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La Bible attaquée en vain
3.10 Le Théisme évolutionniste est le rejet de la Genèse[1]
Remarque préliminaire[2]:
« Cependant, il nous faut prendre garde au fait que Dieu n’a pas créé le monde tel que nous le voyons aujourd’hui. La Création merveilleuse de Dieu a été abîmée par le péché, en sorte que le monde tel que nous le voyons est le résultat de l’action créatrice de Dieu, d’une part, et de l’action destructrice du péché, d’autre part.
« Tout ce qui ne peut pas être attribué à Dieu, dans le monde que nous voyons, doit être imputé au péché (Genèse 2: 17; Romains 5: 12; 6: 23; 1 Corinthiens 15: 56). Par exemple, la mort, qui est le salaire du péché, les espèces nuisibles, les parasites, les microbes, la lutte entre les animaux, etc. (Genèse 3: 17-18; Deutéronome 28: 15-62; Romains 8: 20-22 et 5: 12-17), sont le résultat de l’action destructrice du péché sur les créatures bonnes et parfaites à l’origine, et qui, à cause du péché, ont particulièrement dégénéré. »
Lorsque l’on a pris conscience de cette situation, les hypothèses et les commentaires et critiques, contre la Bible Parole de Dieu, montrent leur vanité et leur non sens.
Théisme (foi en l’existence de Dieu) et évolutionnisme[3] sont deux mots qui se contredisent, ils sont donc incompatibles l’un avec l’autre! En réalité, c’est une forme de déisme dont l’une des principales racines est la philosophie des Lumières XE "Lumières" [4]. Le terme Lumières, lorsqu’il est examiné du point de vue Chrétien, n’est que ténèbres. En effet l’homme Créature de Dieu, ne peut être illuminé que par la Lumière de la Révélation de Dieu, soutenue par le Saint Esprit qui ouvre les cœurs. Le rejet de cette Révélation, pour mettre à la place la raison des hommes, comme arbitre final de toutes choses, conduit à sombrer dans les ténèbres. En réalité il y a substitution: la créature prend la place du Créateur.
Nous avons déjà souligné qu’il faut bien réaliser ce qui est en jeu dès le premier verset de la Bible. On ne peut considérer Genèse 1: 1 à la légère. Les études grammaticales faites par des hébraïsants, tels E.J. Young et N.H. Ridderbos, selon l’analogie de l’Écriture (Lev 14: 46; 1 Sam 5: 9; 25: 15; Ps 16: 3; Es 29: 1) montrent que ce premier verset est une proposition indépendante.
Ce premier verset se présente donc comme une déclaration, sans réplique possible, nous informant de l’Acte créateur absolu. C’est la Création ex nihilo sans rien de matériel auparavant: Dieu est Esprit!
Lorsque quelqu’un considérant l’Univers, le ciel étoilé, se pose les questions: Qui a créé cela? Quelle en est l’origine? Quelle est mon origine? hors du premier verset de la Genèse, il n’y a pas de réponse. Nombreux sont ceux qui veulent sérieusement connaître l’origine des hommes, et presque personne ne leur dit la Vérité. Pourtant la réponse est simple: Dieu a créé les cieux et la terre.
Mais si la suite de la Genèse n’est pas considérée dans son sens concret, on tombe dans le déisme. Celui-ci est illustré par la pensée de Voltaire (1694-1778): la Création montre qu’il y a un Dieu, mais les attributs de celui-ci demeurent inconnaissables. Dieu est créateur de l’ordre naturel, mais n’intervient plus au sein de cet ordre. La Révélation de Dieu dans la Bible n’est pas acceptée: c’est un vieux livre écrit par des hommes avec les idées et les connaissance de leur temps.
Après arrive Emmanuel KANT (1724-1804), qui nous donne une définition classique de la philosophie des Lumières XE "Lumières" :
Qu’est-ce que les Lumières XE "Lumières" ? La sortie de l’homme de sa minorité, dont-il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, minorité dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans le défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir, dans la direction d’autrui. Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Les philosophes des Lumières XE "Lumières" se déterminent par l’usage de la raison, et en tant qu’individu, ils pensent de manière autonome, c’est-à-dire sans la Révélation de Dieu, seul Créateur et Recteur, de tout ce qui est, et de tout ce qui ce passe, sans Sa Loi. Leur attitude radicale est la valorisation de la capacité de la raison à trouver une solution rationnelle à toutes les questions. Les premières théories admettent un changement des espèces et ouvrent ainsi la voie à des énoncés généraux sur l’évolution.
L’Encyclopédie, parue de 1751 à 1780 en 28 volumes, est une des plus importantes armes publiques des Lumières XE "Lumières" . Diderot (1713-1784), philosophe éclectique et brillant écrivain, en fut à la fois éditeur et auteur. Après avoir été déiste, il versa dans une sorte de naturalisme panthéiste, prônant le retour à la nature, différent de Rousseau, mais précurseur du transformisme de Lamarck. Montesquieu (1689-1755) transposa l’esprit des Lumières dans l’ordre social et dans son fondement: le droit. Ce droit est le droit dit naturel, selon la nature des choses, d’où découle l’esprit des lois. La Loi de Dieu n’est absolument pas considérée. On arrive dans le cadre d’une société sans Dieu: c’est le Christianisme et la Civilisation judéo-chrétienne qui sont attaqués de front.
Nous pouvons ainsi voir comment, cette nouvelle façon de penser, sans Dieu, a saisi notre société. Cuvier (1744-1832) estimait que la paléontologie prouvait la thèse selon laquelle, à la suite de catastrophes, les êtres vivants ont été recréés d’une manière plus parfaite. Et Lamarck (1774-1829) suppose, chez les organismes, un instinct de perfectionnement qui tend vers des structures toujours de plus en plus complexes. Le moteur de cette évolution, selon Lamarck consiste dans l’adaptation aux besoins, adaptation transmise héréditairement: c’est l’hérédité de l’acquis.
L’exemple type cité est le cou de la girafe: les girafes avaient à l’origine un coup plus court, mais étaient contrainte de le tendre en permanence pour atteindre les feuilles des arbres plus hauts. Cet exercice a conduit à l’allongement du coup, cet allongement était supposé être héréditaire[5]. Le comportement est supposé déterminer la structure, et l’utilisation répétée produirait l’organe.
Le détonateur arrive avec Darwin (1809-1882) et son ouvrage La Constitution des espèces au moyen de la sélection naturelle (1859). Avec le temps on est passé du darwinisme au néo-darwinisme, pour plus de détails voir le Chapitre 8.
Mais ce qui est le plus affligeant[6], c’est que les commentateurs de la Bible, se sont hâtés d’accommoder leurs exégèses à la dernière « vulgarisation des sciences naturelles », dans l’espoir d’intéresser les érudits. C’est ainsi qu’ils ont maltraité des passages fondamentaux de la Bible: Genèse 1, Genèse 2-3, et Genèse 6-8. Mais c’est là une apologétique rationaliste défectueuse, comme nous l’explicitons au Chapitre 5
3.10.1 Les interprétations contraires à l’analogie de la Foi, les interprétations littéraires et figuratives: symboliques, poétiques ou allégoriques, hors contexte.
La Bible s’interprète selon la Bible: selon la grammaire et l’Histoire Sainte! Il faut distinguer le sens concret d’un mot - avant tout dans l’original Hébreu et ses racines - de son sens figuré. Et pour cela, savoir l’Hébreu biblique, ce qui est le cas de peu de personnes; il faut reconnaître aussi l’origine Hébraïque du Nouveau Testament. C’est le rôle des traducteurs de la Bible[7].
En ce qui concerne la Genèse, les genres « d’interprétations figuratives », symboliques, allégoriques, ou poétiques, au sens actuel du terme, doivent être rejetés - s’ils ne sont pas clairement définis antérieurement dans le texte - pour les raisons suivantes, qui montrent le caractère plus que fallacieux de ces interprétations littéraires modernes, sans l’illumination du Saint Esprit.
Comme nous l’avons déjà dit, quand on parle de symbole, il faut préciser quel en est le sens et ce que ce terme soutient. J-Cl Piguet[8] nous dit que Le Symbole est la réalité présente renvoyant par analogie à une réalité absente, et que la signification, ou le sens d’un signe, c’est la manière dont ce signe renvoie aux réalités qu’il désigne. Lorsque cette manière est analogique, le signe est dit symbole. C’est ainsi que en Genèse 9: 17, l’arc-en-ciel, est le signe du pacte que Dieu a levé entre Lui et toute chair qui est sur la terre; l’arc est le symbole de son Amour et de Sa fidélité. Il y a beaucoup de symboles dans l’Apocalypse, qui ont une signification spirituelle. Pour plus des détails on peut se reporter au Dictionnaire des Symboles distribué par Evangelical Press[9].
D’autre part, Littré dans son dictionnaire nous dit qu’on appelait symbole, chez les Grecs, les paroles, les signes auxquels les initiés aux mystères de Cérès, de Cybèle et de Mythra se reconnaissaient. Et que Voltaire disait que c’était une Figure ou image employée comme signe d’une chose. Par exemple la balance est le signe de la justice.
1- Les écrivains du Nouveau Testament, inspirés par le Saint Esprit, et Jésus le Christ Lui-même, ont accepté la Genèse comme histoire littérale réelle.
2- Il est de la plus grande arrogance pour les érudits modernes de vouloir corriger et contester le Christ co-Créateur.; cette attitude a un caractère offensant et blasphématoire. Ils prétendent savoir ce que Dieu a fait. La réponse de l’Éternel se trouve en Job 38: 2ss: Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence?... Où étais-tu quand je fondais la terre? Dis-le si tu as de intelligence...
3- Il n’y a pas d’allégories dans le livre de la Genèse. Les songes de Joseph représentent des événements réels (Genèse 37: 5-11; 42: 9), comme le montre la suite de sa vie.
4- Comme nous l’avons déjà dit, certains exégètes prennent comme base Gal 4: 24, où l’Apôtre Paul parle de Hagar et Sarah, et dit que c’est une allégorie « car ces femmes sont deux alliances ». Mais en réalité l’Apôtre Paul illustre ainsi le principe éternel d’Alliance par lequel Dieu traite avec les hommes et choisit Son peuple. Il fait une application allégorique et non pas une interprétation allégorique: Abraham, Isaac, Sarah et Hagar sont des personnes historiques réelles, comme le montre le contexte.
5- Remarque D’autre part nous devons dire que les objections scientifiques, n’ont aucune valeur. Pour la raison simple que le domaine d’investigation de la science est le domaine du monde physique, et plus particulièrement le domaine où des expériences peuvent être faites et reproduites. Les domaines de l’éthique ou de la métaphysique sont hors des investigations scientifiques, bien plus encore, la Révélation des Origines est hors de la portée des sciences.
3.10.2 La dérive des évangéliques: les néo-évangéliques et les post-évangéliques
- Qu’est-ce qu’un évangélique? [10] [11]
Telle est la vraie question posée par D.M. Lloyd-Jones. En effet le terme évangélique correspond à des réalités différentes, dans le monde protestant, selon les époques et selon les lieux. A l’origine au XVIème siècle, les termes protestants[12] et évangéliques étaient synonymes; mais aujourd’hui les deux termes sont bien dévalués.
C’est la Confession d’Augsbourg (luthérienne), qui a fournit la preuve que les Évangéliques ou les Protestants, comme on les appelait depuis qu’ils avaient quitté la Diète de Spire en 1529, étaient fidèles à l’Écriture Sainte, comme l’Église ancienne, et que c’était à tort que leurs adversaires les taxaient de novateurs. Tel était le fondement de l’Église Évangélique luthérienne.
Dans le dictionnaire de l’Église chrétienne[13] Carl F. Henry défini le terme Evangelical de la façon suivante: le terme signifie appartenir à l’Évangile (tel qu’il est exposé dans les quatre Évangiles) ou conformément à la doctrine fondamentale de l’Évangile exposée dans tout le Nouveau Testament. Par extension, ce terme indique quelqu’un qui croit à la Bonne Nouvelle, qu’est l’Évangile, la Rédemption par la grâce de Dieu en Jésus Christ. L’Apôtre Paul en donne un sommaire en 1 Cor 15: 1-4...
...Les Chrétiens Évangélique affirment les doctrines fondamentales de l’Évangile, y compris l’incarnation et la naissance virginale de Christ, Sa vie sans péchés; Son expiation à notre place, Sa résurrection corporelle comme fondement du pardon de nos péchés par Dieu, la justification par la seule foi, et la régénération spirituelle de tous ceux qui se confient en l’œuvre de Rédemption de Jésus Christ.
Tout cela est très bien et vrai, mais, hélas! c’est incomplet. Il n’y a aucune référence à la doctrine de la Création ni à la Chute. Il en fut de même avec le fondamentalisme[14] dont les protagonistes affirmaient, de façon répétée, qu’ils étaient seulement concernés par la préservation des affirmations centrales de la foi Chrétienne, contre le modernisme théologique. Cette position s’affirma par la publication de 1910 à 1915 de petits livres, The Fundamentals, contenant des articles et des essais qui défendaient les vérités fondamentales de la foi Chrétienne
Ce ne fut qu’en 1923 que la Baptist Bible Union, prit position contre l’évolutionnisme. Certains auteurs des Fundamentals essayaient d’accommoder leur théologie avec le darwinisme. Les prebytériens R.L Dabney, les Hodges, J. G. Machen... rejetaient l’évolutionnisme sous toutes ses formes. En France, malgré les conséquences de la révocation de l’Édit de Nantes, nous avons eu Auguste Lecerf qui refusait l’évolutionnisme, c’est pour cela qu’il ne fut pas accepté dans l’Union des Églises Réformées Évangéliques[15].
En 1950 un nombre important d’entre eux, afin d’être intellectuellement respectables[16], sous l’influence de Harold John Okenga se dirent new evangelical, ils gardaient les points dits fondamentaux, desquels la doctrine biblique de la Création était exclue. A la suite, au cours des années 50, cette perspective se développa, avec Carl F.H. Henry, Edward John Carnell, dans le périodique Christianity Today et The Billy Graham Evangelistic Association.
Ainsi, il faut bien remarquer qu’un très grand nombre d’Églises se sont laissées influencer par l’évolutionnisme, qui les a entraînées a la dérive, dans l’air du temps et l’académiquement correct. Elle se sont écartées de la Bible, en premier lieu par rapport à l’Ancien Testament. C’est l’Ancien Testament qui a été l’objet des critiques les plus dures et les plus infondées, mais aussi celui-ci a été délaissé par les « évangéliques » qui donnent souvent peu d’importance à l’ancienne Alliance.
La meilleure analyse de ce qui c’est passé, nous est donnée par Nigel de Cameron, dans le chapitre 6 de son livre[17] Evolution and the autority of the Bible. Dans beaucoup de domaines, les chrétiens évangéliques ont soutenu les enseignements de la Bible et refusé d’entrer dans le consensus des « libéraux » sociniens ou autres, qui cherchaient à accommoder la Bible à la pensée unique de leur temps.
Une autre approche, très en vogue chez les évangéliques, soutient que les premiers chapitres de la Genèse sont un récit historique simplifié de la Création et de l’histoire des premiers âges de la terre, qui ne contredit aucunement l’évolution. Or nous avons bien vu que si l’homme est apparu par évolution, il n’y a pas de Chute , que dans cette approche la mort est antérieure au péché, qu’il n’y a donc pas de péché originel et que le Christ est mort comme un martyr sur la croix, Il ne serait pas alors mort pour nos péchés et notre justification. Cette approche est la recherche de la respectabilité académique.
Nous devons nous souvenir, dans toutes nos pensées et tous nos raisonnements, que la Bible nous enseigne que « toute Écriture est inspirée de Dieu » (2 Tim 5: 18), il s’agit de l’Ancien et du Nouveau Testament. En conséquence, les chapitres 1 à 11 de la Genèse, étant écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit, l’Éternel Dieu nous dit là ce qu’Il a fait, que c’est Lui qui conduit l’Histoire et qu’Il nous révèle ce qui nous est nécessaire: l’acte de Création n’est pas accessible à notre Intelligence, nous devons croire pour ensuite comprendre un peu..
3.10.3 Conclusion de E.J. YOUNG[18]
« Le livre de la Genèse n’est pas un poème, ni une saga, ni un mythe, c’est un récit historique digne de foi. Ainsi, il s’agit de la Révélation divine qui nous parle avec exactitude des questions qu’elle aborde, et en fait, sur la terre, rien n’est en dehors de la révélation. Le fait que le premier chapitre de la Genèse soit de nature historique exacte, ressort des considérations suivantes:
« 1- Il existe un lien étroit entre ce chapitre et le reste du livre de la Genèse. La suite du livre, en particulier le récit des générations, ne peut être compris qu’à partir du récit narratif de la Création: l’ensemble du livre est harmonieux et cohérent.
« 2- Dans ce chapitre, on ne trouve absolument aucune des caractéristiques propres à la poésie hébraïque. Il y a des passages poétiques dans la Bible, mais ils sont en contraste total avec ce que nous lisons dans ce premier chapitre.
« 3- Certains des événements rapportés dans la Genèse sont cités dans le Nouveau Testament, où il sont considérés comme ayant véritablement eu lieu. Nous pouvons donc, sans crainte d’erreur, suivre le Nouveau Testament comme notre interprète de ce monumental chapitre 1 de la Genèse ». Avec l’autorité du Christ Jésus.
3.10.4 La création par décret divin (fiat)
Dieu créa les cieux et la terre, Lui qui opère toutes choses d’après le Conseil de Sa volonté.
Dans l’Epître aux Hébreux (11: 3), nous lisons: C’est par la Foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la Parole de Dieu... Dans la Parole de Dieu, il y a une puissance infiniment supérieure à tout ce que nous pouvons imaginer.
Francis Schaeffer[19] raconte que certains chrétiens anglais s’enthousiasmèrent pour la théorie du “Big Bang”[20] pensant qu’elle pouvait corriger la cosmogonie chrétienne, mais il affirme avec raison: « les deux cosmogonies sont radicalement différentes. Genèse 1: 1 n’a en fait aucun rapport avec cette hypothèse, car, du point de vue biblique, les éléments de la matière, ou de l’énergie, procèdent eux-mêmes de l’acte créateur originel. Nous sommes en présence d’une réalité nouvelle créée par la seule puissance de la Parole, et c’est toute la différence. Mais il y a encore plus: Par la même Parole, les cieux et la terre sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies (2 Pie 3: 7). Tout le cours de l’Histoire est donc concerné, L’Éternel Dieu agit maintenant dans l’Histoire. Il aime la justice et le droit; la bonté de l’Éternel remplit la terre. Les cieux ont été faits par la Parole de l’Éternel... Il dit et la chose arrive; Il ordonne, et elle existe. L’Éternel renverse les desseins des nations (Ps 33: 5-10). »
Plus loin F. Schaeffer ajoute: « La méconnaissance, ou la négation du caractère créé des choses, est à l’origine du profond désarroi de l’homme moderne... Si nous rejetons le concept de création, le sens et les catégories de la pensée, ne peuvent résulter que d’un “saut” dans l’irrationnel, avec ou sans drogues. Ainsi, le désespoir de l’homme moderne provient essentiellement de ce qu’il a perdu la notion du créé, qui permet de définir tout ce qui est, à l’exception du Dieu Créateur personnel et éternel ».
En conclusion, nous devons retenir que le mot hébreu “bara” est seulement utilisé pour définir et dire l’œuvre de Dieu nécessaire à ceux qui croient, aux élus en Christ.
Les Six Jours de la Création
3.11 Les six jours & le septième Genèse 1: 1 à 2: 3: Haec Credimus Ex 20: 11
3.11.1 Le premier jour Genèse 1: 1-5
L’Éternel Dieu a un grand dessein, une immense intention pour la Terre, l’Esprit de Dieu en prenait soin. Ensuite par Sa Toute-Puissance, Il crée la lumière et la lumière est énergie. C’est au verset 3 que Dieu parle pour la première fois. Dieu dit: Que la lumière soit! et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière des ténèbres.
La Parole de Dieu crée la lumière, qui est énergie, Sa Parole révèle toutes choses. Le Christ-Jésus, Parole vivante de Dieu (Jean 1: 1-5) est la lumière du monde (Jean 8: 12), en Lui il n’y a pas de ténèbres (1 Jean 1: 5-6).
Quand la lumière de Dieu apparut, Dieu sépara la lumière des ténèbres, et fixa ainsi la séquence alternative jour et nuit. Les termes sont bien définis, il n’y a pas de symboles. Dieu appelle la lumière jour “Yom” et les ténèbres nuit. Lorsqu’Il éclaire la Terre, Il dit c’est un matin; Il appelle la Lumière jour et les ténèbres nuit. Et c’est un soir et un matin: Jour Un Yom Ehad.
Remarques très importantes[21]
1. Dans l’original hébreu, l’usage du nombre cardinal Ehad (Un), au lieu du nombre ordinal premier (reshin), doit être considéré de la façon suivante: premier implique le fait de précéder sur un autre, en nombre, selon une gradation, lorsque la suite existe, mais dans le cas du Jour Un, il n’y avait qu’un seul jour en existence, le second n’avait pas encore été créé.
2. Genèse 1: 2: La terre était tohu-et-bohu, une ténèbre sur les faces de l’abîme, mais l’Esprit de Dieu planait sur les faces des eaux. La Terre était tohu-et-bohu, Chouraqui (qui sait parfaitement l’hébreu et le français), avec raison ne traduit pas tohu wav bohu, car nous ne savons pas quel est le sens exact de ce terme qui n’a rien à voir avec le chaos de la mythologie grecque.
La suite du verset nous dit que l’Esprit de Dieu planait à la surface des eaux: nous sommes en présence d’un état extrêmement complexe, mais le texte nous dit que la surface de la Terre était couverte d’eau. Le Saint Esprit ne planait pas sur le chaos mais sur le tehom l’océan qui couvrait toute la surface de la Terre.
Ainsi après avoir séparé les ténèbres de la lumière, Dieu a terminé Son premier jour, constitué par un soir et un matin. Il est évident qu’Il établit un cycle de jours et de nuits qui se succèdent. Mais la source de lumière est en Dieu, la Terre ne tourne pas encore autour de son “axe”; le soleil n’apparaît qu’en Genèse 1: 16 au quatrième jour. Quelle est la durée de ce jour, cela ne nous est pas dit, et il ne faut pas en profiter pour dire que ce jour a duré 109 ans.[22]
Car il faut bien remarquer que dans l’Ancien Testament, yom, ne signifie pas une “période” ou une durée, mais la distinction entre le jour et la nuit. On pourrait aussi en conclure que ce fut le jour le plus court, mais nous n’avons pas à spéculer avec des hypothèses rationalistes. C’est Dieu qui délimite le temps qu’Il a créé, ce temps qui a un commencement et qui aura une fin, l’éternité n’est pas un temps infini.
Yom n’est utilisé dans un sens indéfini, que, quand le contexte l’indique clairement, sa signification n’a rien de symbolique. Dans l’Ancien Testament on ne trouve que des jours au sens littéral défini, toute autre interprétation est incohérente avec la Révélation de la Genèse.
3.11.2 Le deuxième jour Genèse 1: 6-8
La Terre était recouverte par les eaux (v.2), la température de la croûte terrestre était à une température normale, l’eau n’était pas gelée, ni en ébullition. Dans son état actuel, où les océans et les mers occupent plus de 70% de la surface, si on versait toute la terre émergée (même les plus hautes montagnes avec leurs couches de glace) dans les océans qui ont des abysses de 11 000 mètres, toute la Terre serait recouverte par les eaux.
La puissance du Tout-Puissant s’exprime toujours par Sa Parole, Il sépare les eaux et fait apparaître le ciel (raqia = étendue), qui doit être ce que nous appelons l’espace. Il y eut un soir et un matin, ce fut le deuxième jour.
3.11.3 Le troisième jour Genèse 1: 9-13
C’est toujours la Parole qui détient l’énergie pour agir: que le sec apparaisse. Et la terre sèche apparaît. Cela implique la constitution du relief; les matériaux sont alors formés selon le dessein de Dieu; « Il transporte soudain les montagnes (Job 9: 5).
Tout cela a été accomplit dans la première partie du troisième jour. Il faut nécessairement supposer que le sol émergé était fertile, qu’il n’était pas gorgé de sel. La terre émergée était un formidable système très complexe, dont les sciences naturelles sont bien incapables de décrire l’apparition. Il y a aussi une énorme quantité d’information associée à cette émergence. Information qui spécifie la production et la reproduction des végétaux, de l’herbe et des arbres.
Se demander si cela correspond à la taxonomie[23] courante, n’a aucun sens. Ici, c’est le Créateur qui parle, autrement c’est une œuvre de l’homme, qui sans la Création de l’Éternel Dieu ne peut rien. Tous les végétaux sont créés avec une apparence d’âge, c’est-à-dire portant leur semence en eux-mêmes: c’est le résultat d’une vraie Création. Mais cela n’a rien de commun avec ce que nous voyons aujourd’hui, après les effets de la Chute qui ont introduit une dégénérescence (Romains 8: 20-21).
C’est au verset 11 que nous trouvons la première mention de “semence” et “d’espèce”. Dans chaque organisme est implanté un “programme” qui le rend capable de se reproduire. On s’en rend compte maintenant avec l’extrême complexité de l’ADN[24], qui montre la stabilité des espèces, même s’il y a de formidables possibilités de variations, qui donnent des individus, tous de physionomie différente, dans la même espèce.
Il y a de grandes possibilités de variations «horizontales » mais aucune possibilité de changement «vertical », c’est-à-dire de passage d’une espèce à une autre. La proposition «d'après son espèce » apparaît de façon significative 10 fois dans Genèse 1. Le dogme évolutionniste est ainsi réfuté: les sciences naturelles ne nous ont jamais montré qu’une espèce se transforme en une autre.
Dieu a donné le corps qu’Il a trouvé bon de donner à chaque semence; le corps qui lui est propre. Cela nous est rappelé en 1 Corinthiens 15: 37-39: ... Dieu lui donne un corps comme il Lui plaît, et à chaque semence Il donne un corps qui lui est propre. Toute chair n’est pas la même chair; mais autre est la chair des hommes, autre celle de quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons... Il n’y a rien de commun entre la chair des hommes et celle des animaux, le nombre de chromosomes est différent. Il n’y a rien de commun entre la Révélation biblique et les spéculations des évolutionnistes, théistes ou non. Si vous êtes évolutionniste, vous êtes en train de nier ce passage de l’Écriture qui traite aussi des corps ressuscités. L’évolutionnisme nie la Résurrection.
Il y eut un soir et un matin: ce fut le troisième jour. Les mots ereb, soir, et boqer matin se trouvent une centaine de fois dans l’Ancien Testament où ils ont toujours un sens littéral qui détermine un jour. Si nous disons le contraire, nous mettons en doute la Souveraineté de Dieu et Sa Toute-Puissance. Dieu a-t-Il vraiment dit? est toujours la question des hommes endiablés.
3.11.4 Le quatrième jour Gn 1: 14-19
Pendant le premier jour de la Création Dieu a créé tout l’Univers, dans lequel Il a mis une énorme énergie. Il a créé la lumière qui ne met pas des milliards d’années pour arriver. Au quatrième jour Il crée les générateurs de lumière afin qu’ils soient les signes pour marquer les saisons, les jours et les années.
La question de l’origine du Soleil et de la lumière avant la création du Soleil est souvent posée. Mais ici comme avant, l’origine n’est pas du domaine des sciences, des plasmas hyperdenses, mais de l’Histoire rapportée par la Bible, révélation de Dieu. Les plantes ont été créées avant le soleil, cela nous montre que l’Éternel n’a pas besoin d’aucun instrument pour produire la lumière dont Il a besoin.
L’œuvre de Dieu est résumée dans l’affirmation: Dieu vit que cela était bon. A nouveau il y eut un soir et un matin, ce fut le quatrième jour.
3.11.5 Le cinquième jour Gen 1: 20-23
L’arrivée de la vie animale ne fut pas l’apparition d’un “pâté” de protoplasme dû au choc électrique de la foudre tombée sur l’océan.
Au contraire, soudainement les eaux foisonnent d’animaux vivants. Le mot vie nephesh, apparaît pour la première fois. Tous poissons et oiseaux sont selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon et Il les bénit: pas un seul passereau ne tombe à terre sans la volonté de Dieu (Matthieu 10: 29).
La théorie dite standard dit que les organismes marins sont apparus les premiers, ensuite les plantes puis les oiseaux en contradiction avec la Bible...? Il y eut un soir et un matin ce fut le cinquième jour.
3.11.6 Le sixième jour Gen 1: 24-31
Les actes de Création du sixième jour consistent en l’organisation de la terre, dans sa forme accomplie, pour recevoir l’Homme. Dieu créa les animaux. Alors la Terre était prête pour l’Homme qui devait être le vice-gérant.
Dieu créa l’homme et la femme à Son image et Il les bénit. Il leur donne tout. Ce fut ainsi.
Dieu vit tout ce qu’Il avait fait, et voici, cela était très bon. Ainsi il y eut un soir et un matin: ce fut le sixième jour.
3.11.7 le septième jour Gen 2: 1-3
Ainsi furent achevés les cieux et la Terre... Dieu acheva au septième jour Son œuvre... Le livre de l’Exode, au chapitre 20 verset 11, nous dit que: en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et Il s’est reposé le septième jour: c’est pourquoi l’Eternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié.
Nous voyons ainsi que le premier chapitre s’achève au verset 3 du chapitre 2.
[1] Answers in Genesis: http://www.answersingenesis.org
Institute for Creation Resarch: http://www.icr.org
Biblical Creation Society: http://www.pages.org/bcs/
Wort und Wissen: http://www.wort-und-wissen.de
[2] MARCEL Pierre, Lumière sur votre chemin, Tome 1 p. 51, APEB 1998, Diffusion Kerygma et Excelsis.
[3] évolutionnisme (selon Littré): Partisan de l’évolution. Qui appartient à l’évolution ou transformisme. transformisme: Doctrine qui fait dériver les espèces les unes des autres par une série de transformations.
Nota le mot évolution a plusieurs connotations qui le rendent ambiguë. En physiologie c’est l’action de sortir en se déroulant, par exemple l’évolution des bougeons au printemps. C’est un synonyme de transformisme comme dit ci-dessus. Dans le sens figuré, c’est le développement d’une idée, d’un système, d’une science, d’un art. On parle de l’évolution historique, le développement des sociétés suivant un ordre déterminé. C’est aussi le mouvement que l’on fait exécuter dans un manège,; le mouvement des troupes qui changent leur position pour en prendre une nouvelle. Se dit aussi d’une escadre: évolution navale. Mais souvent il s’agit du transformisme ou du darwinisme: philosophie qui imprègne la société de façon maligne.
[4] Lumières XE "Lumières" , traduction du terme allemand Aufklärung, courant dirigé par les « philosophes » qui rejetaient toute vérité révélée, et ramenaient toute connaissance à la science de l’époque... qui croyaient au progrès de l’humanité par la science. (Isabelle Moural & Louis Millet, Petite Encyclopédie Philosophique, Éditions Universitaires, 1993.
[5] Le transformisme de Lamarck est toujours en vogue, au Muséum d’Histoire Naturelle et ailleurs.
[6] de S. CAMERON Nigel, Evolution and the authority of the Bible, Chap 6. Paternoster Press, 1983.
[7] La décision de traduire notre Bible de la Réformation, remonte au 12 Septembre 1532, lors du Synode des Églises Vaudoises à Chanforans, dans le val d’Angrogne, au Piémont ; chez « ces vaudois, qui, comme l’a dit Merle d’Aubigné, appartenaient à la Réformation, sans jamais avoir étaient réformés ». G. Farel était l’un des invités, la décision était la traduction d’après l’original, et celle-ci fut confiée, par G. Farel et P.Viret, à Pierre Robert Olivétan, cousin de Calvin, ce « maître d’école » qui savait l’Hébreu et le Grec, qui parlait peu, mais travaillait beaucoup. Le 12 Février 1535, le premier volume fut imprimé à Serrieres, près de Neuchâtel par Wingle, imprimeur de premier ordre, qui avait déjà imprimé le Nouveau Testament de Lefebre d’Étaples, et qui avait un grand amour des Écritures. C’est Olivétan qui traduisit IHVH par l’Éternel. Les traducteurs Israélites Cahen et de Woguë adoptèrent aussi l’Éternel. D. Lortsch, Histoire de la Bible française , P.E.R.L.E, Éditions Emmaüs.
[8] PIGUET J-Cl, Vocabulaire de Philosophie, Centre de Documentation Universitaire, 1955.
[9] A Dictionary of Bible Symbols, Grace Publications Trust, 1992.
[10] LLOYD-JONES D.M. What is an Evangelical? BoT, 1992.
[11] LINDSELL Harold The Bible in Balance; Chap 8, what or who is an Evangelical? An Unresolved Dilemma
[12] Protestant est le nom qui vient de la protestation des princes allemands, lors de la Diète de Spire en 1529. Le verbe protestari duquel dérive l’adjectif Protestant, ne signifie pas seulement protester, dans le sens d’élever une objection, mais aussi de reconnaître, de témoigner de sa foi et de la confesser, c’est-à-dire de la proclamer. Cette foi étant fondée sur la Bible dans sa totalité: Sola Scriptura, mais aussi Tota Scriptura. C’est à partir de cette définition que l’on peut prendre la mesure des dérives des Protestants comme des évangéliques aujourd’hui. C’est ce que fait la déclaration de Cambridge.
Déclaration de Cambridge, Alliance des Évangéliques Confessants, Cambridge, Massachusetts (USA), le 20 Juin 1996, Traduction Frank HORTON; Revue Réformée, 1997/2. p. 61-67.
[13] DOUGLAS J.D. Dictionary of Christian Church, Zondervan, 1978.
[14] ibid. Dictionary of Christian Church.
[15] Communication personnelle du Pasteur Pierre MARCEL.
[16] Cette respectabilité concerne les compromis avec les « paléosciences »: géologie, paléontologie, archéologie, qui sont interprétées ou théorisées selon l’évolutionnisme dominateur. La biologie est aussi soumise à l’évolutionnisme, darwinisme, ou néo-darwinisme; même lorsqu’il s’agit de biologie moléculaire, il y a souvent le couplet de l’évolution, même si à l’évidence, il n’y a aucun lien entre les faits expérimentaux constatés et l’hypothèse post-darwinienne.
[17] op. cit. p.
[18] op. cit. p 105
[19] SCHAEFFER F.A. La Genèse Berceau de l’Histoire, La Maison de la Bible, 1983
[20] Big Bang est le nom donné par Sir Fred Hoyle à ces théories spéculatives, qui prétendent expliquer l’origine de l’univers. C’est par dérision qu’il donna ce nom, qui est resté dans la littérature pseudo-scientifique.
[21] CASSUTO Umberto, A commentary on the Book of Genesis, Part I, From Adam to Noah, The Magnes Press, The Hebrew University, p.30;
[22] Au passage de la Mer des Joncs et lors du passage du Jourdain, l’Éternel a agi de façon immédiate et miraculeuse, sinon, les Israëlites ne seraient pas sorti d’Égypte et ne seraient pas entré en Canaan! Il est le Dieu des miracles: c’est Lui qui a créé le temps, l’espace et la puissance de l’eau: Il fait ce qu’Il veut.
[23] taxonomie: Science des lois de classification des formes vivantes.