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Le Créateur et le commencement absolu

                                               

 

3.7  Gn 1: 1,  Dieu le Créateur: un commencement absolu

 

3.7.1 Avant le Commencement: le décret éternel de Dieu[1]

Les premiers mots de la Genèse: « Au commencement... » ne signifient pas qu’il n’y avait personne auparavant. En Jean 17: 24, Jésus prie Dieu le Père en ces termes: « Tu m’as aimé avant la fondation du monde.» Le Christ déclare ainsi que Dieu le Père l’a aimé avant d’avoir accompli aucun acte créateur. En Jean 17: 5, Jésus demande au Père de le glorifier « de la gloire qu’Il avait auprès de Lui avant la fondation du monde. »

Cela nous ramène dans l’éternité, « antérieure » au « commencement », avant la création du temps, où le Christ co-Créateur était avec le Père et l’Esprit. Il partageait « alors » la gloire du Père et était l’objet de Son Amour.

 

Par Éphésiens 1: 4, nous savons que: « en Christ, Dieu nous a élus avant la fondation du monde. » Ce verset implique une conception et un dessein éternels, un choix opéré par une Volonté souveraine. Nous avons été choisis en Lui avant la création du monde. C’est ce que dit l’Apôtre Pierre (1 Pie 1: 20) ... par le Sang précieux de Christ, comme d’un Agneau sans défaut et sans tache, prédestiné avant la fondation du monde... La mort expiatoire de Jésus avait été prévue « avant la fondation du monde ». De même Tite affirme que Dieu avait promis la vie éternelle « avant tous les siècles »; avant la création du temps. C’est la promesse de la Sainte Trinité, dans laquelle Dieu le Père, Dieu le Fils éternel et Dieu le Saint-Esprit s’engagent.

 

Ce que nous lisons en 2 Timothée 1: 9, nous conduit à la même conclusion: la Puissance de Dieu qui nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la Grâce qui nous a été donnée en Christ-Jésus avant les temps éternels... Notre salut est en Christ avant le commencement du temps. Avant Genèse 1: 1.

 

Dieu est un Dieu personnel, une Personne, qui existe de toute éternité; Il n’est donc pas le  « Grand Tout » du Nouvel Age, ni « l’Autre » ou le « Tout Autre » des philosophes, qu’un bon nombre de « théologiens » du 20ème siècle ont promu au rang de divinité. C’est là une grave offense envers le Créateur, l’Éternel IHVH qui crée et qui sauve.

 

 3.7.2  Au commencement: Création Ex nihilo

 

v.1     Au commencement Dieu créa les cieux et la terre.

La proposition « Au commencement » (berêshîth) indique un commencement absolu de tout ce qui a été créé. On dit  Création ex nihilo[2] à partir de rien; il n’y avait aucun matériau préexistant. Ce fait réel absolu, face à ceux qui ne l’acceptent pas, (les rationalistes et les matérialistes), a comme support les arguments très forts suivants:

 

1.- Les traducteurs de la Bible hébraïque, l’Ancien Testament, en grec, les Septantes (LXX), ont utilisé les mêmes termes[3], comme cela se trouve aussi au début de l’Évangile selon S. Jean;  nous avons là l’argument imparable en faveur du Commencement absolu.

 

2.-  Le nom berêshîth apparaît ici sans article, c’est un nom propre:

Au commencement. A Chouraqui[4] traduit ENTÊTE, en un seul mot dans le sens hébraïque exact; au dessus de la TÊTE il n’y a que la Toute Puissance de l’Éternel Dieu Unique.

 

Cela ne veut donc pas dire Lorsqu’au commencement Dieu Créa, comme le disait Voltaire, ou la TOB (Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre, la terre était déserte et vide).

 

Au contraire, nous avons là, « Au commencement » l’information to­tale: le Commencement a été créé par Dieu avec les Cieux et la Terre, à partir de rien. Au commencement la terre n’existait pas.

 

Certain disent à partir du néant, mais c’est un mot qui a plusieurs significations: les Sophistes, des platoniciens prétendent qu’il y a un être du non-être. Ainsi des penseurs modernes opposent le néant à Dieu: le néant être du non-être. Personne n’a vu le néant et ce premier verset nous montre bien que le néant n’existe pas.

 

Au contraire ce verset 1 nous enseigne la Toute-Puissance de Dieu: Il a créé l’espace et le temps et tout ce qui existe; ce qu’il y avait avant nous est dit en Jean 1: 1-2. En prenant conscience de cette réalité, nous som­mes conduits à l’adoration de L’Éternel Dieu Créateur Unique.

 

Ce verset 1 parle de la Création de l'espace et de la matière, mais aussi du temps, et l’énergie est dans la Toute Puissance de Dieu, en Christ tout existe en Lui (toutes choses subsistent en Lui Col 1: 17). En réalité l'Univers nous apparaît comme un continuum d'espace, de matière/énergie et de temps créés, chacun ne pouvant subsister sans les deux autres, on parle d'espace-masse-temps.

 

La matière inclus l'énergie et fonctionne dans l'espace-temps. L'espace est mesurable et accessible aux sens par l'observation, mais seulement en termes d'entités (objets considérés comme étant doués d'unité matérielle) qui existent et des événements qui arrivent dans l'espace, mais cette mesure requiert à la fois de la matière et du temps.

 

De même le concept de temps est sans signification en soi; il n'est significatif qu'en termes d'entités et d'événements existant et apparaissant durant le temps, qui lui-même requiert l'espace et la matière.

 

Ainsi, Gn 1: 1 se comprend de la façon suivante: au commencement (sans matière, ni espace, ni temps) Dieu Eternel, transcendant et Tout-Puissant, Dieu Trinitaire trois fois Un, appela à l'existence l'Univers espace-masse-temps.

 

Le nom Elohim, qui est un pluriel, suggère que Dieu est à la fois Un et trinitaire (Trois fois Un). Le fait qu'Il produit un tri-Univers: espace-masse-temps, suggère aussi la Trinité. La Trinité ou Tri-Unité (trois fois Un) est totalement différente de triade, qui représente trois composants distincts, et séparés dans un système. La Trinité est un Continuum dans lequel chaque personne coexiste et co-détermine avec les Trois, c’est dans ce sens que Dieu est Amour. Cependant l'explication de la Trinité n'est pas possible, c'est ainsi que Dieu Se présente dans la Bible, il n'y a qu'à croire et adorer.

 

L'univers matériel n'est pas en partie espace, en partie temps, en partie matière, mais tout espace, tout temps, tout matière. L’univers spirituel n’est pas visible avec les yeux, il nous est révélé par la Sainte Écriture.

 

Le mot Hébreu berêshîth qui veut dire au commencement (en arché en grec dans les LXX) est identique à Jn 1: 1: "Au commencement était la Parole..." Bien que l'Univers ait un commencement temporel, la Parole était déjà là, elle est donc transcendante à l'Univers.

 

Comme nous l’avons déjà vu, quelques traducteurs anciens ou modernes, cherchent un moyen d'accommoder ce verset, de façon à soutenir le supposé grand âge de la Terre. Ils ont suggéré les traductions plus faibles de berêshîth telles que:

   - Au commencement de la Création de Dieu.

   - Lorsque Dieu commença à créer.

 

Hors contexte, et s’il n’y avait pas deux fois la particule « et t h» cette traduction serait, peut-être, grammaticalement possible, mais ici la structure de la phrase et son contenu excluent radicalement de telles traductions. Le but de Gn 1: 1 est clair, ce verset nous dit que c'est le commencement de toutes choses, et nous avons vu que ce verset 1 est une proposition indépendante du temps.

 

En d'autres termes, la Création première des cieux et de la Terre au Commencement, fut le premier acte de Dieu dans le premier des six jours, appelant à l'existence les éléments de base du continuum espace-masse-temps, qui constitue l'Univers physique.

 

Il faut bien comprendre l'enseignement de Gn 1: 1, pour comprendre tout ce que dit toute la Bible, cela est d'une importance vitale. Il faut donc considérer chaque mot dans cette déclaration capitale.

 

 3.7.3  L’Éternel Dieu

Le terme Hébreu Elohim apparaît pour la première fois dans Genèse 1:1, c'est un nom qui souligne la Majesté et l'Omnipotence[5]. Elohim est le nom de Dieu dans Gn 1.

 

Bien que pluriel (singulier Eloah), ce nom est utilisé au singulier (IHVH, ton Elohim Ex 20: 7), comme le Grand Nom de Dieu le Créateur, il est utilisé plus de 2000 fois dans la Bible. C'est un Nom uni-pluriel suggérant l'uni-pluralité (un et multiple) de la Divinité. Dieu est vraiment Un , mais plus que Un.

 

Or, dans la Bible, le nom exprime ce qu’est la personne nommée, au commencement, le Nom de Dieu est Sa propre Révélation, Il est celui qui a tout créé. C’est là que nous apprenons qui est Dieu, Il est suffisant à Lui même et Il crée à partir de rien par Sa seule Parole.

 

Ce Nom révélé est essentiel pour établir la Théologie Systématique et l’Apologétique pésuppositionnelle. Dans son livre The Defense of the Faith, Cornelius Van TILL fait un résumé des doctrines bibliques d’après Louis Berkof[6], et en particulier la doctrine de Dieu. Après avoir énuméré Ses attributs incommunicables, il écrit:

Les attributs de Dieu ne peuvent être pensés autrement que comme des aspects de Son Être original simple; l’ensemble est identique aux parties. D’une autre façon les attributs de Dieu ne sont pas caractérisés par un développement graduel; ils sont fondamentalement Son Être même; les parties ensemble forment le tout. Ainsi, nous pouvons dire que l’Unité et la Diversité sont également fondamentales et mutuellement dépendantes l’uns de l’autre.

L’importance de cette doctrine pour l’Apologétique se voit à partir du fait que tout le problème de la philosophie peut être résumé dans la question de la relation de l’unité et de la diversité; ainsi le problème de l’Un et du Multiple[7] reçoit une réponse définitive à partir de l’unicité de Dieu.

 

L’homme ne peut partager les attributs incommunicables de Dieu. L’homme ne peut en aucune manière  être la source de son être propre; l’homme ne peut en aucun sens être immuable ou éternel ou omniprésent ou simple. Ces attributs de Dieu soulignent de façon infinie Sa transcendance[8].

 

En relation avec le commencement du temps créé, nous parlons de l’Éternité de Dieu; et en rapport avec l’espace nous parlons de Son omniprésence. Cet espace est bien réel; ce n’est pas l’espace abstrait des mathématiques modernes, mais l’espace réel créé, que nous ne savons pas expliquer, et dont la physique constate l’existence.

 

Par Éternité, nous disons qu’il n’y a pas de commencement, ni de fin, dans la succession des moments dans l’Être et la Conscience de Dieu. Le Psalmiste dit: D’éternité en éternité tu es Dieu, (ou de pérennité en pérennité) (Ps 90: 2).

 

Et l’apôtre Pierre précise: Mais il est un point que vous ne devez pas oublier, bien-aimés: c’est que devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour (2 Pie 3: 8).

 

Ceci est dit pour confondre les moqueurs. Dieu a créé le temps Au commencement, c’est le premier tic-tac de l’horloge du temps. Ce verset est en général for mal compris, comme le montre le commentaire de Richard Lenski[9]:

L’horloge du temps bat le tic-tac depuis le commencement, jamais plus vite, ni plus lentement. Ainsi nous avons les secondes, les minutes, les heures, qui pour nous font un jour, ensuite une année, puis mille ans. De la même manière que le temps a commencé, il finira aussi (Apoc 10: 6); le temps n’existera plus.

Pour l’Éternel, il est évident que le temps n’est pas ce qu’il est pour nous qui vivons dans le temps. Lui est hors du temps.

L’Apôtre Pierre nous dit que la relation de Dieu au temps ne doit jamais être confondue avec notre relation au temps. Pour l’Éternel, ‘‘ un seul jour est mille ans et mille ans sont un seul jour’’.

La syntaxe du texte n’utilise pas la particule ‘‘ ous’’ = dans le sens d’une simple conception de l’esprit, mais dans le sens ‘‘ comme en réalité’’.

Que ce soit un jour ou mille ans, selon notre façon de compter, les deux façons sont réellement identique pour l’Éternel Dieu; cela ne le gène ni ne l’aide.

Ceux qui appliquent ce verset au mot jour en Genèse 1, et veulent faire de un jour une période de plusieurs millions d’années, n’ont absolument aucun support dans ce verset. L’Apôtre ne fait pas non plus référence aux mille ans de Apocalypse 20.

 

Le nom hébreu de Dieu est translittéré  Elohîm. Il donne le sens de crainte et de révérence, et de respect, devant Sa Puissance et Sa Majesté. C’est le nom de Dieu dans ce premier chapitre. Le suffixe im en Hébreu est un pluriel, mais dans ce premier verset Elohîm est un nom pluriel, avec la signification d’un singulier, un nom « uni-pluriel »,  Trine (Trois fois Un) Tri-Unité[10]. En effet, au « v.3 » nous lisons: l’Esprit de Dieu planait sur les eaux[11] ; ici nous sommes en présence du Saint-Esprit, et nous ne devons pas oublier que le Christ est co-Créateur (Col 1: 16 ; Héb 1: 2)[12]

 

Et avec H.C. Leupold[13], nous pouvons dire ici que l’Écriture traite le récit de Genèse 1, qui est un compte rendu de la création comme histoire pure, selon Ex 20: 9-11; 31: 17; Ps 8 et 104; Matt 19: 4-6; 2 Pie 3: 5 et Héb 4: 4.  Le fait fondamental est que Gen 1 est pure Révélation de ce que l’Éternel Dieu a fait et qu’Il montre là Sa Souveraine Puissance.

 

 3.7.3.1 Créa, bara, âsâ

Bara (a r b) et non pas bero comme le suggère Rashi[14] et les modernes:

Bara est seulement utilisé pour l'œuvre de Dieu, c'est le mot Dieu qui est le sujet de ce verbe. Dieu seul crée, dans le sens d'appeler à l'existence à partir de rien. Le sens concret de bara est toujours créer à la forme hébraïque Qal (Gen 1:1), dans ce cas il est toujours utilisé avec Dieu pour sujet en action. Ce n’est qu’à la forme Piel qu’il signifie couper; à la forme Niph’al il signifie être créé. C’est toujours dans le contexte qu’il faut le considérer.

 

Romains 4: 17 nous dit que c'est Dieu qui donne la vie aux morts, et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient.

 

Héb 11: 3, nous dit que c'est par la foi que nous reconnaissons que l'Univers a été fait par la Parole de Dieu, en sorte que ce qu'on voit n'a  pas été fait de choses visibles.

 

L'œuvre de Création est uniquement l'œuvre de Dieu. L'œuvre de faire, ou former, consiste à organiser les matériaux qui existent déjà, par exemple des outils, des meubles etc. L'acte de Création est d'appeler à l'existence quelque chose, alors qu'il n'y a absolument rien, aucun matériau préexistant; cela n'existe que dans l'Esprit de Dieu. Dieu seul est infini et éternel.

 

Mais pour nous, les hommes, il est impossible de comprendre totalement les concepts d'éternité et de transcendance.

 

Asa (hsi):

Ce mot se trouve, par exemple, en Genèse 3: 1 et en Exode 20: 11. <<Car en six jours l'Eternel créa les cieux et la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent et Se reposa le septième jour Ex 20: 11.>>

 

Arrivés en ce point, nous nous rallions à la conclusion de W.W. Field[15]: selon l'usage de asa et bara, dans la Genèse et dans l'Ancien Testament,  ces deux mots sont interchangeables, lorsqu'ils décrivent l'Acte Créateur de Dieu. Employés en Ex 20: 11; 31: 17 et Néh 9: 6, ces exemples montrent qu’il y a un ordre chronologique dans la Création de l'Univers et de tout ce qu'il contient, selon six jours de Création, tels qu’ils sont décrits en Genèse 1: 1-2 à  25.

 

Cela ne laisse pas un intervalle de temps entre Gn 1: 1 et Gn 1:2, et cela requiert une Création récente, l’hypothèse de la restitution (gap theory) , n’a aucun sens biblique et n’a été envisagée que pour plaire aux géologues . Ce n'est que par les intimidations du scientisme contemporain que les théologiens cherchent à rejeter la pleine signification des Ecritures. Si nous acceptons la Création telle qu'elle est décrite dans la Bible, nous devons, de façon cohérente accepter qu'elle est récente.

 

  3.7.3.2 Les cieux, Shamayim

Shamayim est un nom pluriel. Mais il est pris comme pluriel ou singulier selon qu'il est associé à un verbe au pluriel ou au singulier et peut donc être traduit ciel, ou cieux[16]. Les ciels sont les ciels de IHVH; la terre Il l’a donnée aux fils de l’humain (Ps 115: 16).

 

La signification de ce mot correspond à notre mot espace, quand nous parlons d'un univers d'espace/temps. Ici ce terme désigne les composantes espace-masse-temps, mais avant la Chute. Nous ne savons pas, et les hommes ne peuvent pas savoir, qu’elles étaient, et qu’elles sont aujourd’hui les composantes de cette réalité créée: nous sommes devant l’inexplicable que seul Dieu connaît.

 

   3.7.3.3  La Terre, ha-erets

A l'instant de la création initiale, il n'y avait pas de planètes, ni d'étoiles, ou d'autres corps matériels: ils ne vinrent à l'existence qu'au quatrième jour.

 

Notre Terre seule (Gn 1: 2) était sans forme et vide, tohu et bohu (vbhv vht.), comme nous l’avons déjà indiqué ne signifie pas chaos, chaos est un terme de la mythologie grecque.

 

Le mot erets est aussi traduit par sol, comme la terre de Canaan (Gn 12: 5). Ou la terre en général: Que la terre produise de l'herbe (Gn 1: 11). Mais ici, il s’agit de la Terre telle qu’elle était au premier jour.

 

 3.8  La signification de Gn 1: 2

 

3. 8.1 La Terre était tohu-et-bohu

 Notre attention est immédiatement dirigée sur la Terre, telle qu’elle était à  l’origine; le verset 2, ne continue pas la narration comme, s'il y avait un nouveau commencement. C'est sur la Terre, sur laquelle nous vivons, aprés la chute, que notre attention est focalisée. G. Aalders[17], nous fait remarquer  que ce verset 2 nous donne une description détaillée d’une partie de l’ensemble qui a été amenée à l’existence par l’Acte de Création.

 

Ici, la Bible souligne l'aspect géocentrique de la Terre, mais cela ne veut pas dire que c'est un point de vue incorrect de la relation qui existe entre les Corps célestes, en rapport avec la Terre. Il n'est pas dit ici que la Terre est le centre physique du système solaire et de l'Univers. Elle est cependant le centre à partir duquel les observations astronomiques sont faites, avec les repères d’un système de coordonnées dont l’un des axes est dirigé vers une étoile fixe.

 

Notre attention est focalisée sur cette Terre sur laquelle, aujourd’hui,  nous vivons, sur laquelle nous péchons, et sur laquelle Christ est mort pour notre salut. Si on ne voit pas que la Bible nous parle de la réalité de notre existence, on ne comprend pas pourquoi cet aspect central est souligné.

 

Les tenants de l’hypothèse restitutioniste[18] traduisent: "la Terre devint", mais dans le texte, il y a le mot hayetha = était, et non pas le verbe haphak qui indique un changement d'état.

 

Le tohu waw bohu traduit par "ruinée et désolée" selon un jugement cataclysmique longtemps après le commencement ne tient pas. Le mot tohu apparaît 20 fois dans l'Ancien Testament, et sa traduction dépend de la spécificité du contexte: la meilleure traduction est sans forme. Le verset 2 nous dit ce qu'était  l'état initial de la Création. Mais nous n’avons toujours pas le moyen de comprendre, même avec les modèles les plus élaborés et les ordinateurs les plus puissants, car il manque toujours les données initiales, qui d’ailleurs dépassent l’entendement des plus savants.

 

La Création initiale n'était pas complète, mais elle était parfaite dans son premier état, dans l'ordre de Création des six jours.

 

André Chouraqui traduit littéralement: La terre était tohu-et-bohu, une ténèbre sur les faces de l’abîme, mais le souffle d’Elohim planait sur les faces des eaux.

 

Pour préciser la signification de tohu-et-bohu, on ne peut, comme le remarque précisément Cassuto[19] (p. 22), s’en rapporter exclusivement à l’étymologie, traduite par ‘‘désolation’’ et ‘‘vide’’. C’est donc avec raison que Chouraqui ne traduit pas tohu-et-bohu, car en réalité l’Éternel nous indique là, l’état premier de la matière terrestre, qu’Il a créée, et qui pour nous est un mystère.

 

Pour bien comprendre la difficulté, pour essayer de saisir ce qui nous est révélé, U. Cassuto, fait avec raison la remarque: les composés chimiques ont des qualités qui sont absentes dans les atomes constitutifs. Et il en conclu que de façon analogue, il n’y a aucun profit de comparer d’autres passages biblique avec Genèse 1: 2.

 

Par exemple en Jérémie 4: 23,  nous lisons: Je vois la terre, voici le tohu-bohu; et les ciels, leur lumière n’est pas (traduction littérale Chouraqui). La première proposition a une forme analogue avec Gn 1: 2  ( mais il n’y a pas de waw), cela ne nous donne donc pas la signification, ce n’est qu’une allusion, sans autre explication. Il en est de même d’Ésaïe 34: 11, à propos des ruines d’Édom. Le sens de Gn 1: 2a, est lié à la suite du verset. Ici nous devons faire une remarque.

 

Remarque: « Aucune connaissance de la physique moderne des quanta, de la relativité, des plasmas hyperdenses, des modèles non linéaires ... ne peut répondre aux questions que l’on pourrait se poser, si on n’est pas chrétien. Nous sommes en présence d’un état de la matière que seul Dieu connaît, tel est le tohu-et-bohu, que l’on ne peut pas traduire.

 

« Les hommes érudits ne peuvent que spéculer sur cet état, ce qui ne rime à rien: Les choses cachées sont à l’Éternel notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos fils, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les Paroles de cette Loi (Deut 29: 28). Ce n’est pas de spéculations sur les actes de Dieu dont nous avons besoin, mais de prendre au sérieux ce qui nous est révélé, et cette Révélation n’est pas une religion, humaine naturaliste[20], mais la Parole de Dieu ».

 

La suite de ce verset 2 est: une ténèbre sur les faces de l’abîme, mais le Souffle d’Élohim planait sur les faces des eaux. Dans une proposition comme celle là, en hébreu le verbe être est sous-entendu puisqu’il s’agit d’une action accomplie.

 

Nous apprenons, en plus qu’il y avait un abîme[21] tehom, bien qu’il n’ai pas été mentionné auparavant; il semble que nous pouvons en déduire que, le concept réel d’abîme, doit être compris dans l’ensemble constitué par le tohu-et-bohu. Le terme tehom traduit par abîme, est synonyme de mer dans la Tora, qui n’accepte absolument rien de la tradition poétique de l’antiquité. Dans le Pentateuque, tehom désigne l’Océan qui couvrait la Terre au commencement[22]; et l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux (les faces des eaux: pluriel) .

 

Il s’ensuit que les faces des eaux formaient les couches supérieures, plus légères, qui étaient en contact direct avec la ténèbre environnante, ce qui est en accord avec le verset 6 du Psaume 104: Tu l’avais (la terre) couverte de l’abîme comme d’un vêtement, les eaux se tenaient sur les montagnes.

 

Nous pouvons cependant dire, que la terre, dans cet état n’était pas très  chaud: l’eau ne devait pas être en ébullition.

 

 

3.8.2 Il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme

Jusqu’à ce que la lumière soit créée, au commencement de la Création, la terre était dans l’état de tohu-et-bohu, enveloppée de la ténèbre. La ténèbre marque la première partie du Jour Un. Au verset 5, Dieu appelle la ténèbre nuit: et c’est un soir et c’est un matin: jour un .

 

Es 45: 7 nous dit: Dieu forme la lumière et crée les ténèbres. La lumière est une des formes de l'énergie; l'absence de lumière signifie ténèbres, comme l'absence de forme et d'habitants signifie une Terre dans sa forme élémentaire, qui n'est pas encore complète.

 

Mais cet état n'implique aucun mal, il s'agit simplement d'un état incomplet. Une information supplémentaire nous est donnée par l'abîme, la profondeur immense de l'eau, de l'abîme tehom, de l'océan. La même description se trouve en 2 Pie 3: 5, "En effet, ils oublient volontairement qu'il y eut, autrefois, des cieux et une Terre qui, du milieu de l'eau et formée par l'eau, surgit à la Parole de Dieu."

 

Prov 8: 24, 27 parle de la poussière du monde, ce qui est dit est aussi le sommaire de ce qu'a fait le Christ; ce qui nous rappelle Col 1: 16: "Car en Lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la Terre, les visibles et les invisibles..."

 

3. 8.3 Et le Souffle d’Elohim planait[23] sur les faces des eaux.

Telle est la traduction littérale de l’original hébreu. L’Esprit de Dieu source de lumière et de vie est là, avant l’œuvre de séparation, par la seule Parole de Dieu, qui n’intervient que le deuxième et le troisième jour.

 

Ici, le sens de rüha ’Elohim (le souffle d’Elohim) est le même que rûal ’El  (l’Esprit de Dieu) en Job 33: 4 le Souffle de Dieu m’a fait, l’Haleine du Tout-Puissant me vivifie.

 

C'est toujours le contexte qui détermine le sens, ruah, veut dire esprit, vent, souffle. Ici l'activité créatrice ne requiert pas de vent, mais une Personne, Dieu Lui-même. De plus si un fort vent avait soufflé sur les eaux, cela n'aurait pas contribué à montrer que la Terre n'était pas encore habitable.

 

Aalders[24] souligne que le sens doit aussi être déterminé sur la base de toute l’Écriture. Certains disent qu’il ne s’agit pas de la Troisième Personne de la Sainte Trinité, mais cette position est une conséquence de leur point de vue défectueux sur l’Écriture; ils n’acceptent pas l’unité et l’autorité des Saintes Écritures comme Parole de Dieu. Mais pour ceux qui acceptent cette autorité, il n’y a aucun doute, que là, dans ce verset de la Bible, il y a une référence directe et claire au Saint Esprit.

 

En réalité, malgré le fait que la Terre ne soit pas encore habitable, tout était sous le contrôle du Saint-Esprit de Dieu. L'Esprit est décrit ici comme un Etre vivant, qui prend soin la Terre créée.

 

Cependant, ce verset 2 décrit les choses telles que Dieu les a voulues. Si nous parlons de chaos, c'est que nous sommes influencés par "le Paradis perdu", de Milton, et par la philosophie grecque. En réalité, il n'y a rien de confus, mais l'expression de ce que Dieu a voulu: Il dira que tout cela était bon à la fin du premier jour: Jour Un.

 

Gn 1: 2 présente le premier état de la préparation de la Terre pour l'homme. C'est la première présentation du monde créé, dont l'ensemble est l'objet du Chapitre 1.

 

Dieu partant du premier état de la Terre, qu'Il a créée, la forme afin qu'elle soit entièrement équipée pour recevoir l'homme, pour être son habitation. Tout était dans les mains de Dieu, sous Son contrôle constant et rien n'était contraire à Son dessein.

 

3.9 Le véritable fondement

 

3.9.1 Le fondement de l'histoire et la vraie chronologie historique

Quand il n’y a pas de compte rendu historique, toutes les spéculations sont possibles. Dans le cadre de l’Apologétique pésuppositionnelle, nous n’avons qu’un seul compte rendu exact: c’est celui du Créateur.

 

Certains veulent éviter les conséquences de cette position biblique, affirment que la Bible n’est pas un manuel scientifique ou historique. C’est là l’objection toujours avancée pour nier l’historicité des 11 premiers chapitres de la Genèse. Certes la Bible n’est pas un manuel sur les hypothèses ou les théories scientifiques. Ce n’est pas non plus un livre de religion. Elle est réellement la Révélation de Dieu aux hommes.

 

Le livre de la Genèse est bien réellement le fondement de toute l'histoire réelle, aussi bien que de la vraie science et de la vraie philosophie, qui est sagesse comme au livres des Proverbes et de l'Ecclésiaste. C’est là que se trouve la réponse à la question fondamentale: Y-a-t-il un Créateur? Le Créateur se révèle par ce qu’Il a fait.

 

Ce livre est très souvent cité, dans le Nouveau Testament, il n'y a pas moins de 165 passages tirés de la Genèse, directement cités, ou pris comme référence. Si l'on compte les allusions, il y en a plus de 200.

 

Il est très significatif d'observer que les parties de la Genèse, qui sont l'objet des attaques les plus fortes, du scepticisme, ou de l'humanisme athée, comme des agnostiques, sont les 11 premiers chapitres, car précisément c'est de là que vient le plus fort support du Nouveau Testament et de l’Histoire du Salut.

 

En six occasions différentes, tel (Matt 19: 4-5), notre Seigneur, a cité les 11 premiers chapitres. Ces citations se rapportent à des personnages, ou à des événements absolument historiques faisant autorité. Il est donc impossible de rejeter l'historicité et l'autorité divine données au livre de la Genèse, sans en même temps miner et répudier l'autorité de toute la Bible. Si le premier Adam n'est qu'une allégorie alors que sera le second Adam (Rom  5: 12-21; 1 Cor 15: 22)) ?

 

Si l'homme n'est pas réellement tombé dans le péché (Genèse 3), depuis son état premier, en communion parfaite avec son Créateur, tel qu'il avait été créé, il n'y a plus de nécessité d'avoir un Sauveur; le Christ devient alors un simple martyr, comme le disent les libéraux. Si toutes choses sont expliquées par un processus d'évolution naturelle, il n'y a plus de raison de regarder vers une consommation surnaturelle de toutes choses, dans de nouveaux cieux et une nouvelle Terre. La négation de la Création conduit à nier l'eschatologie biblique.

 

Si la Genèse n'est pas vraie, le témoignage des prophètes et des Apôtres, qui croyaient que ce que dit la Genèse est la vérité, n'est pas non plus vrai. Telles sont les conséquences de l'esprit du monde. Le Christ Lui-même deviendrait un faux témoin et notre Foi serait vaine (1 Cor 15: 14). Mais en réalité, la Genèse est un récit sobre et rigoureux, qui contient tout ce que Dieu veut que nous connaissions sur la Création de l'Univers. Telle est la Révélation voulue par le Créateur.

 

3. 9.2 Les Toledôt et le récit unique de la Création

Voici la traduction littérale des versets Gen 2: 4 ;  5: 1.

Gen 2: 4, Voici les enfantements des cieux et de la terre en leur création; au jour de faire IHVH Elohim terre et ciel .

Gen 5:1, Voici l’acte des enfantements d’Adam: au jour où Elohim crée Adam, à la ressemblance d’Elohim, il les fait.

          1. Les conséquences malignes de la Haute Critique

Dans ce verset 4 il s'agit des Origines, des générations, ou des généalogies: "Voici les origines du ciel et de la terre, quand ils furent créés". A propos de Gn 5:1, Calvin dit: "Ceci est le registre des générations... En ce chapitre est brièvement récité combien il y a eu de temps depuis la Création du monde jusqu'au Déluge..."; de même il traduit Gn 2: 4: "Telles sont les générations du ciel et de la terre, quand ils furent créés au jour que l'Eternel Dieu fit le ciel et la terre."

 

Cette section de l’Écriture: Genèse 2: 4 à 4: 26 concerne le Jardin d’Éden et la Chute et les conséquences de la Chute avec le meurtre d’Abel par Caïn. Comme le fait remarquer G. Ch. Aalders[25] : la Révélation au sujet de la création du monde (Gen 1: 1 à Gen 2: 3) est suivie par la description de l’Histoire de ce monde créé. Premièrement c’est l’histoire du Paradis qui est révélée et les événement qui y ont eu lieu: la Chute. Et cette description commence au verset 2: 4, celui-ci est un titre.

 

On sait que la division en chapitres est un peu arbitraire. En réalité, le chapitre 2, devrait commencer en 2: 4, les versets 2: 1-3 parlent du septième jour et appartiennent à Gn 1, dans lequel se trouve la chronique des Actes de Dieu, durant les six jours et le septième. Le verset Gn 2: 4 "Voici les origines..." est la clé de la compréhension de la Genèse; il est très important pour comprendre correctement la structure de la Genèse. La raison pour laquelle c'est un verset clé, est qu'il y a 11 versets semblables:

 

1. Les origines du ciel et de la Terre: Gn 2:4a

2. Le livre des générations d'Adam: Gn 5:1

3. Les générations de Noé: Gn 6: 9

4. Les générations des fils de Noé: Gn 10: 1

5. Les générations des fils de Sem: Gn 11: 10

6. Les générations de Terah: Gn 11: 27

7. Les générations d'Ismaël: Gn 25: 12

8. Les générations d'Isaac: Gn 25: 19

9. Les générations d'Esaü: Gn 36: 1

10. Les Générations d'Esaü: Gn 36: 9

11. Les générations de Jacob: Gn 37: 2a

 

Tous ces versets sont un sommaire, comme en-têtes de la section qui suit. Le mot générations (ou postérité), dans ces phrases signifie ce qui est engendré. Ces versets parallèles montrent bien qu'il s'agit de titres, d'en-têtes; par exemple la postérité (générations) de Noé, en 6: 9, est le titre de la section qui traite des descendants de Noé. Le mot hébreu tvdlvt toledôt a une racine qui veut dire porter ou engendrer, ce qui signifie que le terme générations est le plus exact.

 

L’hostilité des philosophes au surnaturel biblique est bien illustrée dans le Leviatan de Thomas Hobbes (1651), où il attaquait les origines et les dates de l’Ancien Testament; Benedict Spinoza avait une attitude similaire. En France le catholique romain Richard Simon publia en 1678 son Histoire critique du Vieux Testament; et à propos du Nouveau Testament il disait que beaucoup de sections étaient du grec de Synagogue, ce qui est vrai, mais il ne voyait pas l’origine hébraïque de ces écrits et n’en comprenait pas le sens.

 

Il y a longtemps que les érudits libéro-modernistes, qui ont suivi ces philosophes et qui évitent de croire pour comprendre, ont ensuite émis l’opinion que Genèse 1 et 2 présentent deux récits différents[26] de la Création et même qu’ils sont contradictoires. C’est le monumental livre de Jean Astruc, un médecin français, sur les sources littéraires de la Genèse, publié en 1753  qui a largement diffusé cette ‘‘analyse’’ littéraire en France. Ils lisaient la Bible comme un vieux livre, sans l’illumination du Saint Esprit.

 

Astruc avait noté que dans le texte Hébreu de la Genèse, Dieu est désigné par deux noms différents. Le premier Elohim, le deuxième IHVH. Et il critiquait le texte biblique, en disant que les propositions contenant ces deux noms, venaient de deux sources (ou plus). Puisque le nom de Dieu en Genèse 1 est Elohim et qu’en Genèse 2 le Nom est IHVH, il s’ensuivait que ces  deux noms avaient des origines différentes, et représentaient deux points de vue différents. Mais Astruc, n’avait sans doute pas vu que dans la deuxième proposition de Genèse 2: 4, les noms de Dieu sont: IHVH Elohim: l’Éternel Dieu. Donc en réalité Elohim du Chapitre 1, n’est autre que IHVH dans le livre de la Genèse et dans la Bible. IHVH est le Nom ineffable que Dieu se donne, lorsqu’Il entre en relation particulière avec les hommes. Comme lorsqu’il appelle Moïse au buisson ardent (Ex 3: 4).

 

       2. Il n’y a pas deux récits de la Création: un seul récit[27]

La première proposition du verset 2: 4, introduit donc, non pas le récit de la Création des cieux et de la terre et de l'homme. Le corps de l'homme vient de la terre, mais son âme vient des cieux, insufflée en l'homme par Dieu. Ce qui suit n'est donc pas un second récit de la Création, mais bien le récit des choses qui ont leurs racines dans la création des cieux et de la terre, déjà créés, et en particulier l'homme et la femme. Il n'y a pas deux récits.

 

Comme le fait remarquer W.H. Green[28], il est très important de comprendre le sens précis du titre constitué par la première proposition du verset 4. Et J.M. Boice[29] affirme que les premiers mots du verset 4 sont un titre, comme sont les autres toledots ultérieures (citées ci-dessus) . Cette première partie du verset 4 nous montre qu’il ne s’agit pas d’un second récit, mais bien plutôt d’un compte rendu des choses qui arrivèrent après la création des cieux et de la terre: précisément l’homme. Ici dans ce verset nous voyons aussi que le récit est orienté vers la race humaine et les problèmes provoqués par le péché  du premier homme et de la première femme... Nous voyons immédiatement que l’accent est mis sur l’homme et non pas sur d’autres aspects de la création.

 

Certains critiques littéraires, comme nous l’avons dit ci-dessus, pointent leur doigt vers ce qu’ils considèrent comme deux récits contradictoires: le premier chapitre est supposé donner un ordre chronologique, et le deuxième en donnerait un autre. Mais c’est là un non sens.

 

La séquence du chapitre 2: 4ss se développe ainsi: premièrement la création de l’homme par l’Éternel Dieu IHVH Elohim, puis l’Éternel Dieu IHVH Elohim plante le Jardin et y met Adam, ensuite l’Éternel fit germer les arbres qui donnent des fruits pour sa nourriture et en particulier l’Arbre de Vie; après vient la description de l’environnement. puis au verset 15, l’Éternel Dieu IHVH Elohim prit l’homme et le plaça dans le  Jardin d’Éden pour le cultiver et le garder . Il n’y a pas de chronologie contradictoire, ni aucune discordance, avec le premier chapitre.

 

Le centre de cette Révélation est Adam. Tout ce qui est décrit est en relation avec sa vie. Et après nous avons des détails sur la nature d’Adam. Il a été créé à l’image (à la réplique) de l’Éternel Dieu, cela est dit en 1:  26, 27 et 9: 6. Il a reçu un commandement Gn 2: 16-17 et l’ordre et le pouvoir d’être capable de nommer les animaux, et de conquérir la Terre (1: 28).

 

Ainsi, le grand thème de 2: 4 à 4: 26 est la création de l'homme, et le premier récit de l'histoire humaine: la création est déjà en place et a préparé la plantation du Jardin d'Eden. Adam, à l’origine a détenu la clef de la mort, car il était le Prêtre et le Roi en Eden, avec la responsabilité de garder la Porte du Paradis. Lorsqu’il abdiqua cette responsabilité, il devint mortel; l’arbre de Vie devint hors de sa portée et les chérubins prirent sa place. Par Sa résurrection, le Christ Jésus, le second Adam est retourné au Paradis comme Prêtre, Sacrificateur et Roi, le nouveau Gardien de l’Eden[30].

 

Dans ce chapitre 2, nous apprenons aussi  comment Adam et Eve ont été formés: L’Éternel Dieu forma Adam de la poussière de la terre, Il souffla en ses narines haleine de vie, et Adam devint un être vivant (Gen 2: 7). C’est là que nous apprenons ce que c’est que d’être créé à l’image de Dieu. L’Éternel manifeste son intérêt particulier pour l’homme; cet intérêt est l’Amour véritable, celui qui unit le Père, le Fils et le Saint Esprit.

 

      3. Le vice des méthodes critiques littéraires

Avec William Henry GREEN[31], nous pouvons dire que les critiques arrivent, dès le départ, avec des méthodes vicieuses, qui caractérisent toute leur procédure, c’est là l’instrument qu’ils emploient pour découper et tronquer les textes bibliques.

 

Premièrement, il font la supposition arbitraire, que deux parties distinctes d’une narration, sur  un même sujet, sont des compte rendus différents, par des auteurs différents. L’artifice des critiques consiste à identifier des choses distinctes, et ensuite chaque divergence, de l’une par rapport à l’autre, est considérée comme venant de différentes traditions. Alors ils considèrent que, par exemple, les deux parties de Genèse 2: 4, sont de deux auteurs différents.

 

Leur deuxième méthode vicieuse, continuellement pratiquée, comme arme efficace, est de trouver une discordance où il n’y en a pas. Pour cela, les passages sont sortis de leur contexte, qui détermine leur signification, ou sont arbitrairement coupés en deux.

 

 

      4. Conclusion

Dans la section de Genèse 2: 4 à 3: 24, nous apprenons comment le premier Homme (Genèse 5: 2) fut formé à partir de la poussière de la terre, que sa demeure, avec son épouse, était le Jardin d’Eden, qu’ils commirent ensemble le premier péché, en transgressant le premier commandement de Dieu[32]; toute leur postérité en est affectée, car eux-mêmes rompirent leur communion avec leur Créateur. Adam était le chef de la famille humaine, et nous qui faisons partie de sa descendance, sommes également déchus et séparés de Dieu, s’Il ne rétablit pas Lui-même la communication.

 

La Torah, dans ses trois premiers chapitres, nous explique comment dans le monde de l’Éternel Dieu, ce monde qui était bon, et même très bon, le mal existe; là où les hommes endurent les souffrances et les douleurs, les afflictions, les peines et les calamités. La réponse donnée, dans ces chapitres, à la question brûlante sur l’origine du mal dans le monde est celle-ci: bien que le monde sorti des mains de Dieu le seul Créateur était très bon, comme nous le dit le verset 31 du premier chapitre; cependant  l’homme le corrompe par sa rébellion, et introduit le mal partout, tel est le résultat de sa rébellion: la transgression du premier commandements.

 

Cette nouvelle situation nous enseigne une immense leçon: nous apprenons qu’il est nécessaire d’avoir une discipline fondée sur les préceptes et les commandements de Dieu; que nous avons la conscience du bien et du mal; que la Loi de Dieu est récompense et punition; qu’il y a des liens fraternels unissant tous les humains, qui descendent d’un unique et premier couple, ce qui fait que tous sont égaux devant l’Éternel Dieu;  que nous devons bien traiter les animaux; que le mariage monogame a une valeur inégalable, à l’image de Dieu; que tout cela nous conduit à l’humilité, car nous ne sommes que poussière et retournerons à la poussière (Gen 3: 19).

 

Toutes ces choses ne peuvent être révélées en termes abstraits. L’Ecriture Sainte nous inculque ses doctrines par le moyen de descriptions très concrètes[33].

 

 


 

[1]   Confession de Foi de Westminster, Chapitre III,  1à 8, Éd. KERYGMA, 1988. 

[2]   BRUNER Émile dit: justement le fait que Dieu est celui qui conditionne absolument, ou l’absolu qui conditionne toutes choses, s’exprime par la notion de création en tant que creatio ex nihilo. Cette création de rien ne signifie pas -- comme le veut toute gnose ancienne ou moderne -- qu’il existe un néant duquel Dieu tirerait l’univers, un originel négatif, un Me-On platonicien, un état de choses informe, un chaos, des ténèbres premières. la particule « ex » de l’expression creatio ex nihilo ne fournit pas le moindre appui à cette hypothèse, elle signifie au contraire que Dieu seul est à l’œuvre dans la production de l’univers. A côté de Dieu, il n’y a  pas de néant, mais Dieu seul. La doctrine Chrétienne de la Création et de la Rédemption, Dogmatique, Tome II, p. 17, Labor et Fides, 1965.

[3]  en arch

[4]  CHOURAQUI André, La Bible, Desclée de Brouwer, 1989.

[5]  ALLIS Oswald T. , God Spake by Moses , P&R 1979.

[6]  BERKHOF Louis, op. cit.

[7]  RUSHDOONY  Rousas J. , The One and the Many, Thoburn Press 1978.

[8]   VAN TIL Cornelius, The Defense of the Faith, P&R, 1955/1967, p.10.

[9]  LENSKI R.C.H., The interprétation of I and II Epistles of Peter, the three Epistles of John, and the epistle of Jude. , Augsburg pubishing House? 1966.

[10]  FRUCHTENBAUM  Arnold, Le Judaïsme et la Trinité , SHEMA ISRAËL ADONAÏ ELOHENOU ADONAÏ EHAD,  Traité de Juifs pour Jésus.

[11]  La version en français courant induit en erreur quand elle dit: le souffle de Dieu agitait la surface de l’eau. La recherche de la vulgarisation conduit toujours à des simplifications hasardeuses.

[12]  Le Symbole de Nicée dit bien: par qui (le Fils unique) tout a été fait.

[13]  LEUPOLD Herbert Carl, Exposition of Genesis volume One, Baker Book House, 32e impression 1982.

[14]   CASSUTO Umberto, A commentary on the Book of Genesis, Part I From Adam to Noah, Jerusalem, The Magnus Press, The Hebrew University, p. 19.

[15]   FIELDS Weston F., Unformed and unfilled: A critique of the Gap Theory, P&R, troisième édition, 1982. p.58.

[16]  A. CHOURAQUI traduit  ce pluriel par ciels.

[17]  AALDERS G. Ch. Bible Students Commentary, Genesis , Volume I, Zondervan/Paideia, 1981.

[18]   FIELDS Weston W. Unformed and Unfilled, P&R, 1982

       Cette hypothèse semble due au théologien Écossais Thomas Chalmers (1780-1847), le fondateur de l’Église libre d’Écosse. Il ressentait avec beaucoup de peine les attaques des sciences naturelles et de la géologie en particulier contre la Bible. Il vivait au temps de Lyell et Darwin, dans ce temps de rupture avec les enseignements de l’Écriture, où beaucoup plaçaient leur espoir dans les sciences. Ainsi Chalmers jugeât nécessaire d’harmoniser la Bible et les sciences, contre les assauts de l’athéisme. Mais il ne voyait pas que cette harmonisation servait à entretenir le mal qui était supposé être combattu et prévenir ses conséquences. La Bible devrait être harmonisée de façon continue avec les changements des  hypothèses des naturalistes. En réalité, dans son enthousiasme, il se constituait prisonnier de l’ennemie, car il introduisait de vastes durées, ce temps immense nécessaire à l’hypothèse évolutionniste. De plus en traduisant  la Terre était par la Terre  devint, les restitutionniste fraude le texte hébreu.

[19]   CASSUTO U. op.cit.

[20]   Pour savoir ce qu’est l’idéologie naturaliste, on peut consulter A. Pagès, Le naturalisme, Que s’ais-je? N° 604 PUF 1993

[21]  abîme, nous devons relever que le glossaire de la version à la Colombe est erroné quand il est dit: lieu des ténèbres et des puissances mauvaises, de la détresse et de la perdition. En effet dans ce verset 2, il nous est bien précisé que l’Esprit de Dieu planait au dessus de eaux, et qu’il n’y avait rien de mauvais. La définition du Glossaire peut induire très sérieusement en erreur.

[22]  CASSUTO op. cit. p.22, 24

[23]  Des exégètes modernes, à partir d’une racine du Syriaque, qui signifie couver, voudraient nous faire croire qu’il y aurait une correspondance avec l’œuf primordial de la cosmogonie cananéenne. Mais ce que dit la Bible est sur les faces des eaux. Les eaux de l’abîme ne sont pas un œuf. Le verbe rähaph n’a jamais, en hébreu la connotation de couver (Deut 32: 11).

[24]   Aalders, op. cit. p. 55.

[25]   AALDERS, op. cit. p. 78.

[26]   JAEGER Lydia, Croire pour connaître Einstein, Polanyi et les lois de la nature, Éditions de l’Institut Biblique de Nogent, 1999, page 169 dit: Déjà, le premier récit de la Genèse nous renseigne sur les influences des corps célestes... Ce qui semble bien montrer qu’avec le temps et la respectabilité académique, les « évangéliques » souscrivent à ces hypothèses hasardeuses de la critique littéraire des 17ème et 18ème siècle.

[27] CASSUTO Umberto, op. cit.

[28]   GREEN William Henry, The Unity of the Book of Genesis, Baker Book House, 1979.

[29]   BOICE James Mongomery, Genesis an expositional Commentary, volume 1,  Zondervan,  1982.

[30]   CHILTON David, The days of Vengeance, Dominion Press, 1987

[31]   GREEN William Henry, op. cit.

[32]   l’Éternel Dieu donna ce commandement à l’homme: Tu pourras manger de tous les arbres du Jardin; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras (Genèse 2: 16-17).

[33]   Cassuto U. op., cit., p. 71

 

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