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L'hypothèse évolutionniste
6.5 Qu’est-ce que l’hypothèse évolutionniste?
Certes, on peut dire qu'à cause de l’imprécision, et en l’absence de preuves, cette hypothèse a suscité de nombreuses recherches. Mais précisons, son histoire.
Dès le commencement du XVIIe siècle, il y eut des tentatives pour définir les critères de classifications des êtres vivants selon une hiérarchie.
Linné conclut à l’existence d’un ordre souverain de la nature et à une classification naturelle qu’il fallait décrire. Il établit des lois de classification (Taxonomie ou taxinomie), toujours utilisées[1] aujourd’hui. Selon le principe des unités emboîtées, ou taxons: règne, classe, ordre, genre, espèce, variété.
Cette structure a été conservée, mais toutefois avec une multiplication des niveaux taxonomiques. A l’emboîtement des unités correspond le principe de subordination des caractères, qui consiste à identifier, à chaque niveau de la classification, les caractères convenables et réels pour définir les taxons*. L’anatomie comparée, expression de la morphologie, a été la base sur laquelle a été édifiée une classification générale des organismes, exprimant leurs affinités réelles, selon le tableau suivant.
Espèce................ Exemple: Felis leo .......... le lion
Genre ................. Genre...... Felis ................les félins: chats, tigres, lions, panthères etc.
Famille .................Famille ... Félidés ............les félidés: du chat ... au puma et au tigre.
Ordre............................................................les carnivores.
Classe...........................................................les mammifères.
Embranchement (Phylum).............................les vertébrés.
Cependant, Linné n’a pas donné une définition rigoureuse de l’espèce. Il réunissait dans une même espèce tous les individus qui se ressemblaient suffisamment pour être désignés sous le même nom: c’est le concept typologique de l’espèce. L’organisation précise et la forme qui la traduit, sont des caractéristiques essentielles des êtres vivants: c’est la base de la distinction des espèces et des groupes, même lorsque la génétique s’en mêle
C’est Linné qui adopta le premier la nomenclature binaire consistant à désigner chaque être vivant par un double nom, en latin, le premier correspondant au genre, le second à l’espèce (exemples: Felis catus, le chat; Phaseolus vulgaris, le haricot).
Nous pouvons noter avec beaucoup d’intérêt que le Professeur Maurice Caullery[2], résumait l’état des choses: « Mais, en somme, la plupart des types animaux ou végétaux remontent à un passé extrêmement lointain: nous ne les trouvons, en fait, qu’alors qu’ils sont vieux et nous ne les voyons pas subir de transformations fondamentales... ». Où donc est l’évolution? Si ce n’était pas une idéologie religieuse antichrétienne on n’en parlerait plus depuis toujours!
Quant à la classification des animaux, il faut noter que Linné met l’Homme dans le groupe des Primates, avec les “Anthropoïdes”, les Singes inférieurs, les Lémuriens et les chauves-souris
Le botaniste Bernard de Jussieu (1699-1777) utilisa le principe de subordination en zoologie, qui fut mis en œuvre par Georges Cuvier (1769-1832) et Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829). Jusqu’au XVIIIe siècle la fixité des espèces était admise, l’ordre de la nature traduisait, pour la plupart des “savants”, la volonté du Créateur. L’âge de la Terre étant estimé selon les textes bibliques. Mais déjà Georges Buffon (1707-1788), proposa de façon empirique de multiplier l’âge de la Terre par 100.
Cuvier introduisit la notion de plan d’organisation (anatomie comparée), en scindant le règne animal en quatre embranchements: vertébrés, articulés, mollusques et zoophytes, qui lui semblait-il, ne présentaient aucun point commun. Il avait une interprétation créationniste non biblique: il imagina une série de catastrophes anéantissant la faune. Après chaque catastrophe de nouvelles espèces étaient créées.
Les créationnistes bibliques, que H. Blocher qualifient de néo-catastrophistes, ne reconnaissent que la Chute et le Déluge biblique, qui ne sont pas des catastrophes mais un Jugement du Créateur, car les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal (Gn 6: 6).
Ce fut Lamarck qui admit, sans aucune preuve, que les espèces se modifiaient progressivement au cours du temps, à partir d’un état primitif très simple, apparaissant par génération spontanée; il supposait qu’elles devenaient de plus en plus complexes. Cette complexité devait leur faire gravir l’échelle des êtres. Cette interprétation transformiste n’eut pas beaucoup de succès. Car cette théorie vitaliste* fait appel à l’existence d’un mystérieux système de rétroaction dans chaque organisme, la variation évolutive serait dirigée en fonction des besoins de l’organisme.
Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844) définit l’homologie. Sont homologues deux organes qui ont la même organisation, c’est-à-dire la même origine embryonnaire. L’homologie de deux organes n’implique pas qu’ils soient ressemblants: ils peuvent avoir ni la même taille ni la même forme, ni la même fonction. Par exemple les pattes de devant du cheval et les ailes de la Chauve-souris sont homologues. Cette notion suscita de grands progrès en anatomie comparée, et contribua à jeter un pont entre l’embryologie et l’anatomie comparée.
G. Saint-Hilaire et É. Serres (1786-1868), pensaient que les embryons des animaux supérieurs, au cours de leur développement, passaient de façon transitoire par des organisations très semblables à celle des organismes inférieurs adultes.
Au contraire, Karl von Baer (1792-1876) affirmait que les bonnes comparaisons devaient se faire entre les embryons, et que lors de l’embryogenèse, les caractères généraux de l’embranchement, ou de la classe, par exemple la corde des embryons de vertébrés (la corde est la structure dorsale autour de laquelle, s’organise la colonne vertébrale) apparaissent avant les caractères des unités taxonomiques inférieures. Cette constatation ne remettait pas en cause la conception fixiste de l’histoire du vivant
Durant cette dernière période, Charles Darwin (1809-1882), avait effectué à bord du Beagle son long voyage autour du monde (1831-1836) ; au terme d’une longue période de réflexion, il fut convaincu de l’importance de la compétition à laquelle sont soumis les organismes et les rattacha aux résultats obtenus par les sélectionneurs d’animaux. Il compara la diversité des races obtenues, à la diversité entre espèces voisines. C’est ainsi qu’il arriva à proposer le concept de descendance avec modifications, et le concept de sélection naturelle. Celle-ci expliquant celle-là. Comme nous l’avons déjà signalé.
Certains voient là une hypothèse possédant une cohérence interne séduisante. Mais beaucoup pensent comme le professeur R. Chauvin[3]:
J’insiste sur le fameux « cercle vicieux » ou « tautologie » du darwinisme, qui n’a pas été jusqu’à ce jour corrigé le moins du monde. La faille principale du darwinisme est d’ordre logique.
Quant à la logique on consultera avec profit l’analyse de Ph.E. Johnson[4] et l’article du Dr. Tony Jelsma[5]. En tant que biochimiste le Dr Jelsma: veut recommander le livre de Ph. Jonhson, Professeur de Droit à l’Université de Californie (Berkeley), à tous les étudiants qui rencontreront probablement la théorie évolutionniste, aussi bien qu’à leurs parents, leurs professeurs, et leurs pasteurs, afin de les aider et les encourager et aussi les équiper pour lutter contre, et soumettre l’esprit du temps à la Seigneurie du Christ, pour les débarrasser du naturalisme évolutionniste.
6.5.1 Le darwinisme
Après ces remarques, on peut s’étonner que Le Guyader[6] affirme que:
La puissance explicative de cette notion de descendance avec modification, explique qu’elle ait été relativement vite adoptée par la communauté scientifique de la fin du XIXe siècle. La notion de sélection naturelle soulevait quant à elle des difficultés. Si la sélection retient les plus aptes aux dépens des moins aptes, c’est qu’il existe une variabilité. Il faut en outre que les caractères des individus retenus par sélection soient transmis à leurs descendants. Le couple variabilité/sélection naturelle ne peut expliquer la descendance avec modification que si la variabilité en question est héréditaire.
Michael Denton, fait remarquer que le concept d’évolution par sélection naturelle était élégant et admirablement simple. Il évitait complètement la nécessité de recourir à ces «forces vitales » occultes, si caractéristiques des théories pré-darwiniennes. L’évolution du cou de la girafe pouvait être expliqué sans avoir recours à des forces mystérieuses.
Mais Darwin affirmait bien, que les organismes variaient, que les variations étaient héritées et qu’il y avait une lutte intense pour l’existence qui favorisait nécessairement, par sélection naturelle, la préservation des variations avantageuses. L’évolution par sélection naturelle est donc bien, dans son essence, strictement analogue à la résolution d’un problème par essai et erreur. Ce qui fait que tous les êtres vivants seraient le produit fortuit d’un processus aléatoire complètement aveugle. Ce qui est repris par Jaques Monod:
(...) que le hasard seul est à la source de toute nouveauté, de toute création dans la biosphère. Le hasard pur, le seul hasard, liberté absolue mais aveugle, à la racine même du prodigieux édifice de l’évolution ...[7]
Donc depuis Darwin, comme le fait remarquer M. Denton (p. 46), il y a cette revendication révolutionnaire. Le plan autrefois désigné comme résultat de la Création divine est dorénavant attribué au hasard. Tel est aussi, ce qu’en définitive soutiennent, peut être par distraction, H. Blocher et J. Humbert et avec eux un grand nombre de néo-évangéliques
Comme nous l’avons souligné ci-dessus M. Denton relève que: « l’absence d’une structure logique dans l’Origine des espèces en fait un ouvrage difficile à résumer, mais les principaux arguments sont clairs... Darwin présente deux théories liées mais distinctes.
La première , “ou théorie restreinte”, plutôt conservatrice, de portée limitée, propose que de nouvelles races et espèces apparaissent dans la nature, sous l’action de la sélection naturelle.
La seconde, ou “théorie générale”, bien plus radicale applique la théorie restreinte de façon universelle et prétend expliquer, par extrapolation des processus qui amènent des changements mineurs, l’immense diversité apparente de la vie sur la Terre.
C’est de cette théorie générale que pensent la plupart des gens quand ils parlent de la théorie de l’évolution.
Gregor Mendel (1822-1884) publia les fruits de ses expériences sur l’hérédité des petits pois en 1866, qui montraient que la transmission des caractères (gènes) de parents à descendants est absolument immuable[8]. Cette transmission ne fournit donc pas de solution au problème de la variabilité héréditaire, ce qui serait en faveur du fixisme, d’autant plus qu’il s’agit d’un phénomène discontinu.
Alors que l’évolutionnisme est supposé dériver d’un processus progressif (à comparer au soi-disant créationnisme progressif ), qui éliminait les variations brusques qui apparaissent chez les espèces domestiques. Darwin fut obligé d’accepter, comme l’avait fait Lamarck, l’idée de l’hérédité des caractères acquis au cours de la vie individuelle.
6.5.2 Le néo-darwinisme
Après Darwin, l’embryologiste August Weisman (1834-1914) , affirma l’indépendance entre le germen et le soma et la non-hérédité des caractères acquis. Cette idée associée à la sélection naturelle, devint l’hypothèse, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, nommée néo-darwinisme.
En 1900, on assista à la redécouverte des lois de Mendel par Carl Correns (1864-1933), Erich von Tschermak (1871-1962) et Hugo de Vries (1848-1935).
6.5.3 Le mutationnisme
En complément, H. de Vries, introduisit la notion de mutation. La mutation est l’apparition brusque, dans une espèce, d’un nouveau caractère héréditaire. Cette conjecture (sans preuves) fut le fondement de la troisième hypothèse de l’origine des espèces: le mutationnisme.
a. Deux écoles de biologistes évolutionnistes
Ainsi se formèrent deux écoles de biologistes qui étudiaient les variations.
L’école de ceux qui se réclamaient du darwinisme, s’intéressaient à la variation continue avec un important arsenal mathématique. Les protagonistes furent Francis Galton (1822-1911) et Karl Pearson (1857-1936).
L’autre école avec Willian Bateson (1861-1926), se consacrait à la variation discontinue et à l’hérédité mendélienne, qui explique par exemple la naissance de souris blanche parmi les souris grises, mais ce sont toujours des souris.
b. La conjecture synthétique de l’Évolution
Par la théorie polygénique de l’hérédité des caractères à variation continue, suggérée par Ronald Fisher (1890-1962), Sewall Wright (1889-1988) et John Haldane (1892-1964) furent les fondateurs de la génétique des populations. Le néo-darwinisme intégra les données de la génétique en prenant en compte, les mutations comme source de variabilité héréditaire, selon le mécanisme chromosomique de l’hérédité proposé par l’école de Thomas Morgan (1866-1045); avec en sus la sélection naturelle.
Ce fut l’arrivée de la théorie synthétique de l’Évolution dont les protagonistes sont le généticien Théodosus Dobzahnsky (1900- 1975), le zoologiste Ernst Mayr, le paléontologue George Simpson (1902-1984) et du botaniste G. Ledyard Stebbins.
c. La conjecture neutraliste et la microévolution supposée
La “théorie synthétique”, ne prenait pas en compte les soi-disant caractères acquis, qui au fur et à mesure des expérimentations génétiques devenaient de plus en plus invraisemblables, pour ne pas dire complètement erronés. En effet les études statistiques de Salvador Luria et Max Delbrück sur des populations bactériennes (assez simples pour être étudiées), ont montré l’indépendance entre les mutations qui rendent les bactéries résistantes à un virus et la “sélection” opérée par le virus. Car les bactéries sélectionnées acquièrent leur résistance de façon fortuite.
C’est la mutation fortuite qui est héréditaire, et non pas une adaptation au virus consécutive à l’infection. L’hérédité des caractères acquis devait donc être définitivement écartée selon le fonctionnement du “matériel génétique”. Ces résultats expérimentaux viennent des recherches de J. Watson, F. Crick, J. Monod et F. Jacob etc.
De 1950 à 1960, la “théorie synthétique” paraissait triompher en donnant des interprétations de phénomènes microévolutif. Mais on était bien loin du darwinisme.
d. La spéculation “neutraliste” des phénomènes fortuits
Cette nouvelle “théorie” défendue par Motoo Kimura (1924-1944) prend beaucoup plus en considération les phénomènes fortuits, engendrant une part de la variation héréditaire, qui ne dépend guère, ou même pas du tout, de la sélection naturelle. Et la paléontologie ne montre aucune continuité entre les espèces.
Alors on fait appel aux méthodes « cladistiques* » et à l’informatique, comme nouveaux outils pour “reconstituer” les phylogenèses. La biologie moléculaire et la génétique semblent réconcilier les embryologistes et les généticiens.
Malgré le manque de preuves, Le Guyader nous dit que cette réconciliation constitue la première approche véritablement scientifique, non plus descriptive mais expérimentale, des mécanismes « microévolutifs » par lesquels se sont mis en place les grands plans d’organisation des animaux[9]
Malgré cette situation qui montre les discontinuités, malgré cela, le cadre conceptuel de l’évolution est gardé; et la grande majorité des biologistes mettent en application l’adage de Dobzhansky: Rien n’a de sens en biologie, si ce n’est à la lumière de l’évolution. C’est là une profession de foi de nature religieuse, qui s’adresse à l’idole Hasard.
Ainsi celle-ci est devenue une véritable religion idolâtre, qui coupe toute relation avec le Créateur, et à laquelle un bon nombre de néo-évangéliques adhèrent. Malgré les évidences tout à fait négatives concernant cette hypothèse, la vraie science prouve-t-elle l’évolution, La vraie réponse est non. Et le lavage de cerveau sévit sur les médias!
6.6 Les Hypothèses scientifiques décrites par J. Humbert
Le titre du chapitre 2 est intitulé: Les Théories scientifiques. « Avant d’aborder les problèmes de l’évolution biologique, et l’histoire de la vie, il faut se demander ce qu’est la vie, quelle est son origine. Il faut la situer dans son environnement... » J. Humbert considère que tout est en évolution dans le cosmos.
En 66 pages, il nous résume, les théories scientifiques concernant le cosmos, le système solaire, la recherche de l’origine de la vie, les interprétations du monde vivant, et l’origine de l’homme, selon les hypothèses que l’on trouve dans les ouvrages de vulgarisation disponibles en 1989. Mais quand il dit que les calculs des mathématiciens, les observations des astronomes, les expériences des physiciens, à partir des années vingt, ont progressivement imposé la vision dynamique d’un univers ayant un commencement, et qui s’est transformé au cours du temps, le fait de mêler les expériences des physiciens dans cette affaire, nous paraît un peu trop aventureux, sans dire plus.
En effet, nous pouvons dire que le prix Nobel de Physique, Hanès Alfven[10], mettait au défi les astrophysiciens et les cosmologistes de prouver quoi que ce soit, par une expérience de laboratoire, sur les plasmas hyperdenses*, qu’ils étaient supposés connaître, par leurs calculs concernant le Big bang.
Il est vrai que parmi les nombreuses recherches des physiciens, il ne cite que Penzias et Wilson des Bell Telephon Laboratories, qui en mettant au point l’antenne nécessaire à la radio-communication avec les satellites de la NASA, ont trouvé un bruit de fond correspondant à l’émission d’un corps noir à la température d'environ de 2,7 °K (2,7 degrés absolus).
J. Humbert dit, le modèle standard de l’Univers est aujourd’hui (1988) admis par 99,5 % des savants du monde entier (y compris ceux d’URSS et de Chine). On peut alors se demander, sérieusement, si ce n’est pas là, un modèle trompeur de la pensée unique, de l’humanisme sécularisé, quand presque tout le monde est d'accord, sauf Halton Arp et quelques autres, qui ont été interdits d'observations, comme nous l'avons déjà dit.
En ce qui concerne l’accord sur l’évolutionnisme et la soi-disant théorie de l’évolution, voici ce que dit l’Académicien M.P. Schützenberger[11]:
A vrai dire, cet accord unanime de principe n’engage pas à grand-chose car tous les biologistes étant à la fois convaincus de la réalité de l’évolution et de ce que presque chaque détail d’un organisme vivant a une signification dans l’existence de celui-ci, donc dans sa survie et sa fécondité, rien dans leur pratique quotidienne au laboratoire ne fait intervenir la croyance que le hasard est ou non le moteur fondamental des changements qui l’ont produit. Plus généralement, comme on l’a souligné depuis longtemps, la structure logique des thèses darwinienne leur confère une merveilleuse immunité à la réfutation qui les distingue des autres théories en vogue, dans la science de la nature.
Et il ajoute: Cependant, des progrès récents des sciences ont considérablement changé la valeur relative des arguments soutenant la théorie de l’évolution. (...) Ces résultats combinés avec l’emploi systématique de méthodes nouvelles, peut-être plus objectives, conduisent un nombre croissant de savants à rejeter l’hypothèse communément acceptée depuis Darwin...
(...) J. Gould a beaucoup contribué à faire accepter la vision opposée d’une évolution par sauts brusques.
L’édition de l’ouvrage de J. Humbert est postérieure de 2 ans à l’ouvrage de M. Denton, qu’il semble ignorer. S.J. Gould, malgré l’évidence, préfère parler de marco-évolution et ne pas parler de Création. Nous voyons encore, comme dans le cas de Lessing, que l’évidence ne peut pas convaincre l’homme naturel.
Mais ce qui nous paraît très grave, c’est que cette religion idolâtre soit encore soutenue par des théologiens et des scientifiques qui se disent évangéliques.
6.6.1 Disputes et désaccords chez les scientifiques spéculatifs
Alan Sokal[12] (professeur de Physique à l’Université de New York), cite ce que David Lodge (Small World. Macmillan, 1984 ) appelle: une loi de la vie académique. C’est-à-dire qu’« il est impossible d’exagérer lorsqu’on flatte ses pairs. » Il est aussi difficile de changer de paradigme!
En tout cas, et de toute façon, nous pouvons dire que parmi les 99,5 % de J. Humbert[13], il y a un nombre important de panthéistes comme Lynn Margulis (biologiste), ou Paul Davies (physicien), des évolutionnistes comme Sir John C. Eccles (Prix Nobel de médecine), dont les noms figurent dans le Who’s Who in Theology and Science[14], compilé par The John Templeton[15] Foundation. Cette Fondation, propose et soutient la Théologie de l’Humilité, centrée sur un dieu qui n’est pas l’Éternel-Dieu Créateur Souverain de toutes choses, ce qui correspond à une forme de panthéisme. La Révélation dans l’Écriture Sainte n'y a guère de place, pas plus que le Christ; c’est une nouvelle religion de l’esprit sécularisé qui est proposée.
Remarquons en passant que Bill Bright le président fondateur de Campus pour Christ a reçu le prix Templeton 1995 et que le nom de Jean Humbert figure dans le Who’s Who in Theology and Science
En traductions françaises, nous avons: Évolution du cerveau et création de la conscience de Sir John C. Eccles, Fayard, 1992; Les forces de la nature de P. Davies, Flammarion-Champs n° 341, 1992; et L’Univers bactériel: les nouveaux rapports de l’homme et de la nature de Lynn Margulis (et Dorion Sagan le vulgarisateur), Albin Michel, 1989.
Le Professeur L. Margulis, biologiste renommée, est Professeur à l’Université du Massachusetts, Membre de l’Académie Américaine des Sciences, mais elle défend aussi l’évolutionnisme panthéiste du Nouvel Age.
Voilà un échantillon représentatif des 99,5 % des ‘savants’ du monde, chers à J. Humbert! A les lire, on se rend compte que ce sont, au mieux des déistes, mais plutôt des panthéistes: il n’y a aucune illusion à se faire quant a leur attitude vis-à-vis de la Révélation de la Bible et de la Genèse en particulier.
6.6.2 Les refus et les oppositions de la “science” officielle
D’autre part, dans son introduction à l’ouvrage de Pierre Duhem[16] , Paul Brouzeng, dit bien que Pierre Duhem a été victime de l’ostracisme de ceux qu’il appelait les « Pontifes de la Science Officielle en France ». Depuis beaucoup de choses se sont passées; par exemple Jean-Pierre Petit[17], après les mesures faites par le télescope spatial Hublle, les astrophysiciens constatent que l’Univers serait plus jeune que les étoiles qu’il contient. Ce qui lui permet de dire (p. 53) que le modèle standard est pris en défaut. Et s’il y a des milliers de cosmologies alternatives comme le dit J-C Pecker, cela montre bien que la quasi-unanimité est bien factice. Il n’en reste pas moins que nous avons toujours des Pontifes parmi les Agrégés et les Professeurs de Sciences naturelles; il n’y a qu’à aller au Muséum d’Histoire Naturelle pour s’en rendre compte
Il est donc bien imprudent d’utiliser les ‘résultats’ courants des sciences à fortes bases spéculatives sur des modèles mathématiques pour justifier l’évolutionnisme.
Le biologiste Rémy Chauvin, Professeur honoraire à la Sorbonne[18], dans l’introduction à son ouvrage nous informe que:
« ... les théories sur l’évolution ne m’intéressaient pas beaucoup. J’étais convaincu qu’elles n’étaient guère solides, qu’on ne comprenait pas grand chose à tout cela, et que j’avais mieux à faire que de m’en mêler. Et puis il y eut cette conférence; je fis connaissance à un degré de fanatisme que je n’avais jamais rencontré dans les sciences (non point qu’il n’existe pas, nous ne sommes que des hommes avec toutes leurs passions, mais à ce degré-là. L’injure remplaça les arguments: l’un des conférenciers compara ceux qui ne croyaient pas trop au darwinisme, aux partisans de la terre plate auxquels Hitler s’intéressa, etc. L’un de mes collègues et ancien élève m’envoya une lettre furibonde parce que je lui avais présenté quelques critiques d’un énorme livre qu’il venait de concocter, sur l’évolution darwinienne bien sûr...
... Alors -- objection classique des darwiniens -- vous ne voulez pas du darwinisme, et vous n’avez rien à mettre à la place?
... Et puis, comme Kuhn l’a souligné, il faut beaucoup de temps pour qu’un paradigme succède à un autre dans les sciences et tout ce qui est nouveau y rencontre une opposition parfois frénétique.
... le plus compliqué c’est justement de discerner quelle est aujourd’hui la pure doctrine darwinienne... J’ai été surpris de tant de contestations sur des points variés et même tant de doutes parfois fondamentaux, même quand ils sont corrigés, in fine, par un furtif coup de chapeau à Darwin. Mais il me faut dissiper une illusion
Dans la Première partie de l’ouvrage de R. Chauvin: La Philosophie profonde du darwinisme, et dans son premier chapitre intitulé Un impossible artisan, l’Horloger aveugle, que Dawkins[19] semble bien connaître, R. Chauvin nous donne d’abord une citation de von Bertallanfy:
Qu’une théorie si vague, si insuffisante vérifiable, si éloignée des critères habituellement appliqués aux sciences expérimentales, soit devenue un dogme cela n’est explicable... que par des raisons sociologiques. La société et la science ont tellement baigné dans les idées du mécanisme, de l’utilitarisme et de la libre concurrence économique, que la sélection a remplacé Dieu comme ultime réalité.
Et R. Chauvin poursuit ensuite le début de son premier chapitre:
Le fameux livre de Dawkins ( The blind watchmaker), quoique fort bien écrit, est d’une lecture austère. On y rencontre trop souvent des paralogismes* qui échappent à une plume alerte, prenant trop fréquemment pour assuré ce qui est hautement hypothétique. J’avertis donc mon lecteur éventuel qu’il faut être fortement motivé pour ou contre Darwin, pour me suivre plus loin...
6.6.3 A la recherche de l’origine de la vie
Lorsque J. Humbert, en arrive à la recherche de l’origine de la vie (p. 61), il pose la question: Qu’est-ce que la vie? Il semble répondre par le programme génétique contenu dans l’ADN, mais aussi que les vivants sont comme des machines capables d’engendrer d’autres machines. L’auto-reproduction étant un trait essentiel du monde vivant. Il continu par les composés pré biotiques, dans les poussières cosmiques, dans les météorites carbonées
La vraie question, pour un chrétien, est: Qui est la source de la vie? Or, en Lui (Dieu) nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 17: 28). Ou encore: L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante (Gn 2: 7). Il n’y a là aucun langage figuré, ni symbole, ni trope.
Ce qui n’empêche pas J. Humbert de nous parler des synthèses de composés pré biotiques en laboratoire. Composés qui seraient apparus avant la vie, mais personne ne les a jamais vus, certains les désignent par « soupe primitive ». Humbert donne donc le schéma de l’appareil de Miller. S.L. Miller a soumis une atmosphère stérile et tiède, formée d’hydrogène, de méthane et de vapeur d’eau (analogue à celle, supposée, de la Terre primitive), à l’action de décharges électriques, pendant une semaine, à la fin de laquelle il a trouvé divers corps dits à tort ‘organiques’. D’autres ont utilisé des rayons ultraviolets.
Ensuite J. Humbert extrapole à 4 milliards d’années, pour nous dire qu’il y a eu quelque chose d’analogue sous l’action organique sur des gaz d’une atmosphère en grande partie d’origine volcanique. Telle est la pseudosciences qui désinforme enfants jeunes et vieux. Et ce n’est pas les supposées découvertes des paléontologistes du Précambrien qui feront avancer la connaissance sur l’origine de la vie. Ni l’envoie de Sondes sur Mars ou sur les satellites de Saturne.
A la suite au chapitre 3, il traite des «accords et oppositions entre la Révélation Biblique et les théories des scientifiques. Au chapitre 4, nous parle « à propos des récits de la création, les principales attitudes des croyants face au conflit entre la science et la foi. Selon son analyse les créationnistes appelés néo-créationniste sont des littéralistes intégristes.
Le chapitre 5 est intitulé « exposé et critique scientifique du néo-créationnisme » (cf. § 3.2.3). Son argument principal est que les créationnistes ne respectent pas la méthode scientifique. Ensuite il les dit hyperlittéraliste (comment peut-on lire un texte au delà de ce qu’il dit, et devenir hyper?
Au chapitre 6 il expose « L’hypothèse théologique de la création progressive ». C’est dans la conclusion de ce chapitre qu’il propose une herméneutique renouvelée.
6.6.4 L’Herméneutique nouvelle serait caractérisée par son essai de paraphrase (c’est à la mode chez les néo-évangéliques)[20] de Genèse 2: 7 en langage moderne: « Dieu a créé la vie en construisant une structure très complexe stable et auto-reproductive à partir des éléments chimiques minéraux. Au terme d’une très longue évolution qu’il a dirigé, il a fait surgir l’homme à partir d’un précurseur vivant. Il a soufflé son souffle de vie, un souffle différent de celui qu’il a donné aux animaux. »
Arrivés en ce point, nous devons affirmer que J. Humbert se comporte comme un faussaire. Voilà ce qu’un Agrégé de sciences naturelles peut attribuer à l’Éternel-Dieu Créateur et Rédempteur. Comme nous l’avons déjà signalé avec D. Kelly et M. Denton, il ne faut pas s’étonner que les Églises se vident.
Il ne faut pas s’étonner qu’en conclusion (page 210), il affirme:
Nous avons exposé et défendu la thèse du créationnisme progressif. Elle s’accorde avec la vision évolutionniste scientifique du monde vivant. Par contre, elle n’en donne pas la même explication purement rationnelle: ou, plutôt, elle va au-delà de celle-ci. Elle admet que Dieu a été à l’œuvre tout au long du processus créateur-évolutif...
Cette pandémie se trouve dans toutes les Églises, et les États, dans le darwinisme social, l’eugénisme et la sociobiologie d’aujourd’hui. Déjà, J.J. Rousseau dans ses Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1754), suppose que les premiers, ayant lutés tout nus contre les rigueurs de leur temps, et les bêtes féroces, ont acquis un tempérament robuste, alors: ... « les enfants apportant au monde l’excellente constitution de leurs pères et la fortifiant... acquièrent ainsi toute la vigueur dont l’espèce humaine est capable. La nature en use précisément avec eux comme la loi de Sparte avec les enfants des citoyens; elle rend fort les robustes ceux qui sont bien constitués et fait périr tous les autres; différente en cela de nos sociétés, où l’État en rendant les enfants onéreux au père, les tue indistinctement avant la naissance ».
Telle est l’idée du philosophe des Lumières (cité par Denis Buican, Que sais-je? n° 2509. Cette philosophie évolutionniste nous accable aujourd’hui dans bien des domaines. Et sur ces conséquences, nous pouvons appeler comme témoin le Professeur-Dr P.W.J. van Oordt[21]: dans son discours d’adieu, à l’Université d’Utrecht, lors de son récent départ à la retraite, il fit quelques remarques mémorables (qui s’inscrivent contre les 99,5% de J. Humbert), qui provoquèrent quelques “remous” parmi ses collègues athées. Il a dit:
« Dire que les Chrétiens et les Juifs sont stupides et - avec le mot abusif moderne - “fondamentaliste, et même ce moquer d’eux à cause de leur foi en la vérité du récit Biblique de la Création, est une honte pour la biologie.
De même, essayer de miner la confiance qu’ils ont dans le récit historique de la création avec des arguments évolutionnistes est indigne de la science. Nous les biologistes, tournons-nous vers nous-mêmes et réalisons avec honte que nous avons rien dit contre les excès du capitalisme (que nous, auteur de cet ouvrage, qualifions dans notre ouvrage de darwinien), contre le communisme et le national socialisme, qui se sont développés comme des fruits de l’évolutionnisme. Quelles que soient leurs différentes formes, tous ces mouvements politiques ou sociaux ont comme base commune l’évolutionnisme[22]. Un arbre se reconnaît à ses fruits.
La Professeur van Oordt se prononce contre l’un de ces plus mauvais fruits, c’est-à-dire les conséquence éthiques de l’évolutionnisme. Lors du 24e Congrès de l’Union Internationale des Sciences biologiques, tenu à Canberra du 18 au 22 Octobre 1988, le philosophe Peter Singer, avait dit avec insistance que le temps était venu d’utiliser les embryons humains à la place des animaux pour les expériences biomédicales. L’homme n’étant rien d’autre qu’un animal arrivé par hasard au gré de l’évolution. Tel est le fruit affreux de l’évolutionnisme.
Et il conclut en soulignant la position élevée de l’humanité créée à l’image de Dieu, celle-ci étant responsable de garder soigneusement la Terre et tout ce qui vit sur elle; c’est bien là le Mandat Culturel tel que nous l’avons antérieurement indiqué. Ceci dit, la méchanceté des hommes, programmée par l’évolutionnisme, s’étend des néo-évangéliques au romanisme
6.7. La Théorie de la double Révélation[23], ou la laïcisation par le scientisme, une nouvelle religion
[1] MAY Robert, L’inventaire des espèces vivantes, Pour la Science, Dossier l’évolution, p. 40ss, Janvier 1997.
[2] CAULLERY Maurice, Les étapes de la biologie, Que sais-je? N° 1, première édition, 1948, p. 59.
[3] CHAUVIN Rémy, Le darwinisme ou la fin d’un mythe, p. 16, Éditions du Rocher 1997.
[4] JOHNSON Phillip E., Defeating Darwinisme by Opening Minds. InterVarsity Press, 1997. Titre de l’édition française: Le Darwinisme en question science ou métaphysique? Exergue, Chambéry, 1996.
[5] JELSMA Tony, Defeating Darwinisme by Openig Minds, LUX MUNDI, Vol. 16. N°. 4, December 1997, Published quarterly by the Committee on Relations with Churches Abroad of The Reformed Churches in Netherlands.
[6] Le GUYADER Hervé et al, L’Évolution: une histoire des idées? Dossier l’évolution (hors série), Pour la Science, Janvier 1997.
[7] MONOD J. le Hasard et la nécessité, p. 148, Seuil/Points Science, 1970.
[8] Le GUYADER H. op. cit. p. 7.
[9] Le GUYADER H. op. cit. p. 8.
[10] ALFVEN H. La cosmologie. Mythe ou science. La Recherche, Juillet 1976.
[11] SCHUTZENBERGER M.P. Préface à Evolution une théorie en crise, op. cit.
[12] SOKAL Alan & Jean BRICMONT, Impostures intellectuelles, O. Jacob, 1997.
[13] op. cit. p.
[14] Who’s Who in Theology and Science compilled and edited by the John Templeton Foundation, 1996.
[15] www.templeton.org/
[16] DUHEM Pierre, La théorie Physique son objet - sa structure, Vrin avec le concours du CNRS, 1981, (première édition 1906)
[17] PETIT Jean-Pierre, On a perdu la moitié de l’Univers, Albin Michel 1997. Préface de Jean-Claude PECKER (de l’Académie des Sciences). Certes J-C Pecker reconnaît bien que le modèle standard est aujourd’hui presque universellement accepté; mais il ajoute « on ne dispose encore d’aucune cosmologie alternative complètement satisfaisante. Mais il semble qu’on en ressente la nécessité ». Et à la fin il ajoute: « A travers des milliers de cosmologies alternatives qui naissent actuellement, il sera sans doute possible de construire, prenant une idée là, une autre ici, quelque cosmologie future irréprochable et cohérente ».
[18] CHAUVIN Rémy, Le darvinisme ou la fin d’un mythe, Éditions du Rocher, 1997.
[19] DAWKINS Richard, The selfish gene, Oxford Uni. Press. 1976; The blind watchmaker, Norton, New York, 1986; La loi des gènes, Pour la Science, édition française du Scientific American, Dossier L’Évolution, hors-série, Janvier 1997.
[20] BOICE James Montgomery. Looking toward 2000 where will Evangelicalism be then?, modernReformation, Vol. 6 N° 5, 1997.
[21] CREATION ex nihilo, Vol 20 N° 1, 1998, ‘A disgrace to biology’
[22] HOOYKAAS R. Evolutie en ethiek et Geschiendenis der natuurwetenschappen. van Babel tot Bohr. A. Oosthoek’s Uitgeversmaatschappij NV, Utrecht, 1971.