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Le théisme évolutionniste contre la Bible
Où sont les Évangéliques
6.1.1. Qu’est-ce qu’un évangélique?
Le terme Évangélique fut le nom historique d'identification des premières Églises Réformées et Luthériennes, et à la suite ce terme désignait tous les Protestants issus de ces Églises, jusqu'à ce que le terme Protestant perde son sens initial. Ce terme désignait tous ceux qui souscrivaient aux Symboles œcuménique: Athanase, Nicée, Chalcédoine et à leurs confessions de foi respectives. En plus ils étaient à la Prédication fidèle à la Bible.
En ce point de notre exposé, nous voyons la nécessité de préciser la position des Évangéliques. Ainsi que le disait D.M. Lloyd-Jones: nous devons redécouvrir le sens de ce terme, et être prêts à le défendre. De la même manière qu’il faut défendre et restaurer le sens d’être Calviniste, ce qui est la même démarche.
Déjà, lors du cinquantième anniversaire de l’Inter-Varsity Fellowship, devenue (U.C.C.F.), branche Britanique de l’I.F.E.S., Eric Alexander, considérant “La ligne de partage des eaux”, citait l’analyse bien pertinente de Francis Schaeffer: Nous devons dire, si les néo-évangéliques doivent rester néo-évangéliques, nous ne devons pas compromettre notre point de vue sur l’Écriture. Il ne faut pas que la position évangélique devienne de plus en plus large, si au même moment où des parties appréciables des doctrines évangéliques sont de plus en plus édulcorées par les néo-évangéliques.
Nous devons dire, avec grande tristesse, que dans certains Séminaires, et des Institutions, aussi bien que parmi des personnalités réputées évangéliques, la vraie doctrine de l’Écriture n'est pas gardée. La suite est claire: “Ou bien la Bible est la vraie Vérité étant infaillible dans tout ce qu’elle dit, y compris lorsqu’elle parle de l’histoire et de l’Univers, ou comme le suggèrent certains elle n’est révélation qu’en ce qui concerne les sujets religieux? Aujourd’hui, savoir tenir ferme sur la doctrine de l’Écriture, ou être en retraite, est la ligne de crête du monde évangélique.
Aujourd’hui en France, il faut bien le dire avec beaucoup de tristesse, “la mouvance évangélique ” est déjà tombée du côté du précipice. En 1964, Francis Schaeffer, écrivait Le grand Désastre évangélique.
Selon “Le Robert”, c’est un terme venant du latin evangelicus apparu au XIVe siècle, qui signifie: “relatif ou conforme à l’Évangile. Un évangélique, est quelqu’un qui est de religion Protestante, fondée essentiellement sur l’enseignement et la vie du Christ connus par les Évangiles”. Cette définition semble montrer que les Protestants avaient abandonné l’Ancien Testament, ce qui n’était pas le cas. Il faut donc là aussi rétablir la Vérité sans cesse.
Au début de la Réforme, Évangélique et Protestant étaient deux termes synonymes. En Angleterre, au XVIIIe siècle, le terme Évangélique fut rattaché aux noms de Wesley et Whitefield. Mais c’est l’Arminianisme* de Wesley qui prédomina de façon lente et subtile. Ainsi la Souveraineté de Dieu fut déplacée vers l’homme. Cette nouvelle position a miné le Protestantisme.
Pour être au clair dans notre analyse de la situation, il nous faut connaître quelle a été la dérive d’une partie des Évangéliques et les conséquences que cette dérive a introduit dans la doctrine de l’Écriture. Et par voie de conséquence, quelle est leur position quant à la théorie de la double Révélation?
Nous prenons le livre D.F. Wells[1] , qui déjà par son titre souligne une situation déplorable. Quelqu’un dira, cela se passe en Amérique! Mais ce que l’on constate, sans effort, qu’il en est de même en France: il n’y a qu’à regarder les journaux ou les bulletins des Églises. En France nous pouvons dire que le sous-titre du livre de D.F. Wells, que nous traduisons: « Qu’est-il arrivé à la théologie évangélique ? », correspond bien à la même situation. Mais qui s’en préoccupe?
D.F. Wells affirme que la théologie évangélique doit être une connaissance de l’Écriture qui, comme la prédication, appartient d’abord à l’Église. Mais, hélas! elle est devenue l’affaire de cercles académiques fermés. Or la seule source de vie étant l’Écriture Sainte, la théologie, comme la prédication, doivent nourrir l’Église et lui montrer quelle est la discipline à observer, pour que chaque fidèle glorifie Dieu.
De même la Confession de Foi, norme seconde après l’Écriture Sainte, a perdu de son poids, elle n’a plus le rôle de main courante qui évite de s’égarer et de tomber dans le précipice. Il est vrai que nombreux sont les “néo-évangéliques ”, qui proclament: pas de Credo, mais la Bible seule! Mais n’est-ce pas là une attitude purement formelle, dans le deuxième sens du mot, qui considère plus l’apparence que le contenu, ce qui permet à chacun de retenir ce qui lui plaît?
Alors des pseudosciences arrivent comme corollaire, telle la psychothérapie, qui évince la Confession de la Foi. La prédication est psychologisée, et la Foi chrétienne devient une affaire privée. Chacun faisant ce qui lui plaît, adopte les soi-disant idées « scientifiques », sur l’origine de l’humanité, diffusées par les médias. Ainsi, personne, ou presque, ne se préoccupe de l’incohérence de ces pseudosciences, par rapport à la Révélation de l’Éternel-Dieu Créateur de tout ce qui existe.
6.1.2. Les néo-évangéliques
En grand contraste sont arrivés les "néo-évangéliques. Ceux-ci doivent être définis comme ceux qui, à des degrés divers, ont un point de vue sur l'Écriture Sainte qui, sous certains points, penche vers le libéralisme théologique
Remarque: le mot Protestant a subit une décroissance parallèle à au mot évangélique, comme nous l'avons dit au § 7.4.9.d & e.
En France la situation de la Réforme a été très dure; il y eut cependant les Académies de Die, Nîmes, Montauban , Saumur et Sedan. Saumur fondée en 1593, est connu avec la déviation de l'universalisme hypothétique de Moyse Amyraut (1596-1664); le collège de Die fut transformé en Académie en 1604.
La plus importante fut celle de Sedan (le collège de Sedan fut transformé en Académie en 1601) . Sedan fut un bastion du Calvinisme: Pierre Du Moulin , Pierre Jurieu, Pierre Bayle y étudièrent. Nous citons ces Académies pour montrer la vitalité de la Réforme, mais aussi les défaillances, comme à Saumur où aux spéculations de Amyraut s'ajouta la Philosophie de Descartes.
Le dérapage et la chute viennent des institutions Académiques, nous devons citer pour éclairer le processus de décadence les exemples suivants. En France après Sedan, il n'y a pas eu de Faculté importante. Les exemples les plus connus e trouvent dans les pays anglo-saxons:
Aux États Unis, il y eut Harvard, Yale et Princeton.
Deux exemples qui nous regardent de plus prés sont l'Université Libre d'Amsterdam et l'autre le Fuller Théological Seminary en Californie. Le virus de l'érosion s'introduit toujours avec les discussion sur l'infaillibilité et l'inerrance de la Bible. L'infaillibilité contesté est en matière d'histoire et de sciences: les sciences en cause sont celles de l'histoire de la Terre et de l'Univers, les sciences "dures" ne sont pas en cause.
a. L'Université Libre d'Amsterdam[2].
L'Université Libre d'Amsterdam, fut fondée en 1880 par Abraham Kuyper. Cette Université a eu une longue histoire, représentant la Théologie Calviniste et son attachement à l'Écriture Sainte.
Le malheur est que l'Université Libre, commença à déserter son origine historique, au cœur de ce dérapage se trouve l'abandon le l'infaillibilité de la Bible.
Dans ce déclin, les scientifiques, des sciences naturelles, ont joué un rôle très important. J.R. van de Fliert du Département de géologie de l'Université Libre d'Amsterdam et Jan Lever.
Le Synode Général de l'Église Réformée regarda le problème de l'infaillibilité de façon superficielle; et en particulier la question relative de la latitude d'enseignement dans l'église, ce qui en fait est au cœur de l'inerrance Biblique.
Or, lors d'un Synode, le Professeur G.C. Berkouwer, posa la question: Peut-il y avoir une place dans l'Église Réformée, pour des personnes - et je me compte parmi elles - qui à leur niveau de réflexion, hésitent beaucoup à croire que Adam est un personnage historique?
Le Synode ne donna pas de réponse à cette question, et le Professeur J.H. Velema reconnu qu'un pas avait été ainsi fait dans la tolérance, qui porte atteinte aux Confessions de la Réforme, dans lesquelles l'infaillibilité de la Bible est incluse. Et l'héritage de Kuyper était en train d'être rejeté.
Berkouwer avait été le leader, comme théologien à l'Université Libre, le fait qu'il fasse des réserves à propos de l'historicité d'Adam, était une mesure du glissement en cours vers le libéralisme. Berkouwer apporta sa contribution à la revue néo-évangélique Chistianity Today.
Certains on fait la remarque, que la normativité de l'Écriture semble se dissoudre dans une mer de relativisme, qui se perd dans la confusion du conformisme du monde sans Dieu.
Avec l'arrivée de H.M. Kuiter, la chute théologique s'accentua, et B.Ramm dont nous parlerons plus loin (le protagoniste de la création progressive)le considérait comme un grand théologien de notre temps. Comme beaucoup d'autres dans la descente vers le libéralisme Kuiter trouvait beaucoup de contradictions historiques dans la Bible.
Ici, nous devons rappeler les deux façons de connaître exposées en 7.2.5 du Chapitre 7. Kuiter ne considérait pas les Chapitres 1 à 11 de la Genèse comme récit historique. Il ne croyait pas que Adam et Eve étaient le premier couple créé à l'image de Dieu dans l'histoire de l'Humanité; il ne croyait pas non plus que l'histoire de Jonas s'était réellement passée. Il n'était plus dans la façon Biblique de connaître.
La foi Biblique dans l'Église Réformée, attachée à l'Université Libre, et dont la pensée des futurs Pasteurs étaient sous l'emprise de Berkouwer et de Kuiter, s'étiola et sans doute l'illumination du Saint Esprit faisant défaut, cette Église a sombré dans le modernisme, jusqu'à à accepter et bénir les "mariages" des homosexuels. Méprisant ainsi l'ordre de Création de l'Éternel Dieu.
b. Le cas du Fuller Theological seminary[3]
Ce Séminaire fut fondé en 1947, par les efforts de Charles E. Fuller, il s'assura l'aide de Harold J. Ockenga, de Carl F. Henry, et quelques autres et en particulier Harold Lindsell. Le Séminaire fut établi à Pasadena en Californie.
Dès le départ, il fut déclaré que l'un des buts principaux du Séminaire était qu'il soit une institution apologétique. Daniel Fuller fils du fondateur avait fait ses études à Princeton. Le Séminaire de Princeton était Barthien et avait depuis longtemps la tradition d'infaillibilité de l'Écriture Sainte professée par Charles Hodge et Benjamin Warfield.
Charles Fuller désirait un Séminaire où des personnes comme son fils pouvaient recevoir une excellente éducation théologique. C'est là une curieuse façon de faire que d'envoyer son fils faire ces études dans un lieu où la Vérité de l'Écriture n'était pas reconnue. C'était sans doute la recherche de la respectabilité académique; mais aussi l'entrée d'un virus mortel, comme nous allons voir la suite.
Il y eu cependant l'entente que, par le programme des études, la Faculté devait se donner les moyens de présenter la meilleure défense de l'infaillibilité de la Bible.
Au départ, le Séminaire Fuller n'avait pas de Déclaration de foi, mais les premiers Professeurs avaient la mission d'établir une Déclaration de Foi englobant l'ensemble des doctrines évangéliques.
Mais rapidement il y eu le cas de Bela Vasady qui venait du Séminaire de Princeton. C'est avec lui que la première éruption théologique arriva, il n'adhérait pas l'infaillibilité de la Bible: aux livres qui le Canon de l'Ancienne Alliance ni à la Nouvelle, inspirée par l'Éternel Dieu, sans aucune forme d'erreur, dans son entier et dans ses parties, toujours et sans cesse, conduite et gardée par la Sainte Providence de l'Éternel. Ce qui signifie que la bible ne contient aucune erreur en matière de faits, de sciencr, d'histoire et de chronologie, aussi bien que ce qui concerne le salut.
Certes Vasady, était un homme d'une grande intégrité, et il ne pouvait pas signer la Déclaration de Foi sans restriction mentale; si bien que Bela Vasady quitta le Séminaire dans un arrangement amical.
Mais la crise se développa, lorsqu'un Professeur, montra qu'il ne croyait pas que la Bible fut exempte d'erreurs; mais celui-ci ne se retira pas, il s'affichait même ouvertement dans sa position. Personne ne le censura. Ainsi la situation commença à s'effondrer.
La troisième crise arriva par Daniel Fuller, le fils du fondateur, qui avait fait ses études à Princeton (tous ceux qui sont passés par là, heureusement ne prennent pas ce chemin). Ultérieurement, Daniel Fuller obtint un Doctorat en Théologie (Th.D) du Northern Baptist Theological Seminary. Il intégra alors Fuller et après plusieurs années, il parti étudier à Bâle en Suisse pour obtenir un autre Doctorat avec des hommes, tel Karl Barth, déjà là, sa doctrine s'était bien affadie.
A son retour à Fuller, il fut élu Doyen, et Harold Ockenga était Président in absentia. Daniel Fuller avait déjà bien changé son point de vue. Cela se manifesta lors de l'examen de la candidature de C. Schoonhoven, diplomé de Fuller Seminary, un ami de Daniel Fuller qui avait été à Bâle avec lui.
Schoonhoven admit qu'il ne croyait pas que l'Écriture est infaillible. Les autres membres de ce Conseil, ainsi qu'Harold Lindsell, s'opposèrent à cette nomination comme Professeur, mais il fut admis comme Libraire, mais un peu plus tard il fut admis comme enseignant.
L'épreuve suivante se manifesta lors de l'élection d'un nouveau président. L'un des supporters de Daniel Fuller de Westmont College avait écrit un syllabus enseignant que Adam et Eve n'étaient pas des personnes historiques, ce qui était l'approche du père de la critique historique allemande, Wellhausen.. Il était défendu par David Hubbard une "évangélique" bien connu, qui fut élu.
Mais en Décembre 1962 eu lieu une retraite de la Faculté, jour qui fut le "Black Saturday". Le sujet de l'infaillibilité de la Bible fit surface. Hubbard avait dit que s'il était élu, il garderait l'inerrance. Mais le compte-rendu dactylographié, montre que un bon nombre de participants croyaient la Bible inerrante. Le lundi suivant la sténo fut transcrite.
Tout ce qui avait été dit et montrait que la faculté était divisée et que nombreux étaient ceux qui ne soutenaient pas l'infaillibilité de la Bible, la Faculté était divisée!
Malgré cela tous signèrent la Déclaration de foi du début qui était très explicite sur l'inerrance, sans restriction mentale, mais une bonne partie d'entre eux n'y croyait plus. Plus tard fut ouverte une École de Psychologie. Le séminaire était alors dans une position très ambiguë.
Dans une conférence sur Warfield il corrigea Warfielde, en argumentant qu'il y avait deux sores de révélations dans la Bible: une qui Révèle, l'autre qui ne révèle pas contient des erreurs. Mais qui dit où sont les parties qui révèlent et celles qui ne révèlent pas. Certains peuvent dire que la naissance de jésus est un problème biologique et que cela ne concerne pas le Salut.
Un autre peut dire (nous l'avons entendu lors d'une prédication à la radio) que le livre de Daniel a été écrit en 168 B.C., plutôt qu'au sixième siècle avant notre ère. Les autres affirment que Adam et Eve ne sont pas des personnes historique, en disant que cela n'a aucune importance pour le salut; ce qui montre combien leur théologie est défectueuse. Daniel Fuller peut bien dire ce qu'il faut croire; mais les personne qui crient Fuller ne croit pas la Bible. Tout est là.
Conclusion , nous avons donné ces deux exemples afin de montre la pente vers l'hérésie de nombreuses institutions qui avaient bien commencé. Les conséquences sont que ceux qui mettent en applications ces dérives ne contribuent pas à la croissance ou au maintien de l'Église du Christ.
Le cas de Billy Graham en est un exemple typique; Où sont les Églises qui ont été fortifiées en France par ces nombreuses Croisades? Nous avons assisté à deux d'entre elles et participé à une.