CHAPITRE 2

 

2. le choix Apologétique

L’Apologétique présuppositionnelle

 

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L'Autorité souveraine de Dieu source de la connaissance du monde

 

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2.1. Selon l’autorité souveraine de l’Éternel Dieu en Christ[1]

Rappelons-nous  que l’unité de la Bible reflète l’unité du dessein éternel de Dieu, à qui appartient toute initiative. L’Histoire décrite par la Bible est la seule vraie Histoire, c’est l’Histoire de la Rédemption: le Salut vient de l’Éternel Dieu (IHVH Elohim Genèse 2: 4) (Jonas 2: 10). Le Dieu de la Parole est aussi le Seigneur de l’Histoire.

 

Selon Colossiens 2:8 nous ne devons pas nous laisser séduire par la philosophie qui est enracinée dans des présuppositions non chrétiennes venant du monde rebelle. Le monde dans lequel nous vivons est dominé par une philosophie qui est hostile à l’idée même de la vérité absolue[2]. Au contraire nous sommes appelés à nous enraciner en en Christ (§ 4.4.1) à être unis à Christ Jésus.. Nos présupposés doivent être les préceptes et les doctrines de Christ: Car c’est en Lui que tout  a été créé dans les cieux et sur la terre, le visible et l’invisible... (Col 1: 16).

 

En Colossiens 2: 6, l’Apôtre nous explique comment nous devons vivre (même dans nos rapports académiques et scientifiques etc.) enracinés en Christ, en nous assurant toujours que nous sommes guidés par les présupposés bibliques. Le monde dans sa sagesse ne connais pas Dieu (1 Cor 1: 21). C’est le Saint Esprit qui nous pousse à dire Jésus est le Seigneur.. Et toute nos pensées doivent être captives dans l’obéissance à Christ (2 Cor 10: 5).

 

Paul se réjouit de la fermeté de la foi en Christ des fidèles de l’Église de Colosses (2: 5); Cette foi si ferme, présuppose la Seigneurie de Christ, ainsi elle résiste à la neutralité demandée par le monde sécularisé, et rejette les normes de connaissance des incroyants; elle soutient ainsi l’autorité de la Parole du Christ. Ainsi la condition première de l’enseignement chrétien est que  le croyant, dans toutes ses pensées soit enraciné en Christ (v.7).

 

Le Christ Jésus doit avoir la primauté dans tous les domaines de la pensée, comme il nous est dit en Colossiens 1: 18ss. C’est ce que C; Van Til[3] a compris et soutient dans toute son œuvre:

 

 

C’est le Christ Dieu qui parle dans la Bible. Donc la Bible ne fait pas appel à la raison humaine de façon ultime de façon à justifier ce quelle dit. Elle vient devant l’être humain avec une autorité absolue. L’Écriture dit que la raison humaine doit être comprise dans le sens quelle même l’affirme, c’est-à-dire que la raison humaine est créée par Dieu et qu’ainsi elle est assujettie à l’autorité de Dieu...

Les deux systèmes, celui du non-Chrétien, et celui du Chrétien, sont tout à fait différents, du fait que leurs présupposés sont tous fondamentalement différents. Du côté non-Chrétien il est admis que l’homme est à la bases de tout ce qui se passe. Alors que dans la théologie Réformée, conformément à la Bible présuppose que toute autorité vient d’en Haut, de Dieu. Précisément avec cette présupposition il n’y a pas de place pour un terrain neutre vis-à-vis du non-Chrétien...

Les croyants eux-mêmes n’ont pas choisi la position Chrétienne parc qu’ils seraient plus avisés que les autres. Ce qu’ils ont, c’est par grâce, et par la seule Grâce de Dieu. Mais cette situation bien réelle ne signifie aucunement qu’ils doivent accepter la problématique des hommes pécheurs déchus comme probablement vraie. Car le fondement de l’Écriture est qu’elle seule est le critère de la Vérité.

 

2.2 La Révélation, la Bible est le fondement de la connaissance[4]

En Christ, l’homme nouveau a de nouveaux présupposés et un nouveau Seigneur qui dirige ses pensées; enraciné en Lui, il marche selon l’Écriture Sainte par l’illumination du Saint Esprit qui applique l’autorité suprême du Christ Jésus; il rejette les modèles de pensé forgés par la sagesse du monde sans Dieu. Ainsi le Chrétien présuppose l’inerrance et l’autorité infaillible de la Parole de Dieu, la Bible, comme ses propres normes de Vérité et de direction dans sa marche en avant.

 

Dans la Bible, il y a les Proverbes de Salomon, et au chapitre 22: 19-21 nous lisons:

C’est toi que je veux instruire aujourd’hui, afin que ta confiance  soit en l’Éternel. N’ai-je pas déjà écrit pour toi avec réflexion et discernement, pour t’enseigner des choses certaines, des paroles de vérité, afin que tu répondes par des paroles vraies à ceux qui t’envoient.

C’est ainsi que l’Éternel applique dans nos cœurs Sa connaissance, et la connaissance de Sa Vérité. Mais il est important de noter qu’aujourd’hui les philosophes affirment de façon négative qu’il n’y a pas une vérité absolue et même que l’on puisse avoir une connaissance certaine de la Vérité.

 

En réalité, l’Éternel Dieu a écrit pour nous enseigner des choses certaines, c’est-à-dire la certitude de Sa Vérité et il n’y en a pas d’autre; et cette Vérité est accessible. Et avec le psalmiste nous pouvons dire: C’est par ta lumière que nous voyons la lumière (Ps 36: 10). Et avec David nous pouvons affirmer: C’est l’Éternel mon Dieu, qui fait resplendir mes ténèbres (Ps 18: 29). Les ténèbres de l’ignorance, l’ignorance qui est le résultat de l’autosuffisance de l’homme qui se veut autonome.. Mais au contraire nous devons dire à l’Éternel: Tes Paroles sont une révélation qui éclaire; elles donnent de l’intelligence aux simples (Ps 119: 130).

 

C’est ainsi que Augustin a dit avec grande raison « Je Crois afin de Comprendre ». Comprendre et connaître la Vérité sont le résultat promis lorsque l’homme fait des Paroles de Dieu ses présupposés et reflète ainsi la connaissance première qui appartient à Dieu seul.

 

Pour faire des Paroles de Dieu nos seuls présupposés, notre norme, notre instructeur, notre guide, nous avons à renoncer à notre autosuffisance intellectuelle, cette attitude d’autonomie qui se propose d’atteindre une véritable connaissance indépendamment des préceptes et des commandements de Dieu. Il est bien vrai que l’homme qui s’arroge la possibilité de penser de manière neutre ne reconnaît pas sa complète dépendance de Dieu pour connaître tout ce qu’il a à comprendre au sujet du monde qui l’entoure. Certains hommes donnent l’impression d’être Chrétiens, seulement parce qu’ils - ayant un intellect supérieur -  enseignent la Bible.

 

Au lieu de commencer avec la certitude de la Parole de Dieu comme fondement de leurs études, ils veulent commencer avec leur pensée autonome, qui est leur point de départ, et continuer pour accepter  l’Écriture par leur raison. Tomber dans un esprit d’autonomie n’est pas cohérent avec la profession de foi en Christ. La crainte de l’Éternel est le commencement de la connaissance (Prov 1: 7).

 

On ne saurait trop répéter que toute connaissance vient de Dieu. Si nous voulons une Apologétique biblique, il faut renoncer à l’autonomie intellectuelle et partir avec la présupposition que tout le fondement est la Parole de Dieu. L’Éternel nous dit: Cessez de tenir des propos arrogants; que des paroles insolentes ne jaillissent plus de vos lèvres  (1 Sam 2: 3).

 

2.3 Les présupposés bibliques

 

    2.3.1 Selon l’Institution Chrétienne

Nous reconnaissons et confessons que l’Éternel est à l’origine de toute vérité. Jean Calvin a reconnu tout cela dans l’Institution  Chrétienne:

Toute la somme presque de notre sagesse, laquelle, à tout compter, mérite d’être réputée vraie et entière sagesse, est située en deux parties: c’est qu’en connaissant Dieu, chacun de nous aussi se connaisse. Au reste, bien qu’elles soient unies l’une à l’autre par beaucoup de liens...

    Car comme on trouve en l’homme un monde de toutes misères, depuis que nous avons été dépouillés des ornements du ciel, notre nudité découvre avec grande honte un si grand tas de tout opprobre, que nous sommes tous confus; d’un autre côté, il est nécessaire que la conscience nous poigne en particulier de notre malheureté, pour approcher au moins à quelque connaissance de Dieu. C’est pourquoi, du sentiment de notre ignorance, vanité, qui plus est, perversité et corruption, nous sommes induits à connaître qu’il n’y a nulle part ailleurs qu’en Dieu vraie clarté de sagesse, ferme vertu, droite affluence de tous biens, pureté de justice, tant il y a que nous sommes émus par notre misère à considérer les biens de Dieu, et ne pouvons aspirer et tendre à lui à bon escient qu’ayant commencé à nous déplaire totalement..

    Ainsi, la connaissance de nous-mêmes non seulement aiguillon chacun à connaître Dieu, mais aussi chacun doit être mené par elle comme par la main à Le trouver (I. C. I. I, 1.)

 

Et ensuite au livre II

Pour répondre à notre vocation avec humilité, il faut nous connaître tels que nous sommes

 Ce n’est pas sans cause que, par le proverbe ancien, a toujours été tant recommandée  à l’homme la connaissance de soi-même. Car si nous estimons que ce soit honte d’ignorer les choses qui appartiennent à la vie humaine, la méconnaissance de nous-mêmes est encore beaucoup plus déshonnête, par laquelle il advient qu’en prenant conseil de toutes choses nécessaires, nous nous abusons pauvrement, et même sommes entièrement aveuglés. Mais d’autant que ce commandement est plus utile, d’autant nous faut-il plus diligemment garder de l’entendre mal: ce que nous voyons être advenu à certains philosophes...

    Or la connaissance de nous-mêmes gît premièrement et est située à considérer ce qui nous avait été donné en la création, et combien Dieu se montre libéral à continuer sa bonne volonté envers nous, afin de savoir par cela quelle serait excellence de notre nature, si elle fut demeurée en son entier; et aussi de bien penser que nous n’avons rien en propre, mais que tout ce que Dieu nous a accordé, nous le tenons de sa gratuité, afin de dépendre toujours de lui...

    Car selon que Dieu nous a au commencement formés à son image (Gen. 1:27) pour dresser nos esprits à vertu et tout bien, et même à la méditation de la vie céleste, il nous est expédient de connaître que nous sommes doués de raison et intelligence, afin de tendre au but qui nous est proposé de l’immortalité bienheureuse, qui nous est apprêtée au ciel, afin que la noblesse en laquelle Dieu nous a élevé ne soit anéantie par notre nonchalance et brutalité... d’autant que nous sommes déchus de notre origine en la personne d’Adam (I.C. II. I. 1)..

 

Telles sont les paroles d’ouverture des livres I et II de l’Institution Chrétienne, par lesquelles Calvin considère la nécessité de présupposer que la Parole de Dieu est à la fois La connaissance de l’Éternel Dieu Créateur et Rédempteur. Pour connaître ce qu’est la vie humaine, ce qu’est la Création et le Salut, nous devons rejeter l’autonomie  favorisée par les philosophies païennes et nous soumettre à la Vérité de Dieu et admettre une totale confiance dans Sa Révélation concernant les Origines, la direction de notre vie qui nous rend capables de faire bon usage de notre raison. En résumé, Christ doit avoir la prééminence sur tous les domaines de notre pensée (Col. 1: 18).

 

C’est dans une telle perspective que Calvin provoqua la Réforme la plus significative de l’Église Occidentale ainsi que de la culture et cela par un retour complet et inconditionnel à l’Écriture Sainte, reconnue Parole de Dieu.

 

  2.3.2 De façon absolue

De ce fait il n’est pas étonnant que le principe biblique de la Réforme réformée, qui présuppose la Parole et l’autorité de Christ dans tous les domaines de la pensée, comme fondement de toute la connaissance agissant dans la vie et l’action, nous frappe maintenant de façon absolue et doit nous conduire à prêcher fermement cette Parole.

 

Mais aujourd’hui nous vivons dans une culture qui depuis longtemps est saturée par le concept d’autonomie de la raison, accompagné de son corollaire  la demande de neutralité de l’enseignement, ce qui est une perspective impie. Nous en sommes saturés par tous les média et même décervelés, au point de ne pas reconnaître la manipulation mentale dont nous sommes l’objet. Nous devons subir les idéologies[5]; et en particulier la désinformation[6].

 

D’autre part , comme Francis Schaeffer l’a écrit de nombreuses fois, « la culture en général est devenue complètement sécularisée, et dans beaucoup de corps d’Églises, ceux-ci sont contrôlés par la théologie libérale qui n’est pas du tout chrétienne... et maintenant, la génération  d’aujourd’hui ne pense plus que la Vérté absolue existe... Il peuvent aller dans une église, mais ils n’ont pas de vrais absolus dans leur façon de penser; ils n’ont que deux valeurs: la paix personnelle et la richesse. Leur paix personnelle n’est pas le pacifisme, c’est plutôt l’attitude: ‘‘Laissez-moi tranquille, je veux avoir la paix.’’  Et après vient le désir de richesse: ‘‘Permettez, je veux une nouvelle voiture... et une deuxième, et peut-être un bateau... et une piscine, ou peut-être deux’’. Plus y en a, mieux c’est... et ce que nous avons là n’est pas un matérialisme théorique mais un matérialisme mis en pratique.... »[7]

 

C’est ainsi que nous avons une faible idée de ce qui se passe lorsque la Bible n’est pas prise au sérieux, pas appliquée et que d’autres présupposés sont pris comme modèles.

 

   2.3.3  Les présupposés des démolisseurs

Dans les siècles derniers, il y a eu beaucoup de spéculations à propos de logos dans l’Évangile selon Jean au premier verset En arché en ho logos kai ho logos èn pro ton theom qui en Hébreu donne la rétroversion: Bereshit haiah haDabar vehaDabar haiah vehaElohim, à comparer au premier verset de la Genèse: Bereshit bara Elohim... Le grec Logos est tout simplement la traduction de l’hébreu Dabar la Parolel

 

Jean auteur de son Évangile rappelle donc la doctrine de Genèse 1: 1: c’est par la Parole de l’Éternel Dieu que la Création est effectuée, mais nous savons bien que la Haute critique biblique - issue de l’idéalisme Allemand dont Hegel fut un protagoniste et un diffuseur - considère avec Fichte, que la Création est une idée juive, et que c’est une erreur fondamentale, que c’est impensable.

 

C’est une constante de la philosophie allemande que la détestation de toute pensée juive, de toute transmission des Saintes Écritures par les Juifs. Dans la pensée de Heidegger, il n’y a de pensée que la pensée grecque antique et la pensée Allemande. N’oublions pas, la critique du Nouveau Testament du temps de Ferdinand Christian Baur, professeur à l’Université de Tübingen qui a cherché à faire de l’Évangile selon Jean, un Évangile grec en rupture avec l’hébreu, en accord avec son collègue Hegel. Hegel ayant introduit par sa synthèse l’idée qu’il n’y a pas de vérité absolue.

 

De même Bultman disciple et ami de Heidegger pour qui l’idée hébraïque et chrétienne de création, ne concerne même pas la philosophie. Ainsi en rejetant la Création, l’Univers est considéré comme incréé donc éternel. Il n’y a pas de surnaturel, il n’y a pas de miracles, la Bible n’est qu’un vieux livre comme les autres. Seul le monde que nous pouvons étudier par les sciences expérimentales existe, le monde qui est appelé Nature par les Grecs à partir des pré-socratiques.

 

Tels sont les présupposés gréco-allemands antagonistes aux présupposés bibliques. Telle est la situation, et beaucoup de critiques de l’Apologétique présuppositionnelle sont d’origine philosophiques. Philosophies ayant un lien plus ou moins reconnu avec les conclusions de Hegel, Kant etc.

 

2.4 Trois accusations très critiques

     5.4.1. Arrogance et dogmatisme

Il ne faut donc pas s’étonner que la position biblique, reçue par la Réforme réformée, se trouve en opposition, sans aucune restriction, à la pensée actuelle. Elle est accusée d’arrogance. Mais, c’est le statut quo, de la pensée sécularisée, qui est ainsi mis en accusation. Et cela n’est pas acceptable pour l’homme sans liens avec Dieu. Un défi lui est opposé, et se défi implique la réorientation de nos vies et de nos pensées. C’est donc une menace pour la pensée courant. Or les Apôtres et les premiers Chrétiens ont  mis le monde ‘‘ sans dessus dessous’’ par l’annonce de l’Évangile/Loi de Dieu.

 

Ils n’avaient pas honte de l’Évangile, qui est tout le Conseil de Dieu,  cet  Évangile est absolu, puisqu’il vient de l’Éternel Dieu Créateur et Rédempteur. Les Apôtres et leurs disciples agissaient avec une hardiesse et une intrépidité très humbles, dans un monde perdu, comme le notre. Il proclamaient, que le message de Dieu est le présupposé de toute pensée véritable, sans conditions; que l’Évangile du Christ Jésus demande la repentance, un changement radical de comportement; que la Parole de Dieu a un contenu doctrinal, qui a l’autorité de l’Éternel Dieu, puisque c’est Lui qui l’a révélé.

 

2.4.2. Les incroyants seraient donc dépourvus de connaissances vraies

 La certitude des Chrétiens fidèles aux Saintes Écritures est donc, que toutes les formes de pensée requièrent la présupposition de la Parole du Christ. Cette certitude n’est ni arrogante, ni déraisonnable ou infondée. Mais alors il y a la critique: si la connaissance ne peut être atteinte qu’en présupposant d’abord l’autorité de la Parole de Dieu, il s’ensuit que les incroyants seraient dépourvus de toute connaissance; ils ne pourraient donc rien connaître , même au sujet des faits d’observation les plus élémentaires, on encore les vérités scientifiques.

 

Ce serait totalement absurde, car qu’il est certain  qu’une grande partie des meilleurs scientifiques étaient des incroyants. Alors comment les présuppositionnalistes chrétiens expliquent-ils cela?

 

2.4.3. Le pésuppositionnalisme supprime l’argumentation

 Un troisième argument avancé contre le point de vue présuppositionaliste est qu’il empêche toute discussion significative et toute argumentation avec les incroyants. Il n’y aurait en conséquence aucun terrain commun sur lequel l’argumentation puisse démarrer.

 

Etant dépourvu de connaissance vraie, l’incroyant ne peut donc rien dire de bon lors d’une discussion avec un Chrétien. Donc jusqu’à ce que l’incroyant se convertisse le Chrétien  ne peut rien lui communiquer

 

2.5. Les réponses aux accusations

 Bien sûr, de telles attaques reposent à la fois sur une méprise ou nue information insuffisante. Dans la suite de notre étude nous allons exposer et répondre aux trois critiques majeures du présuppositionnalisme, dans la perspective de ce qu’enseigne la Bible dans sa totalité. Car cette position n’est ni sans fondements, ni arrogante. En réalité, elle garanti, bien au contraire, à l’incroyant la connaissance de la Vérité qui est la seule base des vrais arguments que l’incroyant peut recevoir.

 

A ce sujet C. Van TIL[8] dit que:

Les croyants eux-mêmes, n’ont pas choisi de croire ce que Dieu dit, parce qu’ils sont plus sages que les autres. Tout ce qu’ils ont ils l’ont reçu par pure grâce. Mais cela ne veut pas dire qu’ils acceptent les pensées problématiques des hommes déchus, comme étant la vérité... L’homme déchu, en principe, cherche à  faire des lois qui lui conviennent; mais il ne peut pas ainsi atteindre la Vérité... En dépit de ce qu’il fait contre Dieu, il peut et doit travailler pour Dieu; ainsi il apporte une contribution positive à la culture de l’humanité

 

  2.5.1   Les enseignements du livre des Proverbes

Ce livre de la Bible, nous parle souvent de la sagesse, de la connaissance, de l’instruction, de la folie, de la compréhension etc; ainsi nous trouvons là, une aide certaine pour établir notre approche présuppositionnelle, de la connaissance qui nous est nécessaire.

 

Toute pensée soumise au Christ Jésus sans compromis

Le premier reproche fait à cette approche de la Révélation, est la soi-disant arrogance comme orgueil intellectuel.  Mais la Bible nous demande que chaque pensée soit soumise à l’obéissance du Christ Jésus, sinon c’est la folie de l’ignorance. Or le livre des Proverbes nous enseigne que c’est bien une folie que de ne pas avoir la crainte de l’Éternel Dieu. Et dans le premier chapitre de la lettre aux Romains nous voyons bien que les hommes se sont égarés dans leurs vains raisonnements, et leur cœur sans intelligence a été rempli de ténèbres. Se disant sages ils sont devenus fous... (v. 21-22).

 

La Parole de Dieu désapprouve totalement les compromis des penseurs Chrétiens, qui cherchent une approche plus raisonnable ou plus éclairée, telle le théisme évolutionniste et son avatar le créationnisme progressif. C’est bien  cette demande, sans conditions, du Christ qui abat l’orgueil de tout cœur humain.

 

Alors est-ce que le présuppositionalisme défend l’obscurantisme arrogant?  S’agit-il d’une exagération?  En Proverbes 15: 32-33, nous lisons: Celui qui rejette l’instruction méprise son âme (son être); mais celui qui écoute la réprimande acquiert le cœur. La crainte de l’Éternel enseigne la sagesse, et l’humilité précède la gloire.

 

La pensée doit être corrigée par la Parole de Dieu

Ainsi, l’homme qui n’accepte pas de correction dans sa façon de penser, et de se soumettre au Christ, détruit son âme, détruit son être. Ce qui veut dire que tout compromis avec les modèles standards, ou les méthodes du monde sans Dieu, revient à desservir gravement les besoins spirituels de ceux à qui nous parlons: vouloir à ce moment là assumer une position de neutralité conduit n’importe où.

 

Les faits bibliques doivent être présentés sans paroles ondulantes imprécises, mais selon un raisonnement, fondé sur les présupposés de la Parole du Christ Jésus, sinon c’est une folie intellectuelle qui le remplace et cette attitude conduit à la mort spirituelle. Les corrections et les reproches de l’Écriture ne peuvent en aucun cas être écartés. Le désir d’accommoder la Vérité aux idées du monde, même dites ‘scientifiques’, est une entreprise mortelle pour l’Église.

 

2.5.2 Que dit la Bible

En particulier tous les chrétiens qui ont une responsabilité doivent se rappeler ce que l’Apôtre Paul dit en 2 Corinthiens 10: 3- 5:

Bien que vivant dans la chair, nous ne combattons pas en effet selon la chair, et les armes avec lesquelles nous luttons ne sont point charnelles, mais par la vertu de Dieu elles ont la puissance d’abattre les forteresses; ainsi nous renversons tout l’orgueil des raisonnements qui s’élèvent contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toutes les pensées captives à l’obéissance du Christ.

 

Et aux Éphésiens l’Apôtre a écrit qu’ils devaient renouveler leur esprit:

Quant à vous, ce n’est pas ainsi qu’on vous a appris à connaître le Christ, si du moins vous avez entendu sa Parole, et si vous avez été instruits, selon la vérité qui est en Jésus, à vous dépouiller, par rapport à votre vie passé, du vieil homme corrompu dans les convoitises trompeuses, à être renouvelés en l’Esprit qui inspire vos pensées, et à vous revêtir du nouvel homme, créé à l’image de Dieu dans la justice et la sainteté que produit la Vérité (Éph 4: 20-24).

 

Et l’Apôtre Pierre  nos enseigne que la foi précède la connaissance:

Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et sa vertu; celles-ci nous assurent de Sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. A cause de cela même faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la patience, à la patience la piété, à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour (2 Pierre 1: 3-7).

 

2.5.3 Notre sagesse ne vient pas de nous-mêmes

D’après Deutéronome  4: 6 ce sont les lois et les ordonnances de l’Éternel qui donnent intelligence et sagesse; c’est Lui qui donna à Salomon la sagesse (1 Rois 4: 29-30).

 

Job cherche la sagesse, mais c’est Dieu qui en sait le chemin: Il dit à l’homme: Voici la crainte du Seigneur, c’est la sagesse; s’éloigner du mal, c’est l’intelligence (Job 28: 28). Et David prie l’Éternel et Lui demande: fais pénétrer la sagesse au-dedans de moi (Ps 51: 8). Et le Livre des Proverbes nous montre bien que la sagesse est un don de Dieu: Car l’Éternel donne la sagesse; de Sa bouche sortent la connaissance et l’intelligence (Prov 2: 6).

 

Ainsi sans les présupposés bibliques, Paroles de l’Éternel, sans la crainte de l’Éternel, il n’y a pas de sagesse. Les philosophes peuvent bien parler de sagesse, mais ce ne sont que des paroles humaines.

 

Ainsi l’Universitaire Chrétien, ou tout Chrétien qui exerce une responsabilité particulière doit savoir que la sagesse ne vient que de Dieu, sinon il est aussi fou[9] que les autres. La sagesse ne vient pas d’une supériorité mentale ou d’une habileté qui lui sont propres, la foi et la repentance sont la reconnaissance que tout vient du Créateur. C’est ce qui nous est dit en Éphésiens 2: 8-9:

Car c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Christ Jésus pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.

 

Même la repentance nous vient de l’œuvre du Christ sur la Croix: Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés... Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens afin qu’ils aient la vie (Actes 5: 31 et 11: 18). Et pour avoir la foi il faut être né de Dieu ( Jean 3: 5;  1 Jean 5: 1 ) et le don de la repentance est le préalable pour arriver à la connaissance de la vérité... (2 Tim 2: 25).

 

2.5.4 La renaissance spirituelle

La renaissance spirituelle est le seul résultat de la miséricorde de Dieu (Ezéchiel 11: 19-20; Jean 1: 13) Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde (Rom 9: 16). C’est donc cette régénération qui donne un esprit nouveau, un renouvellement de l’intelligence selon la dimension que l’Éternel accorde comme il veut.

 

En effet l’homme naturel n’accepte pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge (1 Cor 2: 14). Ce n’est qu’avec cette grâce du Créateur, les choses de l’Esprit ayant été reçues, que l’être de l’homme passe d’une hostilité naturelle à une joyeuse soumission à la volonté de Dieu, et l’honneur de connaître la vérité a comme source la grâce imméritée de Dieu. Ainsi l’humilité doit être la tenue du Chrétien, en particulier s’il a eu accès au savoir, à la connaissance de la réalité créée et à la culture.

 

En Philippiens 2, l’Apôtre Paul nous exhorte à avoir: les sentiments qui étaient en Jésus-Christ... Lui le Fils Éternel de Dieu qui s’est anéanti Lui-même, en prenant la forme d’un serviteur et en devenant semblable aux hommes. Ayant paru comme un simple homme, Il s’est abaissé lui-même, en se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la Croix (Phil 2: 5-11). A cette humilité nous devons ajouter de nous conduire avec sagesse envers ceux du dehors... Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce et assaisonnée de sel, en sorte que vous sachiez répondre à chacun comme il convient (Col 4: 5-6).

 

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