monde observable et de l’Histoire. Considérer la Bible comme source des faits concernant la nature et l’histoire, pour eux, est illégitime. Ils ajoutent, pour éliminer le caractère chronologique des 11 premiers chapitres, des considérations purement littéraires, soit de style, soit de syntaxe; ou bien ils versent dans l’imagination poétique.
Ils trouvent cela très satisfaisant pour expliquer le monde dans le schéma évolutionniste. Ils voient le Christ proche, puis plus loin les Égyptiens, les Sumériens, les hommes des cavernes de Cro-Magnon, les hommes de Neandertal, les pithécanthropes, les australopithèques. Ce qui revient, selon le schéma teilhardien, à présenter Jésus comme conséquence de l’évolution de l’Homme.
Mais si nous consultons un vrai savant des langues sémitiques[52] et qui sait parfaitement l’Hébreu, et ne le connaît pas seulement, car savoir et connaître sont deux choses différentes[53]. Pour E.J. Young, pas plus que pour U. Cassuto, il n’y a pas de poésie dans les onze premiers chapitres de la Genèse. Et pour tout chrétien qui ne s’est pas laissé infecter par la pensée des révoltés contre le Créateur, il y a, et avant tout, le langage du Saint Esprit.
En conclusion, puisque les ‘progressistes’ limitent la portée de la Bible à la seule révélation des vérités spirituelles, une grande partie de ce qu’elle dit, est ouverte à toutes les attaques. Selon eux, tout ce qui n’est pas censé être ‘spirituel’ est du domaine de l’histoire évolutionniste, et l’inerrance est mise de côté.
[1] WHITECOMB J. C, The Origin of the Solar System, P&R, 1963.
[2] YOUNG Edward J. Studies in Genesis one. P&R, 1976, p. 50-51.
[3] Cette autre révélation, n’est absolument pas, ce que dans la doctrine réformée, nous appelons la Révélation générale, qui est totalement indépendante des sciences: ce sont les sciences qui dépendent de la Révélation générale.
[4] Remarquons que E. YOUNG ne parle pas de savants.
[5] Comme le Dr. John Whitcomb le décrit: Biblical Inerrancy and the Double Revelation Theory, Presidential Address given at the Seventh General Meeting of the Midwestern Section of the Evangelical Theological Society, May 4, 1962, Moody Bible Institute.
[6] Très variable, souvent imposée à grands coups de média, avec comme base des textes de vulgarisation.
[7] www.answeringenesis.org/home/area/bios/j_whitcomb.asp
[8] On ne peut demander à aucun homme qu’il ait une connaissance suffisante, pour dire de façon exacte, ce qu’est la relation entre la Genèse et l’étude des phénomènes créés par Dieu; pas plus qu’un homme puisse résoudre les difficultés qui peuvent apparaître.
Mais un étudiant de la Bible et de la partie de l’univers qui nous est accessible, doit humblement reconnaître son ignorance, et que premièrement, il doit être fidèle aux Paroles saintes et infaillibles de la Sainte Écriture.
Les prétendues difficultés, telle que la création de la lumière avant le soleil, n’est pas une difficulté en soi, il y a des explications possibles. Mais là nous rentrons dans un mystère qui demeurera, il faut toujours faire la distinction Créateur/créature. La créature ne peut dire comment le Créateur a procédé. La tentation de vouloir mettre l’univers dans un laboratoire est une folie, mais cette tentation existe bel et bien de vouloir tout expliquer par nos connaissances bien limitées.
[9] Mais tous ceux qui soutiennent ce point de vue, souscrivent à l’évolutionnisme et ne semble pas se rendre compte que si l’homme est le produit de l’évolution d’un hominien, l’homme n’a jamais été comme Adam, d’après la Genèse , qu’il ne peut y avoir eu de Chute, que la mort du Christ sur la Croix, n’aurait été qu’un martyre, qu’il n’y a plus de Rédemption, ainsi ce qui nous enseigné sur le sacrifice expiatoire du Christ Jésus n’a pas de sens.
[10] C’est le cas de ce qu’a dit, et enseigné, Yves Coppens à propos des trouvailles d’ossements dans la partie Ouest du Rift Africain. Dans le domaine de la lumière, la constante “c” est remise en cause, ainsi que la masse nulle attribuée au photon etc.
[11] BRU Vincent, La nature, les limites et la portée de notre connaissance de Dieu à la lumière de la notion d’accomodatio Dei, chez Calvin. pp. 93-96, Mémoire de Maîtrise présenté à la Faculté Libre de Théologie Réformée d’Aix-en-Provence, 1997.
[12] Avec G. CAMPBELL-MORGAN, La première épître aux Corinthiens, Éditions Emmaüs, nous devons noter, comme exemple des conséquences d’une telle association, l’état immoral de l’Église de Corinthe. L’Église de Corinthe vivaient sous l’influence des philosophes grecs: ces philosophes ne considéraient pas les puteries comme une faute morale, c’était le culte de Vénus. Aujourd’hui, il en est de même, avec une amplification incroyable par l’utilisation de l’imprimerie et des moyens télévisuels
[13] Connaissance qui prétend pénétrer les mystères de Dieu, ce que Dieu ne révèle pas, cette connaissance est réservée aux seuls initiés, ce qui devrait les sauver.
JONES Peter, Spirit Wars, pagan revival in Christian America, Main Entry Editions, Escondido, CA 982025.
[14] McGREGGOR WRIGHT R.K. No place for Sovereignty What’s Wrong with Freewil Theism, 1997.
[15] HOOYKAAS R. Religion and the rise of science, Scottish Academic Press, 1977.
TASSOT Dominique , La Bible au Risque de la science, F.X. de Guibert,, 1997.
TYLER David J. the “Double Revelation” approch to knowledge, Aquinas, Galileo and Descartes, ORIGINS, The Journal of The Biblical Creation Society, N° 23, 1997.
[16] Du nom de Mani, hérétique persan du IIIe siècle, qui voulait concilier le christianisme, surtout sous sa forme gnostique, avec le dualisme traditionnel de l’ancienne religion de Zoroastre. Cette forme gnostique pose deux principes absolus opposés, le Bien et le Mal, principes cosmiques, coéternels, luttant l’un contre l’autre. On trouve très souvent cette gnose, dans les milieux ‘chrétiens’ désinformés!.
[17] HOFFECKER Andrew W., Building a Christian View, Volume 1, chapitre 6, Medieval Scholasticisme: The Thomistic Synthesis, pp. 97- 113, P&R, 1986.
[18] Pour Aristote, les animaux sont généralement issus d'organismes identiques, mais ils peuvent également naître de la matière inerte. Il a beaucoup écrit sur la génération spontanée des mouches à partir du terreau ou du fumier; de poissons à partir des algues en décomposition. Selon Aristote, il existe en toutes choses un principe passif qui est la matière, et un principe actif qui est la forme. Tout ce qui existe viendrait, lorsque les conditions sont favorables, de la conjonction de ce principe actif et de ce principe passif. Le principe actif informe la matière et lui donne forme.
[19] SCHAEFFER Francis A. Démission de la raison, Maison de la Bible, 1971.
[20] op. cit.
[21] ANDRILLAT. L’Univers sous le regard du temps, Collection De caelo, Masson, 1993, pp. 56.
[22] Étienne KLEIN/Marc LACHIEZE-REY, dans leur livre, La quête de l’unité, (Bibliothèque Albin Michel Sciences, 1996) citent page 13 la conclusion de W. HAWKING dans son ouvrage Brève histoire du temps, où il pose la question: « ... savoir pourquoi nous-mêmes et l’Univers existons. Si nous trouvons la réponse à cette question, ce sera le triomphe ultime de la raison humaine - à ce moment là nous connaîtrons la pensée de Dieu. »
[23] TASSOT Dominique, La Bible au risque de la science de Galilée au P. Lagrange. Préface de P. Chaunu de l’Institut, Éd. F.X de Guibert, 1997. Sous le titre Les silences du Chanoine Koppernigk ( Il ne faut pas oublier que Copernic était Polonais), D. Tassot nous dit que « le Commentariolus exposant le système de Copernic circula en manuscrit à partir de 1510. Il y prétendait (sans en apporter la preuve) que 34 cercles suffisaient à rendre compte du mouvement des cinq planètes alors connues, en admettant l’hypothèse héliocentrique. Face aux 40 cercles de Ptolémée, le système semblait plus simple, donc préférable et son auteur fut invité au Latran en 1514, pour participer à la réforme du calendrier. Copernic refusa, mais se mit à rédiger son opus magnum, le De revolutionibus orbium mundi. Il dut le terminer vers 1530 ». Le Cardinal de Capoue, homme de confiance du pape tenait Copernic en grande estime. Mais il fallut qu’un jeune lettré protestant, Rhéticus vienne l’importuner plusieurs mois durant pour qu’il laissât enfin remettre son manuscrit à l’imprimeur. Il mourut, à soixante-dix ans quand le premier exemplaire lui parvint. Alors pourquoi cet homme déjà célèbre par la rumeur publique a lutté pendant trente-sept ans pour ne pas exposer le fruit d’une vie de travail?. Arthur Koestler semble donner la clé de ce comportement, dans sont livre: Les somnambules. Essai sur l’histoire des conceptions de l’univers de l’univers (Calmann-Lévi , 1960/1985, p.162 fruit de plusieurs années de recherches: ce n’est pas le martyre qu’il redoutait, mais le ridicule, parce qu’il était déchiré de doutes quant à son système, et qu’il savait qu’il ne pourrait ni le démontrer aux ignorants, ni le défendre contre les critiques des connaisseurs”.
[24] Nous ne récusons pas ici le langage mathématique en-soi, comme le montre Vern S. POYTHRESS (Ph.D., mathématiques, Université de Harvard, Maître en Théologie, Westminster Theological Seminary), Biblical view of mathematics, Foundations of Christian Scholarship, essays in the Van TIL perspective. Ed. G. North, Ross House Books, 1979. Excursus on the limitation of human mathematics, pp. 185... il est bon de voir les relations entre les “mathématiques” de Dieu et celles des hommes. Lorsque Dieu Se révèle Lui-même, Il Se révèle en Vérité, mais pas de façon exhaustive. C’est la première limite. Dans le cas des mathématiques, nos connaissances sont aussi limitées par le fait que nous voyons l’effet des décrets éternels de Dieu qui règlent un monde fini (qui n’est pas divin). Ces décrets ne nous sont pas accessibles, sauf ceux qui sont révélés dans la Sainte Bible.
1. Dans le cas de la géométrie, il serait blasphématoire de dire que Dieu a les propriétés de l’espace euclidien, ou non-euclidien. Nos systèmes mathématiques (euclidiens ou non-euclidiens), ne sont pas identiques avec Son “système”. Nos diverses géométries ne peuvent être que des représentations, bien lointaines, du comment Dieu peut gouverner le monde, car elles ne sont que des constructions de l’esprit humain créé à l’image de Dieu, mais ensuite déformé par le péché. Cette question sera traité avec quelques compléments dans l’Annexe 1.
[25] KLEIN/LACHIEZE-REY, op. cit.
[26] TYLER David J., The impact of the Copernican Revolution on Biblical Interpretation, Origins, the Journal of the Biblical Creation Society, N° 21, July 1996.
BRU Vincent, La nature, les limites et la portée de notre connaissance de Dieu à la lumière de la notion d’accomodatio Dei chez Calvin, Mémoire de Maîtrise, Faculté Libre de Théologie Réformée, Aix-en-Provence, Juin 1997.
[27] BRU V. op. cit. er Revue Réformée 1998/5
[28] HAWKES Peter. Électrons et Microscopes, vers les nanosciences, Belin CNRS éditions, 1995.
[29] MARCEL Pierre, Calvin & Copernic la légende ou les faits? La science et l’astro-nomie chez Calvin, La Revue Réformée, N° 121-1980/1
[30] SÉGUIN Marc et VILLENEUVE Benoît, Astronomie Astrophysique, Éditions du renouveau pédagogique (Qébec), 1995.
[31] Nous devons bien noter que même dans le système héliocentrique précisé par Képler, il y a de grandes difficultés pour établir des repères et des coordonnées. Dans le cadre mobile de l’ensemble du système solaire, et de celui-ci dans notre galaxie, il s’agit de repérer les étoiles par des coordonnées pratiques à définir. Aujourd’hui on utilise des axes de coordonnées fixes, par rapport aux galaxies lointaines, pour que leur direction soit invariable, après correction du mouvement de la Terre. On les représentent sur une sphère, dites des fixes, concentrique à la Terre. Voir l’Annexe 1 et Agnès ACKER, Astronomie introduction, collection De caelo, Masson, 1992.
[32] COURTHIAL Pierre, op. cit. pp 198-199.
[33] COURTHIAL Pierre, op. cit. p 199, d’après H. Dooyweerd: Roots of Western Culture, Toronto, 1979.
[34] RUFF Pierre-Yves, Qu’est-ce que le libéralisme théologique? http://www.theolib.com/ 16/11/98.
[35] Nous avons entendu aux obsèques de l’un de nos oncles, le pasteur parler de la Résurrection, comme une idée issue du témoignage des communautés primitives.
[36] RAMM Bernard (Ph.D.), The Christian view of science and Scripture, pp.76ss, The Paternoster Press, 1955.
[37] MIXTER Russell. L. Evolution and Christian Thought Today, WM.B. Eerdmans Publishing Company, 1959/1970.
[38] NOTARO Tom, Van TIL & the use of evidence, P&R, 1980, pp.103-104.
[39] ROGERS Jack ed., Biblial Authority, Waco, TX: Word Books, 1977.
[40] BLOCHER Henri, Révélation des origines, PBU, 1979/1988, p. 259.
[41] ERICKSON Millard, The Evangelical Left/ Encountering Postconservative Evangelical Theology, Paternoster 1997.
[42] RUSHDOONY Rousas John, Westminster Thological Journal, pp. 59-68, Novenber 1960, Vol. XXIII, N° 1.
[43] Scientific Studies in Special Creation, Éditeur Walter E. Lammerts, (Ph.D. Docteur ès Sciences de l’Université de Californie, généticien), Presbyterian and Reformed Publishing Company, 1971.
[44] RUSHDOONY Rousas John, The Mythology of Science, Craig Press, 2ème édition 1968.
[45] Hominisation: spéculations sur une machine à remonter le temps, qui veut faire croire que l’humanité est issue des primates (les primates sont des animaux à dentition complète et à main préhensile, tels les grands singes, les lémuriens, ou les simiens). Par exemple E. GENET-VARON, dans Les hommes fossiles découvertes et travaux depuis dix années. Éitions Boubée, 1979, avec le concours du CNRS, distingue: avant le genre Homo, les primates supérieurs hominiens, puis le genre Homo, avec la série imaginaire Homo species, Homo habilis, Homo praerectus, Homo erectus, Homo sapiens avant le Würm, Homo sapiens au Post-Würm; pour plus de détails voir les pages 286-294.
[46] TASSY Pascal, L’arbre à remonter le temps, Éditions Diderot, 1997, P. Tassy est Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle.
[47] Une remarque d’une grande importance s’impose ici. Si nous comparons dans la collection Que sais-je? des Presses Universitaires de France (PUF), La Géologie par André Cailleux de 1960, et celle de René Dars de 1992, nous pouvons nous demander s’il y a quelque chose de commun entre les deux. Le premier expose l’ancienne géologie, avec l’échelle stratigraphique et l’ancienne constitution du globe terrestre. Le deuxième a adopté la tectonique des plaques nouveau paradigme des géologues. Il vaut la peine de prendre du temps pour faire cette comparaison et se rendre compte combien il est dangereux de baser la compréhension du premier chapitre de la Genèse sur la géologie.
[48] Que l’on ne nous dise pas qu’il s’agit ici des causes secondes. Car par « les causes secondes par lesquelles toutes choses arrivent ... Dieu en ordonnant éternellement ce qui devait advenir en chaque temps (Act 2: 23; 4: 27-28), Il a ordonné aussi les moyens par lesquels il lui plaît que telle chose advienne.
« C’est Lui qui a créé tout de rien (Gn 1: 1; Héb 1: 2, 11: 3; Jean 1: 3), quand bon lui a semblé, par sa Parole éternelle, c’est-à-dire par son Fils agissant avec le Père. Il a tout rangé et ordonné, comme aussi Il soutient et gouverne tout selon son éternelle Providence, par sa vertu. infinie et co-essentielle, qui est le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils ». Théodore de Bèze, La Confession de Foi du Chrétien, Revue Réformée N° 23-24, 1955.
[49] YOUNG Edward J., Studies in Genesis One, P & R, 1976.
[50] néolithique: spéculation des ‘préhistoriens’ qui désignent ainsi la période la plus récente de ‘l’âge de la pierre’!
[51] scientisme: Attitude philosophique qui prétend résoudre tous les problèmes par la science. La science en question étant globalement absolutisée.
[52] YOUNG Edward J., op. cit.