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Chapitre 5
Il n'y a pas une science mais des sciences
page 22: Le point de vue créationniste
page 23: Le rôle des évidences
page 24:Résumé de l'usage des évidences
page 25: Les grands faits bibliques
page 26: Que prouvent les fossiles
page 27: Le scientisme
page 28: Laïcité et scientisme
Science, Scientisme, hier et aujourd’hui: Leurs conséquences
5.1 Il n’y a pas une Science mais des sciences: l’épistémologie scientifique.
Avant de continuer par l’analyse des ouvrages évolutionnistes théistes en français, il convient de montrer qu’il n’y pas une science 0 "science" , mais des sciences, car il n’y a pas de principe unificateur au sein des diverses sciences. Hors de la Révélation créatrice de l’Éternel-Dieu , il faut bien en prendre conscience, il n’y aura jamais un autre principe unificateur, tant recherché aujourd’hui.
1. La position Biblique Calviniste et Vantilienne.
Soulignons, aussi, et fortement, que le Calvinisme, le vrai, soutient aujourd’hui, comme jadis, la recherche scientifique à la gloire du Souverain Créateur[1]. Calvin parle souvent d’un « ordre de nature » plein de sens, mais qui ne doit pas être transgressé. Tout scientifique, quel qu'il soit, entre dans la propriété de l'Éternel Dieu Créateur; il peut le faire dans la prière. Ou il le fait par effraction, comme un voleur, s'il ne reconnaît le Créateur propriétaire. Calvin dit bien dans son sermon 109, sur Deutéronome 18: 10-15:
Bien qu’il soit licite d’observer le cours des temps selon les étoiles, il y a une superstition maudite, et qui est bien à condamner quand nous excédons l’ordre de nature (...). Si les hommes veulent extravaguer, et inventer des choses outre ce qui est du cours ordinaire de nature, voilà une superstition diabolique, comme ce qu’on appelle l’Astrologie judiciaire. Car il y en aura beaucoup de fantastiques aujourd’hui, qui diront la bonne aventure, voire en se réglant selon les étoiles (...). Voilà autant de diableries, qui sont pour corrompre l’ordre de nature, quand on invente ainsi des choses par-dessus ce que Dieu a permis.
Aujourd’hui aussi il y a beaucoup de fantastiques qui disent la bonne aventure; mais il y a, en plus, ceux qui spéculent sur l’ordre du ciel, par leurs hypothèses sans vérifications possibles, et les affirment, alors qu’il n’y a pas de faits établis.
2. Le péché et l’ordre universel.
Toujours selon la pensée Calviniste, avec H. Van Riessen [2] nous disons:
La science est une création de Dieu; elle est tombée dans le péché et sa signification depuis la chute, c’est qu’elle exprime l’effort de l’homme d’être comme Dieu. Alors la science se punit elle-même - ce qui est plus important encore - le Seigneur la punit pour son apostasie. Mais Jésus-Christ a aussi racheté la science humaine, et c’est notre tâche de vivre cette Rédemption.
(...) D’une part, et de manière négative, nous devons dire que la science n’est pas absolue, n’est pas par soi, qu’elle est dépendante. Et d’autre part, la science est limitée; en tant que connaissance humaine, elle a des limites.
Que dire de l’apostasie de la science ? La chute de la science dans le péché est la même chute que celle de toute réalité humaine dans le péché ; c’est la prétention à l’indépendance à l’égard de Dieu. J’affirme que l’apostasie de la science, cette chute de la science dans le péché , cette idolâtrie de la science, est la plus influente et la plus importante des apostasies de l’histoire. On peut le relever dans la structure même de la science. La science propose des définitions et des propositions universellement valides et une puissance durable. En outre, dans notre siècle, la science est appliquée à la vie quotidienne, pratique, et elle a aussi acquis une position de domination, et c’est ce qui rend son apostasie plus grave.
Hendrik Van Riessen montre le rôle fâcheux de l’abstraction , depuis Platon et Aristote, ce qui est une approche bien particulière de la réalité . Cette méthode particulière, pour atteindre la connaissance par l’analyse et l’abstraction, particulièrement importante en cosmologie, mais les experts en la matière, ne le disent pas. C'est toujours une tentation pour les scientifiques. Elle favorise beaucoup l’idolâtrie. On peut la considérer selon trois directions que nous résumerons ainsi:
1e La première abstraction dérive de la fausse idée de l’autonomie de la science .
La science est considérée comme objective, c’est-à-dire qu’elle s’extrait du sujet humain qui la pratique. Par exemple, la personne de Newton n’intervient plus quand nous considérons les lois de la gravitation, le savoir scientifique court dans le monde de façon totalement indépendante de celui qui l’a d’abord vérifié. L’autonomie vers la vérité est ainsi revendiquée. C’est l’absolutisation de l'objectivité.
Le combat de l’Apologétique est de dénoncer le mensonge de cette prétendue autonomie, qui n’est qu’un acte de foi en la puissance de la raison déchue. Les philosophes Kant, Husserl et d’autres, ont cherché à prouver que la philosophie et la science peuvent être autonomes, mais ils n’ont rien prouvé. En fait, c’est une foi qui a motivé et engendré cette théorie de l'autonomie de la philosophie et de la science: c’est la foi en l’indépendance de l’homme qui veut être comme Dieu.
Nous devons toujours nous souvenir que dans la Création l’homme est unique parce qu’il a un pouvoir de transcendance; il a la capacité de transcender, c’est-à-dire de dépasser le milieu ambiant, de dépasser sa personne sans s’anéantir. La liberté, le fait que l’homme soit capable de susciter quelque chose de nouveau, d’inventer, est la marque de la transcendance de l’homme ce qui permet l’avancement de l’histoire.
Une telle transcendance qui nous distingue totalement des animaux, n’est possible que parce que l’homme est capable de foi, c’est dans la foi qu’il transcende. C’est le sens et la portée d’Hébreux 11: 1. Tous les actes de pensée, d’imagination, de bonté etc., procèdent de ce pouvoir de transcendance qui appartient à l’intellect de l’homme. “Quand je pense, je ne cesse pas de croire”. Le malheur est que la manière de penser traditionnelle sépare d’abord la foi et la pensée, pour chercher ensuite à les raccorder, sans jamais y parvenir, car il faut d’abord voir leur unité avant de les distinguer. C’est là qu’il faut voir la différence entre la foi chrétienne et les autres fois; les mélanges de fois gouvernent les non-Chrétiens dans toutes leurs entreprises scientifiques et philosophiques.
2e La deuxième abstraction, qui date d’Aristote, est l’abstraction de l’universel.
Quelle est la différence entre la chute concrète d’une pomme et la loi de la gravitation, dont on se sert pour expliquer cette chute? C’est que la loi de la pesanteur est universelle, que ce soit des pommes ou des pierres qui tombent
D’une première façon, les savants parlent de leur travail en termes de lois, d’ordres, de structures; et beaucoup d’entre eux ne distinguent pas ces lois et structures de la réalité. En plus, leur pensée absolutise et sécularise cette notion de loi. Et c’est une apostasie de prétendre que cette loi, qui forme la réalité, procède du sujet humain qui la découvre.
L’Écriture Sainte, Parole de Dieu nous apporte une deuxième façon, qui est la seule vraie. En effet, c’est par la Parole de Dieu révélée, et par la Loi de Dieu que tout ce qui existe est venu à l’existence: telle est la réalité . Le Psaume 119 nous montre que Parole de Dieu et Loi de Dieu sont des termes extrêmement proches.
C’est ainsi que nous pouvons dire que les scientifiques ne traitent pas directement avec la réalité , mais essaient d’exprimer la Loi de Dieu qui a formé cette réalité et la maintient. En conséquence les spéculation des évolutionnistes théistes ou matérialistes n’ont aucun fondement. L’évolutionnisme n’est pas une science mais une philosophie apostate.
Lorsque nous édifions notre science, nous sommes sous la Loi de Dieu, nous somme aussi obligés de transcender nos connaissances acquises, en restant toujours soumis à la Loi de Dieu. « Transcender sa foi, c’est en effet accepter ce que le Saint-Esprit en venant chez nous, nous explique concernant la Loi de Dieu ».
La science s’écarte de la vérité de deux façons. Premièrement les scientifiques prétendent à l’indépendance et proclament l’autonomie de leur science (leur discipline particulière); c’est une prétention illusoire, car rien ni personne ne peut être indépendant du Créateur/ Rédempteur. Quand les érudits croient que le monde est clos et fermé, qu’il n’y a de réalité que ce qui tombe sous le sens; ils excluent Dieu et projettent leur vision du monde sur leur vie quotidienne, et organisent la vie sociale selon ces faux principes. Hélas! Beaucoup de chrétiens sont sous l’influence de cette fausse manière de penser et de faire.
La deuxième façon pour la science de s’écarter du chemin de Vérité, est due à son action limitée, par principe. Les scientifiques veulent traiter de l’universel, mais tout ce qui est dans la réalité est particulier, singulier et unique. Cependant, les chercheurs ne peuvent pas étudier ce qui est singulier et unique, ce qu’ils connaissent de la réalité n’est pas plus que ce que voit l’homme de la rue.
3e La troisième abstraction est liée à la plus grande des limitations :
c’est qu’il n’y a pas une science mais diverses sciences. Aucune science ne peut prendre en compte toute la réalité, dans sa diversité. Une science particulière ne peut s’intéresser que par exemple à un aspect spatial ou physique dans une durée limitée. C’est cette troisième abstraction qui cantonne la science dans un système quelle isole, en ignorant tous les autres.
Ainsi nous voyons qu’une biologie universelle, qu’une mécanique universelle, sont des points de vue qui prétendent, à partir d’un aspect de la réalité, expliquer l’ensemble de celle-ci, c’est là une attitude mensongère. C'était la prétention de Laplace.
La liberté humaine limite aussi la science, car la science ne peut l’atteindre. Elle est hors d’atteinte de la science qui ne détermine que ce qui est nécessairement vrai: or la liberté ne se démontre pas. Non seulement il y a diverses sciences, mais il y a aussi deux sortes de sciences: les sciences physiques où la liberté de l’homme n’est pas en cause directement; et sciences naturelles, ou les sciences de la culture (ou sciences humaines), qui mettent souvent et directement en cause la Révélation.
La limitation la plus forte, est que c’est Dieu qui gouverne l’histoire. Dans toute la Création, il n’y a pas une seule chose qui ne soit gouvernée par Dieu. C’est là un fait qui doit être la présupposition de la science. L’oubli de ce fait premier, conduit la science à refermer le monde sur lui-même, avec la volonté d’exclure Dieu, pour ne se fier qu’à la Nature divinisée et à la raison autonome.
Nous devons comprendre que la science se heurte partout à une frontière, au-delà de laquelle elle ne peut pas aller: beaucoup de problèmes sont insolubles par les scientifiques. C’est après cette frontière que continuent la théologie biblique et l’Apologétiques chrétiennes.
3. Le péché et les conséquences de l’apostasie de la science
H. Van Riessen montre aussi les conséquences de l’apostasie de la science . Celle-ci étant considérée en général comme autonome et l'incarnation de la vérité, en est arrivée aux applications pratiques. La technologie, l’organisation et la planification dominent notre siècle.
La science se voulant autonome, s’affirme, soi-disant, être le siège unique de la vérité; alors lorsqu’on passe aux applications à très grande échelle, c’est la réalité elle-même qui est façonnée selon les modèles de cette science. C’est une réalité qui devient artificielle, gouvernée par des organismes centraux, réalité qui paraît exister sans Dieu et sans liberté. Il y a un pouvoir humain qui se veut absolu, et s’il échafaude un projet global, un avenir totalement déshumanisé est ainsi programmé.
Alors nombreux sont ceux qui pensent que le pouvoir de l’homme remplace Dieu. Pour eux Dieu n’a été qu’une fiction, et ce serait notre siècle qui en aurait fait la découverte. Bien sûr c’est cette pensée qui est une fiction, mais elle a des effets bien réels; des effets aussi réels que ceux de toutes les idoles de l’histoire, elle est propagée par l'école élémentaire, le collège, le lycée, l'université.
Mais cet homme qui est devenu plus puissant, qui pense s’être affranchi des servitudes de la nature, se sent très souvent comme esclave de son propre pouvoir. Il a essayé de se rendre indépendant de Dieu, en utilisant l’instrument scientifique; sa science autonome veut être non seulement indépendante de Dieu, mais aussi de lui-même et de ses engagements de foi, mais ce faisant il se fait esclave de ses instruments, de la technique et des technologies, et devient comme un exclu, dans cette “réalité fictive”. Réalité fictive d’une société matérialiste, sans âme.
Lorsque les scientifiques veulent sortir de ce matérialisme, ils inventent un spiritualisme, basée sur le bouddhisme, le tao et autres semblables, qui conduisent à la gnose du New. Tel fut, par exemple le Colloque de Cordoue.[3]
Ainsi les hommes sont pris dans une dialectique, entre les pouvoirs humains, rendus autonomes, et la volonté des hommes à être libres. C’est une fiction qui plonge les hommes, comme le ferait une idole, dans le malheur et l’absurde.
Que faut-il faire: Là est le rôle de l’Apologétique et de l’Évangélisation. Il faut remettre les pensées à l’endroit, c’est-à-dire amener toutes les pensées captives à l’obéissance du Christ (2 Corinthiens 10: 5), c’est aussi l’amour pour le prochain qui doit intervenir: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Et pour amener toutes les pensées captives à l’obéissance du Christ Roi X, nous n’avons qu’une seule mission, prêcher l’Évangile/Loi, oralement et par écrits. Seul l’Esprit Saint régénère et ouvre les cœurs: intellect, volonté et sentiments. Sans contrainte.
4. Il n’y a pas eu de Nouvelle Alliance pour les sciences
Dans La nouvelle Alliance[4], le paragraphe 1 du premier chapitre, est intitulé: Le nouveau Moïse. Il s ’agit de Newton . Dans leur préface (page 26), en parlant des théories unitaires, les deux auteurs s’interrogent sur « le Principe de la Découverte universelle, source de pouvoir total ». Certes s’il y a exagération dramatique, «néanmoins l’idée est répandue que dans le Temple de la science , on ne cherche rien de moins que la ‘formule’ de l’Univers. L’homme de science, déjà représenté comme un ascète, devient une espèce de magicien, détenteur potentiel d’une clef universelle et donc d’un savoir tout puissant ».
Mais dans leur conclusion (page 290), nous lisons:
« Tout au long de ce livre, nous avons exploré quelques-unes des contraintes auxquelles est soumise l’interrogation scientifique. D’une part, le dialogue expérimental limite en lui-même la liberté du scientifique (nous l’avons déjà noté ci-dessus avec H. Van Riessen ); celui-ci ne fait pas ce qu’il veut, la nature dément les plus séduisantes de ses hypothèses, les plus profondes de ses théories. D’où, entre autres, le rythme lent de la science en ce qui concerne l’exploration conceptuelle, et la tentation sans cesse présente d’extrapoler à l’extrême les «oui » rares et limités qui ont été obtenus de la nature. On a vu que le «triomphe » de la science des trajectoires, avait en fait pour borne un problème aussi simple que celui des trois corps.
« D’autre part, une seconde contrainte, aussi féconde que la première mais plus récemment mise en lumière, est l’interdiction de fonder une théorie sur des grandeurs qui sont définies comme inobservables, en principe. L’objectivité scientifique avait longtemps été définie comme l’absence de référence à l’observateur; elle se trouve désormais définie par une référence indépassable au point de vue humain... »
Nous verrons plus loin à propos des livres dits, créationnistes progressifs, tels ceux de H. Blocher[5]et J. Humbert[6] , les résultats de leurs extrapolations et de l’utilisation fâcheuse des inobservables, dans des raisonnements ascientifiques.
Après la publication de D’une science à l’autre des concepts nomades[7], Entre le temps et l’Éternité[8], sont arrivés La fin des certitudes[9] et Cosmopolitiques[10], en 7 Tomes de 140 pages environ. Le Tome 1 est intitulé La guerre des sciences. Dans son Préambule Isabelle Stengers (Dr en philosophie des sciences et professeur à l’Université Libre de Bruxelles), regarde le paysage discordant des savoirs: Comment parcourir le paysage discordant des savoirs issus des sciences modernes? Quelle cohérence déceler entre des visions, des démarches qui se contredisent ou se disqualifient les unes les autres. L’espoir affirmé, il y a vingt ans, d’une «nouvelle alliance » est-il voué à rester un songe creux?
Ce sont là des remarques qui nous éloignent à jamais du scientisme du passé, et en vérité de toutes sortes de scientismes et de gnoses évolutionnistes progressives.
Pour le moment, nous soulignerons 4 points importants, dont la connaissance est nécessaire, pour comprendre autant que faire ce peut, les idées courantes:
5: Les conditions de l’esprit scientifique [11]:
les études scientifiques normales devraient faire partie du Mandat culturel . Nos critiques ne sont que la suite normale, selon le code des conditions de l’esprit scientifique qui dit: dans les différents domaines de recherches, aucune affirmation n’est définitive, toutes les propositions ne sont que des approximations, toute interprétation de données acquises n’est que provisoire. Les sciences avancent beaucoup plus en rejetant ce qui est faux qu’en affirmant ce qui est vrai, les erreurs doivent toujours être éradiquées, avant d’aller vers des soi-disant vérités préconçues.
6: Hypothèse et théorie [12]:
Une théorie est une hypothèse tant qu’elle n’a d’autre argument que le charme de la rhétorique [13].
Dans ce sens, nous pouvons dire que, le sens classique de science est une connaissance certaine, dans un domaine précis, par opposition à l’illusion. Le savoir, au sens grec êpistémê peut conduire à la science expérimentale, dont le modèle est la physique, qui est une connaissance réfléchie, méthodique, systématisée et provisoire, relative à un objet déterminé, même si les mesures qui le distinguent ne sont connues qu’à quelques fractions de % (pour cent) près.
7: La structure des sciences expérimentales, selon Claude Bernard [14].
Il faut distinguer la structure de la science, et la démarche (méthode) de l’esprit scientifique.
La structure de la science: on distingue le niveau des faits et le niveau de la théorie . La théorie est un ensemble ordonné de lois, qui expriment des rapports constants entre les faits. La loi est une hypothèse vérifiée par plusieurs expériences. Les résultats scientifiques sont l’ensemble des lois vérifiées.
La démarche de l’esprit scientifique se déroule ainsi: à l’observation des faits succède l’invention d’une hypothèse, qui est une loi présumée, qu’il est nécessaire de vérifier par plusieurs expériences, menées par plusieurs expérimentateurs. Dans sa démarche, l’esprit scientifique oscille donc constamment du niveau des faits (dévoilés par observation ou par expérience), au niveau de la théorie, selon deux mouvements: l’invention de l’hypothèse et sa vérification.
Telles sont les démarches classiques de la physique ou de la chimie, au sens strictement scientifique du terme. Ces démarches étant rappelées, il devient évident que l’évolutionnisme n’est pas une science . Ceci est encore plus évident, quand on considère l’histoire du conflit passé, entre la physique classique et la physique quantique.
8. La Physique moderne: la théorie des quanta et la relativité
A la fin du XIXe sièècle, la majorité des scientifiques pensaient qu’il ne manquait plus qu’un épilogue à l’histoire de la physique. Cela était si vrai qu’un éminent professeur, dont un élève deviendra le célèbre Max Planck (1858-1947), lui avait déclaré qu’il ne restait plus rien d’important à découvrir dans ce domaine. Max Planck peut être considéré comme le père de la notion de quanta , qui introduit l’idée de variation discontinue de l’énergie, et par-là le père de la physique quantique, avec toutes ses applications[15].
Du mouvement des planètes aux ondes électromagnétiques, tout paraissait explicable par les lois de Newton et de Maxwell . Certes, deux ou trois points demeuraient obscurs, mais sans aucun doute ils seraient rapidement éclaircis.
Effectivement, ils le furent. Mais bien loin de mettre le point final, ils remirent en question tout ce qui était considéré comme définitivement établi. La vision cartésienne, purement mécaniste du monde s’écroulait, et l’orgueil du scientisme commençait à s’effondrer. Les pionniers de la nouvelle physique n’étaient pas très à l’aise
Confronté aux anciennes théories du rayonnement des corps chauffés - lois de Pachen, de Wien (1896) et de Rayleigh (1890), qui étaient en contradiction flagrante avec la réalité dans le bleu, le violet et encore plus aberrantes dans l’ultraviolet, Max Planck, pose comme principe que les échanges d’énergie entre matière et rayonnement s’effectuent par paquets, par quantités définies, d’où le nom de «quantum » attribué à chacun de ces paquets élémentaires (pluriel quanta ).
Cette intrusion brutale de la discontinuité dans le bel enchaînement de la physique traditionnelle parut à Max Planck, au mieux, comme un artifice de calcul. Pendant des années il chercha à éliminer les quanta , mais il dut capituler, reconnaissant qu’« il est absolument impossible, en dépit des plus grands efforts, de faire rentrer son hypothèse dans le cadre d’une théorie classique, quelle qu’elle fût ».
L’effet photoélectrique faisait aussi partie de ces « petits détails obscurs » que les physiciens de la fin du XIXe siècle espéraient expliquer promptement dans le cadre des théories classiques de Newton et de Maxwell. Mais il y avait là un mystère que la physique classique ne savait pas expliquer. Cependant en 1905 Albert Einstein démontra que l’effet photoélectrique ne peut être compris que si l’on admet que la lumière qui le produit est formé de quanta discontinus d’énergie. Einstein reprend l’hypothèse de Planck et l’adapte à la lumière.
En 1915, le physicien américain Robert Millikan vérifie expérimentalement la formule d’Einstein décrivant l’effet photoélectrique. Ainsi la lumière elle-même a une structure discontinue: elle est formée de grains d’énergie, que l’on appellera, à partir de 1923 des photons.
Or depuis Huyghens (1629-1695), on conjecturait que la lumière était un phénomène ondulatoire, analogue aux rides qui se propagent à la surface de l’eau lorsqu’on jette une pierre dans une étendue calme. Fresnel avait ainsi expliqué les phénomènes d’interférences ou de moiré. Mais comment expliquer que des corpuscules puissent se croiser sans se heurter, ou sans que leurs trajectoires soient déviées? Dans une telle situation la confusion des esprits était complète:
Un problème avait été résolu, mais quantités d’autres surgissaient: les quanta sont des choses bien mystérieuses associés à la mystérieuse constante de Planck : h. Louis de Broglie , écrivait en 1937[16]:
Pour ma part, j’avais quelques vingt ans quand j’ai commencé à m’occuper d’eux et cela fait un quart de siècle que je médite à leur sujet: eh bien ! je dois l’avouer humblement, si je suis parvenu au cours de ces méditations à comprendre un peu mieux quelques-uns de leurs aspects, je ne sais vraiment pas encore au juste ce qui se cache derrière le masque dont se couvre leur visage(...)
(...) tant que les physiciens ont ignoré l’existence des quanta , ils ne pouvaient rien comprendre à la nature intime et profonde des phénomènes physiques car, sans quanta, il n’y aurait ni lumière ni matière...
Or, en 1923, Louis de Broglie a une idée géniale: puisque, dans le cas des photons , les ondes peuvent être considérées comme des corpuscules, pourquoi la réciproque ne serait-elle pas vraie? Il proposa donc d’associer à tout corpuscule une onde (ou un paquet d’ondes) dont la longueur d’onde est liée à la constante de Planck .
L’idée était si hardie qu’à l’exception d’Einstein, les rares physiciens qui la remarquent la trouvent saugrenue, mais en 1927 Davisson et Germer observent des taches de diffraction, produites par un pinceau ‘électrons réfléchis par un cristal de nickel; ces figures de diffraction étant analogues à celles obtenues en 1912 par Max von Laue, avec des rayons X. Donc les électrons produisant des interférences, c’est qu’ils se comportent comme des ondes. L de Broglie avait vu juste. Une des plus belles applications est le microscope électronique et récemment les microscopes a effet tunnel[17]
Mais il ne faut pas spéculer ni s’étonner: la longueur d’onde associée à des objets macroscopiques, qui se voient à l’œil nu, est extrêmement grande, ce qui fait que l’aspect ondulatoire de leur mouvement est indécelable. La physique classique est toujours valable à notre échelle, sauf dans certains cas, par exemple celui des supraconducteurs.
Il restait à trouver l’expression mathématique précise de l’onde associée à toute particule, pour bâtir l’édifice de la physique quantique. C’est en 1926 qu’Erwin Schrödinger , énonce l’équation d’onde qui régit le comportement des particules (ou quantons) matérielles. Appliquée aux ondes de L. de Broglie , cette équation permet non seulement de décrire le comportement d’un électron, mais d’expliciter rigoureusement le spectre lumineux émis par un électron excité: c’est-à-dire l’ensemble des radiations lumineuses qu’il émet à des fréquences bien précises.
Mais c’est Werner Heisenberg qui en 1925 a donné la première formulation mathématique cohérente de la physique quantique. Il devient alors inutile d’essayer de représenter l’atome par un système planétaire, ou quelque autre image matérielle. Et cela parce qu’on ne connaît que les longueurs d’onde et l’intensité de la lumière qu’il émet. Il faut partir des observables. Heisenberg introduit le calcul matriciel, constitué de façon simplifiée et raccourcie, de tableaux de nombres. C’est la mécanique des matrices , où les nombres sont remplacés par des opérateurs.
Si abstraite qu’elle soit, cette mécanique des matrices possède une énorme qualité: elle colle avec les résultats expérimentaux. Mais elle garde cet aspect étrange, qui continue toujours à étonner le profane[18].
9 Le Principe d’indétermination [19] et le déterminisme
Comme chacun sait, pour additionner ou multiplier des nombres, l’ordre des termes n’a aucune importance: 1 + 2 = 2 + 1, on peut commuter les deux expressions sans changer le résultat. Mais il n’en est pas toujours ainsi. Lorsqu’on se lève le matin, on peut mettre sa montre avant ou après ses chaussures, peut importe, les deux opérations commutent. Par contre, on ne peut pas mettre ses chaussettes après ses chaussures, les deus opérations ne commutent pas.
Des quantités observables, comme l’énergie, ne sont plus décrites par des nombres, mais par ce qu’on appelle des opérateurs, qui sont des actions agissant sur les particules (ou quantons). En réinterprétant ce qui est observable à l’aide d’opérateurs, Heisenberg introduisit, du même coup, l’idée de non-commutativité. En particulier il découvrit que les actions « mesurer la position de» et « mesurer la quantité de mouvement, (qui est le produit de la masse par la vitesse ou impulsion) de » ne commutent pas. En microphysique, il est impossible d’attribuer à une particule, à un instant donné, une position et une vitesse déterminée: mieux la vitesse est connue, moins la position est connue, et vice versa.
Ce principe d’indétermination est en contradiction totale avec la physique classique. La conséquence la plus évidente, est qu’il nous faut renoncer à toute tentative de recomposer notre univers visible dans celui, invisible, des atomes
Jusqu’à l’arrivée des quanta, la physique classique, fidèle à l’idéal cartésien, était considérée comme l’explication de l’univers. Cet univers était comme analogue à un immense mécanisme, susceptible d’être décrit avec précision, par la localisation de chacune de ses parties, et leurs modifications au cours du temps. Ainsi l’évolution de ce mécanisme. pouvait en principe être prévue avec exactitude lorsqu’on avait un certain nombre de données décrivant son état initial. Mais cette conception reposait sur des hypothèses implicites, admises comme des axiomes cachés.
Heisenberg avait tout d’abord pensé que toute opération de mesure, sur un système microphysique, provoque automatiquement une altération de ce système. Mais aujourd’hui l’incertitude est considérée comme plus fondamentale, liée au fait que les particules/quantons ont des propriétés analogues à la vitesse et à la position, mais plus floues, elles ne prennent de la consistance qu’à l’occasion d’une mesure.
Avant, la description classique de la nature, reposait sur la détermination d’une ligne de séparation fixe, entre d’un côté l’objet, et de l’autre le sujet. Il était donc possible de négliger l’impact de l’observation. La conséquence la plus évidente du principe d’indétermination , c’est qu’il nous faut renoncer à toute tentative de comprendre notre univers visible dans celui, invisible, des atomes.
La particule n’est plus un point matériel classique, à localisation précise, mais un paquet d’ondes de probabilité de présence. Le dualisme onde corpuscule est « supprimé » par le principe de complémentarité de Bohr (1927). L’aspect corpusculaire et l’aspect ondulatoire sont deux représentations « complémentaires » d’une seule et même réalité .
Mais le principe de correspondance (Bohr 1916, Ehrenfest 1927), jette un pont entre la physique classique et la physique quantique. Quand le nombre de particules-quantons atteint un certain seuil, la théorie quantique conduit aux mêmes résultats que la physique classique. Ce qui dissimule en fait une annexion de la physique classique par la physique quantique, la première n’étant plus qu’un cas limite de la seconde.
On sait aujourd’hui que certains ensemble de quantons, même en très grand nombre, n’obéissent toujours pas à la physique classique et persistent à suivre des lois quantiques. Ces lois sont toujours contraires au point de vue du sens commun, c’est le cas des supraconducteurs et des superfluides.
Mais il n’en reste pas moins vrai que: notre monde est quantique parce que la théorie des quanta nous a fourni plus de clés sur la structure de la matière que tout le reste de la science réuni.
C’est pourquoi nous qualifierons d’objet quantique tout élément de la structure microscopique de la matière et du rayonnement. Mais notre monde quotidien est également quantique pour une autre raison: parce que les ingénieurs ont appris à se servir des objets quantiques microscopiques pour en faire des objets industriels et que ceux-ci peuvent, à leur tour, être qualifiés, à des degrés divers, d’objets quantiques.[20]
Ainsi, fonder une physique qui marche, qui est conforme aux résultats expérimentaux et qui permet des applications aussi spectaculaires que l’ordinateur sur lequel nous écrivons, est une chose, mais expliquer le monde qui est caché derrière ces lois en est une autre. Le problème d’une réalité objective existant ou non en dehors de l’observation va entretenir un profond désaccord entre Bohr et Einstein . Et L. de Broglie garde toujours sa théorie de la double solution pour préserver la réalité des objets quantiques.
Einstein refuse l’abandon de l’idée d’une réalité physique existant indépendamment de toute observation. En 1926, dans une lettre au physicien allemand Max Born , il écrit: La mécanique quantique force le respect. Mais une voix intérieure me dit que ce n’est pas encore le nec plus ultra. La théorie nous apporte beaucoup de choses, mais elle nous approche à peine du secret de Dieu. De toute façon, je suis convaincu que Lui, au moins, ne joue pas aux dés.
10 Questions fondamentales
Nous arrivons donc au moment où il faut retourner aux questions fondamentales, qui sont posées depuis des siècles et des siècles, et que la nouvelle physique conduit à poser de nouveau. Mais d’une façon bien différente, car les deux interprétations de la physique quantique sont totalement opposées.
L’une fait jouer à l’observateur un rôle primordial, plus précisément à sa conscience et à son esprit: c’est l'idéalisme quantique. Bien que minoritaire cette interprétation est soutenue par des physiciens prestigieux
Le matérialisme quantique est plus répandu, ceux qui y adhèrent préfèrent le nom de réalisme. L’École de Copenhague, fondée par Bohr , majoritaire, refuse de choisir entre les deux et soutient que le problème n’a pas de sens. Le syncrétisme tente la synthèse du matérialisme et de l’idéalisme en postulant l’existence d’une réalité plus profonde dont matière et esprit ne seraient que deux aspects complémentaires.
Le matérialisme n’admet que l’existence de la matière et elle seule. L’idéalisme admet soit l’existence d’une entité non matérielle, appelée esprit, soit il met en cause l’existence même de la matière. Mais ces définitions ne correspondent pas exactement à la classification philosophique. Nous devons donc préciser la question philosophique puisque les points de vues divergents nous y obligent et que la théologie biblique y est interdite par les post-évangéliques, ou néo-évangéliques .
Ainsi la physique la plus élaborée rejoint les interrogations traditionnelles de la philosophie. Interrogations que certains avaient crues abolies par le développement même des sciences et le triomphe apparent du matérialisme local et déterministe, avec la relégation de la Foi chrétienne dans le domaine privé.
Ces questions sont: Qu’est-ce que l’esprit? Qu’est-ce que la matière? Pour ceux qui interdisent à l’Écriture Sainte toute autorité dans le domaine scientifique, qu’ils soient chrétiens, ou agnostiques, ou athées, il n’y aura jamais de réponses. Ces interrogations resteront toujours dans le domaine de la spéculation métaphysique. Pour les Chrétiens reconnaissant l’autorité de la Bible, la réponse est claire: Dieu est Esprit et le Christ soutient toutes choses. Il est avant toutes choses, et tout subsiste en Lui (Col 1: 17).
11 Les aléas de la relativité
Selon la relativité [21] d’Einstein , la matière, le temps et l’espace sont liés. Donc le temps a été créé avec la matière et l’espace. Dieu est le Créateur de tout l’Univers comme Il nous le révèle en Genèse 1: 1. Le temps, la matière et l’espace, ayant une unité dans l’ordre de création, il s’ensuit que la théorie du Big Bang qui postule que l’espace se développe dans un « univers évolutif » n'est pas compatible avec la Révélation.
Mais il y a de sérieuses réserves à faire à propos de cette théorie du Big bang . Maurice Allais [22], dans son gros ouvrage L’anisotropie de l’espace, traite de la nécessaire révision de certains postulats des théories contemporaines, selon les données de l’expérience.
Maurice Allais nous rappelle d’abord qu’il faut noter que l’origine du concept de la relativité, (qui concerne les axes de référence en mécanique et non pas le relativisme moral) a été énoncé par Henri Poincaré , qui donna à la « Transformation de Lorentz » sa forme classique.
Ensuite que c’est Minkowski (qui a été le professeur de mathématiques d’Einstein, à l’École polytechnique de Zurich), qui a donné la première formulation mathématique en réunissant l’espace et le temps en un tout inséparable qu’il appela l’univers. Ce qui se traduit par un système d’axes de référence dans un espace à quatre dimensions. Le concept d’espace courbe est dû à Riemann.
Bien d’autres points seraient à signaler et à développer, tel l’anisotropie de l’espace, relevée par Poincaré en 1908, et par R. Birkeland en 1913. Ceci en relation avec l’expérience de Michelson et Morley de 1887, qui, il faut bien le dire, plus de 100 ans après, n’est toujours pas élucidée.
C’est pour cette raison que M. Allais dans les pages 512 à 614 de son livre, établit la conclusion sous le titre: Le développement de la relativité , une construction démesurée aux fondations incertaines et fragiles.
Ces brefs rappels nous montrent que les affirmations des vulgarisateurs, des journalistes et des théologiens spéculatifs et utopiques, ont aussi des fondations incertaines et fragiles. Si bien que l’anisotropie de l’espace semble être en contradiction avec le Big Bang, qui précisément, sans preuves, postule un espace isotrope.
Alors que dire de la position des créationnistes progressifs, qui cachent par ce vocable leur adhésion au point de vue évolutionniste, dans un univers forgé de toutes pièces, à la seule fin de se passer du Créateur.
Quant aux illustres physiciens de la théorie des quanta , lorsqu’ils cherchent à répondre aux questions fondamentales en s’échappant de la réalité, tel Niels Bohr, prennent pour blason les symboles taoïstes du Ying et du Yang. Nous retrouvons la même pensée chez Fritsof Capra, David Bohm et Erwin Schrödinger , qui penchaient vers l’hindouisme du sanskrit.
Le Colloque de Cordoue tenu en octobre 1979[23], nous montre bien où vont les divagations de ceux qui devraient rendre Gloire au Créateur.
Les mêmes erreurs phagocytent les réflexions de tous ceux qui ne veulent pas reconnaître que la Révélation particulière dans la Bible, prime toute autre révélation dans le monde créé, distordu par la rébellion des hommes.
Dans ce sens, les prises de position des néo-évangéliques, sont très fâcheuses, car elles conduisent ceux qui les suivent dans une modernité[24], qui se veut autonome par rapport à Celui, qui seul, a les réponses à nos interrogations.
Nous pouvons conclure cet examen de la physique moderne :que toute recherche d’une interprétation philosophique, risque de conduire à de grossières erreurs. La complexité au niveau microscopique, accessible à l’expérimentation, nous fait voir, que la recherche d’une explication des origines dépasse, et de très loin, nos capacités. C’est encore plus vrai de la cosmologie qui ne se prête qu’à des observations clairsemées, parfois bien subjectives, sans support expérimental, et qui, comble d’orgueil, prétend reconstruire l’œuvre du Créateur.
12. Les sciences en marche et la vulgarisation scientifique[25]:
Les sciences en marche
Dire que les sciences sont en marche est une évidence, en effet, les technologies avancées, ou de pointe, qui sont les applications des données scientifiques prouvées, le montrent clairement. Notons, en passant, que les “manipulations génétiques”, sont plus redevables à la micromécanique, qu’à une science . Elles sont aussi l’objet de montages financiers de grande envergure!
De plus, comme le faisait remarquer, il y a un demi-siècle, l’astrophysicien Sir James Jeans [26], on peut toujours dire que: la science progresse d’ordinaire par une suite de petites étapes, à travers un brouillard, où l’explorateur à la vue la plus perçante peut rarement voir à quelques pas devant lui. De temps en temps le brouillard se lève...
Les vulgarisations
Bernard d’Espagnat a fait une excellente préface au livre de Richard Morris[27]: Aux confins de la science . Il fait là la remarque suivante: Telles ou telles percées scientifiques peuvent facilement induire l’auteur trop imaginatif à des extrapolations abusives, dont l’homme de science a les moyens de démontrer qu’elles sont tout simplement fausses. Et de fait les étalages des libraires regorgent d’ouvrages soi-disant inspirés par la science contemporaine et dont le contenu n’a d’autre qualité que d’être propre à faire rêver.
D’après Pierre Laszlo [28]:
On a vulgarisation scientifique dès lors qu’une interrogation sur le monde sensible est communiquée dans des termes accessibles à tous:
Il y a trois choses qui sont au-dessus de ma portée,
Même quatre que je ne puis comprendre:
La trace de l’aigle dans les cieux,
La trace du serpent sur le rocher,
La trace du navire au milieu de la mer,
Et la trace de l’homme chez la femme... (Proverbes 30: 18-19).
Après cette citation du livre des Proverbes , P. Lazlo continue ainsi:
« Cet objectif, associer un lecteur à la connaissance scientifique en train de se faire (...) Ce livre vise à faire partager les splendeurs de la vulgarisation réussie (telle que le lyrisme du texte ci-dessus), et à fournir quelques pistes de lecture. (...) Les récits de vulgarisation sont un peu comme des contes pour adultes. (...) Tout scientifique inscrit son dit contre des assertions plus anciennes ».
Certes « l’érudition ne sert à rien si elle ne sert pas au plus grand nombre »; mais diffuser clairement l’information scientifique n’est plus chose facile. Il y a 70 ou 80 ans, Julian Huxley fut un militant de la vulgarisation “scientifique” de son temps, c’est-à-dire l’évolutionnisme. Il y a eu une éducation populaire, des membres de l’Institut ne rougissaient pas de signer des manuels de leçons de choses pour l’école primaire. Selon P. Laszlo , cette belle tradition s’est perdue.
La raison de cette disparition est dans la difficulté de communiquer l’information scientifique. Il y a les problèmes de langage qui imposent une traduction d’un jargon technique vers la langue usuelle. L’activité d’un scientifique se place dans une discipline, or il doit faire un transfert d’information, hors de cette sphère d’appartenance, vers un langage commun et des préoccupations simplifiées: il ne suffit pas d’avoir des « journées portes ouvertes ».
Alors après avoir vulgarisé, extrapolé et généralisé, on parle de Science, au commun des mortels, et celle-ci devient le nouveau credo du monde. Ainsi le Mandat culturel est détourné de l’Alliance de création et de grâce. La Gloire de Dieu est méprisée: le Soli Deo Gloria est oublié. Or, l’Éternel-Dieu Créateur nous dit toujours et à tous: Voici, je mets devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Éternel ton Dieu, de marcher dans Ses voies, et d’observer Ses commandements, Ses lois et Ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies... j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta postérité... (Deutéronome 30: 15-20).
Les sciences naturelles contemporaines, prétendent tout expliquer (aujourd’hui ou demain) par des causes premières naturelles, notamment l’origine du cosmos et de la vie, c’est le matérialisme de la génération spontané. Il semble que certains chrétiens adhèrent à ce genre d’hypothèses, ce qui fait qu’ils retirent toutes compétences à l’Écrirure Sainte dans le domaine scientifique. C’est un préjugé qui les conduit fatalement à adhérer, sans preuves, à la “théorie de l’évolution qui cherche à intégrer les sciences de la nature, parce qu’il n’y aurait pas d’autre explication naturaliste des origines. C’est ainsi que les explications les plus fantaisistes nous sont proposées à propos du livre de la Genèse . C’est là qu’il nous faut choisir la vie.
Précisément beaucoup de ceux qui maîtrisent quelques sciences, sont loin de marcher selon les voies de Dieu et de choisir la vie: par exemple les avorteurs, ou ceux qui massacrent les civils, avec les armes les plus sophistiquées, rendues possibles par les théories mathématiques de l’information; l’utilisation des ordinateurs peut conduire à la vie ou à la mort. Nous vivons dans une société darwinienne où les plus forts en sciences font leurs propres lois. L’exemple qui touche tout le monde est le marché libéral/darwinien.
Or, les explications naturalistes, perdent toute objectivité, ce n’est plus le fait objectif qui sert à élaborer une hypothèse expliquant la cause des faits. Ainsi l’hypothèse évolutionniste, plus que centenaire, avec tous ses préjugés passe pour une théorie [29], sans avoir jamais satisfait aux critères scientifiques énoncés dans les remarques 1, 2 et 3, explicitées ci-dessus. Avec le Professeur Gitt et beaucoup d’autres, nous pouvons donc affirmer que l’évolutionnisme n’est qu’une hypothèse sans preuves[30].
13. La vulgarisation à l’École Élémentaire[31] : le grand bourrage de crânes[32]
L’ouvrage de Tavernier, pages 360 à 364, introduit “l’idée d’évolution ”; car « Le sujet “L’évolution des êtres vivants” a été introduit à l’école élémentaire dans les programmes de 1985. Pourquoi ce sujet, qui peut sembler difficile pour de jeunes enfants (il n’était jusqu’ici abordé pour la première fois que dans les terminales des lycées) a-t-il été imposé au CM ? C’est un sujet très important. Toute la biologie (science de la vie) pourrait être résumée en deux mots: unité et diversité. Il existe en effet une grande diversité d’êtres vivants: un chêne, un lapin, un escargot, un homme... sont différents sur bien des points. C’est cela la diversité du monde vivant ».
Il s’agit bien là du ‘Grand bourrage de crânes dès l’âge de 8 ans. C’est là l’entreprise officielle antiChrétienne de la science officielle et de la pensée unique. C’est une entreprise pour faire passer tous les enfants au moule de l’athéisme, qui continue, par le prétexte, de l’enseignement sur les ‘maladies sexuellement transmissibles’, pour imposer l’usage du préservatif en 4ème, dès l’âge de 13 ans, avec aussi l’enseignement de la contraception. Tout cela est prémédité pour détruire la famille chrétienne, selon le projet et la méthode du philosophe marxiste italien A. Gramsci[33].
[1] HOOYKAAS, op. cit. pp 105, To the Glory of God.
MARCEL, op. cit. Chapitres V à XIV.
[2] Van RIESSEN Hendrik (à été professeur aux universités de Delf, Eindhoven, et à l’Académie militaire de Breda, ancien résistant), Création et science , La Revue Réformée, N° 107, 1976/3.
[3] France-Culture/Colloque international de Cordoue (1er au 5 Septembre 1979), Science et Conscience les deux lectures de l’Univers, Stock, 1980.
[4] PRIGOGINE Ilya et STENGER Isabelle, La Nouvelle Alliance , nrf Éditions Gallimard, 1979.
[5] BOCHER Henri. Révélation des origines, Presses Bibliques Universitaires, 1979/1988
[6] HUMBERT Jean. Création Evolution faut-il trancher? Sator 1989
[7] STENGERS I. Seuil, 1987.
[8] PRIGOGINE I. et STENGERS I. Fayard, 1988.
[9] PRIGOGINE I. (Prix Nobel de chimie) Odile Jacob, 1996.
[10] STENGERS I. Cosmopolitiques, La Découverte/ les empêcheurs de tourner en rond, 1996/1997.
Sciences et Pouvoirs, La Découverte, 1997.
[11] FOURASTIÉ Jean, les conditions de l’esprit scientifique , collection Idées, nrf Gallimard, 1966.
[12] NICOLLE Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques, Bréal, 1994.
[13] SCHÜTZENBERGER M.-P. (de l’Académie des Sciences) Préface au livre de R. CHANDEBOIS (page 9), Pour en finir avec le Darwinisme une nouvelle logique du vivant, Éd. Espace 34, 1993.
[14] BERNARD Claude, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, Bordas, 1966.
[15] LOCHAK Georges et al, L’objet quantique, Champs Flammarion, n° 250, 1989.
[16] de BROGLIE Louis, La physique nouvelle et les quanta , Première édition Flammarion, 1937; dernière édition collection Champs, N° 170, 1990.
[17] HAWKES Peter, Électrons et microscopes, vers les nanosciences, Belin CNRS, 1995.
[18] FEYNMAN Richard, Lumière et matière,une étrange histoire, Seuil, 1992, InterÉditions, 1987
[19] ORTOLI Sven & PHARABOD J.P. Le Cantique des Quantiques, La Découverte, 1984..
d’ESPAGNAT Bernard, KLEIN Etienne, Regards sur la matière, des quanta et des choses, Fayard, 1993;
[20] LOCHAK et al, p. 7.
[21] FAROUKI Nayla, La relativité , Dominos Flammarion, 1993.
[22] ALLAIS Maurice (Prix Nobel de sciences économiques), L’anisotropie de l’espace, Clément Juglard, 1997.
[23] Science et Conscience, les deux lectures de l’univers, France-culture/Colloque de Cordoue , Stock, 1980.
[24] FATH Sébastien, L'âge de la Foi: rêve ou réalité , Fac réflexion N° 39 1997/2.
[25] Comment bien vulgariser: www.nserc.ca/seng/how4.fr.htm
www.e-scio.net/
[26] JEANS Sir James, Physique et philosophie, Marie Rivière, 1954.
[27] MORRIS Richard, Aux confins de la science , traduction de The Edges of Science, Archipel First, 1991.
[28] LASZLO Pierre, La Vulgarisation Scientifique, Que sais-je, N° 2722, 1993, PUF.
[29] C’est pourquoi, nous suivrons l’affirmation du Professeur Dr. Werner Gitt : les termes « la théorie de l’évolution XE "évolution" » doivent être évités, car selon les normes des théories scientifiques, l’évolution est une doctrine philosophique. Cela rejoint affirmation du Professeur SCHUTZENBERGER, selon la note 73.
[30] GITT Verner, Did God Use Evolution ?, CLV, Christliche Literatur-Verbreitung, 1993.
[31] TAVERNIER R., Enseigner la Biologie et la Géologie à l’ÉcoleÉlémentaire, Guide des professeurs des Écoles; I.U.F.M. Bordas, 1992.
[32] WATSON David C.C. The Great brain robbery, Henry E. Walter, LTD, 1975/1977.
[33] MERA Yves, Petit vocabulaire gramciste, www.les4verites.com/les4verites/articles/389_082003c.htm
ROSENGARTEN Frank, An introduction to gramsci's life and thought
www.soc.qc.edu/gramsci/intro/engbio.html