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Être toujours prêts
4.4 Être toujours prêt
Qui donc peut vous faire du mal si vous êtes zélés pour le bien? Si même vous avez à souffrir pour la justice, vous êtes heureux! Ne craigniez pas ce qu’ils craignent, et ne soyez pas troublés; mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur. Soyez toujours prêts à répondre pour votre défense (apologie) à tous ceux qui vous demandent raison de votre espérance, mais faites-le avec douceur et respect (avec humilité et frémissement), en ayant une bonne conscience, afin que pour les faits mêmes dont vous êtes accusés, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient couverts de confusion; car il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal. (1 Pierre 3: 15).
Or, l’espérance est l’attente de ce que croit la foi; car la foi est une persuasion certaine qui attend l’accomplissement des promesses de l’Éternel Dieu qui sont véritables. Ainsi la foi croit que Dieu est véritable, l’espérance attend qu’Il révélera en son temps Sa vérité. Dans l’Écriture Sainte la foi et l’espérance sont souvent synonymes. Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu ’on ne voit pas... C’est par la foi que nous savons que le monde a été fait par la Parole de Dieu, en sorte que les choses qui se voient ne proviennent pas de choses visibles ( Héb. 11: 1-3).
Pour nous préparer, nous avons beaucoup à apprendre de l’envoie des Apôtres par Jésus (Matt 10: 16-20; Marc 13: 9-13; Luc 21: 12-17). Certes nous ne sommes pas comme les Apôtres, nous sommes au bénéfice de Sa résurrection, comme eux nous sommes envoyés comme des brebis au milieu des loups, mais en même temps nous sommes envoyés aussi avec la présence du Saint Esprit en nous. Ainsi nous ne sommes jamais seuls, ni faibles.
En Luc 14: 27 Jésus nous dit bien que le suivre n’est pas une chose facile: Quiconque ne porte (soulève) pas sa croix et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. La chair ne doit plus dominer et c’est un terrible combat comme l’Apôtre le décrit en Romains 7: 14-25.
Nous devons avant tout savoir que nous sommes unis à Christ:
En effet, puisque nous avons été identifiés[1] avec Lui par une mort semblable à la sienne, de même nous serons unis à Lui par une résurrection semblable à la sienne. Notre viel homme, nous le savons, a été crucifié avec lui, afin que ce corps esclave du péché fût détruit et que nous ne fussions plus asservi au péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché... (Rom 6: 5-11) version synodale.
4.4.1 Notre union avec le Christ
« Car si nous sommes entés en la similitude (en conformité) de sa mort, nous le serons aussi en la similitude de sa résurrection (Rom 6: 5)... ENTÉS . Ce mot est de grand poids et montre clairement que l’Apôtre n’exhorte pas seulement, mais plutôt propose une doctrine touchant le bienfait de Christ; car il ne requiert point ici une chose qui doive se faire par notre diligence ou industrie, mais il parle d’un entement[2] fait de la main de Dieu.
Or il ne faut point que nous travaillions à appliquer la métaphore ou la comparaison en tout et partout. Car on trouverait incontinent diversité entre l’entement des arbres, et cet entement spirituel qui se fait de nous, parce qu’au premier, le greffon tire sa nourriture de la racine, mais il retient sa propriété naturelle de fructifier; or en celui-ci, non seulement nous tirons de Christ vigueur et comme une mœlle de vie, mais nous passons de notre nature en la sienne. Mais l’Apôtre n’a rien voulu toucher d’autre que cette efficacité de la mort du Christ, laquelle se montre en la destruction et mortification de notre chair; semblablement l’autre, celle de la résurrection, à renouveler en nous une meilleure nature de l’Esprit. » (Calvin, Commentaires sur l’Épître aux Romains, Labor et Fides 1960).
Ainsi unis à Christ dans Sa mort, nous le sommes aussi dans sa résurrection, ce qui veut dire croître ensemble, tel est le sens de cette union scellée dans la Sainte Trinité. Ce n’est pas un processus de développement.. Sa mort est immédiate de même que Sa résurrection.
Dans le sens biblique, la vraie spiritualité[3] est donc notre union avec Christ (Romains 6: 4-9) par l’œuvre efficace du Saint Esprit, ainsi l'amitié de Dieu est rétablie, l'homme spirituel obéit à Sa Parole, Sa Loi, la Sainte Ecriture. Être spirituel signifie être délivré de la culpabilité, de la peine que mérite le pécheur par le moyen de la Foi objective en Christ. C'est là, la vraie réalité de la vie sur la Terre, et notre Seigneur nous invite à prier pour cela. La perfection n'arrivera que par la Résurrection des vivants et des morts, au dernier Jour.
4.4.2 La vraie réalité spirituelle
Nous vivons sur la terre qui a été créée par Dieu, même si nous sommes des étrangers et des pèlerins dans le monde (Héb 11: 13, 1 Pie 2: 11). Le monde n'est pas notre maison, dans le sens où le monde est compris comme l'humanité déchue, dans le péché et la révolte contre DIEU, qui ne reconnaît pas le Christ comme Seigneur et Sauveur. Cependant nous sommes des êtres humains, créatures de Dieu, placés sur la Terre qui Lui appartient. Cette terre est notre maison physique, elle le sera aussi à la résurrection finale, puisque nous serons ressuscités sur une nouvelle Terre sur laquelle nous demeurerons comme peuple de Dieu.
Certes le monde, dans le sens de la maison de ceux qui sont sans Dieu, comme nous l’étions tous dans notre nature déchue depuis la Chute, n'est pas notre maison. Notre maison est avec Dieu en Christ. Là est la vraie réalité spirituelle qui doit être manifestée ici-bas, et sera pleinement manifestée sur la nouvelle Terre.
Le Salut par la Rédemption, est la restauration de ce qui a été perdu par la transgression de la Loi de Dieu (le péché originel), par Adam et Eve. Mais il y a un plus donné dans la Gloire du Christ ressuscité et glorifié, qui siège à la droite de Dieu; c'est là une bénédiction encore bien plus glorieuse que celle reçue par Adam lors de sa création.
4.4.3 Où sommes-nous?
Maintenant, en Christ, nous avons déjà une nouvelle demeure, nous vivons en amitié avec Dieu et notre demeure fait partie de Son Royaume. Notre vocation est de travailler dans et pour ce Royaume, ici et maintenant, dans l'histoire que l’Éternel conduit. C’est là notre service.
L'opposition n'est pas entre les Cieux et la Terre, dans le sens de ce qui est physique et ce qui ne l'est pas, mais entre ce qui est séparé de Dieu et isolé de Lui par le péché, c'est-à-dire, d'un côté le monde dans le sens de l'ensemble des hommes pécheurs, qui sont en dehors du salut acquis et donné par le Christ, et de l'autre côté, ceux qui sont en communion avec Dieu, par le moyen de la Foi en Christ, cette communion est spirituelle, dans un monde racheté. Ces deux conditions sont cependant des réalités physiques; nous sommes aussi des réalités physiques. Les hommes ne peuvent échapper à la nature physique de leurs vies. La spiritualité, n'est pas une existence sans Corps physique, ou le désir d'échapper au monde physique. L'idée de vouloir échapper au monde physique, pour devenir spirituel est une idée païenne: le dualisme.
4.4.4 Défense vis-à-vis des humanistes sécularisés
L' Apologétique est donc là pour nous aider à être toujours prêts à défendre notre Foi, la Foi don de Dieu (Eph 2: 8), dont le contenu nous vient de la seule Ecriture Sainte, révélation de Dieu par les Prophètes et les Apôtres, plus particulièrement par le Fils Éternel, incarné dans le Christ-Jésus. Cette Révélation a été conservée et préservée par la Providence de Dieu, elle est toujours illuminée par le Saint-Esprit, troisième Personne de la Sainte Trinité. Cette Foi a été exposée par nos Pères, fidèlement, selon l'Ecriture Sainte.
C'est cette Foi que nous avons à défendre vis-à-vis des païens et des humanistes sécularisés, ceux pour qui l'homme est la mesure de toutes choses; une Foi à défendre et à soutenir pour nos frères et sœurs, qui sont dans l'embarras, devant les attaques dont elle est l'objet, à l’école, à la télévision, dans les journaux. Défendre la Foi, comme nous l’avons vu ci-dessus, n'est pas une attitude défensive et de repli, mais c'est surtout une offensive qui est toujours du type de la Prédication. En effet, ce n'est pas la contrainte qui engendre la Foi, mais l'action directe du Saint-Esprit, agissant par la Parole prêchée (Romains 10: 17), efficace pour les élus régénérés, mais adressée à tout le monde.
4.4.5 Deux religions en conflit
Le point stratégique est l'origine de l'homme et du monde. De là vient l'importance ultime de bien comprendre le livre de la Genèse. Les 11 premiers chapitres sont d'une extrême importance, comme nous l’avons vu dans notre chapitre 3. Les versets 1 à 3 du Chapitre 1 de la Genèse, sont la clé de toute “interprétation”, l’interprétation n’est que la compréhension de ce que l’Eternel YHWH nous révèle et nous enseigne dans l’ensemble de l’Écriture Sainte, par le renouvellement et l’illumination de notre intelligence par le Saint Esprit.
En effet beaucoup Chrétiens sont dans une extrême confusion quand ils se demandent comment comprendre la Genèse, et savoir où est la vérité, face à tous les discours qu'ils entendent au sujet de la Création, de la Chute, du Déluge et de la Tour de Babel. En réalité, il y a deux religions en conflit:
1. La religion évolutionniste (avec ses nombreuses subdivisions) qui dit que la matière et la vie ont démarré depuis des milliards d'années par de simples processus physico-chimique. Cette religion est athée ou agnostique et surtout panthéiste.
2. La religion créationniste qui croit que l'Univers et la Vie ont été créés par un Dieu personnel dans le passé proche, selon Sa Parole qui est aussi le Christ Glorieux qui soutient tout ce qui existe (Col 1: 16-17).
Il faut donc prendre position entre les deux: c'est le rôle de l'Apologétique.
[1] traduit aussi par: identifiés, devenus une même plante, totalement unis (Tob), F.W. Gingrich, citant Rom 6: 5 sumfutos, dit: grown together, Thayer ajoute united with; Calvin a raison de traduire entés (greffés)..
[2] entement: de enter, greffer.
[3] spirituel: l’Apôtre Paul désire communiquer quelques dons spirituels (Rom 1: 11). En Galates 6: 1, il s’adresse à ceux qui sont nés à la vie spirituelle.