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La Mythologie des sciences
4.6 La mythologie et l'idolâtrie des sciences
La science au lieu de nous éclairer nous éblouit, elle cherche à se faire comprendre en revendiquant le monopole de la rationalité. Sa puissance matérielle devient de plus en plus visible par la vulgarisation, mais elle devient de plus en plus intolérante et n'accepte pas de critique, et ceux qui parlent en son nom, sont comme des gourous auxquels il faut croire, et les théologiens modernes, qui y adhèrent, ne s'en privent pas! Ce serait folie de ne pas croire sur parole ceux qui parlent en son nom[1]. Tel est le paganisme de notre temps!
4.6.1 La mythologie de la recherche des origines
1. De la science à la confusion
Dans cette section, nous voulons donner un aperçu des divagations de la pensée humaine, quand les hommes ne reconnaissent pas les perfections invisibles de Dieu le Créateur, quand ils refusent sa puissance éternelle et sa divinité, quand ils ne veulent plus les contempler dans ses ouvrages. Or ce refus les rend inexcusables, leur cœur sans intelligence étant rempli de ténèbres (Rom 1: 18-23).
N'oublions pas que selon la Révélation, toute l'humanité descend de Noé et de ses fils. Noé avait 500 ans lorsqu'il engendra Sem, Cham et Japhet, et il était âgé de 600 ans quand survint le Déluge. Il vécut neuf cent cinquante ans. On peut imaginer quelle était l'étendue de ses connaissances terrestres, quand on considère tout ce qui a été acquis durant les deux derniers siècles. Mais sa connaissance de son Créateur était aussi très élevée. Dans tous les domaines il avait eu le temps - plus de 400 ans - de transmettre à ses fils, au moins une partie de sa science, une partie de ses connaissances.
Toute la postérité parlait une même langue, et un jour ils se mirent à construire une tour qui s'élèverait jusqu'aux cieux pour narguer leur Créateur. Et l'Éternel les dispersa en leur donnant des langues différentes. C'est dans la suite que viennent toutes les spéculations cosmologiques dont nous allons donner un aperçu succinct.
2. Qu'est-ce qu'un mythe?
Mythe du grec muthos fable, récit fabuleux. C'est une croyance concernant des questions essentielles (origine de l'humanité, origine de l'univers, etc.). Souvent, le mythe se développe en mettant en jeu les exploits d'êtres "héroïques" ou divins, comme dans la mythologie grecque.
Au sens propre, c'est donc un récit à caractère religieux, transmis oralement ou par écrit, et qui concerne l'origine de l'univers[2]. C'est un désir d'explication des phénomènes naturels. Le mythe constitue une première forme d'explication des choses et de l'univers, une explication qui est de l'ordre non pas de la raison mais du sentiment. Certains, comme le mythe d'Œdipe ont reçu une connotation quasi "scientifique" avec l'aval de Freud; d'autres restent plus sentimentaux comme le mythe du Progrès.
3.Le mythe des cosmologies polythéistes[3]
La cosmologie a commencé le jour où certains hommes, ayant oublié leur Créateur, se sont posé les questions: qu'y a-t-il au-delà de l'horizon, et qu'y a-t-il avant le tout premier événement dont il reste un souvenir?
Les tentatives pour discerner l'ordre qui se trouve derrière les événements et les informations foisonnantes, qui atteignent les hommes, reflètent leurs efforts pour comprendre le monde et la place que l'homme y occupe. Il n'est donc pas surprenant que des hommes aient passé toute leur vie à chercher la signification de l'Univers. Chacun, en général cherche à construire son point de vue sur l'univers.
Un point de vue sur le monde est composé donc d'idées, de présupposés, de convictions, qui forment le point de vue d'un groupe de personnes: c'est leur vision sur la vie et le monde visible. Même s'il semble que seuls les spécialistes peuvent donner de telles réponses, il n'en reste pas moins vrai, que chacun d'entre nous a sa propre vision du monde, vraie ou fausse, qu'il partage avec son groupe. Vers 2000 B.C, on trouve en Mésopotamie l'Épopée de Gilgamesh qui décrit la quête d'un homme, nommé Gilgamesh, pour comprendre l'Univers en voyageant et en cherchant à découvrir la signification du monde: la vie, la mort et l'immortalité.
Depuis les temps anciens jusqu'à aujourd'hui, les gens, individuellement ou collectivement, ont cherché à comprendre quelle est leur situation dans le monde, et c'est dans cette recherche que nous trouvons les mythes cosmologiques.
La cosmologie des Égyptiens
Les anciens Égyptiens croyaient que l'univers était constitué de quatre éléments principaux. Le premier élément était la Terre sous la forme d'un disque[4]. La partie plate centrale représentait la vallée du Nil, délimitée par les montagnes qui entourent l'Égypte, supposées être le pourtour terminant le disque. Au-dessous de la Terre se trouve les eaux primitives, origine de la vie et sur lesquelles, la Terre flotte. Au-dessus de la Terre il y a le ciel qui est le troisième élément, considéré comme la plaque supérieure.
Entre la plaque supérieure de l'univers et la Terre, il y avait le dieu de l'air Shu, qui soutenait la plaque supérieure, qui ne pouvait pas ainsi s'écraser sur la Terre. Il y avait aussi le dieu Soleil Re (ou Ra), qui était entré dans l'univers par auto-création, il devint ainsi lui-même, et par la suite il créa d'autres dieux.
La cosmologie des mésopotamiens[5]
Chez eux, le contrôle de l'univers fut établi par le combat cosmique entre l'ordre et le chaos à l'aube de la création. La conquête de l'ordre sur le chaos, produisit une hiérarchie cosmique qui disposa chaque facette de l'univers à sa place.
L'épopée d'Enuma Elish est le récit Mésopotamien de la création. Les premières lignes de ce récit, décrivent un univers chaotique à l'origine, alors que seules les eaux primitives existaient, comme le croyaient aussi les Égyptiens. Ce chaos consistait en trois dieux: Apsu le dieu male représentant les eaux tranquilles, Tiamat la déesse de la mer, et Mummu, probablement le dieu du brouillard.
Selon le mythe, Apsu et Tiamat engendrèrent d'autres dieux symbolisant le ciel, l'eau et la terre. Ceux-ci entrèrent immédiatement en conflit avec Apsu et Tiamat qui préférèrent le rôle inactif, ce qui engendra le chaos. Mais il y eut une bataille cosmique entre les dieux du chaos et les dieux de l'ordre. Ea le dieu de l'eau tua Apsu, et Marduk roi des dieux et de l'ordre, blessa Tiamat dans une féroce bataille etc; telles sont les spéculations décrites dans Enuma Elish.
La cosmologie des cananéens
On trouve cette cosmologie dans les textes dits Mythes Ugaritic, qui expliquent le fonctionnement de l'univers. Ceux-ci comme les spéculations cosmologiques des Égyptiens ou des Mésopotamiens sont focalisées sur la vie des dieux, qui personnifient les forces de la nature et dirigent l'univers.
Parmi ces Mythes il y en a un particulier le Mythe de Baal, qui présente une description caractéristique de la vision du monde, spécifique aux Cananéens. Baal est le dieu de la pluie, de la végétation et de la fertilité, et Anath est la déesse de l'amour, de la fertilité et de la guerre. Les deux ont construit un palais. Cela fait, Mot le dieu de la sécheresse tue Baal et le place au-dessous de la Terre. Anath prend sa revanche en tuant Mot et Baal revient et réclame sa place. Le Mythe de Baal expliquait le cycle des saisons.
Les spéculations cosmologiques et philosophiques
Quelques repères
Quels liens avec Noé et sa descendance?
Dans notre fidélité à la Révélation de l'Éternel Dieu, nous devons nous poser cette question, dont la réponse nous montre comment le mal se relève rapidement. Nous apercevons aussi une rapide perte des connaissances transmises par Noé et ses fils, qui avaient connu les sciences et les techniques anté-diluviennes.
Rappelons que le terme "cosmologie" signifie l'étude du monde. En tant que discipline académique, la cosmologie est une branche de la métaphysique, distincte de l'ontologie et de la théologie.
La cosmologie est aussi aujourd'hui une science, dans laquelle les astronomes et les physiciens tentent d'expliquer le cosmos, dans tous ses aspects. Les scientifiques et les philosophes qui étudient la cosmologie discutent beaucoup pour savoir si les résultats obtenus sont des spéculations ou une description scientifique de cet univers.
Pendant des siècles, les hommes ont cherché, par leurs propres moyens, à découvrir la nature de la réalité et sa source ultime. Mais il ne faut jamais oublier que la Bible, Parole inspirée de Dieu, présente une vision du monde complètement différente des cosmologies mythiques de Mésopotamie, d'Égypte, et de Canaan, ainsi que des spéculations philosophiques des grecs.
Alors que ces systèmes, énoncés ci-dessus, ont pour source les recherches des hommes, pour comprendre la réalité qu'ils observent, la vision biblique du monde est fondée dans la Révélation de Dieu le Créateur, qui seul sait comment Il a créé. Bien que les êtres humains soient faits à l'image de Dieu et qu'intuitivement ils connaissent Dieu, ils rejettent Sa Révélation. Dans le Chapitre 1 de l'Épître aux Romains, versets 19 à 32, nous apprenons que Dieu dit qu'Il s'est révélé Lui-même dans Sa Création, le cosmos tout entier.
C'est donc la Révélation de Dieu Créateur et pas du tout les spéculations humaines, qui explique l'origine et la nature de l'univers[6]. En voulant être autonomes vis-à-vis de leur Créateur, les gens ignorent la distance qualitative qui les sépare de Dieu, et qu'il n'y a pas de réalité hors de la Vérité de Dieu et de Sa Grâce.
La Bible affirme que l'univers révèle et montre, la Personne et la puissance de Dieu: Dieu Lui-même l'a rendu tel, puisque ses perfections invisibles, sa puissance éternelle et sa divinité se voient comme à l'œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Aussi les hommes sont-ils inexcusables…( Rom 1: 19-21).
Alors les hommes rejetant Dieu le Créateur, examinent l'univers comme un fait brut, et non comme la Création de Dieu. En rejetant la Révélation de Dieu dans l'histoire, les gens se forgent des conclusions sur le monde, basées sur leurs seules spéculations. Telle est la mythologie de ces sciences qui perdure aujourd'hui.
La cosmologie des grecs
Contrairement aux Égyptiens, aux Mésopotamiens et aux Cananéens, les Grecs s'intéressaient à la nature de la vie et aux structures de l'univers. Leurs dieux étaient limités en puissance et n'avaient pas créé l'univers à partir de rien: le cosmos avait toujours existé. L'histoire montre que ceux-ci étaient complètement immoraux.
Les Grecs développèrent ce que nous appelons science ou philosophie. Leur science commença vers le IVe siècle avant notre ère. Thalès de Milet introduisit une nouvelle façon de penser la cosmologie; avec lui un ordre rationnel émergea. Mais ce serait un grave contresens de voir en eux des physiciens au sens moderne du terme, car l'idée d'une physique telle que nous l'entendons aujourd'hui avec ses théories, ses lois, ses mesures et ses appareils, est une notion qui leur était profondément étrangère.
4. Les cosmologies monistes[7]et pluralistes
Thalès de Milet (610-545 B.C.) supposait qu'il observait un univers ordonné, gouverné par des lois qui pouvaient être découvertes par l'observation et la pensée logique. Mais il pensait, par pure spéculation, que l'eau était la substance fondamentale dont toutes choses procédaient. Pour lui, l'eau était une substance élémentaire et vivante, le arché, l'élément fondamental qui explique tous les autres: il observait les rides à la surface des eaux des rivières et leur écoulement.
Mais Thalès enseignait aussi que la Terre était un disque plat, porté sur l’eau primitive, comme un navire sur la mer; il parle de Okeanos et de Thetis, origine du monde, de façon mythique, ce qui montre l’abâtardissement de la connaissance. Il est vrai que l’orgueil des hommes manifesté à Babel et leur dispersion ne les a pas favorisés, par leur propre faute, à cause de leur refus d’adorer l’Éternel-Dieu, en refusant Ses lois et en voulant être autonomes.
Avec Anaximandre (610-547 A.C.), (il est connu par une tradition qui ne remonte pas au-delà d’Aristote, il n’a rien écrit), nous trouvons la thèse de la pluralité des mondes. Il admet l’existence simultanée de plusieurs mondes, qui naissent et périssent au sein de l’infini éternel et sans vieillesse, par un “mouvement” éternel. Nos documents écrits, ne remontent pas plus haut que Platon[8].
Anaximène (mort en 528 B.C.) était en accord avec Anaximandre (610-546) pour dire que la source de toutes choses était unique et infinie et que cette source était l'air (au lieu de l'eau pour Thalès). C'est à partir de là qu'il expliquait ce qui devint les quatre éléments: terre, air, feu, et eau; mais pour lui le arché était l'air.
Contrairement aux cosmologistes du proche Orient, les Milésiens semblent n'avoir subi que peu d'influence de la mythologie de leur temps. Mais leur réduction de la vaste multiplicité des expériences à une unique substance matérielle, l'eau ou l'air, est en contradiction avec la distinction biblique entre le Créateur et sa création. Leur recherche d'une essence ultime était une forme d'idolâtrie.
Dans la mythologie grecque le mot θεος (dieu) signifie une force de la nature ou la personnification d'une force, tel Zeus ou Aphrodite. Pendant le septième et le sixième siècle avant notre ère, les citées du sud de l'Italie et de Sicile expérimentèrent un renouveau religieux, produisant un culte fervent aux dieux Apollon et Dionysos.
Pythagore vécu au VIe siècle avant notre ère, ce fut un penseur et un mathématicien dont la vie et l'œuvre ne sont connues que par des allusions plus ou moins légendaires. Il fonda une école de caractère religieux, où n'entraient que des initiés, qui s'occupaient de la "science" des nombres. Ils expliquaient toutes choses par la puissance des nombres, qui avaient ainsi une dimension métarationnelle.
Pour eux, le nombre est né de la division de l'unité: l'un en se divisant se double, ainsi un produit deux.
Les Pythagoriciens développèrent leur idéal religieux; mais comme dans l'ancienne religion Perse, leur point de vue sur la réalité était dualiste, bien qu'ils exprimassent ce dualisme en termes mathématiques. Leur dualisme concernait un conflit entre deux forces. L'une illimitée représentant le principe du chaos et de l'agression; l'autre limitée représentait l'ordre.
Avant que le cosmos vienne à exister, la force sans limites régnait dans l'obscurité et le désordre. L'autre force surgit avec le feu et la lumière en opposition à la force illimitée, ainsi le cosmos prit naissance. Ce dualisme métaphysique provoqua une opposition morale dans l'univers. La force illimité demeurait pour le mal et la méchanceté et était symbolisée par des qualités féminines. Ce point de vue ressemble au yin et yang des Chinois.
On rencontre aussi la cosmologie d'Héraclite d'Éphèse, vers 500 avant notre ère, où l'univers est en constant changement. Héraclite s'oppose à Parménide, qui vers la même époque niait le changement, et son système de pensée dépendait de déductions logiques; sa conception de la réalité abstraite, montrait qu'il n'y avait pas de changement et donc pas de création, l'univers était éternel.
Héraclite et Parménide enseignaient qu'il n'y avait pas de Création à partir de rien (ex nihilo), or Dieu est le Créateur et ce qu'Il a créé n'est pas Dieu: la distinction Créateur/créature selon l'Écriture doit toujours être mise au premier plan.
A la suite, il y eut les cosmologistes pluralistes qui enseignaient que l'univers étaient composé de plusieurs substances. Empédocle (vers 490-425) croyait avoir été réincarné plusieurs fois, il enseignait que toute réalité a pour origine quatre principes: la terre, l'air, le feu, et l'eau. Ces principes étaient éternels et sans changements.
Pour rendre compte du mouvement, ils considéraient deux forces: l'amour et le conflit ou la lutte. L'amour représentant la puissance de l'unité et de la cohésion. Par contre la lutte ou la haine représentait la diversité et la séparation.
Archimède (287-212 B.C.), grand génie, est resté sans influence durable. Ni dans l’Antiquité, ni au Moyen âge on ne trouve trace d’une recherche scientifique systématique.
Eratosthène (275-174 B.C.), en observant l’ombre de la Terre, sur la Lune lors d’une éclipse partielle, reconnu que la terre était ronde.
Les atomistes[9]
Du point de vue de la cosmologie moderne, les atomistes (Leucippe, Démocrite, Épicure et Lucrèce), sont les plus intéressants penseurs de l'antiquité. Les philosophes grecs présocratiques, Leucippe et Démocrite, fournirent la base de la physique d'Épicure, qui ensuite fut disséminée dans le monde grec par le poème de Lucrèce (99-55 B.C) De Rerum Natura. La plus grande part de ce que nous connaissons d'eux, nous est venue par les écrits de leurs successeurs.
Selon Leucippe, la somme des choses est illimitée, et elles changent les unes dans les autres. Le Tout inclus le vide et le plein. Les mondes furent formés quand les atomes tombèrent dans le vide et furent enchevêtrés les uns avec les autres; de leur mouvement sortirent les étoiles. Le soleil tourne sur un grand cercle autour de la lune. Leucippe fut le premier à considérer que les atomes constituaient le principe premier etc. Les atomistes considéraient que toutes choses arrivent selon la loi de la Nécessité;
Mais ce serait un grossier anachronisme que de voir dans la vision atomiste de Leucippe et Démocrite une conception scientifique de type moderne, reposant sur des observations expérimentales; leurs principes étaient purement spéculatifs.
Démocrite (460-370 BC), élève de Leucippe, fut l'avocat de la théorie atomique. Il affirmait que les atomes étaient la source de toute réalité; ceux-ci étant invisibles, mais avec uns certaine magnitude, ils ne pouvaient être divisés, ils étaient incassables et de forme sphérique. Cette conception n'a rien de commun avec les atomes de la physique moderne. Pour Démocrite, le mouvement était inhérent à l'atome et celui-ci était éternel. L'univers était un gigantesque mécanisme, qui par nécessité était en mouvement.
Démocrite a forgé des outils conceptuels pour rendre compte de la continuité, dont le plus difficile a été le mouvement. Les premiers principes de l'Univers étant les atomes et l'espace vide, c'était un point de vue purement matérialiste, tout était physique. L'homme était un petit monde organisé (cosmos). L'atomisme est donc réductionniste.
Les présocratiques[10]
Au 4e siècle avant notre ère, les Sophistes (un groupe d'enseignants populaires) mirent en relief la philosophie de la nature et les problèmes des hommes, au détriment de la cosmologie. Ils discutaient de morale de justice, d'éducation etc. Ils enseignaient que l'homme avec sa raison est la mesure de toutes choses; Protagoras (485-411) en particulier.
Socrate (468-399) attaqua violemment leur relativisme en arguant que l'homme peut connaître la vérité absolue par l'examen de soi-même.
Platon (427-347) a construit sa philosophie sur la critique des sophistes par Socrate. Il développa un dualisme par lequel il croyait réconcilier les points de vue de Héraclite et de Parménide, par ce dualisme, Platon cherchait à rendre compte à la fois de la permanence et du changement. Mais il postulat aussi l'existence de deux dimensions différentes: le monde idéal et le monde réel.
Le monde de la "forme" ou des "idées" est sans changement, éternel et parfait. Le monde physique est une copie du monde idéal. Platon comprend le monde des "formes" comme dérivé de son épistémologie et de sa compréhension de l'âme, qui doit accoucher de la vérité, qui est à la fois spéculative, pédagogique et politique. Le monde de l'expérience des sens est un monde de changement, le monde des phénomènes où chaque chose qui existe est une copie des formes dans le monde des idées. Et l'expérience de l'homme sur la réalité est imparfaite, ce n'est qu'une ombre changeante de la copie de la réalité.
Pour Platon, notre connaissance du monde ne vient pas de la révélation d'un Créateur personnel, mais par la raison humaine qui appréhende les formes abstraites et impersonnelles. Chez lui, il n'y a pas de Création parfaite, ni de Chute, ni de péché.
Il croyait qu'un Démiurge (dans Timée), un être divin, avait organisé le monde, en travaillant sur une matière déjà présente. Le Démiurge aurait façonné le chaos de la matière inorganisée, pour former le monde, selon le "projet" préexistant des formes. L'homme peut connaître le monde des formes, parce qu'il en a fait antérieurement l'expérience par son âme immortelle.
Platon exprime, dans certains de ses propos, qui nous ont été rapportés, un mépris et une vive réprobation de tout effort tendant à tirer la Mathématique, la science sublime, du domaine des idées pures, en l’appliquant aux objets de l’expérience quotidienne.
Si l’enseignement “ésotérique” de Platon (celui de ses cours à ses disciples) n’est connu que par les citations d’Aristote, par contre, beaucoup de ses ouvrages de vulgarisation dits “exotériques”, sont parvenus jusqu’à nous, ainsi sa philosophie est connue, mais difficile à comprendre. Il a écrit sous forme de dialogues, et n’a pas fait un exposé complet de son système. Cependant, on peut en donner les principes généraux[11]; cette philosophie est fondée sur la maïeutique de Socrate, c’est-à-dire sur la recherche de la vérité par le moyen de questions et de réponses.
L’essentiel de cette théorie est que les objets de la perception sensible (les phenomena) ne sont pas réels, et qu’on ne peut former à leur sujet que des opinions. Par contre les objets de pensée (les noumena) sont dotés d’une réalité éternelle totale; ils sont les seules réalités, dont les apparences sensibles ne sont que les pâles reflets. Le philosophe peut en acquérir au moyen de la dialectique, une connaissance certaine. Platon pensait que les plus hautes réalités sont les concepts mathématiques (cette forme de pensée est encore courante aujourd’hui). Au même niveau, il plaçait les idées comme la bonté, la beauté, la vérité, la justice.
Pour lui, tous les êtres, même les plus inférieurs sur la terre, possèdent leur archétype dans le monde transcendant, le monde des Idées. Les Idées sont selon la terminologie médiévale les “Universaux”; elles existent comme “formes” ou archétypes, dans un monde idéal transcendant. Ce qui était bien loin de la Création de l'Éternel Dieu.
La Forme la plus élevée est l’idée du Bien, c’est-à-dire la divinité. L’âme humaine est immortelle, et, en dépit d’innombrables réincarnations, se remémore par intervalle la connaissance qu’elle possédait autrefois des Formes, quand elle résidait dans le monde transcendant. L’ambition suprême du sage, est de retourner dans ce monde, où l’âme peut contempler les Formes, dans toute leur inconcevable beauté.
Le dieu de Platon qui est l’Idée du Bien, n’est pas une Personne qui se révèle, mais une divinité ineffable d’où tout émane, et qui n’a pas créé le monde sensible. C’est un dieu inférieur, le Démiurge (Ouvrier, Architecte, Ordonnateur du monde), qui a formé l'Univers a partir de la matière informe préexistante, conformément au modèle transcendant qu’il pouvait voir dans l’esprit divin. Ce dieu est fini et l’existence de la matière qui résiste à son action permet d’expliquer le mal.
Platon est aussi célèbre par sa philosophie politique: sa République est l’une des plus célèbres Utopies. L'idéal démographique de Platon[12], est celui d'une population strictement stationnaire. Dans le livre V des Lois, il précise que la cité doit ajuster les foyers au chiffre de 5040, qui est divisible par tous les nombres de 1 à 12, sauf 11, ce qui devait faciliter la tâche de l'administration.
Et dans la République, Platon écrit: les femmes des guerriers sont communes toutes à tous, aucune d'elles n'habitera en particulier avec aucun d'eux; de même les parents ne connaîtront pas leurs enfants, ni ceux-ci leurs parents…(La République (V)).[13]
Ainsi, Platon pensait que le monde est formé par des “Idées” pures, immuables et absolues. Pour lui, le monde visible des phénomènes et des changements n’est qu’une ombre, apparaissant sous forme d’images. Il ne connaît pas l’Éternel-Dieu Créateur.
Platon décrit le Ciel et la Terre qui s’unissent pour engendrer Thétis, d’où naît le couple de Chronos et de Rhéa, qui produit à son tour Zeus, etc. Mais nous devons ajouter un complément sur les dialogues de jeunesse ou dialogues Socratiques, dont le plus important est:
-- Menon ou Sur la vertu. Ou il est dit beaucoup de choses, mais la principale à savoir, pour un Chrétien, est: que la connaissance est la réminiscence de ce que notre âme a appris au cours de ses vies antérieures.[14] Il y a donc à la base de la pensée de Platon la réincarnation; ce motif de base dans la connaissance platonicienne étant faux, entièrement faux, la pensée platonicienne où néo-platonicienne ne peut qu’induire les Chrétiens en erreur. Certains tombent dans ce gouffre, sans même s’en rendre compte, à la suite de la recherche de la respectabilité académique. Ce n’est pas là une spéculation de notre part, mais une constatation chez les jeunes de niveau Bac + X, X= 0 à 7 ou 8.
Le Platonisme. Comme nous l’avons vu ci-dessus, le dieu de Platon, n’a pu maîtriser la matière, qui résiste à son action: c’est de là que viendrait le mal. Le platonisme est donc totalement opposé à l’Écriture Sainte.
L’effet continu du platonisme et du néoplatonisme dans l’Église a eu des conséquences mortelles sur son point de vue de l’Écriture. A des degrés divers, les penseurs et exégètes, sans parler des herméneutes, dans la tradition platonicienne, considèrent les “Idées” comme fondamentales, plus grandes et supérieures, en opposition à la matière placée à un niveau inférieur. Ce n’est pas là l’ordre de Création de l’Éternel-Dieu Créateur et Rédempteur.
Pour certains théologiens dans la tradition Thomiste et Arminienne, la Chute a affecté le corps de l’homme, mais son esprit et sa volonté ne sont pas atteints. Ainsi, contrairement à l’enseignement des Écritures, quelle que soit l’erreur qui se produit dans l’esprit, ce n’est qu’un produit du corps, de son influence corruptrice.
Ce point de vue est clairement hostile à l’Écriture; celle-ci nous enseigne que l’homme est une unité, totalement et entièrement créée par l’Éternel-Dieu. L’homme créé à l’image de Dieu, n’est pas un être double (ou triple), il y a unité dans l’être de l’homme. La différence n’est pas entre l’esprit et la matière, mais entre l’Être incréé de l’Éternel-Dieu et l’être créé l’homme: c’est la distinction entre Créateur et créature. Le problème de l’homme n’est donc pas la matière, son corps, (il n’y a pas de matérialisme réel) mais le problème est son péché, c’est-à-dire sa rébellion contre Dieu et Sa Loi (1 Jean 3: 4).[15]
A cause de l’influence de la pensée Grecque dans l’Église, il y a eu une dépréciation de l’histoire. Si c’est le règne de l’esprit (intelligence, volonté) de l’homme qui est fondamental, alors l’intérêt pour le monde de la matière représente un niveau inférieur et beaucoup moins spirituel, donc ayant peu de valeur. On peu alors l’exploiter sans vergogne.
Le mythe humaniste populaire, déclare que l’histoire commence avec les Grecs, et avec Hérodote. Or la vraie réalité est que l’Histoire commence avec la Bible dès le début, et plus tard en Israël. Les écrits historiques Grecs, sont dans leur essence anti-historiques: ils sont un embryon qui se développa avec Hegel qui imposa son idée sur l’histoire officielle.
L’idée ou les concepts* platoniciens n’appartiennent pas à l’histoire, pas plus que l’esprit appartient à la matière. Hérodote commence son Livre I, Clio, par ces mots: Voici les recherches d’Hérodote d’Halicarnasse, de manière que les actions de l’homme ne puissent être effacées par le temps.
Aujourd’hui plus que jamais, nous devons souligner que l’Histoire biblique nous montre que le monde et le temps sont de la Création de l’Éternel-Dieu, “très bonne” (Gn 1: 31). Le problème n’est pas le temps ou la matière, mais le péché qui altère l’être moral.
Le temps et l’Histoire, sont selon l’intention du Créateur le lieu dans lequel Son Alliance avec les hommes, leur permet d’exercer leur vocation, qui est de remplir la Terre et de l’assujettir (Gn 1: 28) selon le Mandat culturel. L’ordre et d’étendre le Royaume de Dieu dans tous les domaines de la vie et de la pensée. Le Christ a restauré les hommes dans leur appel. et donne la possibilité de travailler à la gloire du Créateur par le moyen de la Foi, dans l’obéissance à Sa Loi.
Très tôt l’Église devint comme le fils prodigue, préférant les mauvaises graines de la philosophie grecque, aux richesses de la maison du Père. Les implications de ce choix, tant au point de vue de l’esprit et du corps sont considérables pour l’étude et la compréhension de l’Écriture Sainte. La pensée platonicienne se trouve chez les “fondamentalistes” qui disent que la vraie signification de la Loi est spirituelle et allégorique. Cela est dans le même sens que l’interprétation de l’Ecclésiaste par Jérôme qui considérait que c’était une invitation à l’ascétisme et un manuel de choix pour le célibat. Pour lui la nourriture et la boisson était une référence au corps et au sang du Christ. C’est là une vision allégorique qui tord le sens littéral du texte, qui est considéré comme disant autre chose que ce qu’il dit. Il en est de même des interprétations fantaisistes de la Genèse.
Le monde matériel, aussi créé par l’Éternel, certes affecté par le péché, est ainsi déprécié: un tel point de vue concernant l’Écriture Sainte prolifère toujours, et sert de justification aux prises de position les plus hétérodoxes, comme la méconnaissance du Ministère de la Parole soumis aux pires distorsions. On en arrive ainsi a ne plus trouver de sens, ou à le limiter le sens au règne terrestre. Le vrai sens est déplacé au profit d’une “haute signification” attribuée à un règne spirituel allégorique, ou à des typologies complètement contournées. Alors l’Ancien Testament est considéré comme une révélation inférieure, de caractère matérialiste; la Loi de Dieu est ignorée; le Nouveau Testament étant supposé donner une voie spirituelle supérieure. Nommément nous n’aurions plus qu’une loi d’amour, dans la foi remplie du Saint Esprit, que certains veulent asservir, dans le sens antinomien.
Le Concile de Vatican II confirma l’infaillibilité du Pape, mais l’inerrance de l’Écriture fut limitée à ce qui concerne notre salut; une bonne part des “post-évangéliques” s’engouffrât sur cette voie. Ce qui une fois encore permet les interprétations les plus fantaisistes des trois premiers chapitres de la Genèse et par la même l’édulcoration du péché originel, sinon son évacuation! Le compte-rendu de la Création par le seul témoin, l’Éternel-Dieu Créateur est alors relégué dans le domaine du mythe ou des fables
Aristote (384-322)[16], a été un étudiant de Platon; il était d'accord avec son maître que les essences universelles sont l'objet premier de la connaissance. Dans sa Métaphysique Aristote, fait remarquer que les formes selon Platon ne donnent pas de solution, ni aux changements dans l'univers des phénomènes, qui est le problème du devenir, ni au problème propre à la connaissance. Platon ne postulait que des entités dans un autre monde transcendant au monde présent.
Aristote développa sa doctrine de la substance de façon à conserver la forme dans le changement.
La "réalité du réel", selon Aristote est contenu dans les choses de l'univers, et non pas dans quelque domaine transcendant. Il substitua le terme de substance à la forme de Platon pour expliquer ce qui est le plus réel. Cependant pour Aristote comme pour Platon, c'est bien la forme qui est l'essence des choses, de ce que l'on peut connaître.
Chez Aristote, l'être et la substance sont associés avec ce qui est permanent, ou qui persiste dans le changement. Nous connaissons donc la forme, et l'essence des choses en étudiant les choses particulières par utilisation de l'expérience et de la raison. Son principe de base est que l'universel (idée, forme essence) n'existe seulement que de façon particulière, et jamais autrement. Les idées, les formes, ou l'essence n'existent que dans des choses concrètes.
Dans toutes les substances, animées ou inanimées, la forme n'existe pas en dehors de la matière; la matière n'existe pas sans forme. Ainsi, connaître un objet, implique à la fois la perception par nos sens et une perception intelligente, par la raison. Dans le cas des êtres vivants, en plus de la matière des organismes, nous devons distinguer une âme, sans laquelle il n'y aurait pas de vie. L'âme est un être vivant (une entéléchie, ce qui a un but en soi), ce qui rend réel ce qui est potentiel dans un organisme. Aristote suppose divers types d'âmes (par exemple, végétatives, animales et rationnelles) essentielles pour la vie. Aristote est donc vitaliste[17], pour lui, les organismes ont une forme interne (entéléchie) qui rend compte de leur vie et ne peut être expliquée par leurs propriétés matérielles.
Le métaphysicien Aristote, soutient que les premiers cosmologistes, ne faisaient pas de distinction entre les nombreuses causes, que l'on rencontre dans l'expérimentation, par le moyen des sens. Il étudia les causes et les substances considérées en elles-mêmes, sans aucune attache à un événement particulier, ou à un objet, de façon à connaître et comprendre ce qu'est un être en soi.
Ainsi, il pensait que les cosmologistes qui l'avaient précédé n'avaient pas distingué entre les causes relatives aux choses qui existent, et des choses qui apparaissent, ou des choses qui disparaissent. C'est ainsi qu'Aristote fut amené à développer sa doctrine des quatre causes.
Les quatre types de causes chez Aristote
Lorsqu'on parle de "cause", aujourd'hui, on désigne un phénomène qui produit un effet (la chaleur est la cause de l'évaporation de l'eau). Aristote a une théorie plus complexe, les premiers cosmologistes discutaient du changement par la relation des paires d'opposés, Aristote ne rejetait pas ces explications mais les compléta; par exemple, l'eau (une matière) et chaude ou froide, sous l'effet de deux opposés, le résultat de l'un étant la forme (l'eau chaude), et de l'autre la privation (l'eau froide). Mais il proposa (dans sa Métaphysique) en plus deux types de causes: la cause efficiente et la cause finale.
Aristote répondait ainsi à des questions que se pose l'intelligence: Qu'est ceci? Cause formelle; par exemple dans le cas d'une sculpture, le fait qu'elle existe est la cause formelle. De quoi la sculpture est-elle faite? Elle est faite de marbre est la cause matérielle. La Cause efficiente répond à la question: Qui l'a faite? Le sculpteur. La Cause finale (le sculpteur l'a faite pour gagner sa vie) répond à la question pourquoi a-t-elle été faite?
D'après Aristote, ces quatre causes s'appliquent à tout ce qui existe déjà, mais aussi à ce qui doit advenir, à tous les changements qui surviennent dans le monde des phénomènes. Pour comprendre le changement de ce qui est, à tout nouvel événement, ou à toute nouvelle circonstance dans l'univers, de façon correcte, nous devons analyser l'action de ces quatre causes. Bien que les quatre soient logiquement distinctes, en fait, on ne peut pas toujours les distinguer. Aristote met en valeur la cause finale, parce qu'il considérait le but comme l'explication la plus profonde des choses.
Si quelque chose est pure matière, cette chose ne peut être décrite, et ne pourrait être distinguée, ni vue. Si quelque chose était pure forme, ce ne serait qu'un concept qui n'existe que dans l'esprit d'un penseur.
Le Moteur non mû
C'est ainsi que pour Aristote, Dieu est une pensée qui se pense, Acte pur, la Cause des causes, le premier Moteur, le Moteur non mû auquel il faut s'arrêter lorsqu'on remonte dans la série des causes, puisque toutes sont à la fois causées et causantes. Pour Aristote, le Moteur non mû, qu'il considérait hors du monde des choses matérielles, comme cause finale de toutes choses, est du domaine de la pensée pure, c'est un concept humain.
Mais alors, comme le fait remarquer Jean Brun[18]: Le finalisme qui préside à la constitution de la nature aristotélicienne est un finalisme de l'organisation qui veut nous montrer que la Nature ne fait rien en vain. En comparaison, Platon conçoit le monde comme une histoire, Aristote le conçoit comme un système.
La causalité selon l'Écriture Sainte[19]
Certes les Grecs avaient une notion de la causalité. Le concept grec de causalité était fortement tributaire de leur croyance à la potentialité de ce qui existe comme possibilité en puissance. Tout ce qui était nouveau était plein de potentialité ainsi tout était possible.
Mais en Actes 17: 21 nous lisons: Or tous les Athéniens, aussi bien que les étrangers qui séjournaient à Athènes, étaient occupés uniquement à colporter ou à écouter les nouvelles. Les nouvelles étaient très importantes pour ces philosophes, enseignants ou étudiants. Pour eux, le prochain événement était peut-être un éclair dans le domaine du possible.
Comme Van TIL note:
Ils croyaient en "l'univers mystérieux"; ils voulaient de ce fait laisser une porte ouverte pour "l'inconnu". Mais cet "inconnu devait être totalement inconnaissable et indéterminé.[20]
Dans la philosophie des Grecs, il n'y avait pas d'univers bien défini, parce qu'ils ne croyaient pas en Dieu absolu, souverain et qui prédestine. Ainsi leur idée de causalité considérait une connexion entre des phénomènes proches, mais ils niaient toute Personne souveraine, tout plan et dessein créateur qui déterminait les événements.
Ce n'est que beaucoup plus tard, sous l'influence de l'enseignement Chrétien et de la scolarisation que l'idée de lois naturelles physiques se développa. Ce concept de lois maintenait qu'en physique, chimie, biologie ou dans tout autre domaine d'étude, certains modèles de liaison entre les parties, montraient qu'une loi bien déterminée pouvait décrire cette situation. Cela présupposait Un univers, et non pas un ensemble d'univers. Un univers unique créé et gouverné par des lois fixes et prédéterminées. Par contre chez les Grecs, il n'y avait rien de fixe, ni de stable.
Tout au long des siècles la causalité a beaucoup intéressé les philosophes et les scientifiques, qui l'ont vu comme essentielle à la connaissance et à la compréhension des choses. Les tentatives pour comprendre la causalité souffre de deux sérieux défauts. En effet, ces tentatives sont d'une part simplistes, et d'autre part matérialistes; mais les deux sont largement interconnectées.
L'analyse classique de la causalité résume ces deux erreurs. La Cause et l'effet sont regardés dans les termes d'une boule de billard qui reçoit une impulsion sur la table et frappe ensuite une autre boule et la met ainsi en mouvement, nous avons là une cause et un effet.
Mais il y a aussi une diminution d'énergie de la première boule, car elle en a cédé une fraction à la seconde et peut être à plusieurs autres, ainsi sa vitesse décroît. Cet exemple simple était très prisé au siècle des Lumières, car il "expliquait" de façon simple la causalité de façon matérialiste.
Après, le temps passant, ce modèle fut considéré en défaut à cause de sa simplicité. Le monde que nous voyons ne nous montre pas un modèle aussi simple de cause à effet; au lieu d'une simple cause pour un effet, nous avons une multiplicité de causes qui convergent pour produire un effet, ou une multiplicité d'effets indistincts. La multiplicité de nos gènes est un vaste réseau qui converge pour produire notre personne. Les conséquences de ce fait est que le rapport de causalité a été court-circuité par les philosophes et les scientifiques. Et il faut bien ajouter aussi, par beaucoup d'historiens imprégnés de la philosophie gramsciste;
Bien plus, puisque la seule place qui est attribuée à Dieu dans le déroulement de la causalité est la Première cause, la causalité est essentiellement sans Dieu, en des termes non-théistes. Ainsi Dieu est considéré comme un concept limite, fournissant nécessairement le point de départ. Lorsque le problème de la causalité fut abandonné, le concept de Dieu fut aussi abandonné par les philosophes et les scientifiques modernes.
Mais la Bible nous dit que Dieu a un but pour sa Création et qu'Il est toujours actif dans la totalité de l'univers. Le déisme avec son dieu absent est lié à cet ancien concept de causalité. Dès que la cause première a lancé la boule de billard, toutes choses procèdent en termes de perte d'énergie dans un univers en déclin, sans Dieu.
La Bible nous donne un point de vue totalement différent de la causalité. Les chapitres 26 du Lévitique et 28 du Deutéronome nous disent que le déclin n'est pas un fait naturel, mais un fait moral et que le renouveau est le résultat de l'obéissance à l'Alliance de Dieu. En réalité, cette fidélité conduit aussi à la régénération de la terre par la puissance de l'Éternel qui affirme: Je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre… Mes élus bâtiront des maisons et ils les habiteront: ils planteront des vignes… on ne commettra plus aucun mal, aucun acte de violence, sur toute ma montagne sainte, a dit l'Éternel (Ésaïe 65 17-25).
Ainsi la Bible nous montre que cette action de Dieu rend impossible ce qui est proposé par la science naturaliste. C'est là une prémisse fondamentale de l'Écriture sainte. Selon la Bible, la causalité est un fait allianciel et eschatologique. Le but de Dieu existe de toute éternité: telle est la prédestination. Telle est la divine causalité. Ainsi pour nous, toute "solution" au problème de la causalité reste un mystère. Le point de vue matérialiste de la causalité nous laisse avec un monde impersonnel atomisé de boules de billard.
Parce que la doctrine biblique de la causalité est niée[21], nous sommes enclins à accepter une fausse eschatologie et l'Église est devenue impotente. Et affirmer l'Écriture sans la doctrine biblique de la causalité conduit en fait à nier l'Écriture.
Principe de Causalité[22] restreint en Physique: Hypothèse suivant laquelle un ensemble de conditions parfaitement connues est toujours suivi des mêmes effets. La notion vague de relation entre causes et effets prend une forme précise en Physique classique: si une loi s'exprime par une équation différentielle et si l'on connaît les conditions initiales, l'état du système est déterminé ultérieurement, à un certain degré de précision.
Dans l'étude des systèmes physiques qui donnent une réponse S à une excitation E, le principe de causalité indique que, le temps t étant pris comme variable indépendante, S(t) ne peut dépendre de E(t') que pour t = t'.En Relativité, il ne peut y avoir de relation causale entre deux phénomènes que si l'intervalle d'univers qui les sépare est réel.
En Physique quantique, la fonction d'état ψ obéit a une équation différentielle, mais les grandeurs physiques déterminables à un instant donné ne suffisent pas à définir complètement la valeur initiale de ψ, ce qui retire son sens à la causalité stricte.
Matière et forme: Hylémorphisme (hylé = matière; morphé = forme).
Matière et Forme ne sont pas des réalités concrètes, ce ne sont pas des choses mais des principes métaphysiques, inséparables dans la réalité (sauf pour l'âme humaine, séparables du corps à la mort). Chez Aristote, les êtres humains sont des substances, chaque individu est vivant par son âme, qui est la Forme du corps qui lui est Matière[23].
Aristote s'oppose donc à Platon qui voyait dans les Idées des réalités séparées, accessibles à l'intelligence. La théorie des Idées de Platon est ce qu'on appelle le Réalisme qui soutient que l'idée est une réalité existant en elle-même. Chez Aristote c'est le Conceptualisme, qui soutient qu'à partir de l'expérience sensible, l'esprit forme des concepts, qui correspondent à une connaissance intellectuelle des choses, qui exprime leur nature, ou essence.
Aristote fut un observateur minutieux des minéraux, des végétaux et des animaux; il a étudié les modes de locomotion, d'alimentation, de reproduction des divers êtres vivants connus de lui. Pour lui, le monde ressemble à une armée, car il est organisé selon un ordre, et ce n'est pas le Général qui existe en fonction de l'ordre, mais bien l'ordre qui existe en fonction du Général qui commande. Toutes ces observations sont au point de départ de l'histoire naturelle dans laquelle les différents êtres de la nature sont répartis dans des classes, des ordres, des familles, des genres ou des espèces, à partir de considérations sur leurs ressemblances ou leurs différences.
Aristote conçoit la Nature comme un grand organisme où règnent des forces assurant la croissance des vivants et le mouvement des corps. La "physique" d'Aristote est essentiellement qualitative, elle classe les individus pour mieux connaître leurs caractéristiques et considère qu'il n'y a pas de changement d'un genre dans un autre. Il précise qu'il n'y de science que du général, et d'existence que du particulier; les genres et les espèces n'existent pas par eux-mêmes, le Cheval en général n'existe pas, seuls existent des individus et il n'y a pas deux chevaux qui se ressemblent. Chaque individu constitue un composé d'une matière et d'une forme. Par elle-même la matière est informe, en puissance toutes les formes peuvent lui être données.
L'union de la matière, qui est puissance, et de la forme, qui est acte, constitue le point de départ de la théorie aristotélicienne de la causalité. Nous avons explicité les quatre sortes de causes ci-dessus. Soulignons encore que, pour Aristote, la cause efficiente est la cause essentielle.
Pour le finalisme aristotélicien, expliquer un phénomène revient à répondre à la question Pourquoi? Pourquoi les corps lourds tombent-ils? C'est pour rejoindre leur milieu naturel qui est le bas; les corps légers comme une flamme, montent pour rejoindre leur lieu naturel qui est le haut.
Il existe un bas et un haut en soi, parce que le Cosmos est un grand vivant qui, comme notre propre organisme, est orienté. Tous les corps possèdent ainsi un lieu naturel, d'où ils ne sont arrachés que pour y retourner: ce mouvement de retour constitue le passage de la puissance à l'acte.
Descartes dénoncera le finalisme aristotélicien et lui substituera un mécanisme faisant appel à la notion de choc et à celle de figure géométrique, pour lui le mouvement n'est pas un passage de la puissance à l'acte mais le déplacement d'un lieu à un autre. On a pu dire que la science moderne était née le jour où l'on avait cessé de se demander pourquoi les corps lourds tombaient et répondre avec Galilée: selon la loi: e = ½gt2. [24]
Il faut bien noter que la vision grecque du monde, comme celle d'Aristote, est incompatible avec l'établissement d'une loi physique fondée sur des mesures effectuées avec des appareils, suivies par des calculs basés sur des abstractions mathématiques. Chez Aristote, la Nature est constituée d'un ensemble de forces de croissance, qui fonctionnent selon des fonctions vitales organisées en vue de l'harmonie des individus, qui sont soumis au devenir[25]. La Nature est supposée ne rien faire en vain.
La philosophie d'Aristote a exercé une influence durable sur le monde occidental. Certains théologiens ont pensé trouver dans cette philosophie, un art de penser, compatible pour proclamer l'Évangile et présenter une vision du monde, capable de faire comprendre aux hommes que la nature était une langue que Dieu parlait aux hommes[26]. Notons aussi que les travaux d'Aristote sur les animaux ont inspiré bien des traités d'histoire naturelle dans les siècles passés.
Le Cosmos vu par Aristote[27]
Le cosmos ou partie visible de l'univers semble divisé en deux régions. La région terrestre, la Terre et son atmosphère, qui change constamment. La région au-dessus de l'atmosphère où flottent les nuages est la région céleste, où le Soleil, les étoiles se meuvent en procession. Aristote enseignait que ces objets célestes n'étaient pas sujets au changement, ni à la destruction, car ils sont éternels ( pour lui, il n'y a pas eu de création). Comme la Lune présente un mouvement et change de phase, la frontière entre les deux régions était considérée comme proche de l'orbite de la Lune.
Aristote acceptait l'idée d'Empédocle: toutes choses dans la région terrestre étaient composées de quatre éléments. L'observation montre qu'ils tendent à s'arranger naturellement eux-mêmes selon leur densité, avec la terre en bas, l'eau au-dessus de la terre et l'air au-dessus de l'eau et le feux au-dessus de l'air. Comme nous l'avons dit ci-dessus, Aristote observait que les objets dans la région terrestre se mouvaient vers leurs propres nivaux et qu'ils n'avaient pas d'inclination à se mouvoir, et qu'ainsi ils restaient au repos.
Comme les pierres tombent à travers l'air et l'eau, leur place est donc au plus bas, il en déduisait que le niveau le plus bas dans la sphère terrestre[28] était au centre de celle-ci, et que rien ne pouvait en sortir. En conséquence la Terre elle-même ne pouvait qu'être stationnaire parce que les éléments dont elle est constituée, étaient à leur place naturelle et n'avaient donc aucune inclination à se mouvoir. La doctrine Aristotélicienne de l'immobilité de la Terre basée sur le raisonnement ci-dessus, persistât même chez les docteurs de l'Église jusqu'au XVIe siècle.
Mais les objets brillants dans la région céleste, sont tellement réguliers dans leur mouvement, que la localisation de leur place peut être prédite à l'avance, et de ce fait ils sont en mouvement régulier dans les cieux.
Au-dessus de la Terre et au-delà de la Lune, Aristote enseignait que tous les objets célestes étaient composés d'un élément noble: l'éther. D'après lui, il y avait neuf sphères transparentes, concentriques avec la Terre et presque sans poids. Chacune étant mue par une intelligence.
Le Moteur non mu, n'est pas une cause efficiente poussant le monde, mais une cause finale dirigeant le cosmos dans son état réel. Il est pure réalité, faisant mouvoir les corps célestes en tant que cause finale, à travers son attraction, comme un but désirable. Mais ce n'est pas le Dieu qui s'est révélé Lui-même à l'humanité dans l'histoire proclamée par les prophètes d'Israël.
Le Moteur non mu n'est pas le Créateur qui soutient toutes choses, mais simplement la plus haute intelligence, que toutes les autres intelligences dans l'univers admirent et cherchent à imiter, autant que leur propre nature le permet. Le dieu d'Aristote est nécessairement la conséquence logique de sa conception du cosmos.
La cosmologie d'Aristote a dominé pendant presque deux mille ans, basée sur la supposition que l'homme autonome (qui établit ses propres lois) peut connaître la réalité par son expérience et sa raison. Selon Aristote, l'homme peut utiliser sa raison pour examiner le particulier de façon à connaître l'universel.
Pour Aristote, aussi bien que pour les anciens cosmologistes Grecs, la Révélation divine était considérée non nécessaire pour fournir une vraie compréhension de la réalité, parce qu'avec le Sophiste (philosophe) Protagoras soutenait que l'homme est la mesure de toutes choses.
La philosophie d'Aristote était dominée par la non nécessité d'un dessein. Un dessein inhérent à la structure de l'univers qui n'est pas donnée par le Créateur tout puissant qui révèle Sa volonté et Son amour aux hommes Ses créatures.
Le motif Grec de la Forme-Matière[29]
Avec Van TIL, il faut noter que le rationalisme et l'empirisme étaient dominés par le motif central de la philosophie Grecque jusqu'à l'arrivée de Kant. La situation de la philosophie peut être considérée ainsi:
-Toute réalité est Une
-Toutes les différenciations de l'espace-temps émanent de l'unité de la
réalité
-Tout l'aspect positif de l'espace-temps est réabsorbé dans l'Un
Comme tous les autres hommes, les Grecs étaient descendants d'Adam et de ce fait ont rompu l'alliance de leur Créateur. De façon enracinée dans leur cœur, ensemble avec tous les hommes, ils savaient qu'ils étaient des créatures de l'Éternel Dieu. L'Apôtre Paul dit que tous les hommes connaissent Dieu en un certain sens (Rom 1:19; 2: 14-15). Mais à la suite d'Adam ils cherchent à supprimer cette connaissance de Dieu dans leur cœur.
Ils arrivent ainsi à l'idée que l'esprit de l'homme n'est pas créé à l'image de Dieu, mais est une loi en lui-même et que les lois de l'univers, les lois de la logique et les lois de la nature, ne sont pas ordonnées par Dieu le Créateur, mais qu'elles existent en elles-mêmes, telle est la supposition sous-jacente à la philosophie grecque.
Jean Brun[30] nous dit que le Transhistorique nous parle de la Genèse, bien antérieure aux cosmogonies ioniennes et aux philosophies grecques. Sur ce Transhistorique, la Genèse nous offre une Lumière... nous invite à réfléchir, tout d’abord sur ce perpétuel effort de l’homme pour demander à la connaissance de faire de lui un dieu. Lorsque le Serpent affirme: “Vous serez comme des dieux”, il formule une promesse et une prévision exaltante que l’homme s’efforcera de réaliser au cours des entreprises d’où naît la trame de son histoire. La réalisation d’un tel programme passe par la consommation des fruits de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, et non par celle des fruits de l’Arbre de Vie...
La philosophie grecque gravite autour de cette idée fondamentale qu’une connaissance de plus en plus élevée peut permettre à l’homme de contempler la Vérité et de s’identifier à Dieu, ne serait-ce que pour un court instant. C’est là ce qu’affirmeront Platon, Aristote et Plotin... Ce qui pouvait passer chez les Grecs pour une démarche initiatique débouchant sur des philosophies de la contemplation, s’infléchira dans les temps modernes selon deux directions parallèles. Tout d’abord, une autodivinisation de l’homme par le savoir et le pouvoir, célébrant le prométhéisme vainqueur de tous les obstacles naturels, fera de l’homme le roi du monde capable de construire une hypernature grâce aux ressources de sa science et de ses techniques.. Ce prométhéisme au nom duquel l’homme se proclame pilote du temps et ingénieur de l’Histoire.
D’où l’affirmation célèbre de Feuerbach: “Il n’y a pas d’autre dieu pour l’homme que l’homme lui-même” et la religion positiviste d’Auguste Comte érigeant l’Humanité au rang de ce Grand Être auquel un culte est rendu... Le programme énoncé par le Serpent a donc été parfaitement rempli, car l’histoire de l’humanité est faite des efforts par lesquels l’homme a demandé aux fruits de l’Arbre de la Connaissance les pouvoirs nécessaires à sa divinisation.
Certains ont travaillé à faire grandir l’Arbre du Savoir, et les fruits que celui-ci nous a donnés s’appellent concepts et théories. Or, ce que désigne le concept est dénué de toute existence; l’Homme n’existe pas, ce qui existe véritablement ce sont des êtres de chair et de sang, dont pas deux ne se ressemblent. Les concepts ne se trouvent que dans les dictionnaires mais jamais dans la vie
Comme le dit C. van TIL[31], c'est Herman Dooyeweerd qui a montré que la philosophie grecque est gouvernée par le motif forme-matière. Et nous devons noter que cette philosophie imprègne toujours la pensée contemporaine, en particulier sous sa forme aristotélicienne.
Selon ce motif forme-matière, l'homme et le monde ne sont pas créés. Lorsque Thalès dit que Tout est eau, quand Anaximène dit que Tout est indéterminé, quand Parménide dit que Tout est immuablement Un, quand Héraclite dit que Tout est écoulement, ils supposent qu'ils peuvent intelligemment parler de l'Être en général, sans parler de la distinction Créateur/créature. Au même moment, ils supposent que le hasard, au lieu du plan de Dieu, est la source ultime de différenciation dans le monde de l'espace-temps. Pour les Grecs, il n'y a pas de révélation de Dieu le Créateur dans la "nature", pas plus qu'il y en a dans l'homme.
Ainsi les Grecs, se sont empêtrés dans un filet, constitué fondamentale-ment par une fausse problématique. Partant de l'intellect de l'homme, qui ne peut se fonder sur un principe éternel de rationalité, celui-ci cherche à retourner à son refuge éternel d'où il est venu, oubliant ainsi les difficultés de la vie du monde et de l'espace et du temps, dans lesquels il se considère emprisonné.
Telle est la version Platonicienne du motif Grec forme-matière modifiée par Aristote, mais pas formellement altéré. C'est bien le motif forme-matière de la relation des universaux[32] aux particuliers
La philosophie et la science des Grecs
La pensée occidentale honore beaucoup la pensée grecque dans l'histoire de la pensée humaine. Il est banal d'entendre que les Grecs, parmi d'autres choses, ont inventé la science et la philosophie. Les premiers "scientifiques" et philosophes vivaient pendant le sixième siècle avant notre ère[33], sur la côte est de l'Asie Mineure et dans les cités grecques du sud de l'Italie. Plus tard, pendant le cinquième[34] et le quatrième[35] siècle avant notre ère, le grand centre de pensée était Athènes.
Max Von Laue[36], nous donne de bonnes indications sur l’origine de la Physique, après avoir dit que l’histoire d’une science n’aborde pas les problèmes qui, aujourd’hui ne peuvent être considérés comme résolus. Il continue en disant: Nous ne remonterons pas non plus très loin dans le passé; certes on trouve déjà trace chez les Sumériens, les Babyloniens et les Égyptiens, de connaissances considérables sur quelques fragments isolés de la Physique. Mais elles semblent fortuites et ne pas résulter d’une pensée systématique. Seule une partie de la Mécanique, nous vient de l’Antiquité gréco-romaine.
Certes avant Thalès de Milet, les hommes étaient capables de pensée rationnelle. Mais pour certains philosophes actuels, selon la perspective positiviste d'Auguste Comte, avant cette époque, il ne leur semble pas que quelqu'un posa les questions précises en dehors desquelles les sciences et la philosophie puissent se développer. Des questions telles que: De quoi toutes les choses sont faites? D'où les choses proviennent-elles? Quel est leur changement et leur disparition? Y a-t-il des substances au-delà des apparences?
[1] LURÇA François, la science suicidaire Athènes sans Jérusalem, F-X de Guibert 1999, p. 9
[2] Univers (latin universum: le monde entier). L'ensemble de tout ce qui existe, dans le temps et l'espace. C'est un terme plus vaste que le monde qui ne désigne que le monde connu.
En général, par monde nous entendons l'ensemble des êtres et des choses qui nous environnent. Au sens biblique le mot recouvre à peu de choses près la définition profane. Le monde désigne la Terre avec son environnement des cieux et des êtres humains qui la peuplent.
Dans la Bible, le monde est toujours le monde de Dieu, l'ordre des choses qu'Il a créé, qu'Il possède et qu'Il maîtrise, malgré les efforts déployés par les créatures pour se soustraire à Son emprise. Il faut donc que nous apprenions à voir le monde non comme il apparaît au regard humain, mais de façon théocentrique, comme la Bible le présente, comme Dieu le voit. Les pensées de Dieu sur le monde donnent la mesure de ce qu'Il est réellement.
[3] HOFFECKER Andrew W. Building a Christian World View, Volume 2, P&R, 1988
[4] la Terre plate n'est donc pas une croyance du moyen Age, elle date des Égyptiens!
[5] RUTTEN Marguerite, La science des Chaldéens, Que sais-je? PUF, 1970
[6] nous utilisons cosmos et univers comme des synonymes
[7] Monisme Doctrine qui réduit toutes les choses à un seul principe: le matérialisme, l'idéalisme, le panthéisme…
[8] BREHIER E. op. cit. p. 37 à 42.
[9] DANIELSON D.R. éditeur, the book of the cosmos IMAGINING THE UNIVERSE FROM HERACLITUS TO HAWKING, PERSEUS Publishing, Cambridge MA, 2001
[10] BRUN Jean, Les présocratiques, Que sais-je? PUF, 5e édition, PUF, 1993
[11] HUTIN Serge, Dictionnaire des Religions, Presses Universitaires de France, 1954.
[12] DUMONT G.F. Le Festin de Kronos réalités et enjeux des évolutions socio-démographiques en Europe, Fleurus Essais, 1991, p. 24
[13] Voilà la civilisation des Grecs sous Platon: Athènes contre Jérusalem. Nos vraies racines ne sont pas grecques!
[14] GRIGORIEFF Vladimir, Philo de base, Marabout, 1983.
[15] RUSHDOONY R.J. Systematic Theology, Ross House Books, 1994, Vol 1, p.46.
[16] BRUN Jean L'Europe philosophe, Clefs de l'histoire, Stock, 1988
[17] Vitalisme. Théorie selon laquelle les phénomènes vivants seraient le résultat d'un principe vital distinct . Claude Bernard disait: Je serai d'accord avec les vitalistes s'ils voulaient reconnaître que les êtres vivants présentent des phénomènes qui ne se trouvent pas dans la nature brute, et qui par conséquent, leurs sont spéciaux. J'admets, en effet, que les manifestations vitales ne sauraient être élucidées par les seuls phénomènes physico-chimiques connus dans la matière brute. Claude Bernard préférait le concept d'idée directrice, il retrouvait ainsi le principe Aristotélicien d'âme. Chez Aristote l'âme est l'acte premier du corps vivant organisé, ce qui fait l'unité harmonique des fonctions qui font vivre le corps. En ce sens, les végétaux ont une âme.
Mais l'âme humaine étant intelligente, a donc une fonction indépendante du corps et elle a une unité qui lui est propre Thomas d'Aquin la considère comme la substance. Aujourd'hui les sciences posent toujours le problème mais n'ont pas de réponse.
[18] BRUN Jean, op. cit. p. 52
[19] RUSHDOONY Rousas John, Sytematic Theology, Ross House Books, 1994. P. 6
[20] Van TIL Cornelius, Paul at Athens, Prebyterian and reformed Publishing Company 1954, p.6
[21] Les deux négations les plus abusives et les plus désastreuses sont les spéculations des Big Bang et de l'évolution darwinienne ou néo-darwinienne. Il est incompréhensible que des chrétiens croient que selon le Big Bang, l'Éternel Dieu aurait mis quinze milliards (15.109) d'années pour créer l'univers, et 4,5.109 ans pour créer la Terre et quelques millions d'années pour arriver à l'homme, après de multiples essais et erreurs. Et qu'en même temps, ils croient au retour imminent de Christ alors qu'ils affirment, sans le dire, qu'Il serait venu des dizaines de milliers d'années après l'apparition du premier Homo sapiens. Il y a là une telle absurdité que personne ne croit plus leurs prédications!
[22] MATHIEU J.P., KASTLER A., FLEURY P., Dictionnaire de Physique, Masson Eyrolles, 1985
[23] l'essence du paganisme en cosmologie est de s'imaginer que l'univers physique n'a pas de créateur et qu'il se suffit. L'univers est l'Être et il n'y en a pas d'autre, telle est encore la situation présente;
[24] Jean Brun, op. cit. p. 54
[25] devenir: c'est un concept philosophique majeur. Chez Héraclite tout s'écoule, tout est en perpétuel changements (ce concept est repris par Hegel et Bergson). Chez les Grecs, c'est l'un des aspects essentiels des phénomènes naturels et humains, par opposition à l'Être; pour Platon ce sont les Idées. Dans ce monde naturel et humain, les êtres qui se meuvent ont en eux une participation de l'Être immuables, sinon ils ne seraient pas.
Dans la Bible, nous avons dans l'Évangile selon S. Jean, le verbe devenir (guenethaï) qui s'applique aux créatures, et s'oppose à être (eïnaï) qui ne concerne que Dieu; ainsi, le Christ Jésus affirme: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis (Jean 8: 58).
[26] Cette pensée est toujours à la base des apologétiques rationalistes et aux théories de la double révélation. Nous pouvons considérer cette philosophie comme l'une des causes des attaques multiples contre la Bible.
[27] HOFFECKER Vol 2 , p. 34
[28] Anaximandre aurait affirmé que la Terre était sphérique et située au centre du monde, mais sa vie ne nous est guère connue (Jean Brun, Les Présocratiques, Que sais-je? N° 1319, 1968.
[29] Van TIL Cornelius, The Reformed Pastor & Modern Thought. Presbyterian and Reformed Publishing Co, 1980, p.109
[30] BRUN Jean, L’Europe philosophe, 25 siècles de pensée occidentale, Clefs de l’Histoire, Stock, 1988.
[31] Van TIL C., The Reformed Pastor & Modern Thought, P&R, 1980, p; 110
[32] universaux: Termes les plus généraux dont on fait usage en logique. Ce sont le genre, l'espèce, la différence, le propre et l'accident. Aristote énumérait simplement quatre universaux (la définition, le genre, le propre et l'accident), à partir desquels on pouvait développer quatre sortes de propositions et de questions. Au Moyen Age, philosophes et théologiens se sont affrontés sur le problème des universaux. La question est la suivante: A quoi correspond un terme général comme "Cheval", que nous pouvons attribuer à différents sujets. Est-ce un simple mot? Est-ce une réalité qui existe en dehors de l'esprit ? Est-ce une réalité qui n'existe que dans un esprit? Qu'est-ce qui fait son universalité?
[33] N'oublions pas que c'est en - 605 que Nabucadnetsar envahit le Royaume de Juda et que c'est durant ce 6ème siècle que parlèrent les prophètes Nahum, Sophonie, Habakuk, et Jérémie.
[34] Le Temple fut détruit en - 587; ce fut le siècle de Abdias, Ézéchiel, Daniel, Aggée, la prise de Babylone par Cyrus, le retour de l'exil en -538 et la reconstruction du Temple de - 520 à -516. L'édit de Cyrus est de -538.
[35] C'est le siècle de Darius Ier 521-486 et de Darius II 423-404 et de Esdras et Néhémie et la reconstruction des murailles de Jérusalem. Et le dernier prophète Malachie.
[36] Von LAUE (Prix Nobel), Histoire de la Physique, Préface de M. de Broglie, traduit de l’Allemand par Henri Piatier, Éd. Lamare, 1953.